La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 33,2 Mo

  • Dans ce numéro : grands entretiens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 56 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s) Entretien/Marie-Christine Bordeaux L’Éducation Artistique et Culturelle face aux enjeux de la connaissance Professeure à l’Université Grenoble Alpes, vice-présidente en charge de la culture et de la culture scientifique et chercheure au Gresec (Groupe de recherche sur les enjeux de la communication), Marie-Christine Bordeaux analyse l’évolution récente des politiques d’éducation artistique et culturelle. Elle en soulève les nouveaux défis. En matière d’éducation artistique et culturelle (EAC), comment l’actuel gouvernement se positionne-t-il par rapport aux précédents ? Marie-Christine Bordeaux  : Si l’arrivée de Jack Lang au ministère de l’Éducation nationale en 2000 et celle d’Aurélie Filippetti au ministère de la Culture et de la Communication en 2012 ont constitué des tournants majeurs pour la légitimation de l’EAC dans l’action publique, l’actuel gouvernement s’inscrit plutôt dans une continuité et une volonté d’intensification de l’existant. Depuis une dizaine d’années d’ailleurs, on observe qu’au-delà des changements ministériels et des sensibilités politiques, l’EAC est devenue une question incontournable. Le renouveau du soutien de l’actuel gouvernement au Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle et à son vice-président Emmanuel Ethis, la place renforcée des collectivités territoriales dans le Haut conseil, la publication de la charte de l’EAC, le lancement de la politique des territoires 100% EAC en sont la preuve. Marys’à minuit Théâtre des Halles/DE Serge Valletti/MES Catherine Marnas Vingt après sa mise en scène de Marys’à minuit de Serge Valletti, Catherine Marnas, directrice du Théâtre de Bordeaux en Aquitaine, revient à ce soliloque d’une femme seule à l’âme d’enfant et au langage fantasque. Un touchant personnage auquel Martine Thinières prête toute sa délicatesse. Dans une robe de plastique bulle d’où dépassent un pyjama fuchsia et des ballerines en plastique, une perruque rose bonbon sur la tête, Martine Thinières est une Maryse à l’image de la scénographie composite de Carlos Calvo  : perdue quelque part entre l’enfance et l’âge adulte. Dans ses rêves qui lui permettent d’échapper à sa solitude et à sa différence. Assise au milieu d’un fourbi de mange-disques, de poupées et de robes de mariée recouvertes de bâches, la comédienne attend un peu avant d’entrer dans le texte de Marys’à minuit (Éditions L’Atalante, 2004) de Serge Valletti. Elle gesticule. Remue ses mains en une sorte de langue des signes très intime. Elle sourit dans le vague, comme pour savourer ses retrouvailles avec le personnage. Vingt ans ont passé depuis que Catherine Marnas l’a pour la première fois dirigée dans ce soliloque, et le plaisir de Martine Thinières à porter la parole de Maryse est toujours manifeste. Bien que sans doute différent. Car si la pièce de Serge Valletti n’a pas pris une ride, le visage de la comédienne, lui, a pris les marques du temps. La Maryse d’aujourd’hui n’est donc plus tout à fait celle d’hier. Son décalage avec le réel s’est transformé. Il a maintenant un goût d’irrémédiable. Grande fille princesse Bien qu’étalé sur l’ensemble du plateau, le désordre onirique qui s’offre au regard du spectateur dit d’autant mieux l’isolement de la protagoniste que l’actrice le fait vivre par de menues actions. La parole imagée En 2013, la loi Peillon mettait en place un parcours d’EAC, qui visait à une continuité des actions tout au long d’un parcours scolaire. Quels en sont les résultats ? M.-C. B.  : Cette notion de « parcours » est moins citée dans les discours officiels actuels. En partie parce qu’elle posait des problèmes d’interprétation et de mise en œuvre concrète aux différents acteurs de l’EAC, notamment sur l’articulation entre temps scolaire et périscolaire. Mais aussi – et surtout – parce que les controverses concernant la réforme des rythmes scolaires ont eu tendance à faire passer au second plan les questions soulevées par ce parcours, alors que tout cela devait être lié. Cependant, les nouveaux contrats développés dans les territoires dits éloignés s’appuient sur cette notion. Cela voudrait-il dire qu’après trente ans d’institutionnalisation et de développement de l’EAC, un certain flou subsiste quant à la définition et aux modalités de l’EAC ? M.-C. B.  : Oui, car les champs de l’EAC et les Compétences et métiers techniques Formez-vous ! www.cfpts.com www.cfa-sva.com 01 48 97 25 16 et fantasque que Serge Valletti met dans la bouche de son héroïne fait le reste. Comme la plupart des personnages de cet auteur habitué à prêter sa plume aux invisibles de nos sociétés, Maryse a en effet une expression bien à elle. Une drôle de gouaille qui la sépare du monde « normal », où se mêlent le fabuleux du conte de fées, le sentimentalisme de la chanson populaire – les mangedisques avalent entre autres Petite fille de Jean-Jacques Goldman et L’Été indien de Joe Dassin –, et la violence de son environnement quotidien et de ses voisins. Un certain « Mac Laren » aussi, qu’elle attend soir après soir. Nostalgique d’une histoire d’amour Marie-Christine Bordeaux. « Il faut pouvoir protéger les dispositifs de la possible discontinuité des actions publiques. » types de pratiques sont multiples et les objectifs assignés, nombreux et hétérogènes. L’EAC désigne-t-elle les cours d’arts plastiques au collège ? la venue d’artistes professionnels dans les établissements scolaires ? les sorties scolaires ? les créations artistiques ? Tout cela à mon avis, et c’est ce qui à la fois crée des tensions entre les acteurs et suscite des réalisations d’une grande richesse. Pauline Caylac Martine Thinières dans Marys’à minuit. qu’elle s’est sans doute en partie inventée entre deux visites à l’hôpital psychiatrique. En s’appuyant sur cet imaginaire hybride, Martine Thinières parvient à mettre de la lumière dans l’évidente détresse de Maryse. Et à transmettre toute la poésie étrange de son langage. Son absurde qui, davantage qu’un indice de folie, est une protection contre la cruauté de l’époque. Anaïs Heluin Avignon Off. Théâtre des Halles, rue du Roi- René. Du 5 au 28 juillet 2019 à 11h. Relâches les mardis 9, 16 et 23. Tél. 04 32 76 24 51. Il est fréquent d’entendre des professeurs invoquer leur incompétence pour ces projets. Qu’en pensez-vous ? M.-C. B.  : Je pense qu’ils sont des acteurs essentiels de l’EAC, et que beaucoup se pensent à tort incompétents. En témoigne, par exemple, le fort développement des pratiques artistiques en amateur chez les jeunes générations, qui affecte aussi les jeunes enseignants. Cette crainte de ne pas être à la hauteur est à mon avis liée en partie à un phénomène d’hyper-spécialisation du champ artistique, et à sa forte professionnalisation. Au fait également que le profil socio-démographique des enseignants a changé, de même que leur statut dans la société. Enfin, à une relation rompue avec l’éducation populaire. Aujourd’hui, une mesure simple et peu coûteuse serait de mettre en place dans toutes les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) une formation obligatoire à l’EAC, intégrant une réelle dimension pratique. Quels sont d’après vous les défis principaux qui se posent aujourd’hui aux acteurs de l’EAC ? M.-C. B.  : Dans les années 1980, l’EAC quittait son statut de pratique militante pour s’institutionnaliser. Elle a alors été transformée en profondeur, en répondant à des objectifs qualitatifs. Puis c’est la question des territoires qui est devenue centrale  : il fallait élargir le public touché. Ce qui a suscité de nouvelles questions, car on n’organise pas de la même façon, pour toute la France, 500 ateliers scolaires ou des milliers. Depuis 2013, nous sommes dans une phase d’ancrage qui pose problème. Des dispositifs existent  : il faut pouvoir les protéger de la possible discontinuité des actions publiques. Le défi majeur qui se pose aujourd’hui est celui de la connaissance. Où en est aujourd’hui la recherche sur l’EAC ? M.-C. B.  : Elle est très développée à l’échelle internationale, mais peine à prendre de l’ampleur en France. Les chercheurs qui s’y consacrent sont dispersés. Ils manquent de soutien financier, et le risque est important qu’ils se consacrent plutôt à l’évaluation des dispositifs existants et à leurs effets, ce qui est une demande sociale forte aujourd’hui. C’est un des sujets sur lesquels le Haut Conseil pour l’éducation artistique va prochainement faire des propositions. On observe toutefois déjà des initiatives encourageantes. Comme, par exemple, le festival Petits et Grands à Nantes, qui a organisé cette année une journée d’études sur ce que peut être le spectacle dans la vie d’un enfant. Il faut souhaiter que ce type d’événements se multiplie, et s’inscrive sur la durée. Propos recueillis par Anaïs Heluin La Terrasse, premier média arts vivants en France Frédéric Desmesure
10h I ASSO DES CLOUS I L’homme canon 11h I CIE BACK POCKET I La vrille du Chat 12h20 I PAULINE DAU I Vanité(s) 14h20 I AUDREY DECAILLON I (XSaisons) Pio Ospedale Della Pietà 15h30 I ESAC-TO (LIDO-PRO) I Fatras 16h40 I L’ÉOLIENNE I Souffle + Lance-moi en l’air 18h I SANDRINE JUGLAIR I Diktat 20h30 I CIE KIAI I Ring 21h45 I CIE HMG I 3D 22h I CIRKVOST I Hurt me tender - au festival Villeneuve en Scène www.polecirqueverrerie.com #OFF19 oc-1905-cultur-RegionCirqueAvignon-AP Terrasse 248X380.indd 1 14/05/2019 10:54



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