La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 33,2 Mo

  • Dans ce numéro : grands entretiens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 24 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s) scène conventionnée d’intérêt national pour le développement de la création théâtrale en région *********************************** comédie de picardie 62 rue des jacobins - 80000 amiens 03 22 22 20 28 - www.comdepic.com et tournées spectacles présentés à avignon être là texte et mise en scène  : vincent ecrepont ************************** présence pasteur - 16h30 du 5 au 28 juillet (relâche les mardis) 13 rue du Pont Trouca 04 32 74 18 54 ************************** j’ai rencontré dieu sur facebook texte et mise en scène  : ahmedmadani ************************** 11 gilgamesh belleville 11h50 du 5 au 26 juillet (relâche les mercredis) 11 boulevard Raspail 04 90 89 82 63 un président aurait pu dire tout ça texte, jeu, mise en scène  : nicolas ducron ************************** collège de la salle - 18h15 du 5 au 28 juillet (relâche les lundis) 3 place Pasteur 04 65 00 02 33 ************************** charly chanteur de et avec  : charly marty ************************** l’arrache cœur - 22h30 du 5 au 28 juillet (relâche les mercredis) 13 rue du 58 ème R.I. 04 86 81 76 97 ************************** Entretien/Macha Makeïeff Lewis versus Alice La Fabrica/d’après Lewis Carroll/MES Macha Makeïeff à partir des écrits et de la vie même de Lewis Carroll, Macha Makeïeff imagine un rêve extravagant, un théâtre de sensations libres. Que voulez-vous appréhender par le théâtre de l’univers de Lewis Carroll ? Macha Makeïeff  : Ce qui me tient à cœur et m’intéresse, c’est le jeu de miroirs entre Lewis et Alice, entre l’auteur et le personnage, entre l’homme et la petite fille. Cette équivalence, c’est toute l’esthétique de Lewis Carroll, brillant, énigmatique et excentrique, qui par l’imaginaire s’échappe d’une société victorienne corsetée. Plus la société contrôle et enferre, plus le surnaturel et le rêve deviennent l’unique échappatoire. Certains êtres ne sont pas tout à fait au monde, et c’est de cette fragilité que naît leur force poétique. Bègue, à moitié sourd, né dans un presbytère d’un père Entretien/Jean-Louis Martinelli prêtre anglican qui constitue une figure sans doute écrasante – lui-même sera diacre mais jamais ordonné prêtre – et troisième d’une fratrie de onze enfants, Lewis Carroll vécut 47 ans à Oxford, conjuguant deux activités principales, celle de logicien mathématicien, et celle d’auteur. Ses fictions recèlent tous les ingrédients du conte, et abordent l’univers de l’enfance, qui apparaît comme une immense expérience de l’imposture, de l’inquiétude, de la métamorphose. Comment cela se traduit-il par la langue ? Et par le spectacle ? M. M.  : La langue aussi procède de la méta- Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner Théâtre des Halles/DE Christine Citti/MES Jean-Louis Martinelli à la suite de résidences au sein de foyers d’accueil d’urgence pour jeunes mineurs, la comédienne Christine Citti a écrit Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner. Un spectacle choral, créé en janvier dernier par Jean-Louis Martinelli, qui donne corps à « une écriture brute et poétique, pour une jeunesse en manque d’attention ». Pouvez-vous revenir sur le processus d’écriture qui a donné naissance à Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner ? Jean-Louis Martinelli  : Ce texte est né d’un désir d’aller voir ailleurs, dans des territoires inconnus, malmenés, sans forcément l’idée d’en faire un spectacle. Nous nous sommes donc rendus à la Courneuve, dans des foyers d’accueil d’urgence pour jeunes mineurs, ainsi qu’à Toulon, auprès d’adolescents en protection judiciaire. Nous avons organisé des rencontres, des ateliers d’écriture, nous avons réalisé un documentaire, et peu à peu Christine Citti s’est mise à écrire. Finalement, le théâtre est né de moments qui n’avaient pas pour vocation première de faire naître du théâtre. Diriez-vous qu’il s’agit de théâtre documentaire ? J.-L. M.  : C’est une notion sur laquelle j’ai beaucoup de réticences. Pour moi, le plateau n’est pas un lieu d’information. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un théâtre accroché au réel. Notre démarche a été assez proche de celle de Lars Norén, lorsqu’il a écrit Catégorie 3.1. Il est alors allé sur une place de Stockholm, y est resté trois mois, a entendu des bouts de conversations et a remis tout cela en forme pour que naisse un récit de théâtre. Or, ce récit n’est pas la retranscription exacte de ce qui s’est dit, de ce qui s’est passé. Vous avez donc, comme lui, effectué ce que l’on pourrait appeler un décrochage du réel… J.-L. M.  : C’est ça. Ce décrochage a lieu à trois endroits. Au niveau de l’écriture proprement dite, au niveau de la structure du texte et, ensuite, au niveau de la transformation sur le plateau  : par les corps des interprètes et par l’élaboration d’un espace scénographique. Il n’était pas du tout question, pour nous, de réaliser un reportage. De quoi se compose le texte de Christine Citti ? J.-L. M.  : Christine ne prenait quasiment pas de Le metteur en scène Jean-Louis Martinelli. « Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner est le tableau d’une jeunesse à la vitalité empêchée. » notes. Elle a élaboré un recueil de sensations qui se réapproprie les paroles que nous avons entendues, qui rend compte, par le théâtre, des vies au quotidien dont nous avons été les témoins. Dans la pièce, il y a huit jeunes et quatre adultes, dont deux éducateurs, une mère et une narratrice, incarnée par Christine Citti. C’est à travers le regard de cette dernière que l’on peut observer ce qui se passe dans ce foyer. Et ainsi prendre conscience des rêves enfouis de ces jeunes gens, de leurs blessures, de leurs aspirations, de la vitalité incroyable dont ils font preuve, malgré les épreuves qu’ils ont dû traverser. Mais cette vitalité est entravée par une réalité qui les restreint. Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner est le tableau d’une jeunesse à la vitalité empêchée. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Avignon Off. Théâtre des Halles, rue du Roi-René. Du 5 au 28 juillet 2019 à 11h. Relâche le mardi. Tél. 04 32 76 24 51. D. R.
Ben Dauchez Charlette/Studio Paspressenat PF Olivier Metzger Macha Makeïeff. « L’expérience de Lewis Carroll et d’Alice affirme que tout est absolument incertain. » Entretien/Charles Berling Vivre sa vie Théâtre des Halles/adapté du film de Jean-Luc Godard (avec des textes de Virginie Despentes, Marguerite Duras, Henrik Ibsen, Bernard-Marie Koltès, Grisélidis Réal, Sophocle, Frank Wedekind ET Simone Weil)/MES Charles Berling Charles Berling met en scène l’adaptation théâtrale du film de Godard. Hélène Alexandridis, Pauline Cheviller, Sébastien Depommier et Grégoire Léauté font résonner de nos jours le destin magnifique et tragique de Nana, qui veut « vivre sa vie ». Que raconte Vivre sa vie ? Charles Berling  : On peut le résumer en une phrase. Une jeune femme qui veut être actrice se trouve dans la nécessité de se prostituer et meurt victime de la guerre entre deux maquereaux. C’est l’histoire d’une jeune femme anéantie. Simone Weil, dans un texte à la fin de la pièce, interroge le statut de la force dans L’Iliade et la définit comme ce qui peut broyer Charles Berling. « Nana est libre, certes, mais libre, hélas, d’aspirer à la nécessité. » et annihiler la grâce. Nana, belle et libre, est ainsi broyée. C’est exactement ce que montre Godard et qu’interprète Anna Karina dans le film. Vivre sa vie est d’abord l’histoire très forte d’un destin broyé  : entre le détachement de l’humour et une profonde tragédie – un entremêlement qui m’intéresse beaucoup – et en douze tableaux très abrupts, ce qui en fait l’inverse d’un mélo. morphose ! Le travail magnifique que Lewis Carroll effectue sur la langue repose sur le nonsense et la fantaisie. Lui-même disait qu’il ne faisait pas de différence entre le sens et le son, et grâce aux acteurs dont certains sont bilingues, nous faisons également entendre les sonorités anglaises. L’excentricité anglaise, c’est un espace de liberté merveilleux. Le spectacle opère une bascule psychique, où il n’est question que de rêve. Rêve-t-on qu’on est mort ? Qu’on est vivant ? Quelqu’un dit à Alice qu’elle n’est pas vraie, qu’elle fait partie du rêve du roi. Si on réveille le roi, alors elle sera soufflée comme une chandelle. Sans cesse s’exprime la fragilité de l’existence. Face à un monde figé, l’expérience de Lewis Carroll et d’Alice affirme que tout est absolument incertain. Nous marchons sur un territoire d’incertitude  : c’est ça l’existence ! à travers l’absurde, se joue un théâtre de sensations, d’impressions. Propos recueillis par Agnès Santi Festival d’Avignon. La Fabrica. Du 14 au 22 juillet 2019 à 18h. Relâche le 18. Tél. 04 90 14 14 14. Durée  : 2h. à voir Trouble Fête, exposition à la Maison Jean Vilar. à lire Zone céleste (Actes Sud). Vous actualisez le film. L’actualité du cinéma le commande-t-elle ? C. B.  : Références à l’actualité mises à part, il est évident que les jeunes gens sont de plus en plus considérés comme des marchandises. À l’intérieur de ce consumérisme, les femmes sont traitées comme telles, et les jeunes femmes, n’en parlons pas ! Les jeunes actrices et acteurs sont confrontés à une relation que je trouve détestable. Nana rêvant d’être actrice, on peut interroger la nature du regard porté sur les actrices dans ce métier. Godard parle d’ailleurs de cela. La première passe que fait Nana, c’est avec un photographe de cinéma. Bien sûr, si je suis gentille avec lui, ça ira mieux, se dit-elle, comme d’autres se le disent. Peutêtre n’y a-t-il pas viol, mais il y a une pression permanente. Nana est libre, certes, mais libre, hélas, d’aspirer à la nécessité. Vous avez travaillé avec des femmes. Volontairement ? C. B.  : Pauline Cheviller, qui interprète Nana, est à l’origine de ce projet puisque c’est elle qui m’a mis sur la piste du film. Ensuite, j’ai choisi Irène Bonnaud comme dramaturge parce que je voulais conduire ce film à la scène avec un regard plus féminin qu’à l’époque. Nous avons aussi choisi d’ajouter des textes de Marguerite Duras, de Grisélidis Réal, de Virginie Despentes, pour appuyer les points de vue féminins, et pour ne pas se priver de ces textes. Dans le film de Godard, le philosophe Brice Parain parle pendant douze minutes  : on ne pourrait plus le faire au cinéma, mais le théâtre l’autorise encore parce qu’il est l’endroit du langage et de la confrontation d’idées. J’ai relu le scénario avant même de voir le film  : ce texte est fantastique ! Sa dramaturgie magnifique autorise à s’interrompre pour lire d’autres textes, comme le fait Godard lui-même dans ses films. Propos recueillis par Catherine Robert Avignon Off. Théâtre des Halles, 4 rue Noël-Biret. Du 5 au 28 juillet 2019, à 19h. Relâches les 9, 16 et 23 juillet. Tél. 04 32 76 24 51. SAISON 2019 – 2020 BOVARY GUSTAVE FLAUBERT TIAGO RODRIGUES LA FIN DE L’HOMME ROUGE SVETLANA ALEXIEVITCH EMMANUEL MEIRIEU TOUTE MA VIE J’AI FAIT DES CHOSES QUE JE SAVAIS PAS FAIRE RÉMI DE VOS CHRISTOPHE RAUCK PROJET NEWMAN AMINE ADJINA ET ÉMILIE PRÉVOSTEAU ENTRAILLES PAULINE RIBAT ENTREPRISE JACQUES JOUET/RÉMI DE VOS GEORGES PEREC ANNE-LAURE LIÉGEOIS J’AIME HYDRO CHRISTINE BEAULIEU PHILIPPE CYR HEDDA SIGRID CARRÉ-LECOINDRE LENA PAUGAM TOUS LES SPECTACLES DE LA SAISON 2019 – 2020 SUR WWW.SCENENATIONALE-ESSONNE.COM théâtre 25 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s)



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