La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 33,2 Mo

  • Dans ce numéro : grands entretiens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 20 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s) Entretien/François Gremaud Phèdre ! Collection Lambert/d’après Racine ET François Gremaud/MES François Gremaud Dans Phèdre !, le comédien Romain Daroles parle de sa passion pour Phèdre. Un texte de François Gremaud, figure centrale de la 2B Company, qui expérimente un joyeux sens du décalage. Avez-vous cherché l’effet de surprise en vous attaquant à Phèdre ? François Grémaud  : C’est Vincent Baudriller à Vidy-Lausanne qui nous a contactés et a commandé un classique dans une forme contemporaine, afin de proposer un spectacle destiné aux scolaires. J’ai accepté car c’était l’occasion de m’attaquer à Phèdre, qui est une pièce culte pour moi. Quand j’ai étudié la pièce à l’école, j’étais très amoureux de quelqu’un qui m’a annoncé être amoureux de quelqu’un d’autre. Le feu des passions, la jalousie…  : il y avait dans Phèdre des mots qui traduisaient exactement la violence de mes sentiments. Puis, dans l’apprentissage du théâtre, les professeurs choisissaient toujours Phèdre pour travailler l’alexandrin. À chaque fois que je m’y essayais, la magie fonctionnait  : je pleurais. C’est le seul classique pour lequel j’éprouve cette passion. Mariage au Danemark en ouverture de Hamlet. Hamlet La langue de Racine paraît pourtant assez distanciée… F. G.  : Un peu comme la musique de Bach, elle a une dimension théorique, austère, un agencement quasi-scientifique qui se conjugue à un sentiment profondément humain. Quand Racine parle de passion, j’ai l’impression qu’il sait de quoi il parle. Si on ne s’encombre pas d’une idée préconçue de l’alexandrin, on peut le faire vibrer d’une façon très concrète. Vous partez donc d’une forme pour les classes ? F. G.  : Qui sera différente en salle, dans l’interaction et la convocation de références, mais avec le même principe  : Romain Daroles arrive sur scène pour parler de Phèdre ! (avec point d’exclamation), qui est une comédie qui parle de Phèdre. C’est un spectacle cousin de La Conférence de choses, 11 Gilgamesh Belleville/d’après Shakespeare/adaptation et mes Jérémie Le Louët Jérémie Le Louët et les membres de la compagnie des Dramaticules présentent un remarquable Hamlet, foisonnant et jouissif, animant la scène d’une fièvre et d’un talent comme on en voit peu. Le théâtre offre parfois des moments de jubilation absolue, lorsque tout concourt à plaire à l’esprit autant qu’aux sens. Le dernier spectacle de la compagnie des Dramaticules est de ceux-là, et Jérémie Le Louët et son équipe ont réalisé un travail d’une exceptionnelle qualité. Adaptant le Hamlet de Shakespeare en le nourrissant des textes qui l’ont précédé autant que de ceux qu’il a inspirés, de Saxo Grammaticus (qui révéla ce personnage dans sa geste danoise) jusqu’à Freud (qui en interrogea le motif narcissique et vengeur), Jérémie Le Louët signe une adaptation brillante, à la fois pertinente et astucieuse, aussi cultivée que subtile. La mise en scène, qui organise les conditions d’une interrogation sagace et espiègle sur l’essence et les pouvoirs du théâtre, est d’une ingéniosité fascinante. Les comédiens passent d’un rôle à un autre avec une aisance et une fluidité sidérantes. Et dans le même temps – et là est peut-être la réussite la plus patente de ce spectacle – tout semble simple, évident, clair et accessible. Pas de lourdeur démonstrative, pas d’effets inutiles, aucune redondance, aucune insistance  : tout est limpide et intelligible. Trouvailles farcesques, traits d’humour et moments d’émotion s’enchaînent avec une rare élégance. Une magistrale synergie des talents Horacio (époustouflant Pierre-Antoine Billon) ouvre le spectacle en bateleur truculent, accueillant les spectateurs invités au banquet des noces de Claudius et Gertrude. La convention théâtrale est d’emblée interrogée, et le public se trouve pris dans le cyclone d’une mise en abyme dont l’œil est la folie d’Hamlet, victime et organisateur des affres de la représentation. Jérémie Le Louët irradie en Hamlet, prince de la scène comme le fut en son temps Laurence Olivier, auquel il rend un plaisant hommage en lui ressemblant sans jamais le singer. Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg et Dominique Massat l’entourent et incarnent les autres personnages de la tragique histoire de l’héritier du Danemark avec un abattage et un brio flamboyants. Les scènes entre Rosencrantz et Guildenstern sont absolument désopilantes, comme le sont celles où Claudius tâche désespérément de remettre de l’ordre dans son royaume en décapilotade ; la douleur de Gertrude est poignante, l’apparition du spectre du roi assassiné est magistrale, autant que celle où Hamlet découvre le cadavre d’Ophélie  : les émotions farandolent sur un rythme effréné et l’ensemble compose un spectacle de très haute tenue, où l’intelligence rivalise avec la beauté. À ne surtout pas manquer ! Catherine Robert Avignon Off. 11 Gilgamesh Belleville, 11 bd Raspail. Du 5 au 26 juillet 2019, à 22h10. Relâche les 10, 17 et 24 juillet. Tél. 04 90 89 82 63. Doisne Studio Photo
Christian Lutz François Gremaud. « C’est un spectacle cousin de La Conférence de choses, qui vise à partager l’enthousiasme que nous ressentons. » qui vise à partager l’enthousiasme que nous ressentons. Qu’y apprend-on sur Phèdre ? F. G.  : Beaucoup de choses. Par exemple que Racine y effectue une sorte de name dropping mythologique, avec de nombreuses références qui nous sont assez obscures et que l’on tentera d’éclairer. C’est assez fascinant de montrer comment elles sont utilisées à dessein, son texte prend alors une résonance supplémentaire. Tout ce travail a renforcé mon admiration et mon amour pour cette tragédie. Propos recueillis par éric Demey Festival d’Avignon. Collection Lambert. Du 11 au 21 juillet 2019 à 11h30. Relâche le 16. Durée  : 1h30. Tél. 04 90 14 14 14. Joséphine Serre Alexandra Badea Emma Dante création 18 septembre – 12 octobre création Valère Novarina 20 septembre – 13 octobre 7 novembre – 1er décembre création jeune public 11 – 22 décembre Entretien/Julie Duclos Pelléas et Mélisande La Fabrica/DE Maurice Maeterlinck/MES Julie Duclos Julie Duclos met sa pratique très cinématographique du théâtre au service de Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck. Une pièce sur la rencontre de deux solitudes, qui permet à la metteure en scène de poursuivre son travail sur l’intime. Sur la part d’inconnu de l’être humain. Après des débuts dans l’écriture de plateau, vous avez mis en scène la pièce contemporaine MayDay de Dorothée Zumstein avant de monter Pelléas et Mélisande, écrite en 1892. Comment expliquez-vous ce choix d’écritures très diverses ? Julie Duclos  : J’aime que chaque création me pousse à me déplacer, à inventer de nouvelles manières d’associer cinéma et théâtre tout en continuant de creuser le même sillon. Avec MayDay (2017), c’était la première fois que je mettais en scène un texte de théâtre. J’ai eu envie de continuer avec Pelléas et Mélisande, qui suscite des images fortes. Comme chez Dorothée Zumstein, il y a dans la pièce de Maeterlinck quelque chose qui dépasse la psychologie, qui touche au cosmos. création Arthur H – Wajdi Mouawad 13 novembre – 29 décembre Cette présence de l’invisible chez Maeterlinck représente un défi à la mise en scène. Comment l’avez-vous relevé avec vos comédiens ? J. D.  : Pour qu’une œuvre m’intéresse, il faut qu’elle pose des défis à la représentation. Sensible notamment aux nombreux points de suspension utilisés par l’auteur, l’invisible en question impose un type de jeu particulier, à la fois concret et tourné vers quelque chose de plus vaste que l’amour impossible entre Pelléas et Mélisande. De plus mystérieux que la jalousie de Golaud, l’époux de Mélisande. Les vidéos, dont certaines seront tournées en direct, d’autres non, vont aussi nourrir cette étrangeté. Cette métaphysique. La scénographie de MayDay, avec sa maison en ruines grandeur nature ou presque, était extrêmement imposante. Cela sera-t-il le cas aussi dans Pelléas et Mélisande ? J. D.  : C’est un des points communs entre les deux spectacles. L’un comme l’autre nécessitant de grands espaces, je poursuis ma collaboration avec l’équipe technique de May- Day. Je veux faire de Pelléas et Mélisande un carrefour de tous les métiers du théâtre. Son, lumière, vidéo, jeu… Le tout s’agence d’une manière quasi-opératique. Les nombreux changements de décor qui interviennent dans la pièce posent aussi la question des limites de la représentation, très importante pour moi. Delphine Hecquet Julie Duclos. « Il y a dans la pièce de Maeterlinck quelque chose qui dépasse la psychologie, qui touche au cosmos. » Quelle est pour vous la valeur de ces paysages ? J. D.  : Ils sont beaucoup plus que de simples décors. Un peu comme chez Tarkovski, dont j’aime énormément l’œuvre, les paysages de Maeterlinck ont une influence sur les personnages. Ils sont à la fois concrets et métaphoriques, ce qui est passionnant à traiter dans une mise en scène. L’effondrement dont ils témoignent – le château où se déroule l’action principale est en ruines – renvoie à des questions très actuelles. De même que le personnage de Mélisande, qui vient d’un lieu dont elle ne parle jamais, où elle a connu des souffrances tout aussi secrètes. Bien qu’intemporel, Pelléas et Mélisande résonne fortement avec notre époque. Propos recueillis par Anaïs Heluin Festival d’Avignon. La Fabrica, 11 rue Paul-Achard. Du 5 au 10 juillet 2019 à 18h. Relâche le 8. Durée estimée  : 1h45. Tél. 04 90 14 14 14. théâtre 21 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s)



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