La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
La Terrasse n°278 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 33,2 Mo

  • Dans ce numéro : grands entretiens.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 16 la terrasse 278 juillet 2019 – avignon en scène(s) Entretien/Michel Raskine Blanche-Neige, histoire d’un prince Chapelle des Pénitents Blancs/DE Marie Dilasser/MES Michel Raskine Comment raconter l’histoire de Blanche-Neige aujourd’hui ? Pour répondre à cette question, Michel Raskine a fait appel à l’auteure Marie Dilasser. Variation autour du conte de Grimm, Blanche-Neige, histoire d’un prince déjoue toutes les attentes du genre. Vous avez créé plusieurs spectacles en direction du jeune public – ou « tout public », pour reprendre vos termes –, mais c’est la première fois que vous mettez en scène un conte. Pourquoi aujourd’hui ? Michel Raskine  : On n’en finit jamais avec le conte. J’ai toujours pensé qu’il était une matrice géniale, qu’avec le théâtre de Shakespeare et la mythologie grecque, il était parmi les sources majeures de l’écriture théâtrale. Si je n’avais en effet jamais jusque-là mis en scène de contes à proprement parler, il me semble que je fraie depuis longtemps avec ce genre. Il y a plus de dix ans par exemple, Laterna magica j’ai monté Barbe-bleue, l’espoir des femmes de Dea Loher. Une fable très librement inspirée du conte de Perrault. Pour avoir mis en scène trois de ses textes, vous êtes familier de l’écriture de Marie Dilasser. Qu’y-a-t-il en elle qui vous ait donné l’idée d’une commande autour de Blanche- Neige ? M. R.  : Quand j’ai découvert l’écriture de Marie, il y a 15 ans environ alors qu’elle était à l’ENSATT, j’ai tout de suite été séduit par son monde très politique, très social, par son goût pour la farce qui la place selon moi dans la 11 Gilgamesh Belleville/d’Ingmar Bergman/MES Dorian Rossel ET Delphine Lanza Pour porter sur scène Laterna magica, le récit autobiographique du metteur en scène et réalisateur suédois Ingmar Bergman, Dorian Rossel et Delphine Lanza imaginent un subtil langage où ombres et lumières sont l’égal des mots. Un paysage mouvant où rayonne le jeune comédien Fabien Coquil. Devant un panneau blanc, éclairé, qui avec quelques plantes et une chaise suffit à installer sur le plateau une mystérieuse attente, Fabien Coquil pénètre dans Laterna magica par une entrée inattendue. Non par son introduction, où Ingmar Bergman (1918-2007) décrit sa maladive arrivée au monde, ni par l’une de ses brillantes réflexions sur l’art du théâtre ou de la mise en scène, mais par une anecdote apparemment anodine. Par une des toutes petites histoires d’enfance dont regorge le singulier récit autobiographique tout en fragments qui ne respectent aucune chronologie, où il est question d’un ver de terre qu’avait un jour voulu lui faire avaler son frère. Dorian Rossel, qui signe avec Delphine Lanza la mise en scène du spectacle créé fin avril 2019 au Théâtre Forum Meyrin à Genève, dit ainsi d’emblée la liberté de son adaptation. Son désir de se promener dans le texte comme Bergman se frayait un chemin dans ses propres souvenirs  : sans plan d’attaque, sans objectif autre que celui de se connaître un peu mieux soi-même. Un voyage passionnant, labyrinthique, auquel nous invite Fabien Coquil, tout juste sorti de la Comédie de Saint- Étienne où l’a rencontré Dorian Rossel, et déjà capable de se mettre au diapason des ombres et des lumières du réalisateur de Scènes de la vie conjugale (1973). Pour se faire le passeur d’une intelligence en mouvement perpétuel. D’une sensibilité hors du commun, où trivial et sublime se donnent amoureusement la main. Scènes de la vie intérieure Tandis que pour évoquer l’éducation rigide d’Ingmar Bergman, sa découverte du cinématographe ou encore sa tempétueuse vie sentimentale, Fabien Coquil déploie un très riche et précis vocabulaire où les mots ont le même poids que les signes – ses mains, surtout, sont d’une éloquence particulière –, le plateau se métamorphose. Au rythme de l’introspection accidentée, ponctuée de nombreux silences, l’écran initial passe grâce à Julien Brun par toutes les nuances qui séparent l’ombre de la lumière. Puis, dans le même mouvement Laterna magica. continu, il se démultiplie en divers paysages abstraits. En tableaux qui, au lieu de simplement les illustrer, suggèrent les sentiments et les pensées de l’auteur de Laterna magica. Dorian Rossel, dont le théâtre se nourrit très souvent de cinéma – il a notamment adapté La Maman et la Putain de Jean Eustache, Voyage à Tokyo d’Ozu et Le Dernier Métro de François Truffaut –, réussit à donner l’illusion de la simplicité alors que chaque son, que chaque lumière sont calculés. L’inquiétude permanente de Bergman, son obsession de la mort qui cache un profond amour de la vie, son humour qui cajole le genre humain autant qu’il le voue aux gémonies… Tout est là dans ce Laterna magica, avec d’autant plus de force qu’on ne le voit presque pas. Anaïs Heluin Avignon Off. 11 Gilgamesh Belleville, 11 bd Raspail. Du 5 au 23 juillet 2019 à 10h30. Relâches les 10 et 17 juillet. Tél. 04 90 89 82 63. Carole Parodi Michel Raskine. « J’ai voulu éviter tous les stéréotypes liés à la fois au conte et au spectacle jeune public. » filiation de Copi ou de Jarry. C’est ce que je voulais pour aborder Blanche-Neige. Vous avez choisi de mettre en avant la figure du prince, secondaire chez Grimm. Pourquoi ? M. R.  : J’ai voulu éviter tous les stéréotypes Venkat Damara Entretien/Denis Lavant Pierre Grosbois liés à la fois au conte et au spectacle jeune public. L’idée d’une inversion des genres est pour cela venue très vite. En faisant jouer Blanche-Neige de Souillon par des hommes (Tibor Ockenfels et le technicien Alexandre Bazan), et le Prince par une femme (Marief Guittier), je crée d’emblée un décalage par rapport au magnifique conte d’origine – et au dessin animé de Walt Disney, sans doute hélas plus connu. Mettre au premier plan le prince, ou plutôt le couple en pleine déréliction qu’il forme avec Blanche-Neige, a la même fonction. Ce décalage sera-t-il porté plutôt par le texte, ou par le corps ? M. R.  : J’ai recherché un équilibre entre la langue très singulière de Marie Dilasser et un univers visuel qui doit beaucoup, entre autres, à May B de Maguy Marin et à la peinture d’Egon Schiele. Sans oublier Claire Dancoisne du Théâtre la Licorne, où ont été fabriqués les nombreux objets du spectacle. L’ingrédient principal de ce mélange a été l’amusement. C’est ce que nous voulons partager avec les spectateurs. Propos recueillis par Anaïs Heluin Festival d’Avignon. Chapelle des Pénitents blancs. Du 6 au 12 juillet 2019 à 11h et 15h. Relâche le 9. Tél. 04 90 14 14 14. Durée  : 1h. La Dernière Bande Théâtre des Halles/DE Samuel Beckett/MES Jacques Osinski Après Cap au pire en 2017, Denis Lavant revient cette année au Théâtre des Halles avec un autre texte de Samuel Beckett mis en scène par Jacques Osinski  : La Dernière Bande. Une passionnante descente dans les profondeurs de l’humain. Vous vous emparez de La dernière bande après avoir interprété Cap au pire. Qu’est-ce qui relie et différencie, pour vous, ces deux œuvres de Samuel Beckett ? Denis Lavant  : Ce qui les relie, d’abord, c’est que ce sont toutes deux des monologues. Et ce qui les différencie, c’est que La Dernière Bande est un texte écrit pour le théâtre, alors que Cap au pire est un roman. Cap au pire ne comporte donc aucune indication scénique. Nous l’avons abordé, Jacques Osinski et moi, dans un très grand minimalisme. D’une cer- Denis Lavant, interprète de La Dernière Bande. « Ce qui est au cœur de l’écriture de Beckett, c’est une grande lucidité et un humour terrible. » taine façon, j’ai envie de dire que La Dernière Bande est peut-être une œuvre plus sentimentale. Car à travers cette pièce, Samuel Beckett rend hommage à une femme morte prématurément, une femme qu’il aimait infiniment. Cette déclaration d’amour se cache derrière une forme de cynisme fruste, mais il ne faut pas s’y laisser prendre. La Dernière Bande, à travers le personnage de Krapp, est en fait un texte beaucoup plus tendre que Cap au pire. Chez Krapp, il y a quelque chose de pathétique qui est extrêmement émouvant. Ce personnage réécoute chaque année, le jour de son anniversaire, une vieille bande magnétique qu’il a lui-même enregistrée 20 ans auparavant… Ce qui constitue une réflexion sur le temps et particulièrement sur le présent… D.L.  : Oui, l’appréhension du temps est fondamentale chez Beckett. La Dernière Bande est, de ce point de vue, un véritable précipité de présent. C’est aussi ce qui en fait un texte très différent de Cap au pire. Car Cap au pire formule par les mots, dans un mouvement inéluctable, une vision du présent qui s’amenuise. Au-delà de ce rapport au temps, quelle dimension vous paraît essentielle dans l’écriture de Samuel Beckett ? D.L.  : Son humour. Ce qui est au cœur de l’écriture de Beckett, c’est une grande lucidité et un humour terrible. On pourrait dire que c’est le rire d’une tête de mort… Beckett a une manière jubilatoire de relativiser la gravité de ce qui se passe, de notre condition de mortels, de la vacuité des choses. C’est d’ailleurs le propre des grands esprits. Il y a chez lui un humour burlesque, un humour qui tient du clown. Dans toutes ses pièces, il met en scène des grands marginaux, des personnages qui sont à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du temps, qui vivent leur vie en attendant que ça se passe… Découvrir ce théâtre, quand j’étais adolescent, grâce à une représentation d’En attendant Godot, a été pour moi une véritable révélation. Une expérience qui a non seulement marqué la conscience du spectateur que j’étais et du comédien que j’allais devenir, mais qui a aussi marqué, plus globalement, ma conscience d’humain. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Avignon Off. Théâtre des Halles, rue du Roi- René. Du 5 au 28 juillet 2019 à 21h30. Relâche le mardi. Tél. 04 32 76 24 51.
SAISON 2019-20 Jeanne Added Pauline Bayle Marie-Pierre Brébant Jeanne Candel Jonathan Capdevielle Frank Castorf François Chaignaud Les Chiens de Navarre Compagnie XY Cirque Trottola Camille Dagen Julie Delille Maroussia Diaz Verbèke Lou Doillon MohamedEl Khatib Jan Fabre Katia Ferreira Bruno Geslin La JUNE Ludovic Lagarde Alice Laloy JohannLe GuillermAbd Al Malik Alice Ripoll Estelle Savasta … www.tandem-arrasdouai.eu OUVERTURE DES ABONNEMENTS LE 3 SEPTEMBRE Le TANDEM Scène nationale est subventionné par  : la Ville d’Arras, la Ville de Douai, le Ministère de la Culture, le Conseil régional des Hauts-de-France/Nord-Pas-de-Calais – Picardie, le Conseil départemental du Nord et le Conseil départemental du Pas-de-Calais. Photo  : Bénédicte Rousseau/Raphaël Mesa



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