La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 8 la terrasse 277 juin-juillet 2019 5 > 23 JUIN Cartoucherie 75012 Paris T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr Entretien/éric Ruf La Vie de Galilée Comédie-Française/DE Bertolt Brecht/MES éric Ruf Ce fut la dernière mise en scène d’Antoine Vitez, alors administrateur général de la Comédie-Française, qui marqua l’entrée de La Vie de Galilée au répertoire de la Maison de Molière. Vingt-neuf ans plus tard, éric Ruf signe une nouvelle production de la pièce de Bertolt Brecht. Avec Hervé Pierre dans le rôle du savant italien. Vous avez choisi Hervé Pierre pour interpréter le rôle-titre de La Vie de Galilée. Qu’estce que ce choix traduit du regard que vous portez sur cette pièce ? éric Ruf  : En fait, les choses se sont déroulées différemment  : c’est en cherchant un rôle pour Hervé Pierre que j’ai pensé à La Vie de Galilée, me souvenant que Roland Bertin l’avait joué dans la mise en scène d’Antoine Vitez. Il y a, me semble-t-il, un héritage évident entre ces deux comédiens. Je me suis donc plongé dans cette pièce. Et j’ai été très étonné du portrait d’homme que réalise Brecht. Car je dois l’avouer, je n’étais pas, avant cela, un grand lecteur de ce théâtre. Qu’est-ce qui vous a surpris ? E. R.  : N’étant pas un grand connaisseur de Brecht, j’avais une sorte de méfiance à l’égard de son œuvre, la considérant – sans doute un peu bêtement – comme une œuvre manichéenne, didactique. Mais dès les premières pages, j’ai été fasciné par l’intelligence du regard que cette pièce porte sur le personnage de Galilée. Tous les grands auteurs, finalement, lorsqu’ils s’intéressent à ce genre LES ÉVAPORÉS texte et mise en scène Delphine Hecquet 04/06 - 29/06 Le silence mardi au samedi 19h30 ne ment LE JOUR QUI VIENT pas Théâtre CHRISTIAN GIUDICELLI JACQUES Production RBD Productions - Les Déchargeurs NERSON JEU Léa dauvergne, Mélik dridi, MARLÈNE GÉNISSEL, muriel gaudin, marie nègre, angelo pattacinI, ROMAN TOUMINET LaTerrasse_121x187_ok.indd 1 15/05/2019 10:14 i fou pour les déchargeurs -La reine blanche - licence es 1-1116385/2-1098291 éric Ruf, metteur en scène et administrateur général de la Comédie-Française. « Chez Galilée, il y a un côté clochard céleste qui correspond parfaitement à ce qu’Hervé Pierre peut faire surgir sur scène. » de figures, s’amusent à les faire descendre de leur piédestal pour essayer de saisir les ressorts des grands événements dont elles ont été les initiatrices. C’est précisément ce que fait Brecht avec Galilée. Quel portrait dresse-t-il du savant ? E. R.  : Il dresse le portrait d’un jouisseur. Un jouisseur qui jouit, bien sûr, de la science, des idées, mais également du bon vin, des plaisirs de la table, de ceux de la chair… Ce personnage m’a tout de suite énormément intéressé… Evidemment, Hervé Pierre est un comédien magnifique pour jouer ce genre d’hommes. Par le passé, je lui ai déjà demandé d’interpréter Peer Gynt (ndlr, en 2012). Ce sont des pièces qui n’ont pas grand-chose à voir l’une Don Juan, mis en scène par Frank Castorf. Brigitte Enguerand Le Printemps des Comédiens Région/Montpellier/Festival Prestigieux et ouvert à l’émergence, international et local, le festival montpelliérain propose comme chaque année une édition de haute volée, dans une atmosphère festive et fédératrice. Du 31 mai au 30 juin 2019. avec l’autre, mais leurs personnages principaux sont tous deux des êtres hors-normes. L’homme que dépeint Brecht dans La Vie de Galilée est d’une épaisseur de cuir peu commune. Il se nourrit autant de la critique de l’obscurantisme religieux que fait émerger Brecht que du doute fondamental sur la portée de la science qui perce à la fin de la pièce… Finalement, ce Galilée est une sorte d’antihéros, un personnage que l’on pourrait croire uniquement lumineux et qui, pourtant, révèle de nombreuses zones d’ombre. Qu’est-ce qui, chez le comédien qu’est Hervé Pierre, vous semble correspondre aux registres de jeu que nécessite ce rôle ? E. R.  : Hervé Pierre est un acteur-monde. Quand je l’ai vu dans la version de La Tempête mise en scène par Robert Carsen (ndlr, spectacle créé en décembre 2017, Salle Richelieu), où il jouait un clown enfermé dans une bouteille, je me suis dit que je voulais absolument retravailler avec lui. Il est d’une telle truculence, il possède un rapport au public tellement immédiat ! Chez Galilée, il y a un côté clochard céleste qui correspond parfaitement à ce qu’Hervé Pierre peut faire surgir sur scène. Le personnage de Brecht fait un peu penser à un moustique aveugle qui ne cesserait de se précipiter sur une lampe, alors que tout le monde autour de lui crierait « danger, danger ! » … Car malgré les risques qu’il encourt et qu’il fait encourir aux autres, Galilée poursuit sa quête, inlassablement  : pour la reconnaissance, par orgueil scientifique, par appétit de réussite... Ce rôle, tel que je l’envisage, nécessite un acteur très concret, un acteur aussi capable d’investir les zones d’humour qui traversent la pièce. Le talent d’Hervé Pierre offre toutes ces possibilités-là. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Comédie-Française, salle Richelieu, place Colette, 75001 Paris. Du 7 juin au 21 juillet 2019. En alternance. Matinées à 14h, soirées à 20h30. Tél. 01 44 58 15 15. www.comedie-francaise.fr « Partager l’exigence du théâtre d’art avec le plus grand nombre. » C’est l’ambition que poursuit et développe Jean Varela depuis 2011, date à laquelle il a pris ses fonctions de directeur du festival montpelliérain. Chaque année, le festival confirme sa dimension internationale et accueille des créations phares de la scène européenne et hexagonale, tout en ancrant fortement la manifestation au cœur de son territoire, et en favorisant la découverte de compagnies moins repérées. C’est un fort désir de dialogue et d’engagement pour l’art que concrétise le festival, qui, outre la programmation, laisse s’épanouir une multitude de rencontres reliant artistes et spectateurs. Diverses esthétiques et démarches font émerger un panorama de la créativité contemporaine. Engagement pour le théâtre d’art Très attendu, salué lors de sa création en Allemagne comme une œuvre puissante et particulièrement inventive, Don Juan mis en scène par Frank Castorf propose une vaste fresque théâtrale et musicale autour du grand seigneur méchant homme. Tout aussi stimulant, Matthias Horn
Alain Willaume - tendance floue Critique Fauves La Colline – Théâtre national/texte et mes Wajdi Mouawad Pour sa dernière création, Wajdi Mouawad continue de creuser le sillon de son style et de ses obsessions. Il signe une grande fresque familiale qui, sur plusieurs générations, explore dans tous les sens la question du deuil, des origines, des contingences existentielles et de la reproduction du malheur. Reina Kakudate et Jérôme Kircher dans Fauves, de Wajdi Mouawad. La Cerisaie est visitée par Simon Mc Burney en compagnie de la superbe troupe d’Ivo van Hove, le Toneelgroep Amsterdam. À découvrir aussi Le Bourgeois gentilhomme mis en scène par Jérôme Deschamps, qui réalise son rêve d’interpréter Monsieur Jourdain, au rythme de la musique de Lully dirigée par le bouillonnant Marc Minkowski à la tête de ses Musiciens du Louvre. L’auteur et metteur en scène Pascal Rambert et le chorégraphe Rachid Ouramdane unissent leur talent pour créer Mont Vérité, hymne à l’utopie et la jeunesse, interprété par de jeunes acteurs du Théâtre National de Strasbourg. Après une forme fleuve créée lors du dernier Festival d’Avignon et consacrée à l’auteur Don DeLillo, Julien Gosselin crée un monologue d’après Le marteau et la faucille, une des nouvelles de l’auteur américain, où l’effondrement des marchés traduit aussi un vide existentiel. Autre registre avec Une Femme se déplace de David Lescot, comédie musicale joyeuse et profonde où l’héroïne revisite son passé. Sans oublier la jubilatoire et loufoque Conférence de choses de François Gremaud et Pierre Mifsud, l’éblouissante traversée Tous des oiseaux de Wajdi Mouwad, l’onirique Scala de Yohan Bourgeois, Opening Night de Cyril Teste avec Isabelle Adjani, une maison de Christian Rizzo, Banquet capital de Sylvain Creuzevault, Crime et châtiment de Nicolas Oton, Passagers par les 7 doigts de la main. Et bien d’autres encore, au Domaine d’O et ailleurs. Agnès Santi Le Printemps de Comédiens, Domaine d’O, 178 rue de la Carriérasse, 34090 Montpellier. Du 31 mai au 30 juin 2019. Tél. 04 67 63 66 67. www.printempsdescomediens.com Que les passionnés de récits économes, ramassés, décharnés passent leur chemin. Avec sa dernière pièce, intitulée Fauves*, Wajdi Mouawad poursuit son chemin d’auteur de théâtre épique et hyperbolique. Durant quatre heures, le directeur du Théâtre national de la Colline nous raconte l’histoire d’Hippolyte Dombre, un cinéaste qui découvre chez le notaire, peu après le décès de sa mère, tout un pan de l’existence de cette dernière. Il apprend, à cette occasion, que l’homme qu’il pensait être son père n’était en réalité pas son géniteur. S’envolant pour le Québec à la rencontre de son père biologique, Hippolyte ouvre une boîte de Pandore qui va bouleverser son existence, ainsi que celle de ses deux enfants. Car c’est aussi l’histoire de Lazare et de Vive que relate ce drame familial accumulant péripéties et rebondissements. Tout comme celle de leurs aïeules et aïeux, sur plusieurs générations. Emblématique des préoccupations qui composent le théâtre de Wajdi Mouawad depuis ses débuts, dans les années 1990, Fauves dévoile à l’envi toutes sortes de circonstances dramatiques liées aux thèmes de la filiation, de la mort, du destin, du mal-être, de la violence des hommes et de la dureté du monde. Le mouvement mystérieux et sans fin de ce qui nous dépasse Tout cela, en distordant l’échelle du temps. Ici, le présent et le passé s’entremêlent dans une spirale qui peut donner le tournis. Les flash-backs se succèdent. De nombreuses scènes se répètent (à l’identique ou à travers de légères variations), donnant une impression de systématisme qui vient parfois alourdir la représentation. De même, certaines digressions narratives, dans la seconde partie du spectacle, peuvent paraître superflues. Mais l’écriture de Wajdi Mouawad est à prendre comme elle est  : avec ses excès, qui sont le pendant de sa sincérité et de sa générosité. De son talent, aussi. Venant contrebalancer une propension à sonder toutes les racines des situations qu’il fait naître, la mise en scène de l’auteur – pleine de précision, de fluidité, de justesse – permet à Fauves de ne jamais définitivement s’abîmer dans le trop. La direction d’acteur se révèle à l’avenant. Sensibles sans donner dans le lyrique, concrets sans user de facilités psychologiques, les onze interprètes de cette fresque sur les origines (Ralph Amoussou, Lubna Azabal, Jade Fortineau, Hugues Frenette, Julie Julien, Reina Kakudate, Maxime Le Gac-Olanié, Jérôme Kircher, Norah Krief, Gilles Renaud et Yuriy Zavalnyouk) sont remarquables. Des petites choses de l’existence aux grandes intuitions sur notre condition, toutes et tous éclairent de leur densité le mouvement mystérieux et sans fin de ce qui nous dépasse. Manuel Piolat Soleymat * À paraître aux Éditions Leméac/Actes Sud-Papiers. La Colline – Théâtre national, 15 rue Malte- Brun, 75020 Paris. Grand Théâtre. Du 9 mai au 21 juin 2019. Du mardi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h. Durée de la représentation  : 4h avec entracte. Tél. 01 44 62 52 52. www.colline.fr Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr Ouverture des réservations pour la saison 19/20 le samedi 15 juin 2019 — L’Onde Théâtre Centre d’Art Scène Conventionnée d’Intérêt National – Art et Création pour la Danse 8 bis avenue Louis Breguet 78140 Vélizy-Villacoublay Retrouvez l’ensemble de la programmation sur londe.fr Le tour du Plan B Grand Corps malade François d’Assise Adel Hakim Le Malade imaginaire La Comédie-Française SAIGON Caroline Guiela Nguyen Queen Blood Ousmane Sy/Paradox-sal Tropismes Olivier Dubois The Falling Stardust Amala Dianor M comme Méliès Georges Méliès/Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo Thélonius et Lola Zabou Breitman et Serge Kribus Songlines WLDN/Joanne Leighton La Vrille du chat Compagnie Back Pocket Grand Nord Orchestre National d’Île-de-France aSH Aurélien Bory À la trace Anne Théron King Size Christoph Marthaler Dianne Reeves Distopia Patricia Guerrero Twice Robyn Orlin, Emmanuel Eggermont L’absence de Père Lorraine de Sagazan Nous qui avions perdu le monde Clément Bondu Un furieux désir de bonheur Catherine Verlaguet et Olivier Letellier théâtre 9 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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