La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 6 la terrasse 277 juin-juillet 2019 cyril teste leyla mccalla sébastien barrier abraham inc. feat. david krakauer, fred wesley & socalled aurélien bory david gauchard joséphine stephenson, marion pellissier, arcal cirque plume collectif colette fouad boussouf cie du veilleur, ars nova jeanne added nathalie béasse josette baïz, groupe grenade chloé & vassilena serafimova malandain ballet biarritz jonathan capdevielle turak théâtre gaëlle bourges les cris de paris jean-françois sivadier les ballets de monte-carlo julie berès david bobée, caroline mutel, sébastien d’hérin collectif nightshot collectif petit travers, ensemble tactus kery james david farjon cie suave, alice ripoll orchestre national d’île-de-france marion siéfert julie duclos émilie rousset, maya boquet tiago rodrigues antonin tri hoang, samuel achache fabrice melquiot, théâtre du centaure amala dianor orchestre national de jazz compagnie la mondiale générale les rencontres incité, arts, sciences, société #4... Critique Hors la loi Théâtre du Vieux-Colombier/texte et mes Pauline Bureau Pour sa première collaboration avec la troupe de la Comédie- Française, l’auteure et metteure en scène Pauline Bureau revient sur l’histoire de Marie-Claire Chevalier, protagoniste centrale, en 1972, du procès de Bobigny. Hors la loi, de Pauline Bureau. Propos recueillis/Tania de Montaigne Marie-Claire Chevalier, c’est le nom de l’adolescente qui, à la fin de l’année 1972, se retrouva au centre du célèbre procès de Bobigny, procédure judiciaire pour avortement qui participa à ouvrir la voie, un peu plus de deux ans plus tard, à la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse dans notre pays. C’est également le nom du personnage autour duquel se déploie la nouvelle création de Pauline Bureau. Après s’être intéressée, dans Mon cœur (spectacle présenté, en 2017, au Théâtre des Bouffes du Nord), au scandale sanitaire du Mediator, l’auteure et metteure en scène éclaire à présent l’histoire de cette jeune femme âgée de 16 ans qui, après avoir été violée, est tombée enceinte, s’est fait avorter et a été mise en cause pour cela. Mais c’est aussi, plus largement, sur l’histoire d’une période charnière de l’avancée des droits des femmes en France qu’elle se penche. Une période dont Hors la loi reprend les principaux repères  : du « Manifeste des 343 » paru en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur (pétition de 343 femmes, dont de nombreuses célébrités, déclarant avoir eu recours à l’avortement et demandant l’accès libre à l’I.V.G.) à la plaidoirie de l’avocate Gisèle Halimi au tribunal de Bobigny, en passant par les grandes voix qui s’exprimèrent lors de ce procès hors du commun. Noire Théâtre du Rond-Point/d’après Tania de Montaigne/adaptation et mes Stéphane Foenkinos Tania de Montaigne interprète, au Théâtre du Rond-Point, une adaptation de son texte Noire – La Vie méconnue de Claudette Colvin. Un monologue mis en scène par Stéphane Foenkinos. « Avant d’être le personnage du spectacle que je joue sur scène, Claudette Colvin est le personnage d’un livre que j’ai écrit, il y a quatre ans, pour une collection des éditions Grasset consacrée à des femmes ayant fait l’Histoire mais qui, pour une raison et une autre, ne sont pas restées dans l’Histoire. C’est le cas de Claudette Colvin, une adolescente noire américaine qui, en 1955, neuf mois avant que Rosa Parks ne s’illustre dans les mêmes circonstances, a refusé de céder sa place à un homme blanc dans un bus de Montgomery, en Alabama. Suite à cela, elle a été poursuivie en justice. Et non seulement Claudette Colvin a plaidé non coupable, mais elle a porté plainte contre sa ville. Car, bien que très jeune à l’époque, elle ne s’est jamais laissé impressionner par les attaques dont elle était la cible. Une autre Rosa Parks Ensuite, ne pouvant plus trouver de travail à Montgomery, elle est partie vivre à New York. Mais à la différence de Rosa Parks, qui conti- Une narration explicative Simone de Beauvoir, Delphine Seyrig, le Prix Nobel de médecine Jacques Monod, Michel Rocard participèrent ainsi à cette affaire judiciaire qui, prise sous les feux des projecteurs médiatiques, devint le procès de la loi dite « de 1920 » (qui définissait, à l’époque, l’avortement comme un crime passible de la cour d’assises). Tous ces faits nous paraissent aujourd’hui à la fois assez lointains et étrangement proches, si l’on considère le retour en force, ailleurs et ici, des militantes et militants anti-avortement. C’est l’une des vertus de cette création  : rappeler que, avant la loi Veil, des milliers de femmes des classes populaires, n’ayant pas suffisamment d’argent pour aller se faire avorter en Suisse ou en Angleterre, mouraient chaque année du fait d’avortements clandestins. Si on peut reconnaître à Hors la loi des qualités didactiques, on peut aussi regretter son manque de relief artistique. Les neuf comédiennes et comédiens qui incarnent la vingtaine de rôles de ce spectacle sont pourtant convaincants. Mais l’écriture et la mise en scène de Pauline Bureau peinent à dépasser les limites d’une narration purement horizontale. Cette narration s’en tient à l’informatif, à l’explicatif. Elle trace son chemin sans réussir à se hisser à la hauteur de son sujet. Manuel Piolat Soleymat Comédie-Française - Théâtre du Vieux- Colombier, 21 rue du Vieux-Colombier, 75006 Paris. Du 24 mai au 7 juin 2019. Du mercredi au samedi à 20h30, les dimanches à 15h, les mardis à 19h. Durée de la représentation  : 2h05. Tél. 01 44 58 15 15. www.comedie-francaise.fr Brigitte Enguérand, collection CF
Giovanni Cittadini Cesi Franck Beloncle L’écrivaine Tania de Montaigne. nuera son action de militante, Claudette Colvin va suivre les conseils de ses parents  : se Critique Mademoiselle Julie Théâtre de l’Atelier/d’August Strindberg/MES Julie Brochen Avec Anna Mouglalis et Xavier Legrand dans les rôles de Julie et Jean, Julie Brochen – qui interprète Kristin – crée une mise en scène inscrite au cœur de l’écart entre règles figées et désirs fulgurants. Si la « tragédie naturaliste » imaginée par August Strindberg à la fin du dix-neuvième siècle, qui fit scandale, a traversé avec succès les frontières et les époques, c’est sans doute parce qu’au-delà de ses dimensions sociale ou psychologique, elle met en scène un duel paradoxal et passionnel, une danse de mort saisissante où sans cesse s’affrontent Anna Mouglalis et Xavier Legrand, interprètes de Julie et de Jean. et s’entremêlent les élans du désir et toutes sortes de réfrènements. Des empêchements imbriqués les uns dans les autres, façonnés par des enfermements, des peurs et des héritages qui emportent dans un maelstrom de contradictions. Lors de cette nuit de la Saint-Jean où l’on boit et l’on danse plus que de raison, éros et thanatos apparaissent plus que jamais inséparables. C’est à ce moment que Mademoiselle Julie, la fille du Comte, séduit Jean, le valet, censé être fiancé à la cuisinière Kristin. Ce qui compte dans cette écriture, ce sont les impacts infinis sur les cœurs et les esprits, et la metteure en scène Julie Brochen souligne à juste titre que le texte si sensuel et audacieux, « incroyablement nouveau », « échappe faire oublier et ne pas raconter son histoire. Lorsque Stéphane Foenkinos a lu mon livre, il a tout de suite eu envie de le mettre en scène. C’est d’ailleurs lui qui en a signé l’adaptation, resserrant le spectacle sur le personnage de Claudette Colvin. Et il m’a demandé de monter moi-même sur scène. Je lui ai d’abord fait part de mes réticences, n’étant pas comédienne. Mais Stéphane voulait absolument conserver le ton du livre. Il a insisté et j’ai fini par dire oui. Sur scène, c’est vraiment moi qui parle. Je ne suis pas en train de jouer Claudette Colvin ou un autre personnage. Le point de vue du spectacle est de dire que je suis là pour amener le public jusqu’à Claudette Colvin. C’est un travail d’accompagnement dans un voyage au sein de sa vie. » Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- Delano-Roosevelt, 75008 Paris, salle Jean-Tardieu. Du 12 au 30 juin 2019 à 18h30. Relâche les lundis. Durée de la représentation  : 1h05. Tél. 01 44 95 98 21. www.theatredurondpoint.fr. à toute contextualisation ». Dans le sillage du projet naturaliste cher à Zola et Strindberg, elle ancre l’intrigue dans son temps à travers les costumes et la scénographie, espace domestique daté où tout semble bien réglé, et affirme la modernité du texte par le jeu. Il est vrai qu’actualiser le décor n’est pas en soi un atout, car c’est justement cet écart entre un univers figé par ses règles et la relation violente de Jean et Julie qui est intéressant, et que la mise en scène révèle. Cruelle étrangeté de la vie Ce sont Anna Mouglalis et Xavier Legrand qui ont proposé à Julie Brochen de mettre en scène la pièce, qu’elle a donc redécouverte grâce à eux – elle a elle-même interprété Julie à sa sortie du Conservatoire. La difficulté est de trouver le juste équilibre dans ce paroxysme de déséquilibres ! D’atteindre la vérité des êtres et leurs tourments, parfois leurs éclats d’espoir. Xavier Legrand et son jeu très tenu, très maîtrisé, interprète Jean dans toute sa complexité, alors que petit à petit s’affirme son ambition calculatrice. Il rêve en effet d’un hôtel au bord d’un lac italien où Julie serait un bel « ornement », mais s’applique encore à cirer les bottes du si respecté Monsieur le Comte. Anna Mouglalis au contraire est une figure de l’excès dans le rôle de Julie, un être désirant, en proie à ses affects et en manque d’émancipation. Un rôle fascinant et exigeant, qui n’échappe pas à quelques fragilités le soir de la première. Il devrait se bonifier avec le temps grâce au talent sûr de la comédienne. Julie Brochen interprète quant à elle Kristin, et sa présence apporte beaucoup. Concrète, blessée, elle est un contrepoint qui compte. La tragédie advient, se conclut presque de manière banale autant qu’effarante. Dans ce jeu cruel où s’imposent les rapports de mépris et de domination, l’essence de la tragédie est peut-être qu’il aurait pu en être autrement. Agnès Santi Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles-Dullin, 75018 Paris. Du 28 mai au 30 juin 2019. Du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 15h. Relâche le 21 juin. Durée  : 1h20. Tél. 01 46 06 49 24. www.theatre-atelier.com Pascal Colrat festival les impromptus 11 UN DIMANCHE 100% CIRQUE dimanche 9 juin 2019 de 11 h à 22 h PARTEZ - EN FAMILLE OU ENTRE AMIS - POUR UNE ESCAPADE INSOLITE À DEUX PAS DE PARIS ! Le Dimanche 100% cirque, c’est le point d’orgue du festival des jeunes talents de l’Académie ! Spectacles et ateliers d’initiation aux arts du cirque vous attendent aussi bien en extérieur que dans les deux chapiteaux. de 11H À 18H TWINKLE CIE LUNATIC DEMAIN HIER LUDOR CITRIK GADOUE LE JARDIN DES DÉLICES NUMÉROS IMPROMPTUS APPRENTIS 1 ERE ANNÉE TRÈS CHAIR APPRENTIS 2 E ANNÉE LICHEN L’ENVOLÉE CIRQUE GROUPE TAS APPRENTIS 3 E ANNÉE LA FUITE MATIAS PILET ROBERT N’A PAS DE PAILLETTES ARTHUR SIDOROFF ENVOLS NUMÉROS DE FIN D’ÉTUDE DES APPRENTIS DE 3 E ANNÉE … à partir de 12H45 ATELIERS DÉCOUVERTE DES ARTS DU CIRQUE de 18H À 22H GRAND BAL DE CLÔTURE AVEC LES RILLETTES DE BELLEVILLE ET LA BÂRONNE DE PANAME DE 12H À 22 H > Espaces détente et restauration sur site rens/résa  : www.academie-fratellini.com 01 72 59 40 30 accès  : RER D « Stade de France-Saint-Denis » théâtre 7 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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