La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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classique/opéra 44 la terrasse 277 juin-juillet 2019 Solistes à Bagatelle, les délices du piano ! ABBAYE DE SYLVANÈS AVEYRON, OCCITANIE 14 JUILLET/25 AOÛT 2019 PROGRAMMATION ET BILLETTERIE WWW.SYLVANES.COM Inser_La_Terrasse_v2.indd 1 17/05/2019 14:40 PARIS/FESTIVAL/PIANO VAR/festival/MUSIQUE CLASSIQUE Les Nuits du Château de la Moutte Luxe, charme et volupté  : musique classique et jazz à Saint-Tropez, de Thomas Enhco à Rhoda Scott, et de Charles Berling à Vladimir Spivakov. Festival Chopin La 36 e édition du festival rend un hommage appuyé à Clara Schumannpour le 200 e anniversaire de sa naissance. Comme son nom l’indique, le festival Chopin, bien connu des amateurs de piano, célèbre le compositeur romantique polonais. Chaque été, dans le cadre enchanteur de l’Orangerie du parc de Bagatelle, ses œuvres sont interprétées par les plus grands noms du clavier. Pour cette 36 e édition, Iddo Bar-Shaï inaugure l’événement (le 22 juin) avec plusieurs mazurkas et la 2 e Ballade de Chopin. Mais il interprète aussi plusieurs des Soirées musicales de Clara Schumann, écrites entre 1834 et 1836 et remarquées en leur temps par Franz Liszt. Le festival est en effet consacré cette année à Clara Schumann, à l’occasion du 200 e anniversaire de sa naissance (1819-1896). Une belle façon de rendre justice à l’œuvre de cette compositrice laissée dans l’ombre de son mari, Robert Schumann, malgré un talent certain et une éducation musicale achevée – elle fut notamment une remarquable pianiste virtuose dès son plus jeune âge. Même si depuis quelques années, les efforts de plusieurs institutions, ensembles ou artistes la mettent en lumière, aux côtés d’autres compositrices comme Fanny Mendelssohn, Louise Farrenc ou Cécile Cheminade, son corpus d’une quarantaine de pièces reste encore trop méconnu. Le festival Chopin a décidé de la programmer dans la totalité des concerts proposés, FESTIVAL chopin Des pianistes dans l’été Iddo Bar-Shaï Merveilleux pianiste épris de culture et musique françaises, le jeune Israélien Iddo Bar-Shaï est en récital au Parc de Bagatelle. à l’exception de la journée portes ouvertes du 23 juin avec les élèves de l’Ecole normale de musique de Paris-Alfred Cortot. Redécouverte et dialogues féconds Tous les artistes présents au festival ont en effet accepté d’insérer au moins une œuvre de Clara Schumanndans leur programme. Le 24 juin, Pascal Amoyel interprète sa Romance op. 11 aux côtés de partitions de Frédéric Chopin, Robert Schumannou Franz Liszt, le 28 juin, Anne Queffélec joue une Soirée musicale sion stylistique qui va au-delà de la sensibilité  : il y a entre lui, Couperin et Chopin – qui est bien français aussi –, des affinités électives qu’aucune frontière terrestre ne peut borner. Né en 1977, à Afula en Israël, Iddo Bar-Shaï n’est pas venu au monde dans une famille qui comptait des musiciens professionnels, mais il a réalisé le rêve de son grand-père  : devenir pianiste. La suite est celle de bien des grands musiciens  : une maman pianiste amateur, une sœur aînée qui lui apprend les rudiments, les premiers excellents professeurs... Enfin, l’Académie de Jérusalem. Pnina Salzman y sera un Le suédois Daniel Lozakovich, jeune étoile du violon en concert le 9 août. raie du château, ou encore sur la plage des Canebiers où l’on pourra écouter cette année, les pieds dans le sable, le très remarquable pianiste de jazz Thomas Enhco (le 5/08) jouant sur une scène posée sur l’eau. Car à la magie des lieux s’ajoutent ici le charme de la diversité et l’exigence d’une programmation de grande qualité. Pour cette édition 2019, le festival s’ouvrira avec le danseur de flamenco Eduardo Guerrero (le 3/08), avant de se poursuivre en Lev Efimov et les Pièces fugitives aux côtés d’œuvres de Chopin, Bach, Haendel, Mozart et Debussy. Rendent également hommage à Clara SchumannMaciej Wota (29 juin), Gaspard Dehaene (le 30 juin), David Kadouch (le 5 juillet), John Gade et Josquin Otal (le 6 juillet), Florian Noack (le 7 juillet), Kotaro Fukuma (le 9 juillet), Florent Boffard (le 11 jullet), Dana Ciocarlie (le 13 juillet) et enfin Jean-Marc Luisada pour le concert de clôture du 14 juillet. Bruno Rigutto l’évoque à travers les Variations sur un thème de Clara Le jeune pianiste français Gaspard Dehaene le 30 juin au Festival Chopin. Wieck (son nom de jeune fille) par Robert Schumann, tant il est vrai que le dialogue musical entre les deux époux fut toujours fécond et constant. En témoigne la récente réédition chez Buchet-Chastel du Journal intime rédigé par Robert et Clara de 1840 à 1843. Isabelle Stibbe Orangerie du parc de Bagatelle, av. de Longchamp, 75016. Du 22 au 14 juillet. Tél. 01 45 00 22 19. Le plus parisien des pianistes israéliens. Sans doute même le plus français. Il vit à Berlin, mais glisse souvent sa silhouette menue dans les salles de la capitale française où il accompagne son ami Ivry Gitlis. Pour rien au monde, le violoniste ne manquerait un récital de ce jeune musicien qui était son invité pour un quatre mains avec Martha Argerich, lors de la fête que la Philharmonie de Paris organisait tout récemment en l’honneur de ce grand musicien, né en 1922. Et si on le dit français, c’est que Bar-Shaï aime notre pays, sa cuisine et sa musique qu’il joue avec une compréhenguide musical et spirituel, comme Alexis Weissenberg le sera un peu plus tard. Aujourd’hui, Iddo Bar-Shaï est un pianiste qui a une voix à lui. Il faut avoir entendu son Mozart, son Haydn, ses mazurkas de Chopin, ses pièces de Couperin pour en être convaincu. Attention cependant  : jeu hautement addictif. Alain Lompech Festival Chopin, Orangerie du parc de Bagatelle, av. de Longchamp, 75016 Paris. Samedi 22 juin à 20h45. Tél. 01 45 00 22 19. Loin de ses yachts de luxe et de ses boîtes de nuit bling-bling, un autre Saint-Tropez existe bel et bien qui sait se révéler aux visiteurs sensibles et curieux. Une des facettes paisibles et poétiques du célèbre petit port de la Côte d’Azur brille lors de son festival de musique classique, bien caché sur la presqu’île de Saint-Tropez, dans les jardins du merveilleux château de la Moutte qui cheminent jusqu’au bord de mer. Les concerts ont lieu dans la cour ou la palmecompagnie du comédien Charles Berling bien entouré de Karol Beffa (piano), Edgar Moreau (violoncelle) et Paul Meyer (clarinette) pour un programme familial (le 7), puis avec les deux immenses violonistes Daniel Lozakovich et son aîné Vladimir Spivakov, entourés du Moscow Virtuosi Chamber Orchestra (le 9), un tandem piano-violoncelle de grande classe avec Alexei Volodin et Henri Demarquette (le 11) et enfin, en point d’orgue jazz (le 12), avec la grande Rhoda Scott (orgue Hammond B3) et son formidable « Ladies All-Stars » composé de jeunes jazzwomen françaises de premier plan (Sophie Alour, Airelle Besson, Lisa Cat-Berro, Géraldine Laurent, Anne Paceo et Julie Saury). Deux conférences complètent le programme, la première du musicologue Nicolas Dufetel, grand spécialiste de Liszt, la seconde consacrée au site du Château de la Moutte. Jean Lukas Château de la Moutte, domaine émile Ollivier, 133 chemin de la Moutte, 83990 Saint- Tropez. Du 3 au 14 août. Places  : 30 à 60 € . D. R. D. R.
D. R. Les Musicales de Bagatelle Au service des musiciens de demain Depuis vingt-cinq ans, la Fondation Banque Populaire s’engage auprès des jeunes musiciens, qu’elle accompagne dans leur début de carrière en les aidant à réaliser leurs projets. Vitrine artistique de ses actions, le festival Les Musicales de Bagatelle réunit les lauréats de la fondation – des interprètes et un compositeur. Nouveau conseiller artistique, le compositeur Rodolphe Bruneau-Boulmier, lui-même lauréat en 2015, signe ici ses premières Musicales, placées sous le signe du partage par la musique de chambre. Génération Fondation Banque Populaire Le compositeur Matteo Franceschini. Les noms à l’affiche de ce premier concert ne sont pas encore connus du grand public. Mais il suffit de parcourir la liste des musiciens distingués depuis vingt-cinq ans pour les reconnaître  : Bertrand Chamayou, Vanessa Wagner, Renaud et Gautier Capuçon, David Grimal, Antoine Tamestit, David Guerrier, parmi tant d’autres, montrent quelques parcours à suivre. À découvrir cette année, dans un programme de trios – des romantiques Weber, Mendelssohn et Brahms à Matteo Franceschini (né en 1979), compositeur lauréat 2019 –, la pianiste Hélène Fouquart, les violonistes Raphaëlle Moreau et Marie-Astrid Hulot, le violoncelliste Jérémy Garbarg et le flûtiste Yuan Yu. Jean-Guillaume Lebrun Samedi 15 juin à 16h. Entretien/Rodolphe Bruneau-Boulmier Jouer et être joué, c’est l’essentiel ! Le compositeur et homme de radio est le nouveau conseiller artistique de la Fondation Banque Populaire. Il a conçu le programme de cette 12 e édition des Musicales de Bagatelle, autour des lauréats de la fondation. Vous avez été lauréat de la Fondation Banque Populaire en 2015. Qu’est-ce que cela vous a apporté ? Rodolphe Bruneau-Boulmier  : Il faut souligner tout d’abord que la Fondation Banque Populaire est l’une des rares, sinon la seule fondation à distinguer ainsi les compositeurs. Symboliquement, c’est important. Les bourses attribuées servent généralement à financer des projets personnels. En l’occurrence, puisque mon travail de producteur à France Musique m’éloigne de besoins financiers immédiats, j’ai pu consacrer cette ressource tout entière à la réalisation d’un projet de festival de piano au Louvre-Lens. J’ai travaillé à cette occasion avec les autres lauréats de la fondation, une idée que l’on retrouve cette année avec le premier concert, intitulé « Génération Fondation Banque Populaire », qui réunit les lauréats 2019, car l’essentiel pour un jeune musicien – instrumentiste ou compositeur –, c’est de jouer ou d’être joué. C’est gratifiant pour les musiciens, mais aussi pour le public car quand on regarde la liste des lauréats depuis 25 ans, on s’aperçoit que la fondation ne s’est pas beaucoup trompée ! Jean-Baptiste Millot D. R. Schumannà la folie La pianiste Claire Désert. Claire Désert voue une passion à la musique de Schumanndepuis toujours – en tout cas depuis que son maître Jean Hubeau la lui a transmise. Son tout premier disque lui était naturellement consacré et, depuis, elle revisite inlassablement les couleurs et les ombres du compositeur rhénan. Au programme de ce concert à Bagatelle  : les trois Romances op. 28, pleines d’effusions et de fantaisie, entre douceur et tumulte, qu’elle a récemment enregistrées pour le label Mirare, mais aussi le Quintette op. 44 qu’elle partage ici avec le Quatuor Hermès. Claire Désert vient de rejoindre le jury de la Fondation Banque Populaire, poursuivant ainsi l’engagement auprès des jeunes musiciens qu’elle exerce avec passion au CNSM de Paris. Jean-Guillaume Lebrun Samedi 15 juin à 18h. « Quand on regarde la liste des lauréats depuis 25 ans, on s’aperçoit que la Fondation ne s’est pas beaucoup trompée ! » Tournée/100% féminin Carole Bellaiche Des malheurs de Sophie La pianiste Claire-Marie Le Guay. Claire-Marie Le Guay aime « éveiller l’écoute », quel que soit le public auquel elle s’adresse. Enseignante au CNSM de Paris, directrice artistique du Festival de Dinard, la pianiste s’est beaucoup intéressée à la transmission de la musique au jeune public, par des séries de concerts mais également à travers des expériences originales comme cette adaptation des Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur par Anaïs Vaugelade, où la musique de Schumannvient en appui de la narration. Pour porter ce conte musical à Bagatelle, Claire-Marie Le Guay a invité la comédienne Carole Bouquet. Un dialogue du texte et de la musique cher à la pianiste, qui joue actuellement au côté de l’acteur Francis Huster un spectacle consacré à Vladimir Horowitz. Jean-Guillaume Lebrun Dimanche 16 juin à 15h. Les Musicales sortent de leur jardin pour une tournée en forme d’équipée féminine  : aux lauréates 2019 (Raphaëlle Moreau, Marie-Astrid Hulot et Hélène Fouquart) se joignent deux de leurs devancières, la pianiste Célia Oneto Bensaid (distinguée en 2017) et la violoncelliste Hermine Horiot (récompensée en 2012). Le programme est aussi 100% féminin puisqu’aux élans romantiques de Clara Wieck, bien plus alter ego que muse de Schumanndans son Trio op. 17, répondent les fantaisies postromantiques de l’Américaine Amy Beach ou les pages teintées d’impressionnisme de Marguerite Canal et Mel Bonis. On entendra également deux pièces de Camille Pépin (née en 1990), lauréate l’an dernier de la Fondation Banque Populaire, empreintes d’un lyrisme immédiat. Jean-Guillaume Lebrun Jeudi 20 juin à 20h à Guebwiller (68) puis tournée en France. Rodolphe Bruneau-Boulmier. Comment votre regard de compositeur se traduit-il dans votre programmation ? R. B.-B.  : Bien sûr, un compositeur sera plus sensible à ses pairs et à la création contemporaine, mais il est aussi plus libre visà-vis du répertoire. Je crois par exemple que je conçois les programmes autrement que le ferait un instrumentiste, en jouant sur des références historiques, des enchaînements de tonalité, quitte à passer d’une configuration instrumentale à une autre. Ce qui me guide, dans mes différentes activités, c’est le rapport aux musiciens  : un lien intime lorsqu’on compose pour eux, une démarche de promotion pour faire connaître leur travail – ce que je fais à la radio –, et enfin un accompagnement par la production lorsqu’on les fait monter sur scène. Élaborez-vous ensemble les programmes avec les musiciens ? R. B.-B.  : Tout se fait dans le dialogue. Pour le concert des lauréats, l’idée était vraiment de faire jouer tout le monde et de programmer aussi le compositeur qui vient d’obtenir la bourse, afin de sortir la musique contemporaine de son isolement. Nous avons préféré la musique de chambre, plutôt que de juxtaposer les pièces solistes. Les autres programmes sont plutôt des « cartes blanches »  : autour de Schumannavec la pianiste Claire Désert, qui a rejoint le jury de la fondation (et qui invite le Quatuor Hermès, lauréat en 2014), sur le thème de la nature avec le violoncelliste Christian-Pierre La Marca, et un programme jeune public autour des Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur, relus musicalement par la pianiste Claire-Marie Le Guay et la comédienne Carole Bouquet. Propos recueillis par Jean-Guillaume Lebrun Julien Mignot La nature dans tous ses états Le violoncelliste Christian-Pierre La Marca. Pour ce programme-fleuve, entièrement consacré à l’évocation musicale de la nature, le violoncelliste Christian-Pierre La Marca a invité trois autres anciens lauréats de la Fondation Banque Populaire  : le guitariste Emmanuel Rossfelder, l’accordéoniste Vincent Lhermet et le pianiste Florian Noack. Parmi quelques pièces emblématiques du répertoire pour violoncelle et piano – de Dvorak à Popper, de Saint-Saëns à Fauré – se glissent quelques arrangements exotiques ou inattendus (extraits des Quatre saisons de Vivaldi et Piazzolla, Chant des oiseaux de Pablo Casals) qui tous rendent hommage à la nature, tantôt sereine, tantôt inquiétante, habitée ou contemplée. Jean-Guillaume Lebrun Dimanche 16 juin à 17h. Les Musicales de Bagatelle. Orangerie du Parc de Bagatelle, 75016 Paris. Les 15 et 16 juin 2019. Tél. 01 58 40 45 89. focus 45 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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