La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 4 la terrasse 277 juin-juillet 2019 « une expérience théâtrale passionnante » le monde « AUSSI FOU QU’ENVOUTANT […] ON SORT SONNÉS ET ÉLECTRISÉS » TÉLÉRAMA « un grand spectacle de théâtre, jubilatoire et enthousiasmant » le figaro « ON SORT DE LÀ, ABASOURDIS, LA TÊTE EN FEU, À L’ENVERS » LE CANARD ENCHAÎNÉ « ce spectacle est exceptionnel » médiapart Critique Le Champ des possibles La Reine Blanche/texte et jeu élise Noiraud à travers l’arrivée à Paris de la jeune élise qui quitte le giron familial, élise Noiraud déploie une remarquable épopée, à la fois hilarante et caustique, intime et universelle. « La grande élise », c’est vraiment une grande artiste ! L’autofiction qu’elle déploie autour de ce moment charnière où l’on quitte le toit familial pour commencer à devenir adulte est une merveille de drôlerie et de finesse aussi précises que percutantes. à 19 ans, élise décide en effet de quitter son village de Poitou-Charentes pour s’inscrire en faculté de lettres à La Sorbonne. Ce qu’élise Noiraud, auteure, metteure en scène et interprète de ce seule-en-scène réussit parfaitement, et qui relève d’un équilibre difficile, c’est à travers l’épopée traversée d’humour de toucher à des questions universelles de manière très juste, très subtilement contrastée et exacerbée. Son histoire captive Cataract Valley aux Ateliers Berthier. Critique Cataract Valley Théâtre de l’Odéon – Ateliers Berthier/d’après Jane Bowles/MES Marie Rémond ET Thomas Quillardet car en questionnant ce que signifie grandir, choisir et sortir de l’enfance, elle interroge aussi l’importance du cadre familial et de tout ce qui façonne l’éducation. Avec des moments de joie intense où pulse toute l’énergie de sa jeunesse, lorsqu’on a la vie devant soi, et d’autres où dominent abattement et tristesse. Satire bien frappée Son jeu restitue ce qui s’exprime par le langage mais aussi ce qui est implicite, ressenti, et qu’elle parvient à condenser en détails saisissants et essentiels. Thème récurrent et majeur, la relation entre la jeune élise et sa mère se découvre sous toutes ses facettes, y compris L’originalité, l’intelligence sensible et théâtrale de Cataract Valley sont remarquables. Cependant le spectateur ne se laisse pas emporter. Ce qui frappe d’entrée le spectateur de Cataract Valley est une scénographie aussi inhabituelle que somptueuse concoctée par Mathieu Lorry-Dupuy. Un paysage de forêt, avec de grands pins, des sentiers couverts d’aiguilles, d’épais rondins posés au sol, une cabane en bois, et, en guise de lever de rideau, l’apparition – comme une hallucination – d’immenses chutes d’eau qui disparaissent aussitôt, présence invisible, puissance naturelle agissante qui va aimanter le cours de l’action. Nous voici transportés à Camp Cataract, destination touristique où Harriet, qui aime la solitude, la nature et le canoë, a élu domicile. À quelques kilomètres, Sadie, sœur d’Harriet, vit chez Evy et Bert, son autre sœur et son beau-frère, qui la traitent comme une domestique. Elle décide de rejoindre Harriet à Camp Cataract. Femmes au bord de la crise de nerfs L’intrigue est mince, souterraine, invisible comme les forces qui semblent habiter le camp. Grondement des chutes, pluies orageuses et majesté impassible de la forêt construisent un univers propre à l’ébranlement intérieur, par l’entremise notamment de l’excellent travail sonore d’Aline Loustalot. De plus, Harriet et Sadie, les deux sœurs, sont comme deux femmes au bord de la crise de nerfs. Harriet, interprétée par Marie Rémond, toujours nerveuse, inquiète, menteuse imaginative, la voix au bord des larmes. Sadie, jouée par Caroline Arrouas, grande bécasse coincée, tourmentée, dont l’incessante retenue ne demande qu’à se fissurer. Toutes deux entretiennent un rapport compliqué aux regards extérieurs, et surtout à la relation qui les unit. Cataract Valley est adapté d’une nouvelle de Jane Bowles, écrivaine américaine dont Tennessee Williams, notamment, a loué l’immense talent. À l’instar du célèbre dramaturge, l’écriture de Jane Bowles verse moins dans le réalisme psychologique qu’elle ne s’enfonce dans les méandres des psychés tourmentées, tout en mariant l’humour et le fantastique, comme le relaient parfaitement les deux metteurs en scène. Via notamment les personnages secondaires, l’aide de camp Beryl et l’indien vendeur de souvenirs en premier lieu, qui apportent à la pièce une cocasse étrangeté. Si beaucoup d’ingrédients de la réussite sont donc réunis – intelligence de la mise en scène, qualité de l’interprétation, scénographie… –, le pari de porter au plateau cette nouvelle peine toutefois à être relevé. De longues tirades et une voix off médiatisent la plongée dans l’intériorité des deux sœurs. La situation étrange, délicatement esquissée, met du temps à se préciser. Si bien que le spectateur peine à pénétrer cet univers en suspens, reste extérieur à ce rêve éveillé, à cette inquiétante forêt, et admire les chutes plus qu’il n’y disparaît. éric Demey Ateliers Berthier, 1 rue André-Suarès, 75017 Paris. Du 17 mai au 15 juin à 20h, le dimanche à 15, relâche le lundi, et le 2 juin. Tél. 01 44 85 40 40. Durée  : 1h30. Simon Gosselin
D. R. David Jungman Le Champ des possibles, une épopée formidable. Critique An Irish story Théâtre de Belleville/De et avec Kelly Rivière la plus cruelle, et elle se révèle par strates qui s’accumulent et se répondent. L’amour maternel apparaît prévenant, mais aussi possessif, culpabilisant, envahissant voire totalement paralysant ! On ne s’étonne guère que la comédienne à l’issue du spectacle recueille régulièrement des confidences de spectatrices ou spectateurs à propos de leur mère, tant sa performance peut bousculer les consciences et inciter à réfléchir à ce que signifie grandir et être – relativement – libre… Quelques éclats relèvent de la pure satire bien frappée, à travers notamment certains portraits hilarants et caustiques qui raillent l’arrogance des nantis ou la stupidité de conseillers peu secourables. En une réplique et un hochement de tête, l’interprétation de la mère d’Agamemnon chez qui élise fait du baby-sitting dit autant qu’une étude sociologique ! Nous n’avons pas vu ses deux précédents opus, La Banane américaine sur l’enfance et Pour que tu m’aimes encore à propos de l’adolescence, mais ce troisième volet révèle quant à lui un impressionnant champ des possibles ! Possibles de l’existence, et possibles de la scène… Agnès Santi La reine Blanche, 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris. Du 18 mai au 22 juin, mardi, jeudi et samedi à 20h45, relâche le 11 juin. Tél. 01 40 05 06 96. Durée  : 1h25. Avignon Off. Théâtre Transversal, du 5 au 28 juillet à 18h50, relâche le mardi. Kelly Rivière réussit à faire théâtre d’une autofiction brillante et hilarante, enquête au long cours à la recherche d’un grand-père irlandais disparu. Don’t missit ! An Irish Story, épopée intime et universelle portée par Kelly Rivière. sieurs années, pour combler le vide et briser les silences, « pour fabriquer du patrimoine symbolique, dissiper le brouillard et libérer les fantômes ». Sa quête théâtrale quant à elle est en tous points aboutie ! Son interprétation d’une bonne vingtaine de personnages est impressionnante  : elle passe de l’un à l’autre avec une parfaite fluidité et parvient de plus à caractériser chacun de manière très précise et souvent hilarante. Voyage contre l’oubli Une inflexion de voix, un jeu corporel digne des meilleurs mimes, des répliques qui font mouche  : tout concourt à la réussite de ce voyage au long cours, qui à travers le portrait d’une famille retrace aussi des bribes d’histoire de la communauté irlandaise, évoquant la mainmise de l’Eglise catholique sur l’Irlande, le conflit entre protestants loyalistes et catholiques indépendantistes Quel talent ! Quel entêtement chez l’enquêtrice Kelly Ruisseau (alias Kelly Rivière !) à la recherche de son grand-père disparu… Né en 1928 à Knockcarron, minuscule village du Comté de Limerick, Peter O’Farrel est parti en Angleterre en 1949 accompagné de Margaret, alors enceinte de leur premier enfant. Cinq autres suivront. Quelque vingt ans plus tard, il disparaît définitivement sans laisser de traces. L’enquête de sa petite-fille Kelly n’a pas abouti, alors elle a décidé de faire théâtre de cette histoire portée depuis pluen Irlande du Nord, le racisme anti-irlandais dans l’Angleterre des années 1950-1960 – no Blacks, no Irish, no Dogs ! –, l’exil et la pauvreté d’une communauté décriée. L’humour tendre et caustique évite le pathos et tient à distance l’émotion, y compris lors de situations poignantes ou douloureuses. Traductrice professionnelle, Kelly Rivière utilise parfois l’anglais et toute une palette d’accents comme autant de marqueurs géographiques et sociaux. Depuis la France jusqu’à Londres puis l’Irlande, elle fait vivre avec vivacité et virtuosité une formidable galerie de personnages  : sa mère d’abord, Kathleen, venue en France après l’épisode anglais, plutôt dure, autoritaire et déterminée à éluder les questions de sa fille, mais si drôle ; son frère Julien, dragueur et accroc aux joints ; sa nanny londonienne, en fauteuil roulant mais encore pleine de ressources ; l’inénarrable détective privé Duluc… Contre l’oubli, l’histoire avance, répare et réinvente une part du destin inconnu de Peter mais aussi le présent. Le mystère demeure, mais le voyage est une réussite réjouissante ! Agnès Santi Théâtre de Belleville, 94 rue du Faubourgdu-Temple, 75011 Paris. Du 3 avril au 30 juin 2019. Du mercredi au samedi à 19h, dimanche à 20h30, relâche le 5 juin. Tél. 01 48 06 72 34. Durée  : 1h25. PhotoFranck Beloncle - Création graphique L'œil carré - Licence 2-1v084689 Anna Mouglalis Xavier Legrand Mademoiselle August Strindberg Traduction Terje Sinding Mise en scène Julie Brochen Avec Julie Brochen//Lumières Louise Gibaud Création sonore Fabrice Naud//Scénographie, costumes Lorenzo Albani Production Théâtre de l’Atelier, Les Compagnons de Jeu place Charles Dullin 75018 Paris Illustration Cyril Houplain- Création graphique L'œil carré - Licence 2-1084689 À partir du 28 MAI 19h. [Dimanche 15h.] 01 46 06 49 24 theatre-atelier.com Julie Ferrier & Co REPRISE EXCEPTIONNELLE DU CABARET FOUTRAQUE À partir du 4 JUIN 21h. [Mardi au Samedi] ABBESSES/Anvers Avec en alternance Mas Belsito, Mikaël Fau, Arnaud Maillard, Matthieu Pillard, Kova Rea//Conception lumière & affiche Cyril Houplain Production Les Visiteurs du Soir/Théâtre de l’Atelier théâtre 5 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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