La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Chaillot – Théâtre national de la Danse/saison 2019-2020 IV la terrasse 277 juin-juillet 2019 De Taiwan à l’Australie Cloud Gate Dance Theatre of Taiwan/13 Tongues/chor. Cheng Tsung-lung Dancenorth Australia/Dust/Chor. Kyle Page, Amber Haines Le public a rarement l’occasion de se rendre à l’autre bout du monde. Grâce à Chaillot, ce sera chose (presque !) faite pour cette saison, avec la découverte de Cloud Gate 2, une compagnie taïwannaise bourrée de talent, et de Dancenorth, une remarquable compagnie australienne. Cloud Gate 2 est une compagnie de jeunes talents emblématique de Taïwan. Fondée en 1999 par Lin Hwai-min, elle privilégie les chorégraphies innovantes, à la pointe de la création contemporaine. Aujourd’hui, Cheng Tsung-lung, son nouveau directeur, est le chorégraphe de cette étrange création. En effet, 13 Tongues (13 langues) est le nom d’un artiste de rue qui a officié dans le plus vieux quartier du Taipei des années 1960, Bangka. La quatrième Biennale d’Art Flamenco David Coria/Eva Yerbabuena/Ana Morales/Olga Pericet/Tomatito/Rocio Molina/Marie-Agnès Gillot, Andrés Marín ET Christian Rizzo Pari réussi  : seuls manquent les tablaos pour que Chaillot résonne comme à Séville. Mais les artistes sont bien là, des grandes figures aux projets les plus audacieux, qui donnent au flamenco ses élans magnifiques, ancrés dans un xxi e siècle bouillonnant. C’est un gage de légitimité que d’avoir construit ce temps fort en lien avec la Biennale de Séville, rendez-vous incontournable de toute la planète flamenco, berceau du duende, place forte d’une culture portée par la musique, la danse, la poésie, le chant… Les deux Biennales se sont associées pour soutenir la nouvelle création de David Coria. Sévillan pur jus, il commence sa carrière de danseur en 1998 et intègre les plus grandes institutions (Compagnie Andalouse de Danse, Ballet National d’Espagne, Ballet flamenco d’Andalousie), et danse auprès des plus grands noms du flamenco (Carlos Saura, Rocio Molia, Africa 2020 Multiple-s/Chor. Salia Sanou Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem/Chor. Danielle Gabou Le Dernier Appel/Chor. Serge-Aimé Coulibaly, Dalisa Pigram Chaillot s’inscrit dans la saison Africa 2020 initiée par l’Institut Français pour une première immersion, au printemps, dans la création chorégraphique. Au programme  : grandes figures et imbrications artistiques audacieuses. Salia Sanou incarne à lui seul l’ouverture, les passerelles et les dialogues qui irriguent aujourd’hui la création africaine. Sa dernière création, le triptyque Multiple-s, est une ode à la rencontre sous toutes ses formes, mais aussi une respiration face à la frénésie du monde  : le chorégraphe est le pivot des trois duos qui constituent le programme, où sont invités l’écrivaine Chor. Christian Rizzo Une maison Christian Rizzo réunit quatorze danseurs et invente une maison symbolique qui se rêve et s’échafaude sous nos yeux. Sous la voûte d’une vibrante sculpture de lumières qui façonne l’espace, quatorze danseurs évoluent dans un flux continu. Ils se rencontrent, se quittent, forment des duos, des trios, poursuivent leurs courses solitaires. Sans cesse le geste de l’un impulse celui de l’autre. Et 13 Tongues. Possédant un talent d’imitation particulier, il était capable de portraiturer par la voix et le geste n’importe quel passant du David Coria. Rafaela Carrasco…). En 2011, la revue Tanz le distingue comme « meilleur danseur de l’année ». Reste un champ à explorer en son nom  : la chorégraphie. Après un premier opus remarqué, El Encuentro, le temps est aujourd’hui au Fandango, danse de couple très ancienne et populaire pratiquée de l’Espagne au Portugal. C’est le moteur de cette création, qui revient sur 500 ans d’histoire, de coutumes, de traditions, et qui ne manque franco-canadienne Nancy Huston, la chorégraphe sénégalaise Germaine Acogny, et le compositeur aux origines libanaises Babx. Au cœur d’un espace immaculé comme une nouvelle page à écrire, l’altérité se dévoile au fil des identités qui se croisent sobrement. Plus théâtral, le projet de Danielle Gabou invite également la littérature à se frotter à la danse, puisqu’elle reprend à son compte le roman de la Guadeloupéenne Maryse Condé Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem. Des abstractions, des narrations, et des coups de poing ! Son adaptation devient le lieu d’un solo poignant – on se souvient de sa performance Transe il y a quelques années à Chaillot – accompagné au piano par Lise Diou-Hirtz. Danielle Gabou y incarne différents personnages, suivant le fil de la narration à travers les figures des maîtres de l’esclave Tituba, et se lance en danse comme on se lance en transe. Le troisième projet de cette programmation Africa 2020 est une chorégraphie de Serge-Aimé Coulibaly née d’une collaboration des plus stimulantes avec la compagnie australienne Marrugeku, qui fait le lien entre artistes indigènes et non-indigènes d’Austalie et du dans la trame de cette composition ciselée, virtuose, qui tourbillonne ou s’ancre et fond au sol, quartier. Cheng Tsung-lung fait revivre ses souvenirs d’enfance, au son des gongs taoïstes et de vieilles chansons locales mêlés à de l’électro, et nous fait entrer dans un monde surréel, où flottent poissons d’or et histoires de fantômes chinois. Danse aux antipodes Dancenorth Australia est, comme son nom l’indique, une compagnie australienne, d’une trentaine d’années d’existence et depuis quelques années en pleine ascension. Résolument tournée vers la danse contemporaine de haut niveau, elle réunit une quinzaine de danseurs exceptionnels à la technique irréprochable. Ses directeurs, Kyle Page et Amber Haines, chorégraphient Dust (poussière), présenté en Première française à Chaillot. Cette œuvre audacieuse explore notre façon de réagir face aux déterminismes sociaux, culturels, personnels ou politiques dont nous avons hérité. Sommes-nous capables d’y résister, de les transcender, de les accepter ? Le décor qui délimite l’espace, réalisé par le studio d’architecture Liminal, se fait frontière, abri ou tremplin, et symbolise notre relation au monde. Sur la musique de la violoniste canadienne Jessica Moss, les danseurs de Dancenorth Australia feront-ils voler les murs en éclats et nos certitudes en poussières ? Agnès Izrine Cloud Gate 2, du 12 au 15 février 2020. Dancenorth Australia, du 4 au 6 juin 2020. pas de brouiller les pistes, s’attachant aux origines comme aux transformations. Avec David Lagos à la direction musicale, ce spectacle promet d’être une immersion enjouée dans cet univers, d’autant que tous deux s’accordent pour y mettre toute l’extravagance et la fantaisie nécessaires ! Le rendez-vous des étoiles de la danse D’autres projets font le trajet Séville-Paris. Le sobre et touchant Cuentos de Azúcar, d’Eva Yerbabuena, né d’une rencontre avec la chanteuse japonaise Anna Sato et d’un périple aux Iles Amami, profondément habité par les deux cultures. Mais aussi le Sin permiso d’Ana Morales, dont la danse reste hantée par la figure du père, ou encore le solo d’Olga Pericet, aussi extravagant que flamenco, qui bouscule les formes et les codes. Côté musique, la présence de Tomatito et de son sextet nous offre l’occasion d’un moment de grâce, où l’écoute reste suspendue à la virtuosité d’un jeu de mains époustouflant. Le public parisien sera privilégié à plus d’un titre. D’abord il pourra assister à un event chorégraphique d’un nouveau genre, grâce à l’inventivité de Rocio Molina  : trois heures de danse et de musique avec des artistes invités, pour un rendez-vous unique. Ensuite, il retrouvera une de ses étoiles préférées  : l’admirable Marie-Agnès Gillot qui confrontera ses pointes aux talons acérés d’Andrés Marín. Le tout magnifié par Christian Rizzo, qui conduit le projet tout en habillant les corps et l’espace, aux sons de la batterie et de la contrebasse. Une rencontre au sommet, percutante et sensuelle. Nathalie Yokel Du 26 janvier au 13 février 2020. Le Dernier Appel. se dessine des histoires de familles, de couples, d’amitié. Après sa fine trilogie consacrée aux Lee Chia-Yeh Angel Montalban Une maison de Christian Rizzo. Pacifique Sud. Pièce politique, Le Dernier Appel s’attache aux questions de la décolonisation et aux attentes des peuples. Nathalie Yokel Multiple-s, du 23 mai au 4 juin 2020 ; Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem, du 9 au 11 juin 2020 ; Le Dernier Appel, du 10 au 12 juin 2020. Marc Domage rapports entre danses anonymes et danses d’auteurs, Christian Rizzo, directeur d’ICI – CCN de Montpellier, entame une nouvelle expérience de groupe qui n’oublie pas les complices de longue date et invente « une maison comme un espace pour rassembler ce qui est parfois un peu éclaté ». Artiste multi talentueux, il signe ici la chorégraphie, la scénographie et les costumes. Delphine Baffour Du 27 au 29 février 2020. Spectacle présenté avec le Théâtre de la Ville. Chaillot – Théâtre national de la Danse, 1 place du Trocadéro, 75016 Paris. Tél. 01 53 65 30 00. www.theatre-chaillot.fr Prudenceupton
Ben Ealovega Jack Devant YVELINES/FESTIVAL/BAROQUE classique/opéra festivals Festival de Saint Denis SEINE-SAINT-DENIS/FESTIVAL Un festival de prestige, abrité et porté par une Basilique millénaire, mais qui sait aussi se faire défricheur et découvreur de talents. La célébration, l’an passé, des 50 ans du festival de Saint-Denis semble lui avoir donné un surcroît d’énergie et de capacité à regarder vers l’avenir. « Après la fête musicale de l’an dernier et la présence de grands chefs comme Esa-Pekka Salonen et Valery Gergiev qui ont marqué l’histoire du Festival, l’édition 2019 accueille Mirga Grazinyte-Tyla, Sir Antonio Pappano ou encore Alexandre Bloch qui dirigent pour la première fois au Festival. C’est une manière de regarder vers l’avenir comme le Festival l’a toujours fait ! », confirme Nathalie Rappaport, sa directrice. Ce sont pourtant deux grandes références de la direction d’orchestre, deux habitués de La cheffe d’orchestre Mirga Grazinyte-Tyla, le 27 juin à la Basilique de Saint-Denis dans l’oratorio A Child of Our Time de Michael Tippett. Versailles festival Depuis le 18 mai se déploie au château de Versailles un feu d’artifices de propositions musicales aussi variées qu’alléchantes. Comme chaque année, quand Versailles se met à l’heure d’été, cela donne un foisonnement de spectacles dans différents espaces du château. L’un des événements très attendus est, à l’Opéra royal, la comédie-ballet Le Bourgeois Gentilhomme de Molière/Lully mise en scène par Jérôme Deschamps sous la direction de Marc Minkowski, une nouvelle production interprétée par les solistes et l’Académie des Musiciens du Louvre, du 19 au 23 juin. Également à l’affiche, pas moins de trois opéras mis en scène  : Didon et Enée de Purcell, Le Devin du village de Jean-Jacques Rousseau avec Sébastien d’Hérin à la tête des Nouveaux Caractères, et enfin Les Arts florissans, l’opéra de Marc- Antoine Charpentier, avec l’Ensemble Marguerite Louise dirigé par Gaétan Jarry. Parmi les Le Lac des cygnes. la programmation dont on a envie de souligner la présence  : Myung Whun Chung qui retrouve son Orchestre philharmonique de Radio France dans la Deuxième Symphonie de Mahler, en concerts inauguraux (les 3 et 4 juin à 20h30), et, à l’autre extrémité de la programmation, le 3 juillet, John Eliot Gardiner qui dirige le Requiem de Verdi au pupitre de son Orchestre Révolutionnaire et Romantique et du Monteverdi Choir associés à quatre solistes de haute volée (Corinne Winters, Marianna Pizzolato, Charles Castronovo, Ashley Riches). Un oratorio de Michael Tippett À remarquer aussi le récital de Quentin Guérillot, nouveau titulaire de l’orgue de la Basilique Saint-Denis (le 12 juin) ; « Mother », une création du chanteur Rufus Wainwright inspirée par la basilique de Saint-Denis (le 14) ; la Cinquième Symphonie de Mahler dirigée par Alexandre Bloch à la tête de son Orchestre national de Lille (le 25) ; ou encore la rencontre avec la cheffe Lituannienne Mirga Gražinytė-Tyla, jeune talent de la direction à connaître absolument, patronne de l’Orchestre symphonique de Birmingham mais ici invitée par l’Orchestre national de France pour diriger le poignant oratorio A Child of Our Time de Michael Tippett, composé en 1941 en réaction à la Nuit de Cristal (le 27). Jean Lukas Basilique de Saint Denis, 1 rue de la Légiond’Honneur, 93200 Saint-Denis. Du 3 juin au 3 juillet. Tél. 01 48 13 06 07. concerts, on note la présence de Leonardo García Alarcón pour Il Diluvio universale, un oratorio méconnu de Michelangelo Falvetti (le 4 juin), une évocation de la musique sacrée de Haendel le 5 juin ou de son rapport à l’Italie le 6 juin avec la mezzo Magalena Kožená. Un des clous du festival sera certainement la restitution de la cérémonie du sacre royal de Louis XIV, grâce aux recherches du Centre de musique baroque de Versailles et de Sébastien Daucé (les 14 et 15 juin). Enfin, on attend avec impatience le récital de Lucile Richardot qui donnera vie aux magiciennes baroques comme Médée, Armide ou Circé (le 30 juin), et bien sûr le concert de Julie Fuchs, qui interprétera avec le talent et le naturel qu’on lui connaît les héroïnes de Rossini et Donizetti (le 3 juillet). Sans oublier L’Apothéose de la danse où l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo dirigé par Jean-Christophe Spinosi fera entendre des extraits des grands ballets de Tchaïkovski comme Casse-Noisette et Le Lac des cygnes. Isabelle Stibbe Château de Versailles, place d’Armes, 78000 Versailles. Jusqu’au 12 juillet. Tél. 01 30 83 78 89. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr La Monnaie/De Munt le testament de la tante caroline opérette d’Albert Roussel livret Nino direction musicale Dylan Corlay mise en scène Pascal Neyron avec l’Orchestre des Frivolités Parisiennes 6 › 13 juin 2o19 athenee-theatre.com o1 53 o5 19 19 OPERA MACBETH UNDERWORLD PASCAL DUSAPIN ALAIN ALTINOGLU, THOMAS JOLLY SEPT 20, 22, 24, 26 & 29 2019 OCT 1, 3 & 5 2019 EN VENTE MAINTENANT P R E M I È R E M O N D I A L E classique/opéra 31 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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