La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 28 la terrasse 277 juin-juillet 2019 Festival Le Paris de la Danse/Chor. Petia Iourtchenko Carte Blanche Le Paris de la Danse, dont la deuxième édition ouvre ses portes en juin, propose une exceptionnelle soirée russe et tzigane avec Pétia Iourtchenko et sa compagnie Romano Atmo. Pétia Iourtchenko propose une Soirée Tzigane. Pétia Iourtchenko est né à Donetzk en 1957, dans la tribu des Vlach. À l’âge de 16 ans, il est engagé au sein du prestigieux Théâtre Romen de Moscou et se produit dans toute la Russie ainsi qu’à l’étranger, avant de s’installer à Paris en 1989. Il fonde le célèbre trio Arbat, avant de former la compagnie Romano Atmo (L’Ame Tzigane) avec son épouse Anne-Marie, en 1994. La compagnie a été créée afin de préserver la tradition et la danse tziganes. Carte Blanche est bien sûr un spectacle follement romantique, plein de costumes colorés, de rythmes échevelés, de chants endiablés, mais c’est aussi et surtout une manière d’apprendre à connaître et à comprendre le passé de ce peuple libre, son histoire et sa culture. À l’occasion de cette soirée spéciale, Petia Iourtchenko assurera une master class unique et participative, suivie d’un dîner typiquement russe. Agnès Izrine Le Paris de la Danse, Théâtre de Paris, 15 rue Blanche 75009 Paris. Le 17 juin à 20h30. Tél. 01 48 74 25 37. Durée 1h40. Centre National de la Danse/Chor. Daniel Linehan Body of Work Dans son dernier solo, Daniel Linehan remonte le fil de quinze années de danse et de créations à la lumière des traces et fragments qu’elles ont imprimés dans son corps. Body of Work de Daniel Linehan. Cela fait quinze ans que Daniel Linehan, danseur américain aujourd’hui installé en Belgique, a commencé à chorégraphier. Dans D. R. Danny Willems Body of Work, son dernier solo qui sera présenté pour la première fois en France à l’occasion de Camping et des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine- Saint-Denis, il part à la recherche des traces qu’ont imprimées dans son corps ces quinze années de pratique, remonte le fil de son histoire de danse. Dessins de muscles, blessures, souvenir de gestes, oubli de certains autres, mémoire fidèle ou altérée, il tente de lire ce qu’il reste de ce temps passé, le mêle avec les réminiscences plus intimes et lointaines de l’enfance. Il interroge ainsi ce qui dans l’art chorégraphique, réputé éphémère, continue de vivre, indélébile, au-delà d’une série de représentations. Delphine Baffour Centre National de la Danse, 1 rue Victor- Hugo, 93507 Pantin. Les 17 et 18 juin à 19h. Tél. 01 41 83 98 98. Durée  : 1h15. Dans le cadre de Camping et des Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine- Saint-Denis. Entretien/Rami Be’er Asylum Festival Le Paris de la Danse/Chor. Rami Be’er Rami Be’er et la Kibbutz Dance Company, après le succès de Mother Milk, reviennent pour la deuxième fois au festival Paris de la Danse avec Asylum. Vous dites vous confronter, dans Asylum, à la question des réfugiés, de l’immigration, et à l’idée de patrie ou de foyer, mais d’un point de vue existentiel… Que voulez-vous dire exactement ? Rami Be’er  : Chaque être humain né dans ce monde cherche son foyer, sa patrie, son appartenance, l’endroit où il se sent en sécurité, sécurisé, et où il peut être libre. Ces sentiments concernent tout un chacun  : chacun cherche sa place. Asylum n’est donc pas seulement une pièce autour des réfugiés actuels que l’on voit se déplacer tout autour du monde, d’un pays à l’autre. C’est une façon plus large de considérer ce problème, aussi bien à l’échelle de la société que de l’individu. Propos recueillis/Angelin Preljocaj Angelin Preljocaj à Montpellier Danse région/Montpellier/Festival Angelin Preljocaj sera doublement présent au Festival Montpellier Danse avec une sorte de création-atelier réalisé avec des femmes détenues de la prison des Baumettes et avec la création de Winterreise sur le cycle de lieder signés Schubert et Müller avec le Ballet Preljocaj. Les femmes des Baumettes Avec le G.U.I.D. (Groupe Urbain d’Intervention Dansée,ndlr) nous allons dans les écoles, les places de village, les prisons, montrer la danse et échanger avec les gens. Chaque fois que nous sommes allés en prison nous avons reçu des lettres de détenus assez bouleversantes, disant que c’était un moment d’évasion, que des horizons s’ouvraient pour eux. Même si ça peut paraître bizarre. J’ai alors pensé  : pourquoi ne pas aller travailler avec eux pour leur apporter peut-être quelque chose, et moi En tant que membre d’une famille de survivants de la Shoah, pensez-vous être plus attentif aux concepts d’asile, de refuge ? R. B.  : Bien sûr ! être le fils de survivants de la Shoah fait partie de mon identité, de mon histoire, de mon être, et je crois que cet héritage est lié indissolublement à Asylum. La notion de patrie n’est pas tout à fait neutre, en Israël… R. B.  : À travers et malgré les différents conflits auxquels le pays doit faire face en tant qu’état, Israël recherche une façon de se sentir sécurisé, et souhaite réussir à vivre en paix. Le pays doit se confronter à une réalité conflictuelle, d’un point de vue intérieur et extérieur, avec ses voisins. Évidemment c’est compliqué. apprendre d’eux ? Ces corps contraints et emprisonnés, que peuvent-ils éveiller en moi ? D’où cet atelier avec des femmes qui doivent avoir effectué la moitié de leur peine, et qui, deux fois par semaine, réalisent un atelier d’éveil du corps, de sensibilisation à la danse avec moi. L’investissement de ces femmes, qui n’ont aucune expérience de pratique corporelle, me touche énormément. Elles répètent dans la cour de promenade, travaillent dans leur cellule des petits échauffements dont on a convenu. Dès le début, l’administration Festival/Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis/Nouveau théâtre de Montreuil/Chor. Louis Vanhaverbeke Mikado Remix Profondément insolite, prolifique et réjouissant, Mikado Remix est un solo qui s’amorce dans une boîte close. Au ras de l’intime. Artiste à l’univers singulier, Louis Vanhaverbeke s’intéresse à la sous-culture et à nos différents modes de vie, aux pêle-mêle d’objets, de trucs et de machins, dont il use volontiers au cours de performances ou d’installations. Ce jeune bricoleur, performeur et slammeur belge, sonde, dans sa troisième création Mikado Remix, les limites de la normalité ou de l’anormalité. Comme on peut l’entendre, celles-ci sont très minces. Mais alors, qu’est-ce qui sépare réellement l’espace sain de l’espace potentiellement dangereux ? Dans Mikado Remix, Vanhaverbeke observe ce besoin humain et sociétal de poser des barrières, et son impact paradoxal. Pourquoi restreindre la La Terrasse, premier média arts vivants en France Parce qu’il y a beaucoup d’affects, beaucoup de méfiance, très ancrés historiquement. Vous avez à vivre dans des lieux où vous devez prendre le risque d’y habiter, et, en l’occurrence, être assez fort pour prendre le risque de se réconcilier, de faire le premier pas pour trouver une solution. Mais ce n’est pas facile. Parce que la réalité est complexe, ce n’est pas noir ou blanc… Comment transcrivez-vous de telles notions en mouvements, en chorégraphie ? R. B.  : Si je pouvais l’expliquer avec des mots, je suppose que j’écrirais un livre. Mais je m’exprime différemment grâce au mouvement, à l’espace, à la musique, aux éclairages et à la scénographie – tous ces outils auxquels je suis habitué et qui composent mon univers. J’arrive à créer une forme d’unité qui peut instiller le parfum, l’essence de ma réflexion aux spectateurs. Le cœur de la chorégraphie demeure défini bien sûr par les mouvements des danseurs, par leurs corps. Quelle musique avez-vous choisie pour cette pièce ? R. B.  : J’ai joué du violoncelle, et mes parents m’ont transmis une grande culture musicale. Mon père était architecte, tout en étant violoniste, et mes trois sœurs jouaient de différents instruments donc nous avions l’habitude de pénitentiaire et moi avons évoqué l’idée de montrer cet atelier dans la prison. Mais je voulais sortir ces femmes de l’ombre et les mettre en lumière. J’ai donc demandé si on pouvait montrer ce travail au Pavillon Noir et, contre toute attente, l’administration a accepté. Il se trouve que ce projet a séduit Jean-Paul Montanari. Mais je ne voudrais pas qu’il soit compris comme une « création ». C’est un rendu d’atelier. Le Voyage d’Hiver C’est un monument de la musique, qui fait partie des œuvres résidant dans une play list mystérieuse au fond de mon ordinateur. Ce sont des partitions qui me passionnent et auxquelles j’aimerais me confronter. Puis j’ai reçu cette commande de la Scala… C’était le moment. Le Voyage d’Hiver, sur les lieder de Schubert, est une œuvre mélancolique, extrêmement complexe à chorégraphier, car ces chants très beaux, très puissants, peuvent apparaître monotones. Or, ils sont également très riches, extrêmement variés rythmiquement. Les poèmes, signés Wilhelm Müller, racontent l’affliction d’un homme délaissé par sa bien-aimée, qui dérive littéralement. Tout ce qu’il voit le ramène à sa propre déchéance amoureuse, et entraîne une lecture morbide de la vie autour de lui. Il nous projette vers un suicide au ralenti, vers une longue agonie Louis Vanhaverbeke dans Mikado Remix. liberté par des obstacles physiques ? Quelles sont les conditions de la liberté ? Réponse (ou pas) dans Mikado Remix ! Agnès Izrine Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis- Nouveau théâtre de Montreuil, 63 rue Victor-Hugo, 93100 Montreuil. Ven. 21 juin à 19h, sam. 22 à 18h. Tél. 01 55 82 08 01. Durée  : 65 minutes. Leontien Allemeersch
Brescia-e-Amisano Udi Hilman Asylum de Rami Be’er par la Kibbutz Dance Company. « J’arrive à créer une forme d’unité qui peut instiller le parfum, l’essence de ma réflexion. » faire de la musique de chambre à la maison. La musique reste une grande source d’inspiration pour moi, c’est ce qui induit ma vision du mouvement, les tableaux de mes pièces. Pour Asylum, une partie de la musique est donc composée par moi-même, l’autre est choisie Winterreise d’Angelin Preljocaj – Teatro alla Scala Ballet Compagny. à travers les sentiments et les sensations qui animent le protagoniste. Je n’ai pas voulu être narratif, pour éviter toute redondance. Je me suis accroché à la musique de Schubert de façon extrêmement têtue, et c’est vraiment ce que j’ai travaillé le plus, en termes de textures et de structures. J’ai ensuite transmis ce ballet à ma propre compagnie pour Montpellier Danse. On peut lire Winterreise à l’aune de la vie. Le Voyage d’hiver, c’est le temps qui passe et le désespoir de la mort qui vient, inexorablement. Propos recueillis par Agnès Izrine Opéra Garnier/Chor. Mats Ek Another Place et un Boléro Chorégraphe majeur du xx e siècle, Mats Ek revient à l’Opéra de Paris avec deux créations très attendues, dont un Boléro sur la partition mythique de Maurice Ravel. En 2016, Mats Ek, immense chorégraphe suédois, avait décidé de mettre un coup d’arrêt à sa carrière. Non seulement il arrêtait de chorégraphier, mais il retirait tous ses ballets à l’affiche. Bref, à 70 ans, il faisait ses adieux à la danse. « Besoin de prendre du recul. » affirmait-il au terme de 50 ans de carrière. Il avait choisi Paris pour l’événement. Mais en 2018, coup de théâtre, on apprit qu’il revenait brièvement pour un court hommage à Ingmar Bergman intitulé Memory avec sa femme Ana Laguna. On sut alors qu’il recommencerait à parmi différents morceaux que j’ai sélectionnés. J’ai enregistré des chants d’enfants en hébreu qui disent à peu près ceci  : « Going in circle, going in circle, going in circle all day long, Standing, sitting, going in circle until we’ll find our place ». Je pense que cette chanson donne en quelques mots l’essence d’Asylum. Propos recueillis par Agnès Izrine Le Paris de la Danse, Théâtre de Paris, 15 rue Blanche, 75009 Paris. Du 21 au 23 juin. Les 21 et 22 juin à 20h30. Le 22 à 15h00 et le 23 à 16h00. Tél. 01.48.74.25.37. Durée 1h30. Festival Montpellier Danse, projet expérimental avec des détenues de la prison des Baumettes II, l’Agora, Cité de la Danse, 18 rue Sainte-Ursule, 34000 Montpellier. Les 24 et 25 juin. Festival Montpellier Danse, Winterreise, Le Corum, place Charles-de-Gaulle, 34000 Montpellier. Du 1er au 3 juillet à 20h00. Tél. 0 800 600 740. vendre ses ballets. En 2019, il fait un retour en force et en majesté avec deux créations pour l’Opéra de Paris, qui détient déjà de nombreuses œuvres majeures de son répertoire, comme son fameux Giselle, mais aussi La Maison de Bernarda, et Apartement. Au programme rien de moins qu’un Boléro, « un défi » que le chorégraphe souhaitait monter depuis longtemps en espérant « y mettre sa marque ». Le Boléro n’a aucune dramaturgie. « C’est une seule montée en puissance de zéro à son maximum. C’est ce qui rend la chose si passionnante ! ». Dans la même soirée, sera créé Another Place, un duo imaginé sur la Sonate en si mineur de Franz Liszt. On sait déjà que la Première sera dansée par Aurélie Dupont, danseuse étoile et actuelle directrice de la Danse de l’Opéra de Paris. À ne pas manquer, donc. Agnès Izrine Palais Garnier, place de l’Opéra, 75009 Paris. Du 22 juin au 14 juillet. Tél. 08 92 89 90 90. Durée  : 2h sans entracte. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr CAMPING À PANTIN, PARIS, LYON 17 > 28.06.2019 ÉTÉ/SUMMER AU CN D 16 spectacles dont 4 créations & 5 premières françaises 42 workshops 29 écoles invitées marathon des écoles expositions ateliers pour amateurs camping kids rencontres fêtes Centre national de la danse + 33 (0)1 41 83 98 98 cnd.fr danse 29 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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