La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 24 la terrasse 277 juin-juillet 2019 Région/Festival/Lille Latitudes Contemporaines Que retenir de ce dense et riche festival qui irrigue la métropole de Lille, en passant par Douai et Courtrai ? Qu’il est possible de faire tomber les frontières de l’art et d’en chercher les nouveaux territoires. En dix-sept ans, le festival Latitudes Contemporaines a eu tout le temps de poser les bases de son ancrage et d’en chercher tous les déploiements. De festival dédié à la danse contemporaine, il est devenu le haut lieu de la performance et de l’indiscipline, de la production à la diffusion. Voyez vous-mêmes  : cette année, la dernière création de Maguy Marin, grande figure de la danse française, côtoie l’actrice Laetitia Dosch à cheval, le plasticien Théo Mercier à moto, l’Afghane Kubra Khademi au marché, François Gremaud et Pierre Entretien/Mathilde Monnier Le dernier Camping de Mathilde Monnier Centre National de la Danse événement foisonnant initié par Mathilde Monnier à son arrivée à la tête du CND, Camping est aujourd’hui internationalement reconnu, accueille des publics toujours plus nombreux et s’étend bien au-delà de Pantin. Nous l’avons rencontrée pour cette 5 e édition qui sera aussi sa dernière. Vous accueillez pour cette 5 e édition 800 campeurs. Qui sont-ils ? Mathilde Monnier  : Pour une part ils sont des étudiants danseurs de 30 écoles et universités internationales, pour une autre part ils sont des artistes indépendants. Ce mélange fait la particularité de notre manifestation. Créer ce lien, cette relation intergénérationnelle entre de futurs artistes et des artistes confirmés est pour nous extrêmement important. Que leur proposez-vous ? M. M.  : Beaucoup de choses ! Les campeurs viennent vivre une expérience. Ils rencontrent énormément de monde et cela opère chez eux une sorte de déplacement. Après avoir passé toute l’année dans leur école, y avoir trouvé leur place, ils se retrouvent dans une espèce de bouillonnement. Le programme est très intense. Le matin il y a une sorte de troc pédagogique où les écoles s’enseignent entre elles. L’après-midi, ils choisissent un workshop avec des artistes venus du monde entier. Nous leur proposons aussi des spectacles, des colloques etc. Un moment important pour eux est le Marathon des écoles pendant lequel ils se présentent avec leur établissement au public. Outre les campeurs, le public est aussi invité. M. M.  : Oui, mélanger public et danseurs est June Events, édition 2019 Atelier de Paris – CDCN/Festival « Faisons corps », disent les artistes à l’Atelier de Paris cette saison. Temps fort du CDCN, le festival poursuit cette réflexion et prend à bras-le-corps cette idée de créer des espaces pour être ensemble. On se souvient, au même endroit, du Jour de la bête où Aina Alegre revisitait la pratique des castels – tours humaines – pour mieux parler du collectif et de l’énergie d’un être ensemble singulier. La chorégraphe née à Barcelone ouvre cette treizième édition de June Events avec sa nouvelle création La Nuit, nos autres, où la célébration collective reste prégnante tout en créant, par une transfiguration nocturne, des fictions de soi. Elle partage l’affiche avec Vincent Thomasset, qui nous fera découvrir avec Carrousel l’étrange lien entre les manèges forain, équestre et chorégraphique, pour mieux parler des relations entre les individus. Autre visage familier  : Nina Santès, artiste associée au CDCN dont on se remémore l’intense Hymen Hymne. C’est une soirée toute particulière, ou plutôt une nuit d’immersion dans des performances multiples qu’elle propose. Un événement co-construit avec l’Atelier de Paris qui peut vous emporter jusqu’au petit matin… Radio Vinci Park, le duo Mercier-Chaignaud aux Latitudes. Mifsud en pleine conférence, ou le Japonais Michikazu Matsune dans l’exercice de la lettre d’adieu… La question de l’exercice en art fera l’objet d’un colloque de trois jours, à caser entre spectacles et DJ sets nocturnes. Nathalie Yokel Latitudes Contemporaines, 5 rue des Stations, 59800 Lille. Du 5 au 28 juin 2019. Tél. 03 20 55 18 62. Grandes formes et performances déambulatoires Le festival, outre son attention portée à la dimension musicale ou internationale de la création chorégraphique, aime se déployer dans des propositions grand format, où l’écriture touche un grand nombre d’interprètes  : Fouad Boussouf donne son Näss (les gens), Clara Furey livre sa première pièce de groupe, un Cosmic love tout en exploration sensodanse Erwan Fichou Mathilde Monnier. « Camping est pour moi l’événement le plus emblématique de mes deux mandats. » aussi très important pour nous. Le public circule dans le CND tout au long de la manifestation. Il peut bien sûr d’abord assister aux spectacles. Côté répertoire, nous accueillons cette année Daniel Larrieu qui remonte deux pièces. Mais nous programmons également des créations et des premières françaises, de jeunes artistes ou de plus confirmés tel Région/Les Nuits de Fourvière/par Natalia Osipova Pure Dance La célèbre ballerine Natalia Osipova élit les Nuits de Fourvière pour présenter Pure Dance, un programme en six actes qui met en lumière toute l’étendue de son talent. Marc Domage Daniel Linehan. Pour cette édition, le Brésil est un peu au cœur de nos réflexions à cause de ce qui s’y passe actuellement. Nous avons donc invité Fernanda Silva et Sonia Sobral, deux performeuses brésiliennes, activistes et féministes. Outre les spectacles, les gens viennent en nombre au Marathon des écoles, aux cours pour amateurs, assister aux ouvertures publiques de deux workshops. Et puis il y a Camping kids qui a toujours beaucoup de succès. Comment abordez-vous cette édition qui sera pour vous la dernière ? M. M.  : C’est un moment très émouvant. Camping est pour moi l’événement le plus emblématique de mes deux mandats. J’aime beaucoup qu’il soit une période où le CND ne nous appartient plus, où les artistes se le réapproprient. Cela correspond à ce que je voulais faire de ce lieu, un lieu offert à la profession, vivant. Je suis également heureuse que cette manifestation ait pris une envergure internationale. Si elle a bien sûr aussi lieu à Lyon, il y aura pour la première fois un Camping à Taipei au mois de novembre. Enfin, je pense que Catherine Tsekenis la maintiendra et la savoir pérenne est important pour moi. Propos recueillis par Delphine Baffour Centre National de la Danse, 1 rue Victor- Hugo, 93507 Pantin. Du 17 au 28 juin. Tél. 01 41 83 98 98. www.cnd.fr Flot de Thomas Hauert par le CCN - Ballet de Lorraine. rielle, tandis que Malgven Gerbes et David Brandstätter se lancent dans un dialogue avec le public au creux du flux de la danse (Feeding Back). Ce qui n’empêchera pas Mickaël Phelippeau de présenter deux de ses plus récents solos en forme de portraits, Lou et Juste Heddy. Pour Gaëlle Bourges, c’est un peu différent  : la masse d’À mon seul désir ne se révèle qu’à la toute fin dans un envahissement de plateau mémorable – on court revoir cette pièce ! À voir aussi l’excellent Ballet de Lorraine qui danse Saburo Teshigawara et Thomas Hauert. Sans oublier le parcours festif proposé par Joanne Leighton. Pour voir la danse, mais aussi pour la vivre et l’expérimenter. Comme le souligne Anne Sauvage, directrice de l’Atelier de Paris/CDCN, le festival invite à la découverte et cultive l’art de la rencontre. Nathalie Yokel Atelier de Paris, Centre de développement chorégraphique national, route du Champ-de- Manœuvre, 75012 Paris. Du 1er au 15 juin 2019. Dans une quinzaine de lieux différents. Tél. 01 417 417 07. Natalia Osipova interprète Pure Dance. Ballerine star, Natalia Osipova a aiguisé ses pointes au Bolchoï avant de rejoindre le Royal Ballet de Londres en 2013. Elle a été la partenaire d’Ivan Vassiliev, de Carlos Acosta ou du controversé mais talentueux Sergei Polunin, et elle a dansé sur les plus grandes scènes. Aux Nuits de Fourvière, elle présente pour la première fois en France Pure Dance, un programme sur mesure élaboré avec la complicité du Saddler’s Wells. En duo ou solo, elle traverse quarante ans de répertoire, d’Antony Tudor à Alexei Ratmansky, d’Iván Pérez à Roy Assaf. Cette soirée, qui se décline en six tableaux naviguant du classique au contemporain, met en lumière toutes les facettes de son talent, de l’impétuosité de sa technique à ses indéniables qualités dramatiques. Delphine Baffour Grand Théâtre, 6 rue de l’Antiquaille, 69005 Lyon. Le 14 juin à 22h. Tél. 04 72 32 00 00. Durée  : 1h50 avec entracte. Laurent Philippe D. R.
Jeff Rabillon Amala Dianor s’amuse du classique tout en le prenant très au sérieux. « Regarder quelqu’un, mettre le regard en mouvement, cela déstabilise les appuis. » YOYO, Palais de Tokyo/Festival Patriarchy is burning Un titre qui sonne comme un manifeste, et qui promet deux jours de vibrations au Palais de Tokyo. « Envoyer le patriarcat au bûcher »  : c’est la promesse de la communauté artistique Gang of Witches, composé de femmes et d’hommes danseurs, chorégraphes, plasticiens, réalisateurs, photographes, musiciens… Ensemble, ils abordent aussi bien les thèmes de l’oppression masculine, de la lutte contre les violences faites aux femmes, du genre, que de l’écologie. Le programme imaginé pour le Yoyo, espace événementiel du Palais de Tokyo, réunit une vingtaine d’œuvres, exposées ou performées. En live, les corps explorent l’identité politique noire (Funmilola Fagbamila), le voguing (Amélie Poulain), la masculinité (Julie Atlas Muz)… À voir aussi un documentaire suivi Entretien/Amala Dianor The Falling Stardust Région/Montpellier/Théâtre de l’Agora/Chor. Amala Dianor « Accepter d’abandonner pour se révéler autrement »  : c’est le défi relevé par les neuf interprètes de la dernière création d’Amala Dianor, qui affirme sa délicate attention à l’Autre et son désir de transmission. Ce n’est pas votre première pièce de groupe. Comment s’inscrit-elle dans votre parcours ? Amala Dianor  : Je suis dans la continuité de ma démarche, mais la grande nouveauté a été de travailler avec des danseurs que je ne connaissais pas, rencontrés à travers une audition. Mon parti pris a été de choisir de jeunes danseurs tout juste issus de cursus scolaires type CNDC et conservatoire. Des danseurs dynamiques, avec l’envie de croquer la pomme ! J’ai surtout cherché chez eux une disponibilité d’esprit, et évidemment un niveau technique élevé, puisque ce que je donne à voir avant tout, c’est le mouvement dansé. L’idée était de rassembler des personnes pouvant fonctionner avec leurs différences. Cela prend du temps d’accepter les différences de l’autre. La pièce est délicate et fédératrice, puisqu’il s’agit d’amener des danseurs classiques à se détacher de leur technique pour aller ailleurs. Quand on est dans un terrain de fragilité, où l’on contrôle moins ce que l’on donne à voir, il faut trouver le chemin du lâcher-prise. Dans le doute, il d’agit de faire totalement confiance et de s’ouvrir aux autres. C’est une question que nous avons tous traversée, en trouvant une issue dans le dialogue. YohannCordelle Sur scène, derrière les personnalités de chacun, on devine tout de même une écriture, voire même des gestes, qui vous appartiennent. Comment avez-vous travaillé ensemble ? A. D.  : Au départ, je voulais être danseur dans ce projet-là, mais je me suis rendu compte que je n’y avais pas ma place, pour des raisons de génération ou de technique, car je ne maîtrise pas aussi bien la technique classique… Mais ce qui m’importait par-dessus tout, c’était la question de l’accompagnement de ces jeunes danseurs. Je leur ai montré beaucoup de matériel m’appartenant, appartenant aux anciennes pièces, et c’est à travers ma matière que j’ai trouvé le liant, dans un premier travail de transmission, puis d’appropriation. Une très belle chose se dégage du groupe, notamment à travers le regard, qui a son importance dans votre travail… A. D.  : Ce sont des choses que je développe depuis pas mal de temps, et que j’ai apprises chez Emanuel Gat. Comment tu danses, comment tu invites, comment tu intègres les personnes qui sont avec toi sur scène, au lieu d’en faire abstraction… Je trouve importante cette relation qui se crée avec les regards. Les danseurs classiques ont tendance à se projeter et à danser pour le public, quitte à façonner leur mouvement pour cela. Le fait de regarder au lointain dans le public leur donne un point d’appui. Quand on regarde les autres, cela change les repères. Regarder quelqu’un, mettre le regard en mouvement, cela déstabilise les appuis, et cela a été une grande partie du travail des danseurs. Et je rajoute au travail la nécessité de s’impliquer intellectuellement, d’avoir des prises de décision, des réactions par rapport aux autres. Qu’évoque le titre pour vous ? A. D.  : C’est une référence à la danse classique, et à ses étoiles. À travers cette pièce, je pense à ceux qui acceptent d’abandonner pour se révéler autrement. Propos recueillis par Nathalie Yokel Festival Montpellier Danse, Théâtre de l’Agora, rue de l’Université, 84000 Montpellier. Les 23 et 24 juin 2019 à 22h. Tél. 0800 600 740. Julie Atlas Muz en performance pour le Gang of Witches. d’un débat sur les violences gynécologiques (Sabrine Kasbaoui). Parallèlement, un livre est édité, ainsi qu’un album vinyle de huit titres, à écouter sur place le samedi soir avant le dj set, le tout en entrée libre. Nathalie Yokel YOYO, Palais de Tokyo, 13 av. du Président- Wilson, 75016 Paris. Les 15 et 16 juin 2019 de 14h à minuit. zero visibility corp. Ina Christel Johannessen Frozen Songs 12 – 14 juin 2019 1 place du Trocadéro, Paris www.theatre-chaillot.fr Photo  : Kopi danse 25 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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