La Terrasse n°277 juin 2019
La Terrasse n°277 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 15,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'été des festivals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 14 la terrasse 277 juin-juillet 2019 Ville de Caen – Mai 2019 – Photo  : Guy Sadet - * 80 spectacles (dont 3 payants) C’est l’été, la Maison est ouverte ! Du 22 juillet au 22 août 2019 Visite contée – La correspondance entre Maria Casarès et Albert Camus. Goûter-spectacle – Qui a peur du loup ? d’après Christophe Pellet. apéro-spectacle – Gros de et avec Sylvain Levey. Dîner-spectacle – Macbeth d’après William Shakespeare. Au cœur d’un site d’exception au bord de la Charente. Cette saison estivale est coréalisée par Veilleur et Ars Nova. Mise en scène  : Matthieu Roy/Composition musicale  : Aurélien Dumont/Direction musicale  : Jean-Michaël Lavoie – Avec le soutien de l’ensemble des partenaires publics et privés de La Maison Maria Casarès. Maison Maria Casarès Domaine de La Vergne 16 490 Alloue www.mmcasares.fr Réservations T. 05 45 31 81 22 resa@mmcasares.fr du 11 juillet au 31 août 2019 80 spectacles GRATUITS * photo  : Thomas Silberstein Tous les jeudis et vendredis à Caen EDR2019-la-terrasse-121x187.indd 1 13/05/2019 10:18 La 25 e édition de la Mousson d’été Région/Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson La Mousson d’été célèbre sa 25 e édition  : une nouvelle occasion de célébrer, durant six jours, les écritures dramatiques contemporaines. Voici à présent un quart de siècle que les écritures théâtrales vivantes sont mises à l’honneur, au cours du mois d’août, dans la ville de Pont-à-Mousson. Créée en 1995 par le metteur en scène Michel Didym (actuel directeur du Théâtre de la Manufacture de Nancy), la Mousson d’été est l’occasion, durant près d’une semaine, de se laisser traverser par les souffles – différents et multiples – d’autrices et d’auteurs venus du monde entier. Lectures, mises en espace (de textes inédits ou traduits pour la première fois en langue française), conversations, spectacles… Cette année, c’est du 22 au 28 août que l’Abbaye des Prémontrés mettra en lumière les styles et les thèmes du théâtre qui s’invente aujourd’hui. écouter les nouvelles voix du théâtre Ainsi, des pièces des Argentins Laura Cordoba et Nacho Ciatti, du Croate Tomislav Critique Retours/Le Père de l’enfant de la mère Théâtre du Rond-Point/DE Fredrik Brattberg/MES Frédéric Bélier-Garcia Frédéric Bélier-Garcia présente au Rond-Point deux courtes pièces du Norvégien Fredrik Brattberg. Dans Retours, un enfant meurt et revient plusieurs fois sous les yeux de ses parents qui finissent par ne plus le voir. Dans Le Père de l’enfant de la mère, deux parents se disputent l’amour de leur enfant. Deux pièces qui pulvérisent la famille avec une drôlerie grinçante, dans une mise en scène finement dirigée. Certains écrivains se reconnaissent à un trait particulier, une caractéristique qui revient de façon récurrente dans leurs livres. Chez Semprun, c’est la digression, chez Modiano, la quête du passé. Chez Fredrik Brattberg, auteur norvégien né en 1978 et prix Ibsen 2012, c’est la répétition, comme cela apparaît clairement dans les deux courtes pièces que Frédéric Bélier-Garcia a décidé de réunir dans son spectacle. Répétition de scènes à partir d’un noyau dur  : la mort d’un adolescent puis sa résurrection dans Retours, le retour de la mère à la maison pendant que le père joue à la dînette avec leur fille dans Le Père de l’enfant de la mère. À partir de ces deux situations, des variations s’enchaînent – peut-être dues à la formation musicale de Fredrik Brattberg qui est également compositeur et musicien classique. Mais ces variations, à force de reproduire la scène matricielle, finissent par la dégrader, faisant penser aux anciennes cassettes audio dont les bandes, écoutées jusqu’à l’usure, finissaient par se froisser et devenir inutilisables. Dans Retours, le retour inexpliqué du fils mort est d’abord célébré avec joie. Lorsque l’adolescent réclame à manger, il faut voir avec quel empressement les parents lui apportent des victuailles  : gigot fumé, gigantesque gâteau aux noix, rien n’est trop gros ! Mais dès la 2 e résurrection, l’empressement est moindre et se traduit par ce qui lui est servi  : les restes de saucisse de la veille. Quant à la 3 e fois, elle se résume à du pain et du Nutella… La famille, lieu privilégié des névroses En s’attaquant à la peur la plus puissante de tous les parents, la mort de leur(s) enfant(s), The love restaurant de Lasha Boughadzé, lors de la Mousson d’été 2018. Zajec, de l’Américain George Brant, de l’Australien Tom Holloway, de l’Islandais Tyrfingur Tyrfingsson, de l’Israélien Paya Arad- Yasur, de la Norvégienne Monica Isakstuen, de l’Italienne Valentina Diana, des Français Blandine Bonelli, Faustine Noguès et Tristan Choisel seront au programme de cette Mousson d’été 2019. Autant de découvertes qui permettront de lutter contre la méconnaissance des écritures contemporaines et contre le peu de place accordée à l’innovation dramatique dans notre paysage théâtral. Manuel Piolat Soleymat La Mousson d’été, Abbaye des Prémontrés, 9 rue Saint-Martin, 54700 Pont-à-Mousson. Du 22 au 28 août 2019. Tél. 03 83 81 20 22. www.meec.org éric Didym
Pascal Victor Catherine Cuany Camille Chamoux, Jean-Charles Clichet et Dimitri Doré. Frederik Brattberg pulvérise la sacro-sainte image de la famille, donnant à voir un couple dont la vie quotidienne est de plus en plus dérangée par les réapparitions du fils. Du décalage entre les réactions attendues et les réactions produites naît la dérision, qui vire presque au grand-guignolesque à la fin, quand les parents veulent achever leur fils une bonne fois pour toutes ! La deuxième pièce est moins spectaculaire – peut-être aurait-il été plus judicieux de la placer au début du spectacle – mais paradoxalement, elle dérange plus, à force de voir les parents se disputer l’amour de leur petite Frida dans un duel sans merci. Un amour infantile et possessif, qui, ressassé, exacerbé, finit par provoquer le divorce des parents  : c’est seulement dans la mise en place de la garde alternée que chacun peut vivre son amour parental de façon exclusive. Frédéric Bélier-Garcia dirige finement ses acteurs Homme encadré sur fond blanc Théâtre Tristan Bernard/Conception Pierric Tenthorey Dans Homme encadré sur fond blanc, Pierric Tenthorey met son amour de la magie et du music-hallau service d’un seul en scène sans paroles. Mais non sans humour. Habillé d’un complet noir, coiffé d’un chapeau de la même couleur, Pierric Tenthorey est hors du temps. Dans Homme encadré sur fond blanc, qu’il a créé en 2007 et qu’il n’a jamais cessé de jouer depuis, le comédien, metteur en scène, magicien et auteur franco-suisse semble échappé d’un film de Buster Keaton ou de Jacques Tati. Enfermé seul dans une pièce presque vide, il y déploie un muet langage absurde nourri de ces deux maîtres en la matière. De même que de l’œuvre de Samuel Beckett, de Pierre étaix ou encore de Tex Avery, dont il revendique la filiation. Titré en 2015 champion du monde de magie, l’artiste fait aussi appel à cet art pour se forger un univers personnel, au carrefour des disciplines. Carré magique Réussira-t-il finalement à sortir, ou devra-t-il s’adapter à l’espace réduit et exigu qui lui est Camille Chamoux, Jean-Charles Clichet et Dimitri Doré, réussissant à maintenir l’équilibre délicat entre drôlerie et noirceur, entre réalisme et fantaisie. Le monde a changé, les morales aussi, mais Fredrik Brattberg nous montre que malgré son émancipation des codes d’antan, ses principes d’éducation bienveillante et son apparente décontraction, la famille reste le lieu privilégié des névroses. Le cri de Gide résonne toujours autant  : « Famille je vous hais ! » Isabelle Stibbe Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- Delano-Roosevelt, 75008 Paris. Du 4 au 30 juin 2019 à 21h. Dimanche à 15h30. Relâche les lundis, les 9, 11 et 12 juin 2019. Tél. 01 44 95 98 21. Spectacle vu à sa création au Quai d’Angers en mai 2019. Homme encadré sur fond blanc. imparti ? Suspense. Construit en crescendo, à la manière d’une variation musicale autour d’un thème, Homme encadré sur fond blanc est une réflexion sans paroles sur la liberté. En établissant peu à peu une relation singulière avec le public, en apprivoisant à sa manière les quelques objets qui occupent sa petite prison blanche et carrée, Pierric Tenthorey fait de ces contraintes initiales une force. Et grâce à des tours de magie conçus avec le très réputé Gaëtan Bloom, la métaphore prend dans Homme encadré sur fond blanc des contours originaux, enchanteurs. Anaïs Heluin Théâtre Tristan Bernard, 64 rue du Rocher, 75008 Paris. À partir du 6 juin 2019, du mardi au vendredi à 21h, les samedis à 18h et 21h. Tél. 01 45 22 08 40. www.theatretristanbernard.fr théâtre 15 la terrasse 277 juin-juillet 2019



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