La Terrasse n°276 mai 2019
La Terrasse n°276 mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°276 de mai 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 9,7 Mo

  • Dans ce numéro : foisonnement créatif.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 20 la terrasse 276 mai 2019 Entretien/Frédéric Bélier-Garcia Retours/Le Père de l’enfant de la mère Théâtre du Rond-Point/DE Fredrik Brattberg/MES Frédéric Bélier-Garcia Au Rond-Point où il est artiste affilié depuis plus de dix ans, Frédéric Bélier-Garcia présente deux courtes pièces du Norvégien Fredrik Brattberg. Dans Retours, un enfant meurt et revient plusieurs fois sous les yeux de ses parents qui finissent par ne plus le voir. Dans Le Père de l’enfant de la mère, deux parents tentent de gagner le cœur de leur enfant. Qu’est-ce qui relie ces deux pièces ? Frédéric Bélier-Garcia  : Elles sont sœurs par leurs thèmes. Elles ont pour objet la nouvelle famille (le père, la mère, l’enfant) soi-disant libérée des fardeaux freudiens ou chabroliens. C’est une famille transparente et généreuse, « cool ». En l’attaquant par des faces différentes, Fredrik Brattberg concasse cette nouvelle trinité que certains portent aux nues. En principe, ces deux pièces sont indépendantes l’une de l’autre mais ce qui m’a plu en les unissant, c’est d’en faire un objet qu’on voit peu au théâtre mais que les Italiens ont pu pratiquer au cinéma avec par exemple Les Monstres ou Les Nouveaux Monstres. C’est Entretien/étienne Gaudillère une manière de prendre acte d’une nouvelle société en l’attaquant par fragments, par sketches, pour voir ce qu’elle a vraiment dans le ventre. Il s’agit en effet de variations sur le même thème et Fredrick Brattberg étant aussi un musicien, on pense forcément aux variations en musique classique. F. B.-G.  : Fredrik Brattberg est compositeur d’opéras contemporains et un très bon interprète de Beethoven, en effet. Il dit lui-même qu’il a composé ses deux pièces comme une sonate ou plutôt comme une fugue  : un même thème revient avec des variations. Ce qui a Cannes, Trente-Neuf/Quatre-Vingt-Dix région/Théâtre Molière-Sète/texte et mes étienne Gaudillère étienne Gaudillère explore le festival de Cannes sous toutes ses coutures artistiques, commerciales, politiques, économiques et religieuses et fait le portrait de la France et du monde à travers l’œil du cinéma. Quel est le sujet de ce spectacle ? étienne Gaudillère  : L’histoire politique, diplomatique et économique du festival de Cannes. Loredana Latil, dans sa thèse qui m’a passionné (Le Festival de Cannes, écho des relations internationales ?) , raconte les relations entre ce festival et son actualité politique. Nous essayons de raconter cela  : ce n’est pas un spectacle sur les paillettes (même s’il y en a un peu !) mais un spectacle qui rappelle que la création de ce festival a été, ce qu’on ignore bien souvent, très politique. Il est né en réaction à la biennale de Venise, alors qu’elle devenait fasciste et couronnait Les Dieux du stade. Il s’est voulu, sous l’influence initiale de Philippe Erlanger, le festival des nations libres. On s’aperçoit que pendant toute son histoire, ce festival a dû gérer des questions de diplomatie et de politique internationales qui le dépassaient. À ses débuts, les pays avaient la possibilité de demander le retrait d’un film en compétition si celui-ci offensait leur sentiment national. Cet article a été supprimé. Puis la censure a pris fin en 1974, date à laquelle le festival a lui-même organisé sa sélection, sans l’aval des ministères de tutelle. Il a ainsi muté et c’est cela que nous racontons. Comment le spectacle est-il construit ? é. G.  : Il y a dix comédiens au total et quatre parties qui correspondent à des décennies ou, plutôt, à des moments de crise. À chaque moment, on est dans des lieux différents  : en 1954, dans le hall du Carlton la nuit ; en 1958 et 1968, en parallèle, dans les bureaux du festival et dans ceux des Cahiers du cinéma ; en 1975 lors d’une conférence de presse et en 1989, sur la plage, pendant une soirée. Cannes est un tourbillon de lieux et de personnalités, toute une fresque de personnages se mélangent  : producteurs, journalistes, acteurs, touristes, etc. L’excitation, l’ébullition propres à tout festival impriment leur rythme au spectacle. Le metteur en scène étienne Gaudillère. « L’excitation, l’ébullition propres à tout festival impriment leur rythme au spectacle. » Que voulez-vous explorer ? é. G.  : Ce qui m’intéresse, c’est comment une institution mute et comment elle surmonte ses crises. Le paradoxe de l’utopie qui consiste à faire une fête du cinéma tient à ce que se déploie autour d’elle un système médiatique, économique, politique qui l’infléchit. Tel est évidemment le cas de beaucoup de productions artistiques, mais particulièrement à Cannes. Et ce qui est fascinant, c’est la manière dont l’histoire de la société française et même l’histoire du monde se lisent à travers celle de ce festival. Propos recueillis par Catherine Robert Théâtre Molière-Sète, scène nationale archipel de Thau, av. Victor-Hugo, 34200 Sète. Le 14 mai à 20h30 et le 15 à 19h. Tél. 04 67 74 02 02. Joran Juvin
D. R. Katja Renner Frédéric Bélier-Garcia. « La famille est un champ de bataille. » précédé conditionne ce qu’on entend dans le retour du thème. Ce qui unit aussi les deux pièces, ce sont le nombre des personnages et leur place dans la famille  : le père, la mère, l’enfant. Comment les reliez-vous ? F. B.-G.  : Les mêmes acteurs jouent dans les deux pièces mais il n’y a pas de suite chronologique. Le spectacle commence au contraire au moment où l’enfant est adolescent et se termine avec la pièce où il est en bas âge. Les acteurs incarnent les fonctions plus que les personnages et on assiste à deux matches. Dans la première pièce, l’affrontement se fait entre les parents contre l’enfant tandis que dans la deuxième, il se joue entre les parents pour voir lequel des deux obtiendra l’affection de l’enfant. Plus on travaille ces pièces et plus la partition, qui semblait relever au début de la comédie, révèle des zones de sensibilité inattendues. Quelle est la spécificité de la langue de Fredrik Brattberg ? F. B.-G.  : J’ai l’impression, dans Retours surtout, qu’il joue avec ce qu’on attend des dramaturges nordiques. Le début fait penser à Ibsen, Bergman ou Jon Fosse  : une femme dans un canapé, la fenêtre, la lenteur, une psychologie des profondeurs. Mais Brattberg déjoue tout cela ensuite, comme s’il s’amusait avec les clichés des pièces nordiques. Comment en ressort la famille ? F. B.-G.  : Comme de toute éternité, elle paraît un champ de bataille où les parents se battent au sabre ! Même la nouvelle famille cool ! Les deux pièces sont des comédies matinées d’étrangeté  : des comédies farouches. Il faut arriver à réaliser l’alchimie entre les deux. Entretien réalisé par Isabelle Stibbe Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- Delano-Roosevelt, 75008 Paris. Du 4 au 30 juin 2019 à 21h. Dimanche à 15h30. Relâche les lundis, les 9, 11 et 12 juin 2019. Tél. 01 44 95 98 21. Festival PERSPECTIVES 2019 étranger/Saarbrücken, Allemagne Manifestation bilingue consacrée aux arts de la scène en langues française et allemande, le Festival PERSPECTIVES fête, du 6 au 15 juin, sa 42 e édition. Une nouvelle opportunité de rendre vivant et concret l’art de « vivre ensemble par-delà les frontières ». Seize créations faisant se rencontrer les champs du théâtre, de la performance, de la danse, de la musique, du cirque, du théâtre d’objets, des arts de la marionnette, de la pantomime… Pour sa nouvelle édition, le Festival PERSPECTIVES poursuit une voie initiée il y a 42 ans, lors de sa fondation en 1978  : présenter à un public international large et varié des créations scéniques contemporaines françaises et allemandes, propositions imaginées par des artistes confirmés, mais également par des nouveaux talents. Cette année encore, dans quatorze lieux situés d’un côté comme de l’autre de la frontière (à Sarrebruck et Sarrelouis en Allemagne ; à Spicheren, Sarreguemines et Metz en France), la programmation bilingue et diversifiée élaborée par Sylvie Hamard, directrice artistique du festival, se donne pour objectif d’établir un dialogue fécond entre spectateurs et créateurs de langues et de nationalités différentes. Une façon d’incarner, à travers les multiples facettes des arts de la scène, la richesse de la relation franco-allemande. Un festival transfrontalier et pluridisciplinaire Lors de l’ouverture de cette édition 2019, les acrobates-musiciens de la Compagnie Le P’tit Cirk présenteront, pour la première fois en Allemagne, leur spectacle Les Dodos. Zwischen den Säulen, du Collectif Markus&Markus, programmé au Festival PERSPECTIVES. Quinze créations suivront  : Festen du metteur en scène Cyril Teste, Zwischen den Säulen du Collectif Markus&Markus, Kamp du Collectif Hotel Modern, Cendres de la Compagnie Plexus Polaire, Franito de Patrice Thibaud, Still Life et La Stravaganza d’Angelin Preljocaj, Näss de la Compagnie Massala, Sons of Sissy du chorégraphe Simon Mayer, Dru des circassiennes Samantha Lopez et Anna Le Bozec, Tandem de la Compagnie TGNM, Passagen in Portbou interprété par 65 jeunes venus d’Allemagne, de France, de Roumanie et de Bosnie-Herzégovine, L’Homme-Orchestre de la Compagnie La Mue/tte, Play Nice des jongleuses Ariane Oechsner et Roxana Küwen, 3D de la Compagnie H.M.G. Une programmation éclectique et exigeante, qui a valu à PERSPEC- TIVES d’obtenir, en novembre dernier, le Prix de l’Académie de Berlin 2018, récompense décernée chaque année à une personne ou une institution contribuant de manière remarquable au développement des relations culturelles entre la France et l’Allemagne. Manuel Piolat Soleymat Festival PERSPECTIVES, Heuduckstraße 1, 66117 Saarbrücken, Allemagne. Du 6 au 15 juin 2019. Tél. +49 (0) 68 15 01 13 70. www.festival-perspectives.de théâtre 21 la terrasse 276 mai 2019



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