La Terrasse n°275 avril 2019
La Terrasse n°275 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : sorcellerie de la danse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 8 la terrasse 275 avril 2019 Critique Dom Juan ou Le Festin de pierre Théâtre de l’Union/d’après le mythe de Don Juan et le texte de Molière/spectacle de Jean Lambert-wild ET Lorenzo Malaguerra Le Théâtre de l’Union met en œuvre une nouvelle coopérative de création autour du mythe de Don Juan que le clown de Jean Lambert-wild incarne en provocateur jouissif et iconoclaste jubilatoire. De la musique avant toute chose, et pour cela Gramblanc préfère l’impair… La scénographie chatoyante imaginée par Jean Lambert-wild et Stéphane Blanquet permet d’admirer le brio de compagnons talentueux  : les éléments décoratifs en porcelaine réalisés par Christian Couty et les artisans des Porcelaines de la Fabrique, les tapisseries en point numérique d’Aubusson de l’entreprise Néolice, les costumes d’Annick Serret-Amirat concourent à réaliser une œuvre totale. Le Théâtre de l’Union demeure fidèle à sa devise  : « le plus grand bien pour le plus grand nombre ». Il affirme non seulement la nécessité impérieuse d’un élitaire pour tous, mais aussi la puissance créatrice du collectif. Mieux qu’une simple troupe, on est face au travail d’un atelier où chacun joue sa partie. Et comme dans tout atelier, les élèves apprennent du maître pour le devenir à leur tour  : comme Léonard ou le Pérugin chez Verrocchio, les élèves de l’Académie de l’Union s’essaient au jeu (et reçoivent pour cela les cachets et la reconnaissance de leur statut – chose assez rare Tristan Jeanne-Valès pour être mentionnée !). Ils alternent les rôles, car on ne peut jouer Elvire sans savoir jouer Charlotte, ni être le père éploré de l’impénitent provocateur sans savoir se faire le pauvre qui lui demande l’aumône. Les comédiens professionnels entourent les débutants  : Romaine, Pascal Rinaldi et Denis Alber s’en donnent à cœur joie sur leur estrade musicienne où ils osent un désopilant éloge du tabac et alternent gags musicaux et farces vocales. Gramblanc comme un volcan SteveTientcheu (que le théâtre devrait songer à employer avant que le cinéma ne monopolise son talent) excelle en Sganarelle pataud et tendrement bougon et Jean Lambert-wild (en Gramblanc, son clown) campe un Dom Juan esthète du jouir, iconoclaste insolent, libertin comme on l’est au Grand Siècle, en provoquant le Ciel plutôt qu’en inséminant les matrices. Adepte du mousquet et de la saillie assassine, le Dom Juan de Gramblanc est un fort méchant homme, qui virevolte sur la pointe de ses souliers rouges au bord de Critique Ysteria Théâtre de la Tempête/texte et mes Gérard Watkins Entre approfondissement médical, mise en perspective historique et décalage humoristique, l’auteur et metteur en scène Gérard Watkins nous convie à une exploration théâtrale de l’hystérie. Un spectacle protéiforme, présenté au Théâtre de la Tempête. Le tableau d’André Brouillet est resté célèbre. Dans cette œuvre de 1887 intitulée Une leçon clinique à la Salpêtrière, nous pouvons voir le professeur Charcot donner l’une de ses célèbres leçons publiques sur le traitement de l’hystérie par l’hypnose, devant un parterre de curieux et de scientifiques. D’une certaine façon, c’est une démarche de recherche et de vulgarisation analogue qui est à l’origine du dernier spectacle de l’auteur et metteur en scène Gérard Watkins. Créée le 7 mars dernier au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, repris au Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie de Vincennes, Ysteria réunit cinq comédiennes et comédiens pour éclairer les mystères des syndromes hystériques. Cela, par le biais de scènes mettant en jeu un groupe de thérapeutes d’aujourd’hui (Julie Denisse, David Gouhier, Clémentine Menard) qui, au sein d’un « centre pour malades atteints de troubles somatoformes de conversions hystériques », tentent d’aider deux jeunes patients (Malo Martin, Yitu Tchang) à retrouver l’usage d’un bras et d’une main paralysés. Ysteria présente également des plongées dans d’autres siècles, tableaux fantastico-oniriques qui montrent comment ont pu être traitées, par le passé, les femmes considérées comme hystériques. Par petites touches scientifiques et parodiques Passons sur ces mises en perspectives à bien des égards outrancières, qui ne sont pas les meilleurs moments de la représentation. Au l’abîme dont il semble attendre avec impatience qu’il livre ses secrets  : « Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?/Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! » Ni Dieu ni maître pour ce métaphysicien qui se contrefout de la morale, surtout quand elle est l’excuse de la dépression, la chasuble de la frustration ou, pire encore, le déguisement de l’asservissement. Jubilatoire ! Catherine Robert Théâtre de l’Union, CDN du Limousin, 20 rue des Coopérateurs, 87000 Limoges. Du 19 au 29 mars 2019. Lundi, mardi et mercredi à 20h ; jeudi et vendredi à 19h sauf le 29 mars à 14h ; samedi à 17h. Tél. 05 55 79 90 00. Du 2 au 5 avril à la Coupe d’Or, à Rochefort. Les 9 et 10 avril au Théâtre Edwige-Feuillère de Vesoul et le 24 avril au Centre culturel Le Rive Gauche de Saint-Etienne-du-Rouvray. Tournée jusqu’en 2020 dont un mois au Théâtre de la Cité internationale à Paris. Ysteria, de Gérard Watkins. contraire, le versant contemporain du spectacle donne corps à des situations de théâtre pleines d’habileté et drôlerie. Servie par un quintette d’excellents interprètes (Julie Denisse offre une vision particulièrement cocasse de son personnage de praticienne), Ysteria nous engage à réfléchir aux maux et aux violences qui pèsent sur nos psychés de femmes et d’hommes du xxi e siècle. Cette création nous rappelle que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’hystérie n’est pas une pathologie du passé. « Nous sommes tous des insécures, nous sommes tous des névrosés », explique Jean-Marc, l’un des médecins qui se présente à nous. Déracinement, inégalités sociales, impasses de vie, pressions exercées par les cadres et les principes que notre époque érige en modèles indépassables… Sans se prendre au sérieux, par petites touches tant scientifiques que parodiques, Gérard Watkins pointe du doigt les dysfonctionnements et les contraintes qui entravent les individus que nous sommes. Et qui peuvent amener notre corps à exprimer des souffrances que notre esprit ne parvient pas à conscientiser. Manuel Piolat Soleymat Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, salle Copi, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 21 mars au 14 avril 2019. Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30. Durée de la représentation  : 2h15. Tél. 01 43 28 36 36. www.la-tempete.fr Pierre Planchenault
Le Centre Wallonie-Bruxelles fête ses 40 ans Pour cette saison anniversaire bien nommée L’irréductible, le Centre Wallonie-Bruxelles se montre plus créatif que jamais, et invite à découvrir toute la diversité de la créativité belge francophone. Indiscipline syncrétisme et audace au programme ! Performances, vidéos, installations, expositions photographiques, lectures, dédicaces, digital, concert, cinéma, danse et même tatouage. Pour L’instant t – les heures mêlées, le programme des deux soirées consacrées à la célébration de son quarantième anniversaire, le Centre Wallonie-Bruxelles entend témoigner des pratiques pluridisciplinaires et des formats hybrides. Fidèle également à la réputation d’audace et de foisonnement de la scène belge festival Trouble, le retour ! C’est l’événement  : on pensait le festival Trouble disparu, le voilà qui renaît au mois de mai sous l’égide de la compagnie Thor à Bruxelles ! On ne peut que saluer ce retour, et sa nécessité dans un contexte où parler des identités diverses et du corps pluriel à l’aune de la scène performative est encore d’utilité publique. Le Centre Wallonie-Bruxelles s’en fait l’écho à travers une soirée exceptionnelle en avant-première du festival  : avec Claude Cattelain qui travaille sur l’effondrement, Lise Duclaux, plasticienne, Kubra Khademi, performeuse afghane réfugiée aux œuvres féministes très engagées, et Ophélie Mac, qui interroge également la féminité à travers sa culture métissée, des rites ou des objets. Nathalie Yokel Le 27 mars 2019 à 19h au centre Wallonie-Bruxelles. Du 2 au 5 mai 2019 à Bruxelles, Studio Thor et alentours. www.trouble.brussels.com Chor. Lara Barsacq Lost in Ballets Russes Lara Barsacq a fait son nid dans la danse contemporaine auprès de grandes compagnies (Jérôme Bel, les BalletsC. de la B., la Batsheva…). Pour autant, sait-on qu’elle est l’héritière d’une histoire très liée aux Ballets Russes ? La troupe de Diaghilev, qui souffla le vent de la modernité en France, avait pour collaborateur le peintre Léon Bakst, dont elle est l’arrière-petite nièce. Son solo relie ainsi histoire personnelle, héritage et histoire de la Propos recueillis/Stéphanie Pécourt Une saison foisonnante et étonnante La directrice du Centre Wallonie-Bruxelles Stéphanie Pécourt a imaginé une saison en forme de rhizome, aux constelletions multiples, pour que la créativité belge francophone irradie. « Pour les 40 ans du Centre Wallonie-Bruxelles, nous souhaitons d’abord réaffirmer notre ADN, qui est de révéler des signatures, des radicalités dans la création belge francophone. Notre envie pour cette saison est que le Centre, plus que jamais, s’affirme comme un catalyseur d’émergence et de valorisation de figures qui tracent de véritables traits de démarcation de la création de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est le cas par exemple avec Salvatore Calcagno que nous accompagnons depuis quelques créations et qui vient de présenter dans nos murs La Voix Humaine. Mais ces 40 ans nous donnent également l’opportunité de préfigurer la création de demain. On le sait, elle a ces dernières années largement été impactée par la L’instant t – les heures mêlées Le Centre Wallonie-Bruxelles invite 40 artistes pour deux soirées et de multiples propositions. Hichem Dahes Voyez-vous (Vinciane Lebrun) francophone, puisqu’il convie pour l’occasion une quarantaine d’artistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, aux propositions et signatures toujours singulières – qu’ils soient émergents ou confirmés –, à investir tous les espaces de ses quelques 1000 m². Effervescence artistique Parmi une profusion de propositions enthousiasmantes « dont le fil rouge réside dans le danse. Sa liberté d’y puiser des références, de s’amuser et de réarranger est manifeste, portée par une légitimité familiale qui autorise une dérision et une sensibilité toute personnelles. Nathalie Yokel Les 21 et 22 mai 2019. Palais de Tokyo/chor. Mercedes Dassy I-Clit de Mercedes Dassy. Stéphanie Pécourt. I-clit Parfait exemple de la créativité belge qui déjoue les attentes avec hardiesse, cette traversée sensitive de l’histoire du féminisme ose à travers une mise en scène énergique affirmer une réappropriation musclée du corps féminin et une interrogation incisive des combats féministes actuels, à travers la pop culture. Comme une Aphrodite guerrière et lucide, la chorégraphe, performeuse et danseuse présente cet opus plusieurs fois primé comme « un manifeste du corps, de la chair et du sexe féminin en soi ». Sa programmation hors-les-murs dans le cadre du Festival Do Disturb au Palais de Tokyo déborde des cadres habituels, pour Jean Furst Olivier Donnet travestissement des rôles, dans l’illusion et le basculement des statuts et des frontières », on inviter au partage et à la découverte d’œuvres étonnantes et novatrices. Agnès Santi Palais de Tokyo, 75016 Paris. Festival Do Disturb, du 12 au 14 avril. Texte et mes Eline Schumacher La Ville des zizis La Ville des zizis. Eline Schumacher raconte l’histoire d’une bande de sept copains, dont l’un vient de mourir… L’histoire commence le jour de l’enterrement  : comme les samouraïs, les mercenaires ou les merveilles du monde, ils vont par sept ! Comment vont faire les six qui se retrouvent amputés de leur septième membre ? En mêlant culture populaire et références personnelles, en juxtaposant scènes cultes de westerns et extraits de dialogues avec son père, Eline Schumacher peint, entre réalité et fiction, entre fantasme et documentaire, la beauté, la virilité, la solitude, la bêtise et la pudeur de personnages souvent plus graves qu’ils ne veulent bien le montrer. Catherine Robert Les 14 et 15 mai 2019. révolution numérique. Il nous semble donc intéressant de faire entrer le digital dans nos murs. » Les temps forts « Cette saison connaîtra plusieurs temps forts. Nous allons d’abord célébrer notre anniversaire avec un événement que nous avons appelé L’intant t – les heures mêlées. Plus d’une quarantaine d’artistes investiront pour l’occasion tous les espaces du Centre pendant deux jours. Nous venons également d’inaugurer, avec la venue d’Antoine Pickels et de son festival Trouble, des cycles de cartes blanches accordées à des programmateurs belges. La mise en œuvre d’un cycle appelé les opérations Major-Tom, dédié à la présentation aux programmateurs français de projets théâtraux en cours dans la perspective de stimuler des apports en coproduction, constituera un autre moment important. Enfin, une spécificité de cette saison sera bien sûr les Hors-les-murs. Ils commenceront dès le mois prochain avec le Palais de Tokyo puisque le Festival Do Disturb accueillera une performance du plasticien Claude Cattelain et la jeune chorégraphe Mercedes Dassy. » Propos recueillis par Delphine Baffour Erika Zueneli – Allein ! Carlos Rego retiendra la performance d’Erika Zueneli qui fut programmée au Centre la saison dernière avec son très punk Allein ! Nicole Mossoux, Mauro Paccagnella, Samuel Lefeuvre, Eléonore Valère Lachky, Tânia Carvalho, Joana Gama et Shantala Pèpe seront quant à eux tous réunis pour présenter Saturnalia, une succession de moments inédits et d’extraits de spectacles ayant pour point commun l’énergie, l’effronterie et l’humour. Zoé Mc Pherson, enfin, clôturera les festivités avec String Figures, un étonnant concert performatif inspiré du berceau du chat, un jeu existant dans toutes les cultures du monde qui consiste à créer des figures avec des ficelles. Delphine Baffour Les 4 et 5 avril de 18h à 23h. Texte et mes Fabrice Murgia Le Chagrin des Ogres Le Chagrin des Ogres. Fabrice Murgia recrée avec une distribution de jeunes acteurs Le Chagrin des ogres, œuvre primée et saluée par la critique et le public. Comment enterrons-nous notre enfance ? à partir de faits divers, dont l’histoire de Bastian Bosse, qui à dix-sept ans a tiré sur les élèves de son lycée, ou celle de Natascha Kampush, enlevée et séquestrée dans une cave pendant huit ans, l’auteur et metteur en scène interroge à travers un dispositif saisissant et un prisme poétique la fuite dans un imaginaire formaté par les nouvelles manières de communiquer, et « le désespoir de ceux qui hurlent à l’aide ». Catherine Robert Les 10 et 11 avril 2019 à 20h. Centre Wallonie-Bruxelles, 127-129 rue Saint-Martin, et 46 rue Quincampoix, 75004 Paris. Tél. 01 53 01 96 96. www.cwb.fr focus 9 la terrasse 275 avril 2019



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