La Terrasse n°275 avril 2019
La Terrasse n°275 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : sorcellerie de la danse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 6 la terrasse 275 avril 2019 Crédits photos Lucie Jansch et Richard Haughton - Création graphique L'œil carré - Licence 2-1084689 Photographie  : Olivier Marty - Graphisme  : ip-3 - Maquette  : L'œil carré - Licence 2-1084689 Bells and Spells place Charles Dullin 75018 Paris Il y a une légende à Bornéo qui dit que les orangs-outans savent parler mais qu'ils se taisent pour qu'on ne les fasse pas travailler Avec Jaime Martinez Aurélia Thierrée de Victoria Thierrée Chaplin Théâtre de l’Atelier Direction MARC LESAGE Collectif À partir du 07 MARS 21h. [Dimanche 15h.] L’Avantage du Doute 01 46 06 49 24 theatre-atelier.com Anvers À partir du 19 MARS 19h. [Dimanche 17h.] Entretien/Joël Dragutin Moi, Daniel Blake Nouvelle scène de Cergy/d’après le film de Ken Loach sur un scénario de Paul Laverty/adaptation et mes Joël Dragutin Joël Dragutin adapte sur scène la palme d’or du festival de Cannes 2016. Moi, Daniel Blake, un film de Ken Loach sur la tragique destinée d’un chômeur anglais. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, que raconte Moi, Daniel Blake ? Joël Dragutin  : C’est l’histoire de Daniel Blake, chômeur de 59 ans, ancien menuisier, en incapacité physique de travailler. Une contreexpertise médicale l’exclut du système d’indemnisations et l’oblige à retrouver du travail. Sur son chemin, il va rencontrer Katie, jeune mère isolée de 25 ans. Ils vont s’épauler dans la galère. Critique La double inconstance Théâtre 14/DE Marivaux/MES Philippe Calvario Avec Marivaux, Philippe Calvario, metteur en scène et directeur de la compagnie Saudade, ne badine pas. Preuve en est cette Double inconstance sobrement traitée, comme un conte initiatique dont les ombres sont mises en lumière. La question du désir taraude toujours Philippe Calvario. Renouant avec le répertoire classique après s’être emparé d’écritures contemporaines, le metteur en scène revient à Marivaux qui lui valut l’un de ses plus beaux succès avec Le jeu de l’amour et du hasard. Si on peut prédire à cette Double inconstance une aussi belle carrière, c’est que sa mise en scène repose sur de semblables fondements, dont l’exclusion de tous marivaudages et l’accentuation sensible du mirage théâtral. Le propos de l’auteur est rendu à sa puissance dramatique instruite par un questionnement métaphysique ainsi ressaisi par le metteur en scène  : « ne désirons-nous que ce que l’on ne peut posséder ? Et ce désir-là peut-il devenir amour ? ». Induite par ces paradoxes se met en place la série de stratagèmes de destruction annoncés par Flaminia, que Philippe Calvario voit, non sans raison, comme une préfiguration de la sulfureuse Madame de Merteuil des Liaisons dangereuses. Ainsi, Marivaux fait dès le commencement dire à son héroïne  : « Ne songeons qu’à détruire l’amour de Sylvia pour Arlequin ». D’équivoques délices L’intrigue, qui voit se défaire en trois actes le pacte d’amour des deux jeunes amants pris dans les filets de la manipulatrice à laquelle l’imposture profitera, in fine, au premier chef, est resserrée par le metteur en scène sur une seule journée. Poussant la contrainte dans un respect des règles de l’art qui tire, sans la Sophie Tellier (Flaminia) et Guillaume Sentou (Arlequin). forcer, la comédie vers la tragédie, Philippe Calvario donne à l’action une unité qui lui permet de se développer sans temps mort dans un unique décor idyllique dont l’esthétique ressort d’un pastoralisme stylisé. On voit comment la mise en scène de cette « délicieuse comédie », en sauvegardant les apparences, touche au vif la cruauté mâtinée de poésie du propos, cultive l’ambiguïté portée à son paroxysme par un dénouement que l’on ne saurait simplement qualifier d’heureux. Sophie Tellier (Flaminia), sur les épaules de laquelle repose essentiellement l’équivoque de la pièce, est absolument parfaite dans le rôle difficile qui est le sien et auquel elle parvient à nous attacher. Alexiane Torres (Lisette) fait merveille en coquette archétypique. Luc- Emmanuel Betton (Le Prince), dont on aura aussi un aperçu des talents de haute-contre, Maud Forget (Sylvia), Guillaume Sentou (Arlequin), Philippe Calvario – en alternance avec Roger Contebardo (Trivelin) –, incarnent avec inspiration les rôles qui leur sont confiés en permettant d’en entendre toutes les violences subies ou infligées et les subtilités psychologiques. Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Théâtre 14, 20 av. Marc-Sangnier, 75014 Paris. Du mardi 5 mars au samedi 20 avril 2019. Les mardis, vendredis et samedis à 20h30, les mercredis et jeudis à 19h, les samedis à 16h. Durée  : 1h45. Tél. 01 45 45 49 77. Vous en parlez comme d’une « tragédie universelle contemporaine » ? J. D.  : Si le film de Ken Loach ancre cette histoire dans un système précis, celui de l’Angleterre d’aujourd’hui, ce film raconte aussi comment le système néo-libéral à l’œuvre dans beaucoup de pays a déclaré la guerre aux pauvres et aux chômeurs. Avec les moyens du théâtre, une histoire dans un cadre précis prend facilement une dimension universelle. Ici, le fatum n’est pas porté par les dieux, mais par le système économique et social actuel. Comment avez-vous adapté le film ? J. D.  : à part quelques ajustements, j’ai gardé le scénario d’origine écrit par Paul Laverty. Mais sur scène, nous ne cherchons pas le réel ciné- Pascal Victor
Elisabeth Carecchio D. R. Joël Dragutin. « Ici, le fatum n’est pas porté par les dieux, mais par le système économique et social actuel. » matographique. Le plateau sera quasi nu, avec peu d’accessoires, et simplement quelques photos et effets de sonorisation. Ce sont surtout les corps, les voix, les mots qui porteront Critique La Trilogie de la vengeance Théâtre de l’Odéon/texte et mes Simon Stone Avec un concept aussi ludique que brillant et des acteurs époustouflants, Simon Stone tient le spectateur en haleine dans son nouveau spectacle résolument féministe. Au début on est un peu surpris. Lorsqu’on franchit les portes des Ateliers Berthier, un ouvreur nous remet un autocollant portant la lettre A, B ouC. On comprend alors que le public est partagé en trois groupes, chaque groupe ayant accès à une salle différente et étant appelé à en changer après chacun des deux entractes. Trois décors – une chambre d’hôtel, un restaurant, un bureau –, trois chapitres d’une même histoire sur plusieurs décennies. Tel est le concept imaginé par le metteur en scène Simon Stone. Un concept ludique et passionnant qui, selon la lettre attribuée, fait suivre la trame narrative de Trilogie de la vengeance dans un ordre différent. Nourri par trois auteurs élisabéthains (Shakespeare, Ford et Middleton) et par Lope de la Vega, le texte de Simon Stone s’en éloigne tant du point de vue de l’histoire (la vengeance de femmes contre un homme qui n’a cessé de les violenter) que de la langue, à dessein assez banale. Les grands auteurs et leurs mythes sont pour l’artiste une source d’inspiration et lui permettent de s’interroger de façon critique sur la domination masculine et la discrimination exercée sur les femmes – un tropisme dans son travail, déjà à l’œuvre dans Médée, Ibsen Huis et Trois sœurs. Modernité narrative et vitalité Ce faisant, il compose une langue de plateau, écrite ad hoc pour un casting spécifique. Dès lors, ceux qui lui reprochent la platitude ou la pauvreté de ses dialogues passent à côté du travail de Simon Stone. Ce qui est en jeu ici n’est pas la poétique de la langue mais la modernité éric Caravaca, Pauline Lorillard. narrative, faite de rythme, de pulsations, de tensions, de paroles qui se coupent et s’entrechoquent, qui bégayent parfois, avec la même imperfection que dans la vie. De ce point de vue, la pièce est une réussite. Tenu en haleine comme devant les meilleures séries contemporaines, le spectateur assiste peu à peu à un puzzle qui se reconstitue sous ses yeux. Loin de se limiter à une brillante mécanique mentale, ce jeu de construction se révèle un outil au service d’une dramaturgie éminemment théâtrale et bourrée de vitalité, d’autant qu’elle est servie par une troupe de comédiens tous époustouflants (Valeria Bruni Tedeschi, éric Caravaca, Servane Ducorps, Adèle Exarchopoulos, Eye Haïdara, Pauline Lorillard, Nathalie Richard, Alison Valence), qui changent de personnages, d’époques et de salle pendant 2 h 45. Si le tour de force accuse parfois des limites (« l’acte » du bureau est celui où l’on sent le plus les contraintes liées à la scénographie), qu’importe ! À voir les nombreux spectateurs dont beaucoup de jeunes qui à chaque entracte commentent la pièce et se posent une foule de questions, on se dit que Simon Stone réussit à concilier exigence et accessibilité dans un geste théâtral profondément dynamique. Isabelle Stibbe Théâtre de l’Odéon-Ateliers Berthier, 1 rue André-Suarès, 75017 Paris. Du vendredi 8 mars au dimanche 21 avril 2019. Du mardi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h. Tél. 01 44 85 40 40. Durée  : 3h45 avec 2 entractes. cette histoire. Avec deux acteurs pour les rôles principaux, et cinq autres pour se partager une trentaine de rôles. En cette période, évoquer la relégation d’une partie de la société fait-elle écho aux gilets jaunes ? J. D.  : Les gilets jaunes sont surtout des travailleurs pauvres. Ici il s’agit de l’histoire d’un chômeur. En décembre, plusieurs commentateurs, à propos d’une mesure du gouvernement sur le contrôle des chômeurs, ont estimé que Macron s’inspirait de Ken Loach. On est en pleine actualité, celle d’un monde du tout économique, d’obsession de la rentabilité, où les inégalités sont devenues insupportables. Mais aussi, avec Ken Loach, dans la peinture d’une classe sociale prolétaire où circule une grande solidarité. Propos recueillis par éric Demey Nouvelle scène nationale de Cergy, Théâtre des arts, place des Arts, 95000 Cergy. Du 11 au 19 avril à 20h30, le 14 à 16h, le 18 à 19h30, matinées supplémentaires les 16 et 19 à 14h30. Tél. 01 34 20 14 14. 2018/2019 Cannes Trente-neuf/Quatre-vingt-dix ÉCRIT ET MIS EN SCÈNE PAR ETIENNE GAUDILLÈRE COMPAGNIE Y CRÉATION les 14 et 15 mai 2019 Production déléguée  : Théâtre Molière-Sète, scène nationale - archipel de Thau Retracer l’histoire politique d’une institution aux multiples facettes, voilà le pari fou de ce jeune metteur en scène. 22 au 24 mai 2019 → La Comédie de Saint-Etienne, Centre dramatique national 28 mai 2019 → Théâtre du Vellein - CAPI - Villefontaine 2 et 3 octobre 2019 → Théâtre de Villefranche 15 octobre 2019 → La Mouche, Saint-Genis-Laval 8 au 16 janvier 2020 → Théâtre 71, Scène nationale de Malakoff 18 et 19 janvier 2020 → Théâtre Firmin Gémier-La Piscine, Châtenay-Malabry 21 février 2020 → Maison des Arts du Léman, Thonon-Evian 7 mars 2020 → Théâtre Croisette, Cannes théâtre 7 la terrasse 275 avril 2019



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