La Terrasse n°275 avril 2019
La Terrasse n°275 avril 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de avril 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : sorcellerie de la danse.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 10 la terrasse 275 avril 2019 2 – 28 AVRIL, 20H30 PLUS GRAND QUE MOI SOLO ANATOMIQUE RÉSERVATIONS 01 44 95 98 21 – THEATREDURONDPOINT.FR FLY THEATRE (Katerina Damvoglou Robin Beer) DU 9 AU 28 AVRIL 2019 RÉSERVATIONS THEATREMARIGNY.FR 01 76 49 47 12 FNAC.COM RÉSEAUX ET AGENCES HABITUELS TEXTE ET MISE EN SCÈNE NATHALIE FILLION AVEC MANON KNEUSÉ ET LA VOIX DE SYLVAIN CREUZEVAULT Théâtre Marigny  : Le plus beau, Théâtre du Monde, sur la plus belle avenue du monde La Terrasse Frida 121*187.indd 1 20/03/2019 09:59 Critique Chanson douce Studio Théâtre de La Comédie Française/DE Leïla Slimani/MES Pauline Bayle En adaptant ce conte moderne (prix Goncourt 2016), la metteuse en scène Pauline Bayle, révélation théâtrale en 2018 pour son Iliade et son Odyssée d’après Homère, poursuit sa route. De l’épique à l’intime, de l’héroïque au domestique, ce sont les ressorts du tragique qui l’intéressent. Pour notre grand bonheur. La force dramatique du roman de Leïla Slimani n’a pas échappé à Pauline Bayle qui, sous « le choc » de la lecture, déclare avoir été portée par « un désir immédiat d’adaptation au théâtre ». La tragédie de l’intime exposée par Chanson douce fait aussi directement écho à l’actuelle ambition de la metteuse en scène  : « Passer d’un contexte extraordinaire, homérique, à un cadre ordinaire, celui de l’intime et du quotidien, creuset de tragédies toutes aussi grandes, donner à voir les monstres secrets qui nous habitent individuellement et collectivement ». Peut-on dès lors rêver mieux que ce texte écrit dans une langue incisive, aux personnages complexes, appuyé sur un fait divers révélateur de rapports de forces tragiques – un infanticide ? Il revient à Pauline Bayle d’avoir su, concrètement, sur le plateau, faire Critique Les Chaises Théâtre de l’Aquarium/d’Eugène Ionesco/MES Bernard Levy exister ce qui, dans l’œuvre, tient en haleine avec une acuité sans merci  : les mécanismes implacables de la fabrication du monstrueux, par-delà tout manichéisme. On connaît l’aptitude de la metteuse en scène à resserrer drastiquement le nombre de protagonistes pour gagner en intensité et densité de jeu. Dans cette Chanson douce, ils sont trois pour jouer huit personnages en bousculant les codes de genre et d’âge. Et les effets attendus sont au rendez-vous. De superbes incarnations Il y a là une manière de sublimer les contraintes qui ne peut être relevée que par la grâce d’acteurs qui ne craignent pas une exposition maximale, et mieux, qui en raffolent. La proximité leur plaît et leur sied. Ils en jouent et inves- En montant le texte de Ionesco au pied de la lettre, Bernard Levy signe une mise en scène bouleversante de poésie et d’humanité avec deux comédiens lumineux  : Thierry Bosc et Emmanuelle Grangé. Il ne faut pas toujours écouter les auteurs. En écrivant Les Chaises, cette histoire d’un vieux recevant avec sa femme des invités imaginaires pour leur adresser son ultime message, Ionesco souhaitait que sa pièce soit jouée par des acteurs jeunes. Ce n’est pas l’option retenue par Bernard Levy qui a fait appel à son acteur fétiche, Thierry Bosc, et à Emmanuelle Grangé. Un choix qui se révèle judicieux et participe de la volonté du metteur en scène de monter le texte en le prenant au pied de la lettre. Le cadre dans lequel il plante son décor est réaliste. Réaliste le lampadaire suranné, réalistes les chaises dépareillées, réaliste le buffet vieillot. Est-on dans une maison de retraite, dans l’intimité d’un HLM ou même sur une scène de théâtre ? L’important est ailleurs. Paradoxalement, c’est cette concrétude des choses qui ouvre sur la poésie. En dégageant la scénographie d’une abstraction métaphysique, le spectacle donne à voir deux petits vieux bouleversants de tendresse. Ces deux-là s’affublent de surnoms comme « mon chou » ou « ma crotte », radotent parfois, ont des trous de mémoire souvent, se connaissent par cœur, s’aiment certainement, et ont su préserver leurs jardins secrets  : la nostalgie du Vieux pour la Belle ou les désirs fantasmatiques de la Vieille (une des scènes les plus poignantes du spectacle). Thierry Bosc et Emmanuelle Grangé. Certaines scènes mettent K.O. Qu’est-ce que ce message qui doit être livré au monde comme un impératif catégorique ? Qui sont ces invités invisibles ? Qu’est-ce qui ressort de l’imagination, de la folie ou de la maladie d’Alzheimer ? Bernard Levy laisse ces questions ouvertes. En cela il respecte la complexité du texte de Ionesco, et grâce à l’humanité et la tendresse qu’il lui insuffle, il le transcende, lui faisant atteindre une universalité rarement à l’œuvre dans les mises en scène de cet auteur. Si tout le spectacle, servi par deux comédiens magnifiques, frappe par sa justesse et sa fluidité, certaines scènes mettent carrément K.O., surtout quand résonne la musique de Philip Glass. On a l’impression d’être devant la vie qui passe, de percer, l’espace d’un bref instant, le mystère de la condition humaine et de la vieillesse. Une vision fine, intelligente et sensible d’un metteur en scène trop peu reconnu malgré la qualité constante de son travail, que ce soit au théâtre (ses Beckett à l’Athénée) ou à l’opéra. Si de certains artistes, on dit qu’ils sont à suivre, de celui-là on a envie d’ajouter qu’il est à soutenir. Avis aux programmateurs. Isabelle Stibbe Théâtre de l’Aquarium, La Cartoucherie, 2 route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 19 mars au 14 avril 2019. Du mardi au samedi à 20h. Le dimanche à 16h. Tél. 01 43 74 99 61. Durée  : 1h15. Régis Durand De Girard
Brigitte Enguérand Jean-Louis Fernandez Avec les acteurs de la troupe de la Comédie-Française  : Florence Viala (Louise), Anna Cervinka (Myriam), Sébastien Pouderoux (Paul). tissent le devant de scène. Un procédé connu de rapprochement avec le public pour réveiller l’acteur en tout spectateur et une astuce comme réinventée par la qualité de leur interprétation. Ils sont si « naturels ». Sans doute estce ce qui leur a été avant tout demandé dans cette tragédie de la quotidienneté, et ils y parviennent au-delà de toute attente. Au premier chef Florence Viala dans le rôle de Louise, la « Nounou », qui parvient à rendre sensible et faire coexister dans l’incarnation de son personnage la dévouée Félicité de la nouvelle de Flaubert Un cœur simple, la fantaisie d’une Mary Poppins et la rage d’une Médée, références assumées par la metteuse en scène. Le cri tripal, sauvage d’Anna Cervinka, (Myriam, la mère) dans le tableau initial dit déjà tout des qualités de la comédienne, qui fait sienne la Critique douleur innommable. Sébastien Pouderoux (Paul, le père) assume le paradoxe d’une présence absente, au carrefour de la conscience de ce qui se joue et de l’ignorance de ce qui se trame. Il faut voir cette Chanson douce. Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Studio Théâtre de la Comédie Française, 99 rue de Rivoli, 75001 Paris. Du jeudi 14 mars au dimanche 28 avril 2019. Les mercredis, jeudis, vendredis, samedis, dimanches à 18h30. Relâches le samedi 20 avril et le dimanche 21 avril. Rencontre avec le public le vendredi 29 mars à l’issue de la représentation. Tél. 01 44 58 15 15 Représentation à l’Espace 1789 (coréalisateur) de Saint-Ouen le 14 mai. Les Sorcières de Salem Théâtre de la Ville - Espace Cardin/d’Arthur Miller/MES Emmanuel Demarcy-Mota Emmanuel Demarcy-Mota réussit une fascinante mise en scène des Sorcières de Salem qui en ménage le suspense avec talent et installe une tension palpable  : une complète réussite ! En 1692, à Salem, en Nouvelle-Angleterre, Elisabeth renvoie sa servante, Abigail, parce qu’elle a séduit son mari, John Proctor. Pour se venger de sa patronne, Abigail organise, au plus profond de la forêt, une bacchanale nocturne. Les jeunes filles sont surprises nues et en transe par le pasteur Parris. Pour échapper aux sanctions et parce que la propre fille du pasteur, qui a participé à l’orgie, est élodie Bouchez et Serge Maggiani dans Les Sorcières de Salem. plongée dans un coma hystérique, elles se prétendent victimes de sorcières servantes du Malin et entraînent la ville dans leur délire. Créée en 1953 à Broadway, la pièce d’Arthur Miller a connu un immense succès tant sur les planches qu’au cinéma. Gageure, donc, que cette reprise, plus de dix lustres après ! Emmanuel Demarcy-Mota réussit ce pari en confiant les personnages de cette tragédie émétique à des comédiens de grand talent, parmi lesquels Grace Seri (Mary Warren) brille particulièrement. Véritable œil du cyclone, elle cristallise toute la tension dramatique de la pièce dans les atermoiements d’un rôle qu’elle interprète à la perfection. La terreur et la pitié Les autres comédiens (élodie Bouchez est une Abigail sensuelle et détestable à souhait ; Serge Maggiani un Proctor au hiératisme intéressant ; Sarah Karbasnikoff une Elisabeth passant habilement d’un puritanisme hautain à une vertu sacrificielle touchante) sont tous très justes et évoluent dans une scénographie extrêmement efficace. Les lumières particulièrement soignées (Christophe Lemaire et Yves Collet) font apparaître et disparaître les éléments du décor et les fantômes qui le peuplent avec une supérieure élégance. La composition de l’espace de jeu (Yves Collet et Emmanuel Demarcy-Mota) est belle et intelligente  : tulles et panneaux mobiles permettent une présentation adroite de la création vidéo économe et suggestive de Mike Guermyet. L’indiscutable réussite de ce spectacle tient autant à la qualité de l’interprétation qu’à la parfaite pertinence technique de son écrin scénographique. La représentation fait naître la terreur et la pitié. Emmanuel Demarcy-Mota interroge avec une finesse éblouissante les affres de la trahison et du mensonge qui flétrissent ceux qui s’y laissent aller, par méchanceté ou par lâcheté, et finissent immanquablement par tuer ou laisser tuer. Le fanatisme irrationnel, surtout quand il contrefait la vertu, a des alliés très sûrs et des collaborateurs zélés parmi les pleutres, les naïfs et les frustrés. Impossible de sortir indemne d’une leçon aussi bien dispensée ! Catherine Robert Théâtre de la Ville - Espace Cardin, 1 av. Gabriel, 75008 Paris. Du 26 mars au 19 avril 2019. Du mardi au samedi à 20h ; le dimanche à 16h. Tél. 01 42 74 22 77. Durée  : 2h. CONCOURS D’ENTRÉE 2019 INSCRIPTION www.academietheatrelimoges.com 1 ER TOUR - ORLÉANS DU 25 AU 28 AVRIL inscription jusqu’au 17 avril - LIMOGES (2 ème SESSION) DU 27 AU 31 MAI inscription jusqu’au 14 mai 2 ÈME TOUR (stage) - LIMOGES DU 1 ER AU 4 JUILLET RENSEIGNEMENTS 05 55 37 93 93 06 45 38 13 48 06 88 17 42 03 adm@academietheatrelimoges.com Le Mazeau - 87480 Saint-Priest-Taurion L’Académie de l’Union est subventionnée par en partenariat avec avec l’aide de 9 › 18 AVRIL THÉÂTRE TOUT PUBLIC MOLIÈRE OMAR PORRAS THEATRE71.COM SCÈNE NATIONALE MALAKOFF M MALAKOFF-PLATEAU DE VANVES 01 55 48 91 00 PÉRIPHÉRIQUE PORTE BRANCION – PARKING INDIGO RUE GABRIEL CRIÉ Thierry Laporte théâtre 11 la terrasse 275 avril 2019



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