La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 8 la terrasse 274 mars 2019 Entretien/Lilo Baur En se couchant, il a raté son lit TGP CDN de Saint-Denis/d’après des textes de Daniil Harms/mes Lilo Baur ET Jean-Yves Ruf Méconnu en France, Daniil Harms (1905-1942), écrivain russe de la première moitié du xx e siècle, a laissé de sa traversée du régime soviétique des écrits drôles et angoissants, que Lilo Baur et Jean-Yves Ruf ont décidé de porter à la scène. Pouvez-vous nous dire en quelques mots qui est Daniil Harms ? Lilo Baur  : J’ai découvert ses textes en Angleterre il y a une vingtaine d’années. C’est un écrivain drôle et grinçant, envoyé en exil par le régime soviétique, mort en 1942 dans un hôpital psychiatrique, qui n’a eu de cesse de dénoncer le système totalitaire soviétique à travers une écriture très musicale, presque mécanique. Critique Vol d’usage À quelle littérature peut-on le rattacher ? L. B.  : C’était un ami du peintre Malevitch et il a été membre de l’Oberiou, mouvement futuriste russe, proche du surréalisme donc. On peut le rapprocher de Beckett pour sa noirceur, de Gogol pour son côté absurde et sa description d’un monde totalitaire angoissant, mais aussi à ce dernier titre de Kafka. André Markowicz, qui a traduit ses textes, estime qu’il ressemble à Feydeau car son écriture est si vive qu’elle ne laisse pas le temps de la réflexion. Quels sont les thèmes récurrents de ses écrits ? L. B.  : On y trouve beaucoup de chutes, de gens qui tombent, et aussi des situations de Espace cirque d’Antony/de et avec Jean Charmillot ET Jérôme Galan En 2016, Jean Charmillot et Jérôme Galan créaient le premier spectacle de leur Cie.Quotidienne, Vol d’usage. Un duo réjouissant, fondé sur la rencontre inattendue entre deux agrès  : les sangles aériennes et le vélo acrobatique. Sous le chapiteau jaune et bleu de leur jeune Cie.Quotidienne, Jean Charmillot et Jérôme Galan accueillent eux-mêmes le public. L’un avec un air sérieux, voire un peu bourru avec sa barbe et ses longs cheveux blonds, l’autre tout sourires, angélique, ils nous mettent en garde. Les longues jambes des premiers rangs doivent se tenir tranquilles, de même les langues des plus petits, disent-ils en substance avant de disparaître. Le temps d’enlever leur t-shirt d’ouvreurs pour apparaître dans leur tenue d’acrobates. D’emblée, le duo d’artistes issus de la 21 e promotion du Centre National des Arts du Cirque place ainsi Vol d’usage entre le spectaculaire et le quotidien. « Pas vraiment pour ouvrir un œil sur l’actualité, mais plutôt pour partager ensemble des instants que tout le monde a pu vivre », expliquent-ils dans leur note d’intention. En l’occurrence, l’expérience de la chute. Réalité familière à tout artiste de la piste et au centre de nombreux spectacles de nouveau cirque, où la performance est sans cesse questionnée. Où le risque est tout autant pensé que vécu, recherché. Fruit de six ans de recherche, Vol d’usage aborde le sujet d’une manière originale. Non pas à partir de la crainte, ni de la douleur, mais du souvenir. De la façon dont la mémoire reconstitue « une belle gamelle ». En particulier la phase qui précède l’écrasement  : celle de l’envol. Vol d’usage. Des sangles dans les roues Le début du spectacle fait penser à Dad is dead d’Arnaud Saury et Mathieu Despoisse, excellent duo de vélo acrobatique créé à peu de choses près à la même période. Tandis que Jean Charmillot fait des tours de piste sur un cycle tombé quelques instants plus tôt au milieu du chapiteau, Jérôme Galan tente des perturbations. Tant bien que mal, il s’accroche à la bécane. Il se fait éjecter par son camarade et recommence, jusqu’à ce que ce que des sangles venues du ciel lui permettent de lutter seul contre la gravité. C’est là que Vol d’usage prend un tournant vraiment singulier, car les deux complices de la Cie.Quotidienne déploie un vocabulaire mi-horizontal mi-vertical qui n’appartient qu’à eux. Un dialogue qui leur permet d’élargir les possibles de leurs deux disciplines. De les interroger mine de rien, en racontant par bribes un accident de vélo. En en reconstituant les étapes, les sensations. Celle d’une liberté notamment, « dont on se demande si un jour dans notre vie, elle sera aussi forte que lorsque, planant au-dessus d’une voiture, on aperçoit le regard étonné et inquiet du chauffeur distrait, nous regardant, abasourdi, passer au-dessus de son toit ouvrant ». Liberté paradoxale, donc, traitée par Jean Charmillot et Jérôme Galan avec un délicat mélange de joie et de gravité. Anaïs Heluin Théâtre Firmin-Gémier/La Piscine – Espace cirque d’Antony, rue Georges-Suant, 92160 Antony. Du 15 mars au 7 avril 2019. Les 15 et 29 mars à 20h30, les 16,23, 30, 31 mars et 6 avril à 18h, les 17, 24 mars et 7 avril à 16h, les 22 mars et 5 avril à 14h30. Tél. 01 41 87 20 84. www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr Spectacle vu le 6 février au Moulin du Roc (Niort). Vasil Tasevski
Agnès Mellon D. R. Lilo Baur. « Nous cherchons à construire un enchaînement qui développe une véritable chorégraphie poétique. » slapsticks, des scènes comiques qui engagent une certaine violence physique, comme chez Laurel et Hardy. Avec l’omniprésence d’un œil extérieur, qui vous surveille. De manière générale, ses personnages s’habituent à la cruauté, Critique Still in Paradise ne réagissent même plus à l’anormalité de ce qui se passe. Quels textes avez-vous choisi de porter à la scène ? L. B.  : Nous avons tout lu de lui, tout ce qui existe en français ou en anglais. Le texte agrège de courtes histoires, des poèmes, des blagues, des fragments, de brefs dialogues... Nous cherchons à construire un enchaînement qui ne constitue pas une simple suite de scènes, mais qui développe une véritable chorégraphie poétique. Il se crée une alternance de situations théâtrales et d’autres plus narratives. Nous avons choisi sept comédiens et comédiennes pour leur capacité à porter cette poésie de Harms mais aussi pour leur niveau physique. Nous avons beaucoup travaillé à partir d’improvisations, vers une sorte de biomécanique à la Meyerhold. C’est Jean Bellorini qui a créé les lumières et Xavier Jacquot la composition sonore. Le but est de retrouver les mouvements, la musicalité si particulière de cette écriture. Propos recueillis par éric Demey Théâtre Gérard Philipe, 59 bd Jules-Guesde, 93200 Saint-Denis. Du 11 au 31 mars, du lundi au samedi à 20h, le dimanche à 15h30, relâche le mardi. Tél. 01 48 13 70 00. Nouveau Théâtre de Montreuil/Yan Duyvendak ET Omar Ghayatt Performance participative sur les rapports entre Orient et Occident, Still in paradise joue avec les représentations et préjugés qui façonnent nos opinions. Il y a maintenant 18 ans, le 11 septembre 2001, le monde basculait dans une nouvelle ère consécutive aux attentats du World Trade Center. Un événement duquel certains envisagèrent que surgirait une nouvelle guerre des civilisations. L’idée n’est pas morte, elle se décline aujourd’hui sous d’autres formes, par exemple celle d’un racisme plus ou moins conceptualisé chez nous en supposée inadéquation de l’Islam et de la République. En 2008, Still in paradise. Yan Duyvendak, artiste néerlandais habitant en Suisse, était invité au Caire pour une résidence. Il y rencontrait un alter ego, artiste égyptien, Omar Ghayatt, musulman hétérosexuel, quand Yan est athée homo. Pour faire vite. Ensemble ils créèrent un Made in Paradise, aujourd’hui prolongé en Still in Paradise. L’idée  : travailler sur leur altérité. Questionner ces fractures censées séparer le monde en deux et supposées les opposer. Depuis 2008, les deux versions successives du spectacle ont voyagé dans plus de 70 lieux. Deux versions qui cherchent bien sûr à dépasser nos préjugés, dans une intention un peu « feel good » comme dit Yan, mais dont l’intérêt est certainement moins de nous conforter dans nos bons sentiments que de nous rappeler combien nos opinions, de quelque bord qu’elles soient, se construisent sur du sable. L’expérience de la disparition sous une burqa Ce spectacle est une performance, tout s’y élabore en direct sans le filtre de la représentation. Les spectateurs se déchaussent en entrant, interagissent avec les artistes, notamment pour choisir les fragments qui vont leur être présentés. Chaque occurrence diffère donc de la précédente. Quelques passages obligés cependant, dont ce récit des attentats de 2001 vus du Caire, y reviennent à chaque fois. Juste pour ce fragment-là, le spectacle vaudrait le détour. Je n’en dis pas plus. Les autres fragments sont plus ou moins anciens. Entre la représentation des Arabes dans le cinéma hollywoodien, l’expérience de la disparition sous une burqa, un débat participatif sur l’islam ou la représentation miniaturisée du véritable trajet d’un réfugié, tout y est puissamment polémique mais traité avec une certaine distance. Déstabilisante pour certains. Ici il n’y a ni bien, ni mal. Un monde mouvant et incertain, d’avant la Chute. Nous sommes toujours au Paradis. éric Demey Nouveau Théâtre de Montreuil, 10 place Jean- Jaurès, 93100 Montreuil. Du 26 mars au 11 avril, du lundi au vendredi à 20h, le samedi à 18h, relâche le dimanche. Tél. 01 48 70 48 90. Également du 12 au 15 mars à la Nouvelle Scène Nationale de Cergy. Durée  : 2h. Spectacle vu à la Manufacture à Avignon. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr Place des Héros De Thomas Bernhard Mise en scène Krystian Lupa Reprise exceptionnelle/Festival d’Avignon 2016 Du vendredi 22 au dimanche 31 mars Spectacle en lituanien surtitré Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie D. Matvejevas théâtre 9 la terrasse 274 mars 2019



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