La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 36 la terrasse 274 mars 2019 19 e FESTIVAL MARIONNETTES & OBJETS FESTIVALMARTO.COM 15 › 31 MARS 2019 DIRECTION  : OMAR PORRAS CHEMIN DE L’USINE À GAZ 9 1020 RENENS-MALLEY BILLETTERIE  : +41 (0)21625 84 29 05–17.03.19 TEXTE FABRICE MEL UIOT MISE EN SCÈNE OMAR PORRAS ET INTERPRÉTATION MA–SA  : 19H/VE  : 20H/DI  : 17H30 8 théâtres et acteurs culturels des Hauts-de-Seine Antony Bagneux Châtenay-Malabry Châtillon Clamart Fontenay-aux-Roses Issy-les-Moulineaux Malakoff Nanterre Rencontres InCité #3 Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines/art, science et société se rencontrent Du 16 au 23 mars, la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines réunit des artistes, des scientifiques et des citoyens pour ses troisièmes Rencontres InCité. Une semaine de bouillonnement et de réflexion autour de la question de l’alimentation. Les Rencontres InCité faisaient partie des propositions phares du projet artistique qui a porté, en 2015, Lionel Massétat à la direction de la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines. Sur le point de célébrer leur troisième édition, ces journées qui font se rejoindre et dialoguer des acteurs des arts, des sciences et de la société partent d’une idée simple  : un théâtre doit être un lieu de circulation de la parole. Un lieu offrant la possibilité de sortir des diktats utilitaristes du quotidien pour prendre le temps du débat, du questionnement, de l’être ensemble, du plaisir de la confrontation et de l’échange. « On choisit toujours des thématiques intimement liées à nos modes de vie, fait observer Lionel Massétat, des thématiques qui interrogent la façon dont nos existences peuvent influer sur le monde qui nous entoure ». En 2017, la première édition de ces Rencontres explorait notre rapport au temps. L’année suivante, la question posée était celle de l’impact que les nouvelles technologies peuvent avoir sur nos vies, sur l’avenir même de notre humanité. Quant à cette troisième édition, elle se propose de mettre en perspective le sujet de l’alimentation. Théâtre de l’Odéon – Ateliers Berthier/d’après John Ford, Thomas Middleton, William Shakespeare, Lope de Vega/MES Simon Stone La Trilogie de la vengeance Après sa très libre adaptation de Médée d’Euripide, puis ses Trois Sœurs inspirées de Tchekhov, Simon Stone poursuit avec La Trilogie de la vengeance sa quête de grandes figures féminines. Pour Simon Stone, les classiques sont des matériaux à s’approprier. À actualiser. Dans sa version personnelle de Médée, qui l’a fait connaître en France, le personnage éponyme était ainsi une chercheuse en pharmacie à peine sortie Savoir enfin qui nous buvons, programmé à l’occasion des Rencontres InCité #3. À Table ! Comment nos habitudes de mangeurs, mais aussi de citoyens (l’alimentation rejoignant de plus en plus des dimensions éthiques, écologiques, politiques…) influent-elles sur notre environnement, mais aussi sur ce que nous sommes, sur notre santé, notre identité ? « D’une certaine façon, l’avenir du monde peut dépendre de notre façon de manger, déclare le directeur de la Scène nationale de Saint- Quentin-en-Yvelines. Le thème de l’alimentation nous concerne culturellement, socialement. Il implique toutes sortes de sphères de notre quotidien et peut même définir notre vision de la société... » Du 16 au 23 mars, ces questions seront envisagées à travers toutes sortes de prismes  : concert gastronomique, films, ateliers pratiques, expositions, spectacles de théâtre et de danse, tables rondes et conférences… En mettant la subjectivité des artistes en regard avec l’objectivité des scientifiques, les Rencontres InCité se donnent une nouvelle fois pour mission, en 2019, de contribuer « à construire le monde de demain, à ouvrir les esprits et donc nos horizons ». Manuel Piolat Soleymat Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale, place Georges-Pompidou, Montigny-le-Bretonneux, 78054 Saint- Quentin-en-Yvelines. Du 16 au 23 mars 2019. Tél.01 30 96 99 00. www.theatresqy.org La Trilogie de la vengeance. de clinique. Et les héroïnes de ses Trois Sœurs étaient des filles d’aujourd’hui, avec des tristesses et des addictions d’aujourd’hui. Dans La Trilogie de la vengeance, l’auteur et metteur en scène australien poursuit sa réécriture de grands mythes féminins. Il puise cette fois à des sources diverses. À William Shakespeare, Thomas Middleton, John Ford et Lope de Vega, qui ont selon lui inventé « une nouvelle manière de représenter la violence, dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui à la télévision et au cinéma ». Portée par une troupe presque exclusivement féminine, sa nouvelle pièce interroge l’héritage laissé par le drame élisabéthain. Anaïs Heluin Théâtre de l’Odéon – Ateliers Berthier, 1 rue André-Suarès, 75017 Paris. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h. Relâche le 10 mars. Tél. 01 44 85 40 40. Carole Bellaïche Angelique Lyleire
Comédie de Genève  : quand les arts dramatiques et chorégraphiques se réinventent Pour son programme de printemps, la Comédie de Genève met en lumière deux propositions iconoclastes. Une réécriture de Platonov qui plonge la pièce de Tchekhov dans un univers de réminiscences. Une pièce chorégraphique qui fait s’entrecroiser les espaces du réel et du virtuel. Deux façons d’investir les territoires de la scène en faisant un pas de côté. Entretien/Alexandre Doublet Love is river Grande salle/d’après Anton Tchekhov/MES Alexandre Doublet Après une première adaptation de Platonov créée il y a dix ans, le metteur en scène Alexandre Doublet revient à la pièce d’Anton Tchekhov. Une « peinture sonore pour la scène » composée d’une succession de voix, de chants et de réminiscences. Pour quelles raisons avez-vous décidé de vous plonger une nouvelle fois dans Platonov ? Alexandre Doublet  : Il y a des œuvres qui nous accompagnent. Platonov fait partie de celles-ci. Cette première œuvre de Tchekhov, considérée comme inachevée, révèle une multitude de sens et de formes. Depuis l’âge de 23 ans, je malaxe « ce brouillon ». D’abord comme acteur. Puis comme metteur en scène, sous la forme d’une maquette scénique de 20 minutes, qui a ouvert la voie à une saga de trois épisodes (ndlr, spectacle intituléll n’y a que les chansons de variété qui disent la vérité). Et aujourd’hui, je présente Love is river, une création sonore pour la scène. Ce qui est galvanisant dans l’œuvre d’Anton Tchekhov, c’est qu’elle ne nous place devant aucune résolution. Elle déploie une quête permanente de vérité  : une vérité en mouvement, subjective, à travers laquelle les protagonistes philosophent. Pour moi, l’essentiel au théâtre ne se situe pas dans la fable. L’essentiel se niche dans le rapport difficile à l’autre, à l’être humain, notre contemporain, dans la difficulté de dire. Qu’est-ce qui distingue Love is river de votre première adaptation de Platonov,ll n’y a que les chansons de variété qui disent la vérité ? A. D.  : Je ne me pose pas la question en ces termes. Tous mes spectacles sont différents, mais ils sont également tous reliés les uns aux autres. C’est parce que j’ai crééll n’y a que les chansons de variété qui disent la vérité, entre 2009 et 2013, que j’ai eu envie de mettre en scène All Apologies – Hamlet. C’est parce que Les histoires d’A – Andromaque faisaient écho à mon parcours de transfuge de classe que j’ai ressenti la nécessité de créer Dire la vie. Et c’est en réalisant que Dire la vie était avant tout un spectacle que l’on écoute que VR_I Studio Claude Stratz/chor. Gilles Jobin Le chorégraphe Gilles Jobin s’associe à la fondation suisse Artanim pour créer VR_I. Une pièce interactive qui plonge les spectateurs au sein d’une « réalité virtuelle immersive ». Passionné par les nouvelles technologies de l’image, Gilles Jobin fait partie des chorégraphes qui investissent les nouveaux espaces de représentation de la danse. Il a élaboré le duo FORÇA FORCE en 2015, puis le film en 3D WOMB en 2016. L’artiste suisse poursuit ses explorations d’une danse augmentée par les espaces du virtuel avec VR_I, création réalisée en collaboration avec Artanim (fondation qui s’est notamment Gregory Batardon Love is river est devenue une création sonore pour la scène. La relation entrell n’y a que les chansons de variété qui disent la vérité et Love is river est à la fois diluée et totale. Finalement, chacune de mes créations, après s’être déposée, a révélé la suivante… Qu’est-ce qui, profondément, vous relie au théâtre de Tchekhov ? A. D.  : Cette relation est multiple. Je vais ici n’en retenir qu’une seule dimension. À mes yeux, Tchekhov invente une langue d’une puissance rare, à condition de prendre le risque de la respirer. Pour moi, son écriture n’est pas une suite de scènes psychologiques et mélancoliques, mais une sorte d’ordonnance médicale qui pourrait dire ceci  : « Vous avez telle et telle maladies, il n’y a pas de Dieu, c’est donc à vous de décider quoi faire… ». Ce qui revient à vouloir entendre l’être humain dans ce qu’il a de Cie Gilles Jobin VR_I, du chorégraphe Gilles Jobin. D. R. Le metteur en scène et comédien Alexandre Doublet. « La langue doit résonner dans le calme, dans la lucidité et l’imperfection de l’être humain. » Love is river, mis en scène par Alexandre Doublet. plus primitif. Cette parole, pour moi, passe par le souffle. J’aime qu’un interprète s’engage dans une phrase longue afin d’entendre la difficulté de dire. Inversement, j’aime qu’un interprète mobilise tout son corps pour un simple mot. Cette écriture, cette langue demande un engagement pneumatique. Elle ne doit pas être investie de façon affectée ou volontariste. La langue doit résonner dans le calme, dans la lucidité et l’imperfection de l’être humain. Quelle vision de Platonov souhaitez-vous mettre en avant dans Love is river ? donné pour mission de « promouvoir des événements culturels où la capture de mouvement peut être utilisée pour créer de nouveaux modes d’expression et d’interaction »). À la croisée du réel et du virtuel Dans cette pièce d’une durée de 15 minutes (précédées de 10 minutes d’instructions et de préparation), cinq spectateurs A. D.  : Il y a, dans l’être humain, cette part d’ombre qui me fascine. Une part d’ombre qui recèle différents espaces mentaux, sensibles, émotionnels. Dans Platonov, c’est l’attente de l’autre qui me captive. L’autre qui obsède. Au début, tout semble possible et, petit à petit, les rapports avec Platonov se tendent. Rien ne se décide. Rien ne bouge. Or, les autres personnages ne peuvent pas s’engager complètement dans leur vie si Platonov n’agit pas, si d’une certaine façon il ne décide pas pour eux. Alors ils le tuent. Avant même le début du spectacle. Ils le tuent par déception, parce qu’il n’était pas celui qu’ils auraient souhaité qu’il soit. Je trouve cette déception résolument humaine. Elle nous renvoie à nos propres attentes vis-à-vis des autres  : nos amis, notre famille, ceux que nous élisons, ceux que nous quittons et qui nous quittent… Ces autres sont aussi décevants que nous le sommes, puisqu’ils sont humains. Nous sommes d’ailleurs nousmêmes constitués de la déception que nous provoquons dans les yeux des autres. munis d’un casque de réalité virtuelle et d’un ordinateur embarqué évoluent dans un espace de huit mètres par cinq. Ces groupes de spectatrices et spectateurs se succèdent toutes les 25 minutes. Ils sont suivis par un système de capture de mouvement optique qui leur permet de voir leurs avatars répercuter leurs gestes et leurs déplacements au sein de l’environnement virtuel qui s’ouvre à eux. Chaque spectateur est ainsi l’acteur et le protagoniste d’une expérience personnelle qui abolit la frontière le séparant des danseurs (Susana Panadés Díaz, Victoria Chiu, Diya Naidu, Gilles Jobin, Tidiani N’Diaye). À la croisée du réel et du virtuel, VR_I fait surgir des géants qui nous observent comme des rats de laboratoires, ou des êtres lilliputiens qui évoluent à nos pieds... Gilles Jobin interroge notre perception du concret ainsi que notre capacité d’adaptation. Il nous propose « de réinventer notre rapport à la danse, au mouvement, aux autres et à nous-mêmes ». Manuel Piolat Soleymat Du 28 mars au 14 avril 2019. Love is river tente ainsi d’explorer, à travers une suite de résurgences et de voix, les circonstances qui ont abouti à cette mort… A. D.  : Oui, lorsque le spectateur entre dans la salle, il est confronté à un intérieur bourgeois inspiré des indications de Tchekhov (des cadres de famille, des armes à feu, un papier peint fleuri…). La deuxième chose que l’on peut observer provoque un trouble  : au sol, un corps flottant git. S’ouvre alors pour les autres protagonistes, les vivants, une espèce de danse macabre. Des voix se font entendre  : réminiscences d’un passé qui s’oubliera, variations de paroles adressées à celui qu’ils ont tué. Le temps se dilate, se suspend comme juste après le choc fatal, irréversible. Durant ces quelques secondes de vie surpuissante, notre propre souffle nous surprend. Love is river est une peinture sonore pour la scène. Qu’est-ce qui constitue le cœur de votre univers théâtral ? A. D.  : Je vois des vivants dans des espaces qui ne seront bientôt plus les leurs. Je sens comment le vide les entoure, si simple, et enlace leurs larmes. J’enregistre des mots et des phrases pour en faire variation, musique, langage, pour que ces mêmes vivants puissent être écoutés. Et si c’était la dernière fois… ? Je me le demande toujours. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Du 19 au 31 mars 2019. Comédie de Genève, 6 bd des Philosophes, 1205 Genève, Suisse. Tél. +41 22 3020 50 01. www.comedie.ch focus 37 la terrasse 274 mars 2019



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