La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 6 la terrasse 274 mars 2019 Regis-Durand-De-Girard LES CHAISES d’Eugène Ionesco, mise en scène Bernard Levy 19 mars > 14 avril 2019 Tél. 01 43 74 99 61 theatredelaquarium.com avec Thierry Bosc, Emmanuelle Grangé, Michel Fouquet LE TEMPS DE L’AMOUR On connaît l’histoire  : un couple âgé a convié le ban et l’arrière-ban pour lui délivrer un ultime message au monde avant de… Mais, pour toute assistance, seules des chaises vides envahissent leur petit appartement... Le merveilleux de la mise en scène de Bernard Levy est de nous faire redécouvrir ce « classique du XX e siècle » comme si c’était la première fois, à mille lieux de tous nos a priori, et par la grâce de ses deux immenses interprètes que sont Emmanuelle Grangé et Thierry Bosc (ce dernier étant aussi, pour la petite et belle histoire, un des fondateurs de l’Aquarium !). Ici, l’écriture de Ionesco (tout sauf « absurde » une fois débarrassée des clichés qui nous encombrent l’œil et l’oreille !) sonne à plein, débordante de poésie, d’humour, de violence, d’érotisme, de tendresse surtout. Car si tout se déglingue autour de ces deux vieux amants, le monde comme leur mémoire, seul semble résister l’immense mystère qu’est l’amour de toute une vie. collaboration artistique Jean-Luc Vincent, scénographie Alain Lagarde, lumière Christian Pinaud, son Xavier Jacquot, costumes Claudia Jenatsch, maquillage/coiffure Agnès Gourin Fayn, construction du décor Atelier MC2  : Grenoble Production déléguée depuis 17/18 MC2  : Grenoble – Scène nationale et Cie Lire aux éclats/Production à la création Sortie Ouest, scène conventionnée pour les écritures contemporaines. Photo et installation PASCAL COLRAT assistante Mélina Faget Critique L’Autre Fille Les Déchargeurs/DE Annie Ernaux/MES Marianne Basler ET Jean-Philippe Puymartin Marianne Basler porte avec une grande justesse le texte d’Annie Ernaux sur sa sœur disparue deux ans avant sa naissance. Il y a quelques années, les éditions Nil lançaient la collection « Les Affranchis » dont le principe est de publier une lettre jamais écrite à une personne chère. C’est dans ce cadre qu’en 2011, Annie Ernaux signait L’Autre Fille, un texte révélant l’histoire de sa sœur Ginette, morte à l’âge de six ans, deux ans avant sa naissance. Une courte existence emportée par la diphtérie qu’Annie Ernaux découvre, enfant, en interceptant une conversation entre une cliente et sa mère  : « Elle était plus gentille que cellelà ». Avec cette phrase, c’est toute l’assurance de l’enfant unique qui fond comme neige au Critique Fanny et Alexandre Comédie-Française/d’après Ingmar Bergman/MES Julie Deliquet Après un beau Vania au Théâtre du Vieux-Colombier, il y a deux saisons, la metteure en scène Julie Deliquet signe l’entrée au répertoire de la Comédie-Française d’Ingmar Bergman avec une adaptation de Fanny et Alexandre. Un spectacle de belle facture, qui néanmoins déçoit… Fanny et Alexandre, à la Comédie-Française. On connaît avant tout le film sorti dans nos salles de cinéma en 1983. Mais Fanny et Alexandre est aussi une série télévisée en quatre épisodes, ainsi qu’un roman publié en Suède en 1979. Pour mettre en scène l’existence des deux enfants qui donnent leurs prénoms à l’histoire imaginée par Ingmar Bergman, Julie Deliquet a écrit une adaptation (en collaboration avec Florence Seyvos et Julie André ; la traduction est de Lucie Albertini et CarlGustaf Bjurström) croisant ces trois versions du destin de la famille Ekdahl. Ce destin nous transporte en Suède, au début du XXe siècle, au sein d’une troupe de théâtre dirigée par Oscar Ekdahl, père de Fanny et d’Alexandre. Les deux jeunes personnages, dans cette proposition scénique, ne sont plus des enfants, mais des adolescents. Tout commence joyeusement par des chansons et des farandoles de Noël. Par des chicanes de couples, des petites affaires de famille, des pensées sur l’existence, sur la perspective de la mort, sur l’art du théâtre... Jusqu’au décès inattendu d’Oscar, en pleines répétitions d’Hamlet, qui clôt la première partie du spectacle et donne lieu à l’un des plus beaux moments de la représentation. Dans cette scène comme en suspension, exempte de toute forme de superflu, Denis Podalydès touche à la pureté et la grandeur de son art. De l’allégresse au drame Les dix-huit interprètes qui arpentent, à ses côtés, le plateau de la Salle Richelieu confèrent réalisme et justesse aux différents tableaux de cette histoire basculant de l’allégresse au drame. Car dans la seconde partie de la représentation, Emilie (Elsa Lepoivre), la veuve d’Oscar, décide d’abandonner le théâtre pour refaire sa vie avec un homme d’église. Fanny (Rebecca Marder) et Alexandre (Jean Chevalier) devront dès lors subir les violences physiques et psychologiques de cet être pervers. Thierry Hancisse confère une dureté impressionnante à ce personnage brutal. S’il est une qualité que l’on ne peut contester au travail de Julie Deliquet, c’est la précision de sa direction d’acteurs. Pour le reste, son adaptation de Fanny et Alexandre passe à côté de ce qui rend cette œuvre si belle, si particulière  : la présence, au centre de cette communauté humaine, d’enfants qui à travers leurs regards nous transmettent une vision à la fois magique et cruelle du monde. Traversant le film d’Ingmar Bergman sans rien transmettre de ces regards, le spectacle de Julie Deliquet manque d’une colonne vertébrale. Les scènes se succèdent, certes agréablement. Mais elles laissent à l’esprit un sentiment global d’inaccompli. Manuel Piolat Soleymat Comédie-Française, salle Richelieu, place Colette, 75001 Paris. Du 9 février au 16 juin 2019. En alternance. Matinées à 14h, soirées à 20h30. Durée de la représentation  : 2h45 avec entracte. Tél. 01 44 58 15 15. www.comedie-francaise.fr soleil. Ainsi, il y en avait une autre, une à qui les mêmes parents, plus jeunes, pas encore marqués par le deuil ni la guerre, avaient transmis de l’amour, acheté un lit en bois de rose, offert un cartable pour l’entrée à l’école primaire, tous objets avec lesquels Annie Ernaux avait toujours vécu sans avoir jamais rien su de leur destination première. Une qui par sa mort a accédé au rang de sainte. Le mystère de la relation sororale Se construire avec ce secret qu’elle n’a jamais cherché à lever pendant qu’il en était encore Brigitte Enguérand, coll. Comédie-Française
D. R. D. R. Marianne Basler. temps, comprendre ce que l’écriture doit à la morte, cette « forme vide impossible à remplir d’écriture », questionner le mystère de cette relation sororale, telle est la matière de ce texte mis en scène par Marianne Basler et Jean-Philippe Puymartin. Ils ont opté pour la Entretien/Anne-Marie Lazarini Les Rivaux Artistic Théâtre/DE Richard Brinsley Sheridan/adaptation Sylviane Bernard-Gresh ET Frédérique Lazarini/MES Anne-Marie Lazarini Inlassable défricheuse de textes, la directrice de l’Artistic Théâtre met en scène une comédie hilarante et brillante du britannique Richard Brinsley Sheridan (1751-1816). Qui est Richard Brinsley Sheridan, auteur méconnu en France ? Anne-Marie Lazarini  : Il est pourtant le plus grand auteur anglais de la deuxième moitié du xviii e siècle. S’il est méconnu, c’est peutêtre en raison de son étonnant parcours. Après avoir écrit une dizaine de pièces – dont en 1777 le chef-d’œuvre exceptionnel L’école de la médisance (The School of Scandal) –, il est entré au Parlement pour devenir un homme politique. Orateur hors pair, il demeura au Parlement plus de trente ans. Il a fini sa vie quasi dans la misère, soutenu cependant par ses amis Lord Byron et Thomas Moore, grâce auxquels il fut enterré dans le dit « Coin des Poètes » à l’abbaye de Westminster. « Au-delà de son humour patent, la pièce défend un désir d’exister et de penser par soi-même. » En quoi Les Rivaux, sa toute première pièce, est-elle liée à sa propre expérience ? A.-M.L.  : C’est une pièce de jeunesse, écrite à l’âge de vingt-quatre ans, qui est inspirée par des aventures rocambolesques qu’il vient luimême de traverser. Car avant de s’unir officiellement à la chanteuse d’opéra Elisabeth Linley, Sheridan l’a d’abord enlevée et s’est battu en duel avec ses rivaux. C’est donc Elisabeth qui est à l’origine du personnage principal de la pièce, Lydia Languish, dont tous les hommes sont épris. Au-delà de cette dimension personnelle, Sheridan était un fou de Shakespeare, et l’influence du théâtre de Shakespeare se reconnaît à plusieurs égards, à travers par exemple La Nuit des Rois pour la fantaisie des personnages et de l’intrigue. Pétrie de malentendus, la pièce est imprégnée d’une dimension romanesque à la fois émouvante et drôle. Quelles sont les spécificités de cette comédie ? A.-M.L.  : Elle déploie cet humour anglais unique, ce wit merveilleux. Avec une galerie de personnages hauts en couleur voire extravagants. La très romanesque Lydia, qui refuse l’idée d’un mariage de convenance avec un homme de sa condition, préférant épousant un homme sans le sou ; le capitaine Absolute, dédié à la conquête du cœur de Lydia ; le père du capitaine, l’irascible Sir Anthony ; la sage Julia ; le fougueux Irlandais Sir Lucius ; l’irrésistible Acres ; les malicieux valets Lucy et Fag ; et last but not least la bien nommée Mrs Malaprop, tante de Lydia, sorte de Bélise qui malmène le langage avec aplomb, personnage mythique très connu outre-manche. Avec cette pièce, l’auteur se moque de la comédie sentimentale pour privilégier une légèreté comique brillante et percutante. Au-delà de son humour patent, la pièce défend un désir d’exister et de penser par soi-même, un désir d’indépendance. Le parcours de Lydia montre qu’elle finit par quitter l’illusion romanesque pour enfin découvrir la réalité. Quels sont les axes directeurs de votre mise en scène ? A.-M.L.  : La pièce semble écrite en un seul élan. Un élan de jeunesse. Pour rendre compte de la vivacité de cette écriture, j’ai beaucoup travaillé sur la fluidité et la rapidité du jeu. Le décor de François Cabanat, fait de légères toiles peintes qu’on ouvre ou déplace, permet de mettre en œuvre un mouvement continu. Une telle comédie s’avère propice à un esprit de troupe. Pour l’interpréter, j’ai fait appel à des comédiens qui ont tous une histoire ancienne ou récente avec le théâtre, et qui se saisissent avec bonheur de cette partition jubilatoire. Agnès Santi Artistic Théâtre, 45 bis rue Richard-Lenoir, 75011 Paris. à partir du 5 mars 2019, mardi 20h ; mercredi, jeudi 19h ; vendredi 20h30 ; samedi 16h30 et 20h30 ; dimanche 16h ; relâche lundi. Tél. 01 43 56 38 32. Durée  : 1h45. sobriété, un choix judicieux face à ce monologue intime. Sur le plateau, une grande porte en fond de scène, un petit bureau à cour, des boules de papier froissé à terre témoignent de l’écriture en train de s’accomplir et de sa difficulté. Parfois, des bribes de cris d’enfants ou une petite note inquiétante égrenée au piano viennent évoquer le fantôme de la sœur disparue. Mais c’est surtout Marianne Basler qui incarne la pensée de l’écrivaine à l’œuvre. Avec sa voix bien posée, perlée parfois de fêlures, avec son jeu d’une grande tenue, net et sans pathos, elle colle au plus près de l’écriture précise et cérébrale d’Annie Ernaux. Elle en est même si convaincante qu’on a l’impression, par moments, de voir l’auteure elle-même avec qui elle partage l’élégance et la blondeur. Isabelle Stibbe Théâtre les Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, 75001 Paris. Du 19 mars au 6 avril à 21h30, sauf dimanche et lundi. Tél. 01 42 36 00 50. MARS — MAI 2019 CRÉATION CRÉATION 20 — 24 MARS MEG STUART BUILT TO LAST 29 MARS — 7 AVR. RODRIGO GARCÍA EVEL KNIEVEL CONTRE MACBETH 29 — 31 MARS LOTTE VAN DEN BERG DYING TOGETHER + CINÉMA IMAGINAIRE 5 — 7 AVR. MARION SIÉFERT PIÈCE D’ACTUALITÉ Nº12  : DU SALE ! 13 — 20 AVR. SOPHIE PEREZ & XAVIER BOUSSIRON GEORGES FEYDEAU PURGE, BABY, PURGE 17 — 20 AVR. PHILIPPE QUESNE LA NUIT DES TAUPES + L’APRÈS-MIDI DES TAUPES 13 — 18 MAI PHIA MÉNARD CONTES IMMORAUX — PARTIE 1  : MAISON MÈRE « POLTERGEIST » PROGRAMMATION ARTS VISUELS CHRISTINE REBET MARIE LOSIER ANNE LE TROTER & CHARLOTTE KHOURI 10 € POUR TOUS AVEC LA CARTE ! nanterre-amandiers.com +33 (0)1 46 14 70 00 CRÉATION théâtre 7 la terrasse 274 mars 2019



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