La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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hors-série danse XVI la terrasse 274 mars 2019 Critique Pasionaria Chaillot – Théâtre national de la Danse/Chor. Marcos Mauro Marcos Morau et La Veronal sont des habitués de Chaillot. Dans cette nouvelle création, la passion souffle le froid et même le glacial. Marcos Mauro, à la tête de La Veronal, revient avec une nouvelle création, Pasionaria. Comme toujours chez le chorégraphe, le titre représente moins un mot ou une idée qu’un faisceau d’images propres à se déployer dans de grandes fresques aux allures cinématographiques. Pasionaria ne déroge pas à la règle et a été choisi pour sa symbolique forte où hommes et gestes, telles des empreintes et des balises sur un chemin faiblement éclairé, sont chargés d’énigmes et de contradictions, dont la réalité est perpétuellement remise en question. Qu’est-ce que la passion ? Une obsession ? Ce qui fait souffrir et nous anime ? Ce qui nous distingue en tant qu’humains ? Voilà un bon point de départ. Mais au lieu de chercher à mettre en gestes l’éventail des désordres de l’âme et du corps, Marcos Mauro a, au contraire, chorégraphié des personnages robotiques, à l’équivoque inquiétante, amenuisant la frontière de l’animé et de l’inanimé. L’enfance dévastée Dans un décor d’une neutralité assommante, canapé beige, murs grèges, et rampe grise, se meuvent les tenants d’une nouvelle humanité, désaffectée mais pas désœuvrée, maniant sans relâche cartons et paquets tels les manutentionnaires acharnés de la vente en ligne, passant l’aspirateur, le tout sans état d’âme et même sans y penser. Sonneries, buzz en tout genre, et téléphone old style rythment cette dystopie, dans laquelle même la musique distille des airs de déjà vu, passant Bach à la moulinette. Ici les gestes se répètent autant que les parcours, sauf accident. Comme souvent chez Marcos Mauro, hyperréalisme et surréalisme se confondent aux confins du bien et du mal. L’enfance joue un rôle central, et raconte un monde dévasté, angoissant à souhait, Portrait Jan Fabre, « chevalier du désespoir et guerrier de la beauté » La Villette/Chor. et mes Jan Fabre Plasticien, scénographe, écrivain, metteur en scène, performer et enfin chorégraphe, la singularité de Jan Fabre tient d’abord à l’éclat de son intelligence acérée. Portrait d’un artiste protéiforme et prométhéen.* C’est du regard aigu formé par le dessin qu’est né son intérêt pour le corps en mouvement. Devenu plasticien, il ne tarde pas à s’incorporer – au sens fort – dans des performances privées où il s’implique totalement. Puis il se tourne vers l’écriture et le théâtre, et devient metteur en scène. Homme de l’excès, sa première pièce mêle dans un genre unique théâtre, danse et opéra et dure sept heures  : C’est du théâtre comme il était à espérer et à prévoir est une sorte de drame de la sensation, une contraction des affects dans une apocalypse joyeuse qui ne craint pas d’offrir l’artiste en tant qu’objet d’art. La tension entre l’uniformisation des corps et la profondeur des individus est un thème récurrent qu’il traite sous les différents angles que lui permet son éclectisme artistique. Le conflit entre sensation intérieure et regard extérieur, la dichotomie du corporel et du spirituel sont traqués sans cesse, dans des œuvres où la vision mystique du corps s’accompagne d’une réflexion sur l’interprétation de chaque objet, de chaque geste, par une sorte d’affinement du regard, de dilatation de la perception. Homme de l’excès Peurs, angoisses, horreurs, ses spectacles, parfois d’une violence rare, sont ceux d’un artiste qui transforme l’espace théâtral en où les bébés naissent sans bras ni jambes, ou, au contraire, un peu trop pourvus de membres. Humains ou robots ? Peut-être les deux. À l’heure du transhumanisme et Pasionaria de La Veronal. du corps augmenté, tout est possible. Seuls la passion, l’amour ou la souffrance pourront faire la différence, si tant est qu’elles puissent encore exister ! Agnès Izrine Chaillot-Théâtre national de la Danse, 1 place du Trocadéro, 75116 Paris. Du 4 au 6 avril. Jeu. 4 et sam.6 à 19h45, ven. 5 à 20h30. Durée 1h00. Tél. 01 53 65 30 00. Spectacle vu le 20 novembre 2017 à l’Espace des Arts de Chalon-sur-Saône dans le cadre du Festival Instances. La Terrasse, premier média arts vivants en France Alex Font
Wonge BergmannAnne Van Aerschot vaste champ sensoriel. Ses corps caparaçonnés et fragiles montrent un être inexorable, un « guerrier de la beauté » défini comme « une figure corporelle qui cherche à défendre notre vulnérabilité contre le politiquement correct », dit celui qui croit que le corps, à la fois coquille et ange, est d’abord une émanation spirituelle. Avec Belgian Rules, Belgium Rules, il s’empare de son pays, ce royaume profondément surréaliste et anticonformiste, pour brosser à coups de bière et de Manneken-Pis, d’œuvres de Brueghel, Rubens ou Félicien Rops, Jérôme Bosch et Hergé, un tableau d’une belgitude ouverte sur le monde, multiculturelle et vivante en diable… Agnès Izrine Les six Concertos brandebourgeois d’Anne Teresa De Keersmaeker. Belgian Rules, Belgium Rules de Jan Fabre. * En septembre dernier, une vingtaine de personnes, très majoritairement des femmes, travaillant ou ayant travaillé au sein de la compagnie Troubleyn de Jan Fabre ont publié une tribune dans laquelle elles accusent Jan Fabre de comportement humiliant, de harcèlement ou chantage sexuel. Une enquête a été diligentée par le ministère flamand de la Culture. (ndlr) La Villette, grande Halle, espace Charlie Parker, 211 av. Jean-Jaurès, 75019 Paris. Du 22 au 24 mars. Ven. 22, sam.23 à 20h, dim.24 à 16h. Durée 3h45. Tél. 01 40 03 75 75. L’Opéra de Paris invite Rosas Palais Garnier/Chor. Anne Teresa De Keersmaeker Rosas, l’excellente compagnie d’Anne Teresa De Keersmaeker, s’installe au Palais Garnier pour y danser Les six Concertos brandebourgeois. Anne Teresa De Keersmaeker est une habituée de l’Opéra de Paris. Ses pièces Rain ou Drumming Live sont au répertoire du Ballet et elle y a mis en scène en 2017 Così fan tutte. C’est aujourd’hui au tour de Rosas, son excellente compagnie, d’investir les lieux avec la dernière création de l’artiste belge, Les six Concertos brandebourgeois. Seize de ses membres, ce qui correspond au plus grand groupe que la chorégraphe ait jamais réuni, et trois générations sont présents sur scène pour cette nouvelle exploration de la musique de Jean-Sébastien Bach. My walking is my dancing Anne Teresa de Keersmaeker entretient un long compagnonnage avec le musicien allemand. Déjà, lorsqu’elle créait Violin Phase en 1980, elle écoutait en boucle les Concertos brandebourgeois. Pourtant, il a fallu attendre 1993 et la création de Toccata pour qu’elle ose enfin se confronter à la richesse et à la complexité de l’écriture de Bach. « Ces dernières années, plus je m’immerge dans cette musique et ses labyrinthes structurels, plus j’en découvre l’absolu génie » dit-elle. Pour s’emparer enfin des fameux Concertos, elle réalise comme toujours une fine analyse de la partition musicale à laquelle elle répond par un contrepoint chorégraphique, et dessine un graphe au sol composé cette fois de cercles, lignes, pentagrammes et spirales. Dans le premier mouvement du premier concerto, tous les danseurs marchent à l’unisson, avant qu’elle n’expose tout le matériel chorégraphique utilisé ensuite. « My walking is my dancing » aime-t-elle à répéter. Delphine Baffour Palais Garnier, place de l’Opéra, 75009 Paris. Les 8, 9, 12, 13, 14 mars à 19h30, le 10 mars à 14h30. Tél. 08 92 89 90 90. Durée  : 1h45. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr TERRASSE 380x121.indd 1 04/02/2019 09:53 hors-série danse XVII la terrasse 274 mars 2019



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