La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 4 la terrasse 274 mars 2019 « une expérience théâtrale passionnante » le monde « AUSSI FOU QU’ENVOUTANT […] ON SORT SONNÉS ET ÉLECTRISÉS » TÉLÉRAMA « un grand spectacle de théâtre, jubilatoire et enthousiasmant » le figaro « ON SORT DE LÀ, ABASOURDIS, LA TÊTE EN FEU, À L’ENVERS » LE CANARD ENCHAÎNÉ « ce spectacle est exceptionnel » médiapart Entretien/Stanislas Nordey Qui a tué mon père/John Théâtre national de la Colline/Qui a tué mon père d’édouard Louis/MES Stanislas Nordey Région/Théâtre national de Strasbourg/John DE Wajdi Mouawad/MES Stanislas Nordey Son actualité est double. Stanislas Nordey crée et interprète Qui a tué mon père*, d’édouard Louis, au Théâtre national de la Colline. Et présente, au Théâtre national de Strasbourg, sa mise en scène de John, une pièce de jeunesse de Wajdi Mouawad qui sera reprise, en avril, au Théâtre des Quartiers d’Ivry. Votre parcours de comédien et de metteur en scène est intimement lié aux écritures vivantes. Comment pourriez-vous éclairer le mouvement qui vous pousse vers les textes contemporains ? Stanislas Nordey  : J’ai toujours été ému, de façon générale, par mes contemporains. C’est vrai pour l’écriture dramatique, mais aussi pour la peinture, pour la musique… Et en ce qui concerne mon parcours d’homme de théâtre, il est vrai que j’ai toujours été ancré à la fois dans la tradition et la modernité. L’essence du théâtre est d’être contemporain, d’éclairer le monde auquel on appartient. La force d’Eschyle ou de Sophocle, par exemple, était avant tout d’écrire pour la société dans laquelle ils vivaient. Je n’ai jamais cru à la nécessité d’entretenir le patrimoine. Je pense qu’il faut toujours être dans le présent. Je peux ainsi être totalement captivé par une forme littéraire ancienne, l’écriture de Racine par exemple, mais celle-ci ne me touche pas à l’endroit où j’ai envie de faire du théâtre, de dialoguer avec les spectateurs. Ce qui explique votre complicité avec des auteurs comme Falk Richter, Pascal Rambert, Wajdi Mouawad… S. N.  : Oui, mais ces complicités n’empêchent pas de travailler à de nouvelles rencontres, comme c’est le cas avec Edouard Louis. Contrairement à ce que pensent certains programmateurs, je ne crois pas du tout que le public aspire majoritairement à voir des pièces de Molière ou de Shakespeare, mais plutôt des écritures en prise avec le présent. C’est précisément ce qui me touche dans Qui a tué mon Critique père et dans John. Quoique très différents, ces textes parlent tous les deux du monde d’aujourd’hui. John a été écrit par Wajdi Mouawad en 1997. Pourquoi vous en emparer aujourd’hui ? S. N.  : Au départ, c’est un projet conçu dans le cadre du programme éducation et proximité qui regroupe le Théâtre national de Strasbourg, le Théâtre national de la Colline et la Comédie de Reims. Ce programme a pour mission d’aller jouer des pièces à l’intérieur des lycées. Il faut donc créer des formes légères – sans décor, sans lumières, avec peu d’acteurs – qui sont susceptibles de servir de base de discussion avec les élèves après la représentation. Cela m’a beaucoup plu de revenir, finalement, à ce qui constitue la quintessence du théâtre  : un art de la mise en scène qui se concentre sur le texte et les comédiens, même si j’ai finalement réalisé un écrin un peu plus élaboré pour présenter ce spectacle non plus dans des lycées, mais dans des théâtres. J’ai été également très content de retrouver l’écriture de Wajdi Mouawad, que j’aime beaucoup. John est une pièce de jeunesse, dans laquelle on peut retrouver toute la sève de son théâtre. Le personnage de John (ndlr, un adolescent solitaire sur le point de mettre fin à ses jours) est en quelque sorte la matrice de tous les jeunes hommes et de toutes les jeunes femmes en colère que l’on retrouve dans les pièces qu’il a écrites par la suite. Mais cette matrice est d’une noirceur extrême. Il n’y a pas beaucoup de consolation dans John. C’est une pièce totalement désespérée, que j’ai voulu mettre en scène comme un diamant brut. J’ai pris mon père sur mes épaules Théâtre du Rond-Point/DE Fabrice Melquiot/MES Arnaud Meunier Fruit d’une commande de la Comédie de Saint-étienne (où la pièce a été créée le 29 janvier dernier), J’ai pris mon père sur mes épaules donne la parole à des « laissés-pour-compte » de notre société. Une épopée contemporaine de Fabrice Melquiot, que le metteur en scène Arnaud Meunier porte haut. « La vie m’a peu donné. Je perds pas grandchose. » Ces mots, Roch les prononce posément. À l’instar des autres personnages de J’ai pris mon père sur mes épaules, cet homme condamné par une maladie incurable n’est habité d’aucune colère. Il vit les mois qu’il lui reste à vivre dans une cité de la banlieue de Saint-étienne, sans fuir l’âpreté du quotidien, mais sans esprit de ressentiment. De plainpied avec les difficultés et les réconforts d’une existence qui n’a jamais rien eu de doré. À ses côtés, son fils Enée, qui a organisé pour lui un dernier voyage vers l’inconnu d’un Far-West fantasmatique. également Anissa, Grinch, Bakou, Céleste, Mourad, voisines et voisins de différentes générations qui partagent son destin d’écrasé, d’oublié de notre modernité. On est en 2015. La réalité des attentats du 13 novembre va venir transpercer la fiction de ce mélodrame épique interprété par Rachida Brakni, Riad Gahmi, Vincent Garanger, Nathalie Matter, Bénédicte Mbemba, Maurin Ollès, Frederico Semedo et Philippe Torreton. Lyrisme poétique et âpreté du quotidien Au sein d’une mise en scène instaurant un très bel équilibre entre netteté réaliste et sensibilité de l’imaginaire, ces huit comédiennes et comédiens (Philippe Torreton joue le rôle de Roch, Maurin Ollès celui d’énée) font preuve d’une grande puissance d’incarnation. Juste, profonde, d’une habileté sans La Terrasse, premier média arts vivants en France
Sonia Barcet J.-L. Fernandez Le comédien et metteur en scène Stanislas Nordey « Contrairement à John, qui est un texte de colère, Qui a tué mon Père est un texte de combat. » Qui a tué mon père est également un texte grave… S. N.  : Oui, ce texte comporte beaucoup de violence, mais je trouve qu’il est aussi traversé par une grande lumière. C’est d’ailleurs l’une des choses qui me plaît beaucoup. Les deux premiers textes d’édouard Louis (ndlr, Pour en finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violence, publiés aux éditions du Seuil) étaient, eux, vraiment très noirs. Alors que Qui a tué mon père est pour moi avant tout, pour reprendre le titre du film de Jean Genet, un « chant d’amour » au père. Bien sûr, il y a le constat de tout ce qui n’a pas pu avoir lieu entre eux deux, de tout ce qui n’a pas pu être dit, mais cette lettre du fils à son père finit par être écrite. Il y a donc une forme de résolution, quelque chose qui s’ouvre. Il s’agit également d’un texte politique, qui fait le constat des conséquences concrètes, sur le corps d’un homme, des décisions prises par nos dirigeants politiques… S. N.  : Absolument. C’est aussi ce que j’aime chez édouard Louis. Comme il le dit lui-même, ce qu’il écrit « ne répond pas aux exigences esbroufe, l’épopée contemporaine qu’ils composent nous parle d’une France habituellement reléguée à l’ombre et au silence. Cette France que l’on dit d’en bas, peuplée de citoyens de seconde zone, apparaît ici en pleine lumière. S’inspirant très librement de l’énéide de Virgile, Fabrice Melquiot a conçu un texte (publié chez L’Arche éditeur) qui ne se laisse jamais aller au pathos. Un texte dont l’une des caractéristiques est même de faire la part belle à l’humour. « Ce que j’aime regarder, c’est la faiblesse qui se fait force, c’est le détail qui brûle au long cours », déclare l’auteur. Ce regard alliant lyrisme poétique et finesse politique est précieux. Il fait du bien à notre époque. Manuel Piolat Soleymat de la littérature, mais à celles de la nécessité et de l’urgence, à celles du feu ». Il finit Qui a tué mon père en disant que ce qu’il nous faudrait, en fait, c’est une bonne révolution… Contrairement à John, qui est un texte de colère, Qui a tué mon Père est un texte de combat. édouard Louis fait apparaître l’invisible, son père faisant partie des invisibles de notre société. C’est aussi l’une des raisons qui fait que je trouve ce texte lumineux. Qui a tué mon père est le fruit d’une invitation, que vous avez lancée à édouard Louis, à écrire une œuvre dramatique pour le Théâtre national de Strasbourg. Quelle a été votre première réaction en découvrant ce texte ? S. N.  : Déjà, ce qui est bon signe, j’ai eu envie de le dire. J’ai aimé ces mots destinés à la scène. C’est la première fois qu’édouard Louis écrit pour le théâtre. Je connais bien son écriture. J’ai tout de suite vu ce qu’il avait changé du point de vue de l’oralité par rapport à ses deux premiers textes. C’est donc la langue qui m’a tout de suite séduit. Je procède toujours de la sorte. Je ne choisis jamais de mettre en scène des sujets, mais des langues qui me saisissent, qui me touchent. Et puis, souvent, les textes que j’aime sont à la frontière de l’intime et du politique. C’est ce que j’ai envie de faire entendre sur un plateau de théâtre. Qui a tué mon père se situe vraiment au cœur de cette frontière-là. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat La Colline – Théâtre national, 15 rue Malte- Brun, 75020 Paris (Qui a tué mon père). Du 12 mars au 3 avril 2019. Du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30, le dimanche à 15h30. Durée de la représentation  : 1h40. Tél. 01 44 62 52 52. www.colline.fr également du 2 au 15 mai 2019 au Théâtre national de Strasbourg, du 9 au 11 octobre 2019 à la Comédie de Béthune, du 25 au 28 février 2020 au Théâtre Vidy – Lausanne, le 13 mai 2020 au Théâtre de Villefranche.Théâtre national de Strasbourg, 1 av. de la Marseillaise, 67000 Strasbourg (John). Les 18 au 29 mars 2019. Du lundi au samedi à 20h. Durée de la représentation  : 1h. Tél. 03 88 24 88 24. www.tns.fr. également du 8 au 19 avril 2019 au Théâtre des Quartiers d’Ivry, du 4 au 8 février 2020 à la Scène Nationale de Vandœuvre-lès-Nancy. J’ai pris mon père sur mes épaules, mis en scène par Arnaud Meunier. Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- Delano-Roosevelt, 75008 Paris. Salle Renaud- Barrault. Du 13 février au 10 mars 2019 à 20h30. Relâche les lundis et le 17 février. Les dimanches à 15h. Durée de la représentation  : 2h55. Spectacle vu le 31 janvier 2019 à la Comédie de Saint-étienne. Tél. 01 44 95 98 21. www.theatredurondpoint.fr également du 6 au 8 février 2019 au Théâtre de Nîmes ; du 13 au 23 mars aux Célestins - Théâtre de Lyon ; les 27 et 28 mars à la Scène nationale d’Annecy ; les 2 et 3 avril aux Théâtres de la Ville de Luxembourg ; du 9 au 11 avril à la Comédie de Saint-étienne ; du 16 au 18 avril à la Scène nationale de Sète ; du 24 au 26 avril au CDN de Rouen ; les 9 et 10 mai au Théâtre de Villefranche ; du 16 au 18 mai au Théâtre du Gymnase à Marseille ; le 24 mai à la Maison des arts de Thonon-les-Bains. AVEC ÉLODIE BOUCHEZ SERGE MAGGIANI SARAH KARBASNIKOFF PHILIPPE DEMARLE JAURIS CASANOVA JACKEE TOTO STÉPHANE KRÄHENBÜHL SANDRA FAURE GÉRALD MAILLET LUCIE GALLO MARIE-FRANCE ALVAREZ ÉLÉONORE LENNE GRACE SERI ARTHUR MILLER EMMANUEL DEMARCY-MOTA LES SORCIÈRES DE SALEM CRÉATION ESPACE CARDIN PARIS 8 26 MARS - 19 AVR. 2019 theatredelaville-paris.com ÉMILIE PAILLOT GRAPHISTE - CHRISTOPHE DESSEIGNE - LICENCES 1-1096564/1-1056307/2-1051017/3-1051015 théâtre 5 la terrasse 274 mars 2019



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