La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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hors-série danse VIII la terrasse 274 mars 2019 Entretien/Christian Rizzo Une Maison Bonlieu scène nationale/Chor. Christian Rizzo Pas moins de quatorze danseurs sont rassemblés par Christian Rizzo dans le dispositif lumineux de Caty Olive pour cette nouvelle création. Vos trois précédentes pièces parlaient fondamentalement de danse. De quoi s’agit-il dans Une Maison ? Christian Rizzo  : Dans cette nouvelle pièce de danse, l’accent n’est pas mis sur quelque chose qui viendrait de l’extérieur, comme lorsque j’observais dans ma précédente trilogie des pratiques de danse qui n’étaient pas les miennes, mais sur quelque chose d’intime, d’intérieur. Ce que j’essaie de faire depuis quelque temps, c’est de questionner le rapport entre l’abstraction et la fiction, et comment l’une nourrit l’autre, sans qu’on les oppose. Je m’efforce de travailler ces deux pôles comme une seule et même entité. Le fait de donner un titre tangible me permet d’aller plus loin dans des processus de composition abstraits. On peut constater l’écart que cela Le Lac des cygnes par Radhouane El Meddeb/Ballet de l’Opéra national du Rhin Critique provoque, et comment un système de composition abstraite fait naître des poches ou des signes de fiction potentiels. Comment traitez-vous la notion d’intimité avec ce grand groupe de danseurs ? C. R.  : Je cherche à faire naître chez les danseurs une sensation d’intime. Elle se loge entre moi, les danseurs, et potentiellement le public. C’est quelque chose qui part de l’intérieur, une sensation de soi à soi. Bien qu’il s’agisse d’un grand groupe, nous travaillons beaucoup sur les micro-événements, d’une personne à une autre voire à deux autres. Il ne s’agit donc pas d’un traitement de la masse par l’unisson, le mouvement d’ensemble… Le Lac des Cygnes Chaillot –Théâtre national de la Danse/Chor. Radhouane El Meddeb/Ballet de l’Opéra national du Rhin Loin d’être une énième version du Lac des cygnes, le chorégraphe tunisien Radhouane El Meddeb livre une vision très personnelle de l’œuvre. Confier au chorégraphe contemporain Radhouane El Meddeb une relecture du Lac des Cygnes pour les trente-deux danseurs du Ballet du Rhin était, de la part de son directeur, Bruno Bouché, un peu « gonflé ». Cette association était de fait un genre de manifeste pour signifier « la démolition des dogmes ». Mais il est des œuvres qui résistent à toute destruction, et Le Lac des Cygnes est l’une d’elles. Radhouane El Meddeb s’est bien gardé d’en prendre le chemin. Au contraire, on peut lire dans sa chorégraphie un étonnant travail d’analyse des strates qui composent ce chefd’œuvre, aussi bien au niveau du vocabulaire qu’au plan symbolique ou imaginaire. Car ce ballet s’inscrit dans un inconscient collectif quasi mondialisé au point de représenter à lui seul toute la danse classique. Traitant la chorégraphie à la manière d’un palimpseste, Radhouane El Meddeb a commencé par effacer les différents actes qui trament le récit et ses rebondissements pour en faire une sorte de longue rêverie d’où émergeraient les emblèmes du ballet. Un Lac très démocratique Enfin, et c’est toute l’intelligence de cette version, apparaissent les véritables enjeux du Lac des cygnes  : le désir d’envol et d’animalité que porte chaque danseur, sa passion d’être un autre, et bien sûr la sexualité, dont cet oiseau s’est fait le mythologique champion mâle et femelle. On a particulièrement apprécié la subtile intention démocratique inscrite dans les lignes mêmes de la chorégraphie d’El Meddeb. Au lieu de faire voir l’ordre à travers des ensembles tirés au cordeau et répétant à l’unisson un même mouvement ad libitum, il a réparti les danseurs sur le plateau comme autant d’individus, échangeant des regards, se jaugeant en arpentant l’espace, se frôlant sans se rencontrer, évitant le contact direct, étrangers l’un à l’autre mais toujours solidaires. La légèreté des costumes de Celestina Agostino, la précision du coup de baguette du jeune chef iranien Hossein Pishkar, la magnifique scénographie d’Annie Tolleter, sans oublier les lumières d’Eric Wurtz, font de ce spectacle une belle réussite. Agnès Izrine Chaillot-Théâtre national de la Danse, 1 place du Trocadéro, 75116 Paris. Du 27 au 30 mars. Mer. 27, ven. 29 à 20h30, jeu. 28 à 19h45, sam. 30 à 15h30. Tél. 01 53 65 30 00. Durée  : 1h30. également du 22 au 24 mars au Manège de Reims. Vu à la création, le 13 janvier 2019, Opéra du Rhin, Strasbourg. Agathe Poupeney Christian Rizzo, directeur du Centre Chorégraphique National de Montpellier, crée Une Maison. « Ce que je recherche avec cette pièce, c’est un rapport singulier et paradoxal à la solitude. » C. R.  : Non, même si des micro-unissons se transmettent et circulent à l’intérieur du groupe. Ce que je recherche avec cette Mario Sinistaj Entretien/Gaëlle Bourges Ce que tu vois Théâtre de la Ville – Les Abbesses/Chor. Gaëlle Bourges Gaëlle Bourges, artiste associée au Théâtre de la Ville depuis 2018, y présente sa dernière création, Ce que tu vois. Nous l’avons rencontrée. Votre nouvelle création, comme À mon seul désir, part d’une tapisserie ancienne. Cette fois il s’agit de la tapisserie de l’Apocalypse qui date du xiv e siècle et qui est visible à Angers… Gaëlle Bourges  : Oui, elle illustre l’Apocalypse de Jean, dernier texte du Nouveau Testament. C’est amusant de constater que nous en connaissons de nombreuses scènes, même sans avoir lu ce texte, car beaucoup de blockbusters américains reprennent des images décrites par Jean  : la coupe de la colère de Dieu qui déborde, etc. Pour moi, c’est l’occasion de mieux connaître ce texte à travers cette tapisserie et ses figures qui nous permettent d’y entrer, à nous performeurs, à cause des postures très étonnantes. Par exemple, le personnage principal est toujours sur la pointe des pieds, il se tient la joue et il pleure. Il est toujours intéressant de donner corps aux physiques anciens en deux dimensions. Pourquoi l’avez-vous appelé Ce que tu vois ? G. B.  : C’est une phrase de l’Apocalypse de Jean. Il est sur l’Ile de Patmos, a des visions et entend Dieu lui dire  : « ce que tu vois, écris-le dans un livre ». J’aime beaucoup cette idée, et j’aurais préféré la totalité de la phrase mais c’était un peu long. Pour voir des choses pareilles, il devait être une sorte de chaman du monde chrétien. Cette injonction de Dieu au premier siècle de notre ère retentit sur moi qui vois cette tapisserie, et je la transmets au public  : que voit-on ? C’est une question que l’on peut se poser tout le temps. C’est votre question fondamentale… G. B.  : C’est mon mantra ! À chaque fois c’est un déplacement du regard que j’opère. Ce qui m’intéresse plus encore que de me mettre à la place de celui qui regarde, c’est celui qui est regardé. Passer de la deuxième à la troisième dimension, par exemple d’un nu sur une toile à un nu sur le plateau, ça change la donne ! Vous introduisez dans votre création le film de Chris Marker, La Jetée. Pourquoi ? G. B.  : Par association libre. Au moment où je pièce, c’est un rapport singulier et paradoxal à la solitude, en étant seul affairé à quelque chose et en même temps dans la tentative de se rapprocher de l’autre, voire de la communauté. Le passage de soi à l’autre m’intéresse. Vous parlez d’un « rapport tactile » entre les danseurs. Comment avez-vous travaillé cela ? C. R.  : J’ai voulu exploré comment les départs de mouvements pouvaient ne jamais venir d’une personne par elle-même et pour ellemême, mais toujours d’un contact avec quelqu’un, ou de la trace de ce contact. C’était important pour moi de rentrer dans cette chose apparemment anodine, qui transforme le rapport au démarrage du mouvement. C’est parce qu’il y a eu un contact, un touché, une mise à terre, que le mouvement se fait. C’est un flux qui provient de l’extérieur de soi. Je cherche aussi une tactilité à distance avec le regard, l’observation, la mise en relation des corps. Il y a toujours une espèce de jeu, entre le ping-pong, la partie de billard ou la partie d’échec, qui fait que tout se construit dans un lien de cause à effet. Propos recueillis par Nathalie Yokel Bonlieu scène nationale, 1 rue Jean-Jaurès, 74000 Annecy. Les 5 et 6 mars 2019 à 20h30. Tél. 04 50 33 44 11. « Ce qui m’intéresse, c’est celui qui est regardé. » commençais à travailler sur la tapisserie, je me suis demandée si un compositeur avait créé une Apocalypse. Pierre Henry l’avait fait, et j’aime beaucoup la musique concrète. C’était absolument fabuleux, la musique faisait aussi peur que le texte. Elle comportait un narrateur, Jean Negroni, qui est également celui de La Jetée. En revoyant le film, je me suis aperçue qu’il parlait d’une apocalypse, où les survivants logent dans les souterrains de Chaillot. Finalement j’ai abandonné Pierre Henry car sa musique tellement dense nous écrasait, mais j’ai gardé l’idée de La Jetée. Le livre écrit par Le Comité invisible À nos amis a aussi imprégné la création. J’y ai vu un parallèle avec le texte très violent de Jean écrit pour que les humains changent les choses. Car L’Apocalypse, qui signifie révélation, est un appel à la résistance, qui suppose une fin heureuse. Propos recueillis par Agnès Izrine Théâtre de la Ville – Les Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. Du 20 au 24 mars. Mer. 20, jeu. 21, ven. 22, sam. 23 à 20h. Dim. 24 à 16h. Tél. 01 42 74 22 77. Durée  : 1h30. Kit Brown
Les rendez-vous chorégraphiques de Sceaux Allegria Direction artistique & chorégraphie Kader Attou/CCN de La Rochelle Du vendredi 12 au dimanche 14 avril Soirée partagée Les Gémeaux/Sceaux/Scène nationale et la Cie Art Move Concept, compagnie en résidence aux Gémeaux/Sceaux/Scène nationale Sowe/À l’intérieur de chez moi/Costard Vendredi 10 mai à 20h45 Dance Ballet de l’Opéra national de Lyon Chorégraphie Lucinda Childs Musique Philip Glass Du vendredi 17 au dimanche 19 mai Une autre passion Ballet du Grand Théâtre de Genève Chorégraphie Pontus Lidberg Directeur général  : Tobias Richter Directeur du Ballet  : Philippe Cohen Du vendredi 24 au dimanche 26 mai Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie GTG/Grégory Batardon



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