La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 28 la terrasse 274 mars 2019 FÉVRIER - AVRIL Je m’appelle Ismaël CRÉATION AU TNS Lazare 27 fév 9 mars Un amour impossible Christine Angot Célie Pauthe 14 23 mars John Wajdi Mouawad Stanislas Nordey 18 29 mars La Dame aux camélias Alexandre Dumas fils Arthur Nauzyciel 28 mars 4 avril 03 88 24 88 24 tns.fr #tns1819 Claudine Galea, auteure associée au TNS Jean-Louis Fernandez Critique Place des héros Reprise/Les Gémeaux/DE Thomas Bernhard/MES Krystian Lupa Le metteur en scène polonais Krystian Lupa est l’un des maîtres du théâtre mondial. Place des héros de Thomas Bernhard est l’une de ses pièces les plus impressionnantes. Ils parlent ou ils se taisent. Donnent corps à de longs monologues. Se manifestent dans la simplicité d’activités quotidiennes  : s’asseoir sur un banc, convoquer la mémoire et les propos d’un proche venant de mettre fin à ses jours, s’atteler au rangement d’un placard, prendre place autour d’une table à l’heure du repas, repasser une pile de linge… Dans des décors et des lumières (de Krystian Lupa) qui portent plus loin que leur apparent réalisme, les interprètes lituaniens de Place des héros pèsent, jusque dans leurs non-dits, de tout leur poids humain. Lentement. Pleinement. Sans le début d’une coquetterie. La vie, lorsqu’elle s’exprime à travers une telle évidence, n’a pas besoin de frasques ou de traits de fantaisie. Elle se suffit à Critique Ma Colombine elle-même. Déploie une densité d’autant plus frappante que ses fondements échappent. Sa force, aussi, reste mystérieuse. Sa beauté surgit d’on ne sait où. Comme dans la plupart des créations du metteur en scène polonais, les fils de la temporalité se distendent et nous englobent. Ils nous emportent dans un monde qui outrepasse l’idée de réussite théâtrale. La consistance des mots et des silences Car cette version tout en élans contenus de la pièce testamentaire de Thomas Bernhard (l’écrivain autrichien a écrit Place des héros en 1988, un an avant sa disparition) est d’une amplitude hors norme. Centrée sur les impulsions souterraines que font naître les onze Suisse/TKM Théâtre Kléber-Méleau/DE Fabrice Melquiot/mes et jeu Omar Porras Le comédien et metteur en scène Omar Porras et l’auteur Fabrice Melquiot ont uni leurs talents pour créer un solo inspiré par la vie d’Omar, depuis l’enfance. Un merveilleux hommage au théâtre, poème où le jeu et la scène célèbrent la force du rêve. Une pièce tout public, dès 10 ans. Un clown aux pieds nus. Un rêveur. Un exilé. Un amoureux. Un fils. Un frère. Un homme qui se sent chez lui au théâtre, maison ouverte « sans mur ni toit ». Quel beau voyage que l’histoire d’une vie ! De cette vie qui prend corps sous nos yeux grâce à la finesse impressionnante et émouvante du jeu d’Omar Porras, grâce aux mots délicats de Fabrice Melquiot, qui savent laisser place au pouvoir de l’imaginaire, à la fragilité des émotions, aux douleurs et aux joies infinies. Ce conte contemporain si joliment métaphorique est né de leur rencontre et de leur confiance mutuelle. Fabrice a proposé à Omar qu’il soit luimême l’objet du spectacle, depuis son enfance colombienne. Entre confidences et silences, un séjour court mais intense en Colombie a permis de prendre de la hauteur, de découvrir depuis le toit de la Cordillère des Andes les échos et les sources d’une mémoire vive et active. Parfois terriblement meurtrie. Ce que raconte avant tout cette vie devenue poème, c’est que malgré la misère et la cruauté qui ont marqué l’enfance, le rêve et le désir s’avèrent de puissants moteurs dans la vie humaine. L’amour du théâtre a permis à « Oumar » d’atteindre une forme de dépassement, de beauté, de fantaisie et de joie. La mise en scène et le jeu même sont imprégnés de cet amour. Regarder vers le ciel Au-delà des mots précieux et audacieux, c’est le corps même de l’acteur qui se fait géographie, poème et élan fabuleux. La lune se fait promesse d’un monde autre, les continents se franchissent en saut à la perche. De la Colombie à Paris, Oumar affronte divers obstacles, dont la pauvreté et une langue inconnue. Il rencontre aussi l’immense Pacha Mama (à vous de la reconnaître), qui porte en elle « tous les théâtres du monde ». De manière très touchante et très maîtrisée, ce solo où se croisent une multitude de personnages rend hommage à l’art de l’acteur et à la magie artisanale du théâtre, qui orchestre la rencontre entre le visible et l’invisible, les morts et les vivants, la mémoire et l’imagination. Sur le plateau quasi nu, la lune bien sûr ; un arbre immobile et solitaire, enraciné, cousin de celui qui habite l’univers dépeuplé du grand Samuel Beckett ; un îlot de pierres ; quelques pluies splendides qui ébahissent les plus jeunes… Si cette fable théâtrale où se confondent merveilleusement l’action et l’illusion démontre que le théâtre est le lieu de tous les possibles, elle célèbre aussi la force du rêve autant que celle de la volonté, de la pugnacité. Omar Porras, clown dansant. « Le théâtre, c’était mon microscope, mon télescope. Dans mon théâtre, je sentais que je pouvais voir des choses qu’ailleurs je ne verrais pas. Ici, on pouvait tout comprendre, tout essayer. » Le monde a bien besoin de clowns dansants comme Omar, ils sont à eux seuls un magnifique rempart contre tout ce qui décourage. Agnès Santi TKM – Théâtre Kléber Méleau, chemin de l’Usine-à-Gaz 9, CH – 1020 Renens-Malley, Suisse. Du 5 au 17 mars 2019, du mardi au samedi à 19h sauf vendredi à 20h, dimanche à 17h30, relâche lundi. Tél. +41 21 625 84 29. www.tkm.ch Durée  : 1h15. Spectacle vu au Théâtre Am Stram Gram à Genève. Ariane Catton Balabeau
D. Matvejevas D. R. Place des héros, dans la mise en scène de Krystian Lupa. L’une des plus grandes pièces de ces dernières années. Critique La Légende de Bornéo Reprise/Théâtre de l’Atelier/texte et mes collectif L’Avantage du doute Reprise du spectacle La Légende de Bornéo du collectif L’Avantage du doute, qui explore le thème du travail, ses avatars contemporains et ses enjeux politiques. Un spectacle d’une brûlante actualité ! L’Avantage du doute est né d’une rencontre sous les auspices du collectif belge TGStan, il réunit cinq comédiens parmi lesquels deux travaillent également avec le collectif Les Possédés. Ils se réfèrent ensemble à quelques principes de jeu  : registre à cheval entre le politique et l’intime, spectacle écrit collectivement, peu d’artifices. On s’appelle par son prénom à la ville, le personnage s’efface donc au profit du comédien, le quatrième mur se fissure et, de fait, on inscrit l’univers du plateau dans une grande proximité avec le réel. Ce spectacle fait suite au précédent, intitulé Tout ce qui nous reste de la révolution, c’est Simon. Figure tutélaire du collectif, le drôlissime Simon Bakhouche prend cette fois le rôle de l’aîné au bord de la retraite, qui cachetonne tant bien que mal pour atteindre son taux plein. Dès le départ, il annonce qu’il ne sera plus question de révolution ici (quoique...) mais des rapports au travail. S’ensuivent des saynètes qui petit à petit trament la texture émouvante d’un intelligent spectacle.comédiens, la mise en scène de Krystian Lupa frappe comme une tornade sans pluie. Et sans vent. Une tornade sèche, en somme, sourde, qui vient pourtant réactiver de manière surprenante les traumatismes d’un passé qui se réinvente dans le présent. L’Anschluss. Les fantômes du nazisme. La décomposition morale et politique d’un peuple, d’une nation. « Les gens ne soupçonnent pas que la catastrophe peut arriver », dit l’un des personnages. Du xx e au xxi e siècle, le cinglant Thomas Bernhard fait ici plus que jamais figure de visionnaire. Il dénonce, pointe du doigt, apostrophe. Krystian Lupa, intime de cette grande écriture, explore la consistance des mots, mais aussi des silences. Il touche à l’invisible. À l’irreprésentable. Manuel Piolat Soleymat Les Gémeaux – Scène Nationale, 49 av. Georges-Clemenceau, 92330 Sceaux. Du 22 au 31 mars à 20h45, dimanche à 17h, relâche lundi. Tél. 01 46 61 36 67. Spectacle en lituanien surtitré en français, vue lors du Festival d’Avignon 2016. Durée  : 4h, entractes inclus. Les orangs-outans savent parler mais s’en cachent Le collectif fonctionne par propositions disparates, que chacun apporte et défend tout au long du processus de création. Une addition de singularités donc, débarrassées du metteur en scène  : c’est ce qui transparaît dans le travail de ce collectif, qui, tout en l’auscultant, véhicule implicitement un nouveau rapport au travail. On apprend que La Légende de Bornéo s’intitule ainsi en raison d’une légende qui prétend que les orangs-outans savent parler mais s’en cachent afin qu’on ne les fasse pas travailler. L’ensemble exerce bien sûr un œil critique sur le monde du travail, dans des optiques pas forcément révolutionnaires mais souvent drôles – le couple qui s’analyse comme de nos jours on décortique et évalue toutes les performances dans les entreprises ; l’absurde parcours de combattant auquel conduit Pôle Emploi ; la scène de famille où explosent les non-dits... Mieux encore, même si les saynètes fonctionnent inégalement, le sentiment grandit petit à petit, dans cette humanité qu’offrent la simplicité et la proximité, que tout irait peut-être mieux si le monde du travail s’inspirait de ce théâtre qui se dépouille d’effets et dans un esprit festif célèbre la force conjuguée des imaginaires. D’autant que ce qui domine ici, c’est l’humour, même si les situations abordées sont graves ou tragiques. « Parce que le rire libère de la peur et soude ceux qui rient ensemble ». éric Demey Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles-Dullin, 75018 Paris. Du mardi 19 mars au samedi 4 mai 2019, du mardi au samedi à 19h, dimanche à 17h. Tél. 01 46 06 49 24.
Durée  : 1h20. Spectacle vu en 2012 au Théâtre de la Commune. 18 19 6-12 AVRIL OPENING NIGHT D’APRÈS LE SCÉNARIO DE JOHN CASSAVETES MISE EN SCÈNE CYRIL TESTE AVEC ISABELLE ADJANI MORGAN LLOYD SICARD FRÉDÉRIC PIERROT ET LA PARTICIPATION DE ZOÉ ADJANI CRÉATION THÉÂTRE BONLIEU-ANNECY.COM Photo  : Simon Gosselin théâtre 29 la terrasse 274 mars 2019



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