La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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focus 20 la terrasse 274 mars 2019 Théâtre national de Nice. Un festival qui fédère, agit et réjouit  : c’est Shake Nice ! Temps fort de la saison azuréenne, le Festival Shake Nice ! démultiplie l’inventivité des artistes et célèbre le plaisir de la partager. Moment unique de création et de transmission, utopie concrète où la scène révèle le génie shakespearien ici et maintenant, le festival rappelle avec force et éclat que le théâtre est un art exigeant et populaire. Pour tous. Quelle place le festival Shake Nice ! a-t-il acquis au fil des ans ? Irina Brook  : Je considère que le travail mené avec les jeunes autour de Shakespeare a été le plus mémorable et le plus important de ce que j’ai fait à Nice. Au centre de ce projet, il y a ce challenge shakespearien de Shakespeare freestyle !, durant lequel des groupes venus d’une douzaine d’établissements scolaires montent une version de moins de trente minutes d’une pièce de Shakespeare. La première année, tout le monde a choisi Roméo et Juliette. La deuxième année, sont arrivés Le Songe d’une nuit d’été et La Tempête. Le Songe est la première pièce que voient tous les petits Anglais, celle par laquelle ils s’approprient cet auteur avant d’en approfondir la connaissance à travers les grandes pièces historiques, moins immédiatement accessibles. Ce festival constitue le moment de l’année où existe le rêve d’un théâtre pour tous, avec la salle remplie par tous les parents  : un moment vraiment exceptionnel avec des gens qui ne sont jamais allés, ne vont pas et n’iront peut-être plus jamais au théâtre… Comment l’œuvre de Shakespeare a-t-elle infusé à Nice ? I. B.  : Nous n’avons jamais eu les moyens pour créer vraiment un festival à la mesure de ce que je voulais faire, mais d’année en année, la partie pédagogique s’est améliorée, peaufinée. Avec l’Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières de l’Université Paul-Valéry de Montpellier (seul institut qui s’occupe de recherche élisabéthaine en France), nous Entretien/Irina Brook Roméo et Juliette et Dream, un théâtre de la joie et du rassemblement Roméo et Juliette/d’après Shakespeare/adaptation et mes Irina Brook Dream !/d’après Le Songe d’une nuit d’été, DE Shakespeare/MES Irina Brook En obstinée de la démocratisation culturelle, la directrice du TNN ouvre la scène au talent créatif des jeunes Azuréens et met en scène à l’occasion de cette cinquième édition de Shake Nice ! deux pièces du grand Will. Entretien/Cyril Cotinaut Hamlet Requiem D’après William Shakespeare/MES Cyril Cotinaut Le metteur en scène Cyril Cotinaut revisite Hamlet en explorant la relation complexe qu’entretient l’être humain avec la mort. Que souhaitez-vous éclairer de notre présent à travers cette nouvelle version d’Hamlet ? Cyril Cotinaut  : Quelques répliques d’Hamlet peuvent répondre à la question  : « L’époque est hors de ses gonds » ; « L’homme ne m’enchante plus ». À chaque époque – pas seulement la nôtre – s’élève un Hamlet pour dire que quelque chose ici-bas fonctionne mal. À travers cette pièce, j’ai cherché à comprendre non pas ce qui clochait dans notre époque, mais ce qui cloche à toute époque. Ce que j’ai découvert au plus profond du texte a conditionné la traduction et l’adaptation de la pièce  : l’homme ne sait pas quoi faire de la mort. Sans cesse il cherche à concilier un passé construit par ses ancêtres, un présent furtif qui lui appartient, duquel il veut jouir, et un futur incertain, à coup sûr funeste, qui se fera sans lui. L’homme qui s’inscrit uniquement dans le temps présent, ne prend pas en compte ce qui l’a précédé et ne se soucie pas de ce qui le suivra. Il brise la chaîne qui le lie au reste de l’humanité, vit comme si le monde avait commencé avec lui et devait mourir en même temps que lui. Son époque devient angoissante, car la perspective de la mort devient prégnante. Irina Brook, metteure en scène et directrice du Théâtre national de Nice. « Ce festival constitue le moment de l’année où existe le rêve d’un théâtre pour tous. » avons pu ajouter une partie théorique de grande qualité pour approfondir ensemble notre connaissance de Shakespeare. Le metteur en scène Cyril Cotinaut. « À chaque époque (…) s’élève un Hamlet pour dire que quelque chose ici-bas fonctionne mal. » D. R. Gaëlle Simon Les jeunes qui suivent le projet depuis trois ou quatre ans et qui ont vu toutes les pièces, posent désormais des questions de très haut niveau lorsqu’ils assistent à des représentations ou à des filages. Ces cinq ans d’efforts valent le coup pour ces conversations-là ! Pourquoi monter cette année Roméo et Juliette ? I. B.  : Parce que je me suis rendu compte que personne ne lisait les pièces ! Pas un enfant ne lit une pièce de Shakespeare du début à la fin. Ils lisent parfois quelques scènes ou voient le film avec Di Caprio, mais plus personne ne s’assied pour lire ! Je monte donc une version intégrale pour voir la pièce comme elle est écrite, pour des raisons d’abord utilitaires, dans une nécessité pédagogique et démocratique, même si, évidemment, une fois qu’on est lancé, il est impossible de ne pas aller jusqu’au bout de la création. Tout est dans le texte et je n’essaie pas d’en imposer une lecture conceptuelle. La pièce parle d’ellemême ! Il y est question de la profonde tendance humaine à détester son voisin. On a seulement besoin de jouer la pièce pour comprendre l’essence de tout conflit, de tout drame, qui fait qu’une petite dispute entre deux parents se transmet aux enfants et devient une guerre civile. Cette pièce n’est pas charmante, victorienne et romantique ! Elle parle de la haine et de ses raisons ignorées  : personne ne dit jamais pourquoi Montaigu et Capulet se détestent… L’humain est ouvert à tout, prêt à une relation d’amour et d’amitié mais tout se ligue pour empoisonner cette possibilité  : la société, les parents, la politique. Pourquoi cette version courte du Songe d’une nuit d’été ? I. B.  : D’abord parce que c’est l’autre pièce que les jeunes travaillent souvent, et aussi parce que j’ai grandi avec cette pièce. Il fallait qu’avec les Eclaireurs (les jeunes comédiens formés à Nice), nous montions une pièce pédagogique. Que faire en une heure ? Le Songe, évidemment ! Cette pièce revient régulièrement pour me faire rêver, et quelque chose de très joli en est sorti, que nous avons joué dans les établissements scolaires, de manière très ludique, joyeuse, en faisant participer le public. Chaque fois que je n’en peux plus, que je ne veux plus faire de théâtre, Dream ! revient et je tombe à nouveau amoureuse du théâtre… Propos recueillis par Catherine Robert Roméo et Juliette, les 3, 6, 9 et 10 avril à 20h. Dream !, le 12 avril à 18h et 20h30. Plutôt que la fable, vous investissez la dimension philosophique de la pièce de Shakespeare…C.C.  : J’ai vu plusieurs mises en scène d’Hamlet, très différentes les unes des autres. Polonius déclare qu’il faut se laisser conduire par les circonstances pour saisir la vérité. J’ai souhaité éviter de choisir parmi les circonstances qui viennent éclairer l’histoire sous un nouveau jour, car ce choix contraint à des variations de la fable plutôt qu’à révéler une dimension philosophique, peut-être plus universelle, qui justifie la place qu’occupe Hamlet parmi les mythes modernes, aux côtés de Don Juan, Don Quichotte et Faust. J’ai donc fait le choix d’annuler la fable afin de me concentrer sur la question qui ouvre la pièce  : « Qui est là ? ». Quelles sont les grandes lignes de votre mise en scène ? C.C.  : J’ai proposé à quatre acteurs – deux garçons, deux filles – de créer une variation où chacun est Horatio, l’ami à qui Hamlet mourant confie le soin de raconter son histoire, considérant que c’est par le théâtre et par les acteurs qu’Hamlet souhaite continuer à vivre. À travers les mots de Shakespeare, chacun d’entre eux tente d’aborder la figure d’Hamlet. Ils cherchent à l’incarner, c’est-à-dire à prêter leur corps et leur voix à un esprit, à cohabiter avec lui. Le spectacle est donc le processus par lequel l’acteur permet au mort de revivre parmi les vivants le temps de la représentation. Ce mort, en réalité, c’est Shakespeare, Hamlet étant une part de l’esprit de l’auteur… Depuis votre sortie du département de mise en scène de l’ENSATT, en 2008, vous travaillez essentiellement sur des classiques. Qu’est-ce qui vous lie à ce répertoire ? C.C.  : Les quatre années que j’ai passées auprès d’Anatoli Vassiliev à l’ENSATT ont été décisives. Plus qu’une finalité, le théâtre est devenu une passerelle vers une plus grande compréhension du monde et de l’homme. À travers Hamlet, j’ai enfin compris pourquoi j’ai toujours été très lié au répertoire classique. Car mon théâtre s’inscrit dans une continuité qui relie trois hommes  : l’auteur, qui est mort ; l’acteur, qui vit ; le spectateur, qui vivra et sortira du théâtre avec un regard plus éclairé sur le monde. L’acteur tisse au présent une relation entre passé et futur. Pourtant éphémère, le théâtre a donc un lien très profond avec l’immortalité, l’acteur permettant à l’esprit d’un autre – qui ne vit plus ou n’a jamais vécu – de s’incarner. C’est très métaphysique quand on y pense ! Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Du 27 au 30 mars 2019.
Shakespeare Freestyle ! Festival et transmission Grâce au Festival, les collégiens et lycéens d’une douzaine d’établissements prennent possession de la scène du Théâtre de Nice. Entretien/Renato Giuliani Lear, genèse d’un traumatisme le roi lear/d’après Shakespeare/MES Renato Giuliani Pour sa nouvelle création, Renato Giuliani adapte Le Roi Lear avec seulement trois comédiens  : lui, sa fille Stella et un jeune acteur malentendant, Karim El-Andari. Une version intimiste qui souligne l’humanité des personnages. Qu’est-ce qui vous attire particulièrement dans cette pièce de Shakespeare ? Renato Giuliani  : Plusieurs éléments dont l’un est la transmission. Lear renonce à son royaume pour le donner à ses filles. Ce faisant, il a une attitude un peu hystérique puisqu’il déshérite Cordélia, celle qui est la plus gentille et la plus aimante (malgré les apparences). Cette folie précédant celle qui arrivera plus tard dans la pièce constitue un autre élément motivant. Enfin, certains traits sont autobiographiques  : je suis la fille gentille ! Vous jouez avec votre propre fille, Stella Giuliani. Cela apporte-t-il une vérité supplémentaire ? R. G.  : Elle interprètera Cordélia et les autres sœurs ainsi qu’Edmond. Jouer ensemble, c’est un peu essayer d’approfondir nos liens. Stella est dotée d’une énergie lumineuse très forte. C’est la direction que j’ai voulu donner à mon travail, à ma vie, et je suis très fier qu’elle en fasse partie. On dit souvent que Le Roi Lear est injouable tant la pièce multiplie les intrigues, les points de vue, les personnages, les registres de langue. Est-ce que la resserrer à trois comédiens est une façon de répondre ? R. G.  : Nous gardons le texte de Shakespeare mais en réalisant des coupes. C’est une adaptation qui garde l’intrigue des méchantes sœurs contre leur père et entre elles, et qui préserve l’intrigue entre les deux fils de Gloucester, Edgar et Edmond. Un point très important est la nouvelle traduction signée Marie-Paule Ramo car les versions existantes ne nous satisfaisaient pas. Nous voulions quelque chose de vivant, loin des traductions lisses qu’on trouve souvent. Le Marchand de Venise (Businessin Venice) D’après Shakespeare/traduit et adapté par Vanasay Khamphommala/MES Jacques Vincey Au cœur d’un monde marchand et consommateur, Jacques Vincey met en scène une réécriture contemporaine du texte de Shakespeare et interprète le rôle de Shylock. Paru en 1596 à l’aube des temps modernes, Le Marchand de Venise met en scène la relation entre l’usurier juif Shylock et le marchand vénitien chrétien Antonio, définie par un contrat d’une bien étrange nature. Pour son cher ami Bassanio, qui souhaite conquérir Portia, Antonio emprunte 3 000 ducats à Shylock. Si le prêt n’est pas remboursé avant trois mois, Shylock pourra prélever une livre de chair sur le corps d’Antonio, dont la fortune pour l’instant parcourt les mers. Rappelons que dans l’Europe d’alors, les juifs, soumis à des lois draconiennes, étaient contraints d’exercer pour nombre d’entre eux la profession de prêteurs avec intérêt afin de survivre. L’antisémitisme chrétien justifiait alors les pires humiliations. Il est à cet égard étonnant D. R. Gaëlle Simon Christophe Raynaud de Lage Renato Giuliani. « Il ne s’agit pas de l’histoire d’un roi mais de l’histoire de troubles intimes à l’intérieur d’une conscience. » Pourquoi avoir supprimé du titre le mot « roi » ? Pour insister sur l’intimité des personnages ? R. G.  : Pour moi, il ne s’agit pas de l’histoire d’un roi mais de l’histoire de troubles intimes à l’intérieur d’une conscience de Le Marchand de Venise, dans la mise en scène de Jacques Vincey. et désespérant de constater qu’au xxi e siècle, l’antisémitisme sévit toujours. Argent-roi en tous domaines Comme l’indique le sous-titre de cette adaptation, « Businessin Venice », le metteur en scène Jacques Vincey, qui interprète lui-même Shylock, et le dramaturge Vanasay Khamphommala réévaluent le texte initial afin de l’amarrer à notre époque, autour de ce que Jacques Vincey définit comme la « problématique centrale » de la pièce  : « l’économie ». Dans un monde où règne en maître la loi du marché, la société vénitienne frivole C’est aussi par une transmission en actes que chaque année le festival célèbre Shakespeare et son éternelle actualité. Comme l’ont prouvé les trois dernières éditions de Shakespeare Freestyle !, la jeunesse découvre toujours avec un bel appétit le théâtre shakespearien. Une douzaine de classes de collèges et lycées s’emparent avec plaisir des textes du maître, jusqu’à investir le plateau lors d’un moment mémorable. Shakespeare pour tous Dans la grande salle du Théâtre de Nice, les jeunes pousses relèvent toujours le défi de la scène avec appréhension, mais aussi avec enthousiasme, audace et inventivité. Comme matériau, Le Songe d’une nuit d’été, Roméo et Juliette et La Tempête, des monuments particulièrement propices à débrider les imaginaires et à révéler les talents insoupçonnés d’adolescents qui acquièrent ainsi père. Cela vaut aussi pour Gloucester. Ce qui m’intéresse est de marquer plutôt l’aspect des liens familiaux, d’embarquer les personnages vers une dimension plus humaine, alors que le terme de « roi » mène un peu vers le conte de fées  : « il était une fois un roi… ». Qui est Lear ? Un homme aveugle ? un égocentrique ? un fou ? R. G.  : Au début, c’est un puissant qui s’est construit un personnage de dur-à-cuire. Sa réaction vis-à-vis de Cordélia vient de ce qu’il se sent trahi dans ses attentes  : il pensait qu’elle, sa fille préférée, se serait lancée dans un dithyrambe, et la déception qu’il en éprouve est si forte qu’elle l’aveugle et le conduit à un accès de colère. Lear est dominé par les passions et il est tellement nombriliste que même en présence de Kent ou du Fou, il ne veut pas admettre qu’il s’est trompé. Tous ces éléments émotifs sont encore bousculés quand il se rend compte que ses filles aînées sont totalement hypocrites et l’ont trahi sous une fausse gentillesse. Il se sent alors réellement dépossédé  : il avait laissé son royaume mais pas sa dignité de roi. Cela le fait basculer dans un désarroi qui l’amène presque à la folie. Pas au sens psychiatrique du terme mais dans le sens d’un traumatisme fort. Le seul qui lui reste fidèle jusqu’au bout est le Fou. Il sera interprété par Karim El-Andari, un jeune acteur malentendant qui a un génie du mouvement, et qui jouera aussi le rôle d’Edgar. C’est pourquoi environ 60% de la pièce sera en langue des signes. La pièce de Shakespeare est une tragédie mais y voyez-vous malgré tout un espoir ? R. G.  : Oui, elle comporte un côté positif. Connaissez-vous ce conte zen ? Un homme marche dans un champ. Surpris par un tigre, il se sauve et arrive dans un ravin en bas duquel l’attend un autre tigre. L’homme s’accroche à la racine d’une vigne sauvage quand apparaissent deux souris dont l’une commence à ronger la branche. Apercevant une fraise, l’homme la prend et la savoure. Dans le moment final où Lear retrouve Cordélia, il retrouve le lien d’amour total qu’il avait avec sa fille. Ce moment-là dure une éternité. Il savoure la fraise. Alors il peut mourir en paix et rejoindre son enfant. Entretien réalisé par Isabelle Stibbe Petite salle. Du 3 au 6 avril 2019. Du 3 au 5 avril à 20h30, le 6 avril à 15h30. se matérialise ici par un supermarché bien garni, où Antonio, Superman mélancolique, devise avec ses amis. Bouffonnerie carnavalesque, monde d’apparences et d’illusions, économie globalisée et financiarisée, argent-roi en tous domaines  : la mise en scène, qui emprunte quelques codes de la bande dessinée et du game show, vise à mettre en lumière certains prolongements actuels de cette pièce féroce et exacerbée. Agnès Santi *Lire notre entretien La Terrasse n°257 Les 12 et 13 avril à 19h30. davantage de confiance en eux et cultivent le plaisir d’une fabrication collective. Accueillis comme une troupe, ils sont accompagnés par des comédiens professionnels qui les épaulent, dont notamment Les Éclaireurs, complices chevronnés d’Irina Brook – Issam Kadichi, Kévin Ferdjani, Marjory Gesbert et Irène Reva. Le plus grand des dramaturges s’adresse à tous… Agnès Santi Le 23 mars 2019. Entrée libre sur réservation. Théâtre national de Nice, Centre Dramatique National, promenade des Arts, 06300 Nice. Du 23 mars au 13 avril 2019. Tél. 04 93 13 79 60. focus 21 la terrasse 274 mars 2019



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