La Terrasse n°274 mars 2019
La Terrasse n°274 mars 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de mars 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 88

  • Taille du fichier PDF : 18,8 Mo

  • Dans ce numéro : visages de la danse 2019.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 18 la terrasse 274 mars 2019 Licence N°1-1066105 - Crédits Photos  : Julien Panie - Istock ACTUELLEMENT LOCATION 01 48 74 25 37 Retrouvez-nous sur Facebook WWW.THEATREDEPARIS.COM MAGASINS FNAC, FNAC.COM ET SUR L’APPLI TICK&LIVE THÉÂTRE DE PARIS - SALLE RÉJANE, 15 rue Blanche, 75009 Paris Métro  : Trinité/Blanche/Saint-Lazare Entretien/Jean-François Sivadier Un ennemi du peuple MC2/d’Henrik Ibsen/MES Jean-François Sivadier Jean-François Sivadier aborde Ibsen pour la première fois, en choisissant celle de ses pièces qu’il considère comme la plus singulière et la plus centrale  : une farce cauchemardesque d’une pertinente actualité. Avec notamment Sharif Andoura et Nicolas Bouchaud. Pourquoi monter cette pièce ? Jean-François Sivadier  : Il y a longtemps que je m’intéresse à l’univers d’Ibsen. Même si cette pièce n’est pas tout à fait représentative de son théâtre (elle n’est ni psychologique, ni chargée de symboles), elle me paraît être au centre de l’œuvre, comme un manifeste où l’auteur se livrerait pour la première fois, sans le masque d’une intrigue trop complexe. Elle est écrite par un homme en colère qui s’est taillé une réputation d’auteur à scandale. La presse libérale s’est rangée du côté des conservateurs pour faire son procès. Dans Un ennemi du peuple, Ibsen endosse ouvertement le costume d’un de ses personnages pour répondre à ses détracteurs et vider son sac ! Comme Critique s’il s’adressait à son public en disant « vous ne m’aimez pas ? Je ne vous aime pas non plus ! Voilà le monde dans lequel vous vivez et vous courez à la catastrophe ! » La dernière phrase de la pièce (« L’homme le plus fort au monde, c’est l’homme le plus seul. ») est à la fois une provocation, un bras d’honneur, mais aussi certainement un leitmotiv essentiel de toute son œuvre. Par ailleurs, la pièce étonne par son rythme, son énergie, sa couleur épique, son côté thriller politique et surtout son humour. On a l’impression que la comédie est l’outil dont Ibsen a besoin pour aller au bout de sa colère. Qui est Stockmann ? J.-F. S.  : Stockmannest un petit médecin de Le bois dont je suis fait Théâtre de Belleville/DE Julien Cigana ET Nicolas Devort/MES Clotilde Daniault Une histoire familiale avec deux acteurs et deux tabourets, la simplicité au théâtre est une vertu que Le bois dont je suis fait sublime. Les histoires de famille se ressemblent beaucoup. Celle des Lachassette a été imaginée par deux garçons, comédiens, Julien Cigana et Nicolas Devort, qu’on retrouve sur scène pour en interpréter tous les personnages. Comme chez Aznavour, c’est la maman qui va mourir, et les hommes sont de retour, en l’occurrence Tristan. Comme chez Lagarce, le fils maudit, c’est celui qui a quitté la petite ville de province pour mener à la capitale une vie plus libre, instable, du point de vue affectif comme du point de vue professionnel. Une différence, Tristan est hétérosexuel. Mais d’une famille où, comme souvent, le père impose sa colère et ses rapports de force, quand la mère est plus souple, à l’écoute, accommodante. De cette ville de Chabris, près de Lyon, où vivent les aînés, le frère de Tristan, lui, n’a pas bougé. Il travaille dans l’immobilier avec son paternel, s’est marié, va avoir un deuxième enfant, un schéma bien trop traditionnel dans lequel il ne trouve visiblement pas son bonheur. Les histoires de famille se ressemblent beaucoup, donc, comme nos existences. Et celle du Bois dont je suis fait, tout aussi comique que tragique, souligne combien il est difficile de se libérer de ce qui nous a façonnés, avec autant d’humour que de sensibilité. Tout fonctionne à la perfection Sur scène, deux acteurs et deux tabourets. Avec de simples gestes, de petites mimiques et une pointe d’accent parfois, ils interprètent les dix personnages qui s’entrecroisent au cours de ces rendez-vous familiaux qui se rapprochent aussi vite que la mort de leur mère. Les scènes s’enchaînent à un rythme soutenu – scènes de repas, de disputes, d’intérieur et d’extérieur – et prennent corps grâce à un travail sonore et de lumières bien dosé, mais aussi par des dialogues elliptiques et efficaces qui dessinent les rapports entre les personnages en même temps qu’ils font avancer l’action. Dans la mise en scène et en jeu de Clotilde Daniault, tout fonctionne à la perfection. Nicolas Devort, émouvant dans ses personnages aux teintes féminines, et Julien Cigana, Le bois dont je suis fait, au Théâtre de Belleville. penchant plus vers le bourru masculin, ne sont jamais loin de l’ordinaire mais échappent toujours à la facilité des clichés. Ils font prendre vie à chacun de leurs rôles comme ils font exister chaque situation. Un tour sur eux, un noir, et les voilà lancés dans un autre espace, à interpréter d’autres personnages. Pièce cinématographique dans son découpage, Le bois dont je suis fait happe aussi parce qu’il parle de cette famille qui nous constitue, qui nous définit, inéluctablement, qu’on veuille ou pas s’en extirper. Il rappelle aussi combien la matière brute du théâtre ressemble à celle de nos vies. Des corps, des mots, dans un monde vide que l’on remplit d’imaginaire. éric Demey Théâtre de Belleville, 94 rue du Faubourg-du- Temple, 75011 Paris. Du 3 février au 25 mars. Le dimanche à 20h30, le lundi à 21h15. Tél. 01 48 06 72 34. Durée  : 1h30. D. R.
Benjamin Porée D. R. Le metteur en scène Jean-François Sivadier. « La comédie est l’outil dont Ibsen a besoin pour aller au bout de sa colère. » province qui va se laisser embarquer dans ce qu’il croit être sa vocation  : délivrer la société du mensonge et de la corruption. L’intrigue est très simple  : dans une station thermale qui assure, à elle seule, la prospérité économique de la ville, Stockmanndécouvre que l’eau des bains est empoisonnée par une bactérie. Théâtre Olympia CDN de Tours Festival Wet Il préconise la fermeture de l’établissement, le temps des travaux. Son frère, le préfet, s’y oppose catégoriquement  : il est impossible de toucher à ce qui fait la richesse et la renommée de la ville. La pièce raconte l’affrontement entre le scientifique, qui pense que la vérité se suffit à elle-même et qu’il aura la population de son côté, et tous ceux qui vont manipuler la vérité pour protéger leurs intérêts. Mais Stockmannn’est pas un révolutionnaire. Il jette son corps dans la bataille et se prend les pieds dans le tapis d’un ego démesuré et d’une absence totale de conscience politique. Il est autant amoureux de la vérité que de sa propre gloire. La colère de Stockmann, qu’elle fascine ou exaspère, a le mérite de faire trembler les murs. Mais aujourd’hui, au lieu d’applaudir le héros, on a plutôt envie de huer le petit-bourgeois qui, enivré par la notoriété, a lâché un combat légitime dont il a perdu le sens. Entre autres questions, la pièce soulève, en filigrane, celle de l’antagonisme entre l’intérêt individuel et l’intérêt collectif, entre l’homme et le citoyen, entre le « nous » et le « je » … Propos recueillis par Catherine Robert MC2, 4 rue Paul-Claudel, 38000 Grenoble. Du 7 au 15 mars 2019. Mercredi, jeudi et samedi à 19h30 ; mardi et vendredi à 20h30. Tél. 04 76 00 79 00. Puis tournée, dont, du 10 mai au 15 juin, au Théâtre de l’Odéon à Paris. Quatrième édition de ce festival de jeunes compagnies choisies par de jeunes comédiennes et comédiens, Wet s’impose de plus en plus dans le paysage de l’émergence. Au festival Wet, ce sont les comédiens de l’ensemble artistique du théâtre Olympia- CDN de Tours qui se mouillent en établissant la programmation de chaque édition. Force est de dire qu’ils ont eu le nez creux jusqu’ici, donnant par exemple ces dernières années à découvrir les travaux du collectif Os’o, de Marion Siéfert, du collectif Le Grand cerf bleu ou encore de Lorraine de Sagazan, entre autres. Tout autant d’artistes ou de compagnies dont le talent a depuis été unanimement Change me, au festival Wet. reconnu. Ce sont neuf spectacles encore qui figureront au programme de cette quatrième édition, réunis sur trois jours au CDN de Tours et dans d’autres lieux tourangeaux. On peut donc s’attendre à y découvrir des propositions plus qu’intéressantes. jourd’hui dans Chantal, le grand chelem à travers le personnage d’une coach de tennis. Change me de Camille Bernon et Simon Bourgade revisite Ovide et le mythe d’Iphis pour traiter de la question de l’identité sexuelle. Durée d’exposition de Camille Dagen cherche à retrouver le monde à travers un œil de photographe. Dans Hamlet de Roman Jean-Elie, cinq comédiens revisitent le classique shakespearien en moins d’une heure. Le Palace de Rémi de Judith Longuet Marx voit trois jeunes Un programme éclectique Je m’en vais mais l’état demeure de Hugues Duchêne, théâtre d’actualité politico-documentaire façon génération Y, soulève questions et promesses. Part-Dieu, chant de gare de Julie Rossello-Rochet et Julie Guichard traite de l’immigration des mineurs isolés, versant administratif, une épopée de papiers qui en dira certainement long sur notre monde. Barbara Atlan parle des jeunes femmes d’auun peu paumés tenter de faire de la musique en reliant ordinateurs et plantes vertes. Toi, tu creuses de Blaise Pettebone et Alicia Pratx mélange processus de création et interrogations sur la véracité du réel. Et enfin, création jeune public marionnettique, Capuche de Victoria Bellen Martinez rappelle combien on a parfois envie de se cacher pour mieux rester soi-même. Un programme éclectique, dense, qui raconte le monde et comment l’appréhendent les jeunes d’aujourd’hui. éric Demey CDN de Tours, 7 rue de Lucé, 37000 Tours. Du 22 au 24 mars. Tél. 02 47 64 50 50. À TABLE ! RENCONTRES ARTS, SCIENCES, SOCIÉTÉ 15 TABLES RONDES 4 SPECTACLES 10 FILMS DU 16 AU 23 MARS 2019 théâtre 19 la terrasse 274 mars 2019



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