La Terrasse n°273 février 2019
La Terrasse n°273 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : puissance d'écriture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 6 la terrasse 273 février 2019 KYOTO FOREVER 2 Frédéric Ferrer Cie Vertical Détour Critique Le Royaume étranger/Comédie de Genève/d’après le scénario de Lars von Trier ET Niels Vørsel/mes Oscar Gómez Mata Après Le Direktør* en 2017, le metteur en scène Oscar Gómez Mata revient à la Comédie de Genève avec une nouvelle œuvre de Lars von Trier. Il crée Le Royaume, d’après la première saison de L’Hôpital et ses fantômes (Riget), série télévisée imaginée par le cinéaste danois en 1994. Dans Riget, série présentée en France sous le titre L’Hôpital et ses fantômes, Lars von Trier nous ouvre les portes du Rigshospitalet, hôpital de Copenhague (surnommé Le Royaume) au sein duquel le réalisateur danois entremêle les codes et les intrigues d’un feuilleton hospitalier, d’une comédie burlesque et d’un film d’épouvante. C’est la première saison de cet objet télévisuel devenu culte qu’Oscar Gómez Mata porte aujourd’hui à la scène. Le metteur en scène d’origine espagnole (qui a créé à Genève, en 1997, la Compagnie L’Alakran) en signe lui-même l’adaptation (en collaboration 12 FÉV. > 23 FÉV. Cartoucherie 75012 Paris T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr OPTRAKEN GALACTIK ENSEMBLE THÉÂTRE HUMOUR du 12 au 23 février 2019 avec Aymeric Demay et Jean-Daniel Piguet), projetant l’œuvre de Lars von Trier dans un univers de farce théâtrale nourrie de nombreux clins d’œil et effets clownesques. Sur scène, un groupe de dix comédiennes et comédiens endosse ainsi les rôles de personnages aux forts accents parodiques  : médecins arrogants et incompétents, infirmières et infirmiers à l’intelligence très relative, employés de cuisine atteints de trisomie… Se mêle à cette communauté une vieille femme extralucide qui s’invente des maladies imaginaires afin de fréquenter l’hôpital et de venir en aide au À VUE mise en scène et chorégraphie Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth texte de Jean-Luc A. d’Asciano 106 RUE BRANCION 75015 PARIS 01 56 08 33 88 photo  : Milan Szypura Baptiste Klein Le Royaume, mis en scène par Oscar Gómez Mata. fantôme d’une petite fille assassinée, en ces mêmes lieux, au début du xx e siècle. Le sillon du ridicule Résolument loufoque, le spectacle incarné par Pierre Banderet, Valeria Bertolotto, Claire Deutsch, Vincent Fontannaz, Christian Geffroy Schlittler, David Gobet, Camille Mermet, Aurélien Patouillard, Bastien Semenzato et, en alternance, Alma Boccadoro et Clélia Brander, se réapproprie Riget avec pour souci essentiel Mathilda Olmi, assistante Noa Vuagniaux Kafka sur le rivage Théâtre de la Colline/d’après Haruki Murakami/MES Yukio Ninagawa Créé peu avant la mort de son metteur en scène Yukio Ninagawa en 2016, Kafka sur le rivage adapte un texte du célébrissime écrivain Haruki Murakami, construit autour du mythe d’Œdipe. Kafka sur le rivage. Ici, les mondes se croisent. La mise en scène de Yukio Ninagawa, grand spécialiste nippon des tragiques grecs et de Shakespeare, adapte pour la scène un récit teinté de réalisme magique, construit autour du mythe d’Œdipe et d’un personnage nommé Kafka... Ce dernier, orphelin de mère, a quinze ans et fuit le domicile familial, son père sculpteur et la prophétie de sa malédiction, pour trouver refuge auprès d’une bibliothécaire hémophile et androgyne et d’une femme qui pourrait être sa mère et qu’il rêve être son amante. Peu après son départ, son père meurt assassiné... Parallèlement, l’écrivain japonais développe une narration autour d’un personnage nommé Nakata, homme simple d’esprit qui parle aux chats et gagne sa vie en récupérant des félins égarés. Points de rencontre Pour transposer ce roman d’apprentissage, Yukio Ninagawa a réuni une équipe de dixhuit comédiens et propose une succession de tableaux qui oscillent entre onirisme et d’imposer la réalité du présent théâtral qu’il invente devant nous. Ce présent s’attache à créer toutes sortes de passerelles entre les acteurs et le public, entre l’œuvre originelle et le cadre de la représentation. Cela, comme le déclare Oscar Gómez Mata, afin de stimuler la pensée des spectateurs et d’établir un dialogue avec eux. Pourtant, les successions de gags qui surchargent Le Royaume enferment davantage la perception que l’on peut avoir de la série de Lars von Trier qu’elles n’ouvrent des perspectives d’imaginaire et de réflexion. Car cette proposition, renvoyant à une forme de système, finit par paraître monotone et simpliste. Effets de travestissement, jeux de perruques, ruptures dramaturgiques, refus de l’illusion théâtrale creusent, durant trois heures et trente-cinq minutes, le sillon de l’artifice et du ridicule. Les amateurs d’humour potache auront mille occasions de rire. Les autres chercheront vainement des points d’accroche leur permettant d’envisager autrement les paradoxes des événements qui rythment la vie du Rigshospitalet. Manuel Piolat Soleymat * Spectacle repris du 8 au 15 février 2019 à la Comédie de Genève et présenté du 12 mars au 4 avril au Théâtre de la Bastille à Paris. Comédie de Genève, 6 bd des Philosophes, 1205 Genève, Suisse. Du 22 janvier au 6 février 2019. Du mardi au jeudi à 19h30, le vendredi à 20h, le samedi à 18h. Le dimanche 3 février à 16h. Durée de la représentation  : 3h35 avec entracte. Tél. +41 22 320 50 01. www.comedie.ch également au Théâtre Vidy-Lausanne du 5 au 9 mars 2019. réalisme. Ici, les poissons tombent du ciel et les prostituées vénèrent Hegel au gré des errances existentielles des personnages. Succès planétaire adaptant le texte d’un romancier mondialement célébré, ce spectacle offre un point de rencontre entre les modes de pensée occidentale et asiatique. Pour ce metteur en scène qui a toujours travaillé à la croisée des deux cultures, il s’agissait de « préserver la liberté d’imagination du spectateur en stratifiant plusieurs images », de s’inspirer des dispositifs de diorama pour « visualiser le monde onirique et labyrinthique caché derrière le texte ». Un spectacle initiatique, qui traverse aussi bien des légendes japonaises que la question du destin à travers le thème universel de la quête d’identité. éric Demey Théâtre de la Colline, 15 rue Malte-Brun 75020 Paris. Du 15 au 23 février, du mardi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h30. Tél. 01 44 62 52 52. Takahiro Watanabe
Mathilda Olmi Critique Retour à Reims Théâtre de la Ville, Espace Pierre-Cardin/d’après Didier Eribon/MES Thomas Ostermeier Conjuguant film documentaire et théâtre, Thomas Ostermeier adapte pour la scène l’essai de Didier Eribon*, qui se fonde sur l’analyse de son parcours de « transfuge de classe ». Adepte d’un théâtre politique qui implique fortement le spectateur, le metteur en scène convoque le réel et le vécu, et ébauche un débat urgent… Fidèle à sa volonté d’éclairer et d’interroger le réel à travers son travail théâtral, Thomas Ostermeier s’empare du remarquable texte de Didier Eribon en actualisant son propos. Une actualisation qui souhaite accorder une grande place à la dimension intime de cet « essai d’auto-analyse » ou « introspection sociologique » – selon les mots de l’auteur –, et à son envergure politique. C’est après la mort de son père que Didier Eribon est parvenu à retourner à Reims, dans son milieu d’origine ouvrier avec lequel il avait consommé une rupture. Homosexuel, étudiant en philosophie puis universitaire, il n’a pas revu sa famille pendant environ trente ans. Avec une honnêteté minutieuse et une précision d’orfèvre, il livre dans son ouvrage les nuances d’une quête et enquête percutante, qui analyse le processus de son retour autant que celui de son éloignement, et décortique les impitoyables mécanismes de domination sociale. Parmi le public de l’Espace Cardin, il est d’ailleurs amusant de constater à quel point se reconnaissent les attributs d’une classe, distinguée notamment par le goût de l’art. En Allemagne, Thomas Ostermeier a créé une version avec la grande comédienne Nina Hoss, fille d’un ouvrier devenu cofondateur d’un parti écologiste. Il crée ici une version adaptée au contexte français, avec notamment Irène Jacob et sa belle voix posée. Ne se contentant pas d’une illustration ou d’une restitution scénique, le metteur en scène souhaite engager un dialogue avec le spectateur, inscrire les trajectoires de Didier Eribon et d’autres comme repères pour comprendre davantage la société dans laquelle nous vivons, ouvrir le débat sur les évolutions politiques de notre époque, et notamment sur l’échec de la gauche à incarner un espoir pour les classes populaires, qui se tournent vers l’extrême droite. Un théâtre à l’écoute du monde Pour ce faire, il instaure diverses formes de dialogues sur la scène même, transformée en studio d’enregistrement, où une actrice enregistre un texte extrait de Retour à Reims qui accompagne un documentaire sur Didier Eribon, projeté sur grand écran. L’auteur a accepté d’être filmé sur les lieux de son enfance, notamment avec sa mère, ce qui est un geste fort de confiance envers le metteur en scène. Paul, le réalisateur du film (Cédric Eeckhout), et Tony, gérant du studio situé en grande banlieue (Blade Alimbaye), sont aux manettes, à l’écoute de la comédienne, qui signifie à plusieurs reprises son désaccord sur Retour à Reims, adapté par Thomas Ostermeier. les choix du réalisateur. Si la première partie est centrée sur Didier Eribon, la seconde traverse certaines étapes marquantes de l’histoire politique du vingtième siècle, à partir de mai 1968, jusqu’aux gilets jaunes, expression actuelle d’une « guerre sociale » imprégnée de passions négatives. Semblable à une petite pièce d’un vaste puzzle, ce glissement (très) rapide vers notre actualité donne envie de davantage analyser la complexité du monde. On pense aux gilets jaunes dignes et solidaires (beaucoup de femmes seules avec enfants), on pense aussi aux dérives complotistes, violentes, antisémites, homophobes ou racistes de certains dont des désignés meneurs souvent considérés avec une étonnante complaisance. Comme si un nazillon pouvait être confondu avec Rosa Luxemburg. Pour finir, place à la parole de Blade Alimbaye et à l’histoire de son grand-père, tirailleur sénégalais qui combattit pour la France, comme beaucoup d’autres soldats africains, qui furent méprisés, et pour certains assassinés par l’armée française pour avoir réclamé leur solde. Quoique surajoutée, cette fin précise souligne la nécessité d’une mémoire partagée. Peut-être que Thomas Ostermeier complètera le puzzle ébauché par un nouvel opus. Ce serait bien ! Agnès Santi * Publié en 2009, aux éditions Fayard. Théâtre de la Ville, Espace Pierre-Cardin, Studio, 1 av. Gabriel, 75008 Paris. Du 11 janvier au 16 février 2019 à 20h, le dimanche à 16h. Relâche les lundis ainsi que les 30 et 31 janvier. Durée de la représentation  : 2h15. Tél. 01 42 74 22 77. Coproduction Théâtre Vidy-Lausanne. www.theatredelaville-paris.com également les 21 et 22 février 2019 à la Scène nationale d’Albi ; les 28 février et 1er mars à la Maison de la Culture d’Amiens ; du 6 au 8 mars à la Comédie de Reims ; les 14 et 15 mars à la Scène nationale de Poitiers ; du 21 au 23 mars à La Coursive - Scène nationale de La Rochelle ; les 28 et 29 mars aux Scènes nationales de Belfort et de Montbéliard ; du 5 au 7 avril au Théâtre Vidy-Lausanne ; les 24 et 25 avril au TANDEM - Scène nationale de Douai ; du 2 au 4 mai à Bonlieu - Scène nationale d’Annecy ; du 14 au 16 mai à La Comédie de Clermont-Ferrand ; les 22 et 23 mai à L’apostrophe - Scène nationale de Cergypontoise et du Val d’Oise. Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr MINISTÈRE DE LA CULTURE MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION NOUVEAU CIRQUE D’OBJETS –TAÏWAN Formosa Circus Art Boire dans un parapluie, presser des oranges avec le dos, faire d’un cintre un outil à grimaces… En se débarrassant des codes circassiens, les acrobates du Formosa Circus Art explorent des nouvelles manières d’exercer leurs qualités de souplesse, d’équilibre et d’endurance par le détournement d’objets du quotidien. Spectacle 14/02/19 - 17/02/19 #HowLongIsNow ? www.quaibranly.fr UNE CRÉATION DU TAIPEI ARTS FESTIVAL 2016. AVEC LE SOUTIEN DU CENTRE CULTUREL DE TAÏWAN À PARIS Chen Etang, Formosa Circus Art, Taipei Arts Festival 2016 théâtre 7 la terrasse 273 février 2019



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