La Terrasse n°273 février 2019
La Terrasse n°273 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : puissance d'écriture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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danse 40 la terrasse 273 février 2019 Shantala Shivalingappa dans aSH. Critique aSH LA SCALA PARIS/conception, scénographie et mes Aurélien Bory Aurélien Bory clôt sa trilogie de portraits de danseuses avec Shantala Shivalingappa. Il crée un espace tout en vibrations où l’art de la danse exprime ses rites fragiles et tenaces. Après Questcequetudeviens ? (2008) consacré à la danseuse de flamenco Stéphanie Fuster, Plexus (2012) qui façonne le portrait de Kaori Ito, Aurélien Bory clôt la trilogie avec un opus dédié à une autre danseuse dont la vie se confond avec la danse  : Shantala Shivalingappa. Au-delà Aglaé Bory de portraits scéniques, ces œuvres expriment surtout à travers les dispositifs fabriqués pour les danseuses des points de cristallisation, de tension, de friction, ou de communion, entre extérieur et intérieur, entre soi et la danse. Des moments de beauté et d’intensité aussi, où s’affirme pleinement le geste de la danseuse. Avec un nom qui recèle en son sein Shiva, dieu de la danse ; avec une mère danseuse, Savitry Nair, qui l’initie à cet art dès son plus jeune âge, Shantala Shivalingappa est une danseuse née. Elle a suivi l’enseignement rigoureux d’un maître en Kuchipudi, danse du Sud de l’Inde, avant d’interpréter ses propres soli autour du monde ; elle a aussi travaillé avec Maurice Béjart, Peter Brook, Pina Bausch, Ushio Amagatsu, Sidi Larbi Cherkaoui… Impressionnant parcours ! Au début de la représentation, à jardin, s’élèvent les percussions de Loïc Schild, joueur de Maddalam, instrument du Sud de l’Inde que très peu d’occidentaux maîtrisent. Shantala se tient face à un fond de scène totémique, une vaste toile de papier animée par des vibrations visuelles et sonores qui perturbent l’ordre géométrique de ses motifs mordorés. Les pieds enracinés dans le sol, Shantala déploie ses bras avec une grâce et une technique remarquables. Dans une atmosphère de clair-obscur, ce dispositif s’avère une matière vivante, mouvante, ondulante, jusqu’à devenir menaçante au point de suggérer une possibilité de disparition de la danseuse. La vibration à la source du monde Aurélien Bory rappelle que le titre de la pièce évoque les initiales de Shantala, mais aussi La Tempête/Chor. Roser Montlló Guberna ET Brigitte Seth À vue Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth interrogent le genre et nos identités multiples dans À vue. À vue de Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth. Depuis la naissance en 1997 de leur compagnie Toujours après minuit, Roser Montlló Guberna et Brigitte Seth se plaisent à emmêler les genres, passant avec bonheur du théâtre à la danse sans bouder la musique, dérapant qui plus est du français à l’espagnol. Avec À vue, elles montent d’un cran et jouent avec le genre. D’interrogatoires en confessions elles se dévoilent, en compagnie de leur complice Sylvain Dufour, femmes ou hommes, se transformant devant nos yeux pour mieux questionner nos identités tout aussi multiples et complexes qu’uniques et singulières. Que disent de nous nos appartenances, notre apparence ? Dans une tentative d’échapper aux diktats, à leur manière toujours pleine d’audace, d’humour et de fantaisie, elles hybrident les corps, à vue, en même temps que les disciplines. Delphine Baffour La Tempête, Cartoucherie, route du Champde-Manœuvre, 75012 Paris. Les 12, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22 et 23 février à 20h30, le 17 février à 16h30. Tél. 01 43 28 36 36. Durée  : 1h15. Christophe Raynaud De Lage la cendre et le cycle de la mort et de la vie qu’elle représente, et Shiva, dieu complexe de création et de destruction, dont la peau est couverte de cendre. Aucune dimension figurative ou superficielle dans cette scénographie fondée sur la vibration, sur le rythme, où le visuel et le sonore interagissent sans cesse, avec des percussions insistantes et entêtantes. Parfois l’impression d’une technicité aride domine, dans un corps à corps où la danse s’écrit grâce à la volonté de la danseuse, fragile, infiniment éphémère. Lors d’une belle scène, Shantala réinvente le rite du kolam, dessin au sol réalisé à l’aide de farine de riz devant les maisons indiennes en signe de bienvenue. À l’aide de ses pieds, elle trace des cercles parfaits. In fine, lorsque le fond de scène se dénude et que le papier couleur cendre recouvre la danseuse, elle renaît dans un rituel de réconciliation et de communion d’une grande délicatesse, signifiant tout le pouvoir de l’art, et d’une transmission sacrée nourrie de labeur et de mystère. Agnès Santi La Scala-Paris, 13 bd de Strasbourg, 75010 Paris. Du 16 février au 1er mars à 21h, dimanche à 15h, relâche lundi. Tél. 01 40 03 44 30. Durée  : 1h20. Site  : lascala-paris.com Durée  : 1h20. Spectacle vu à la Maison de la Culture de Bourges. également le 24 mai au Théâtre de l’Olivier à Istres, les 28 et 29 mai au Théâtre de Caen. MC93/Chor. Monika Gintersdorfer ET Franck Edmond Yao Nana ou est-ce que tu connais le bara ? Le collectif La Fleur revisite Nana, célèbre roman d’émile Zola, à partir des codes de la danse urbaine. Nana ou est-ce que tu connais le bara ? du collectif La Fleur. La Fleur est un collectif de DJ’s, danseurs et acteurs, qui interchangent à l’envi leurs pratiques sur scène et dont les membres viennent de Côte d’Ivoire, d’Allemagne, de RDC ou de France. Après s’être inspirés de Balzac et de sa Fille aux yeux d’or pour leur spectacle Les Nouveaux Aristocrates, présenté la saison dernière à la MC 93, ils y reviennent pour créer Nana ou est-ce que tu connais le bara ? S’attaquant à Zola et à sa célèbre courtisane, ils donnent une nouvelle fois une lecture contemporaine d’une œuvre du xix e siècle, mêlant théâtre et danses urbaines, Europe et Afrique, intime et politique. Avec une énergie débridée, s’appuyant sur la forte personnalité de chacun des interprètes, ils revisitent le destin de la jeune actrice, qu’ils voient comme la grande sœur des performeurs d’aujourd’hui. « Nana est une entrepreneuse prospère qui utilise son corps comme première ressource disponible et ne craint ni les risques ni les difficultés » écrivent-ils avant d’ajouter  : « Mais Nana est aussi la parfaite incarnation du capitalisme. Elle consomme sans cesse et sans modération, elle consomme tout et tout le monde sans réserve. » Delphine Baffour MC 93, Maison de la Culture de Seine-Saint- Denis, 9 bd Lénine, 93000 Bobigny. Les 12, 13 et 15 février à 20h, le 14 février à 14h30, le 16 février à 18h. Tél. 01 41 60 72 72. Durée  : 1h45. Felix Schoeller
D. R. D. R. Cocagne. Chaillot - Théâtre National de la Danse/Chor. Emmanuelle Vo-Dinh Cocagne La nouvelle création d’Emmanuelle Vo-Dinh continue de questionner son sens de la composition. Déjà, son précédent Tombouctou déjà-vu invitait un large groupe de danseuses et de danseurs à entrer dans une écriture dont les remaniements constants appelaient à composer et recomposer, dans l’espace comme dans la rétine du spectateur, l’histoire plurielle d’un être ensemble. Aujourd’hui, avec neuf interprètes, Emmanuelle Vo-Dinh ne fait pas autre chose que d’interroger plus avant cette question de la composition, quand elle s’accompagne de transformations qui toujours amènent le mouvement dans des états de corps singuliers. Cocagne a la particularité de puiser sa matière dans des sources très diverses, pour beaucoup picturales et déjà présentes dans l‘imaginaire collectif. Charge aux danseurs d’en proposer des fresques vivantes, élaborant des partitions où la gamme des émotions reste très présente. Entrées, sorties, répétitions, variations, la trame se confond en un processus mouvant, tout comme le paysage sonore savamment élaboré, entre citations et création musicale en direct. Nathalie Yokel Chaillot - Théâtre National de la Danse, place du Trocadéro, 75016 Paris. Les 12 et 13 février 2019 à 19h45, le 14 à 20h30. Tél. 01 53 65 30 00. T2G – Théâtre de Gennevilliers/chor. Alain Michard CouaC Dans le cadre du Festival Jeune et Très Jeune Public de Gennevilliers, le chorégraphe Alain Michard présente au Théâtre de Gennevilliers CouaC. Un ballet burlesque qui se solde en concert rock. CouaC. Ils marchent en solitaire. S’arrêtent parfois pour dompter une chaise, pour jongler avec un tas de poussière ou pour esquisser une acrobatie. Un orchestre, comprend-on à cette « petite mécanique du burlesque », ainsi que Svetlana Loboff/OnP la nomme Alain Michard, est en préparation. Mais le concert aura-t-il lieu ? à en juger par le titre de la pièce, CouaC, rien n’est moins sûr. Bientôt pourtant, les quatre régisseurs – Manuel Coursin, Julien Gallée-Ferré, Theodoor Kooijman et Nuno Lucas –, aussi maladroits et rêveurs que des personnages de Buster Keaton, commencent à se croiser. Bien que désaccordées, leurs errances respectives dessinent une partition au croisement de la danse, du cirque, du théâtre et de la musique. À la place des concertistes attendus, ce sont les étranges marcheurs qui finissent par s’emparer des instruments pour se livrer à un concert à leur image. Décalé, rock et dadaïste. Anaïs Heluin T2G–Théâtre de Gennevilliers, 41 av. des Grésillons, 92230 Gennevilliers. Le 15 février 2019 à 19h. Tél. 01 41 32 26 26. www.theatre2gennevilliers.com Opéra Bastille/Chor. Rudolf Noureev Le Lac des cygnes Le Lac des cygnes, dans la version de Rudolf Noureev, enchante pour plus d’un mois l’Opéra Bastille. Le Lac des cygnes de Rudolf Noureev par le Ballet de l’Opéra de Paris. Ballet féérique toujours acclamé, Le Lac des cygnes revient à L’Opéra Bastille dans la version de Rudolf Noureev, qui y fait référence depuis sa création en 1984. Conservant les lignes géométriques majestueuses dessinées pour le corps de ballet comme la mythique jeune fille cygne Odette et son redoutable double Odile qu’avaient imaginés Marius Petipa et Lev Ivanov, l’étoile russe y peaufine les rôles masculins. Ainsi le prince Siegfried, de rêve freudien en variations virtuoses, prend du corps et de la profondeur, tandis que le démoniaque Rothbart s’invite dans les pas de deux du couple d’amoureux qu’il précipite dans un destin tragique. La somptueuse musique de Tchaïkovski, la vélocité de la chorégraphie, la grâce des lignes et des bras magiquement devenus ailes ondulantes font du Lac des cygnes un événement à ne jamais manquer. Delphine Baffour Opéra Bastille, place de la Bastille, 75012 Paris. Les 16, 19, 20, 21, 22, 23, 26 février et les 1, 2, 5, 6, 8, 9, 11, 12, 14, 15, 19 mars à 19h30, les 17 février et 3 mars à 14h30. Tél. 08 92 89 90 90. Durée  : 2h55 avec un entracte. JEUDI 21 ET VENDREDI 22 FÉVRIER 2019 ∞∞∞∞∞∞ SONGLINES WLDN - JOANNE LEIGHTON DANSE SUR UNE MUSIQUE DE TERRY RILEY ∞∞∞∞∞∞ SALLE DE SPECTACLE 19H30 www.carreaudutemple.eu/01 83 81 93 30 WWW.DANSFABRIK.COM Vas-y Paulette danse 41 la terrasse 273 février 2019



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