La Terrasse n°273 février 2019
La Terrasse n°273 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : puissance d'écriture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 34 la terrasse 273 février 2019 Théâtre de la Cité/DE Camille de Toledo/mes Christophe Bergon PRLMNT Fiction d’anticipation sur l’Europe politique en deux volets, PRLMNT offre également l’occasion de découvrir les jeunes comédiens de l’Atelier-Cité. Notre avenir se conjuguera-t-il encore avec l’Europe ? En ces temps pré-électoraux d’un vote à haut risque pour l’avenir de l’Union, Camille de Toledo propose un diptyque qui rassemble tout d’abord un fonctionnaire européen et un lobbyiste américain, avant de dessiner les contours d’un avenir européen désirable. Deux volets mis en scène par Christophe Bergon avec les sept comédiens de l’Atelier-Cité, dispositif d’insertion professionnelle pour de jeunes artistes imaginé par la nouvelle direction du Théâtre de la Cité. Une plongée politique qui ausculte l’écroulement progressif d’une belle utopie et cherche à esquisser les voies de son redressement, à travers deux fictions d’anticipation présentées séparément ou dans leur intégralité. éric Demey Théâtre de la Cité, 1 rue Pierre-Baudis 31000 Toulouse. #L’invention d’un monde, du 12 au 15 février et #La chute de l’Union Européenne + #L’invention d’un monde, du 19 au 21 février. Du mardi au vendredi à 20h, les 13 et 14 à 19h30. Tél. 05 34 45 05 05. également les 26 et 27 mars 2019 à L’Archipel à Perpignan. Odéon, Théâtre de l’Europe/d’Elfriede Jelinek/mES Falk Richter Am Königsweg (Sur la voie royale) Falk Richter met en scène la pièce dans laquelle l’incisive Elfriede Jelinek interroge l’obscénité ubuesque des dérives politiques actuelles dont Donald Trump est le parangon. Un spectacle saignant ! Dès le début du spectacle apparaît l’auteure, yeux et bouche en sang, aveuglée comme le sont tous les acteurs de cette farce grotesque, véritable « jeu de massacre qui tient du music-hall et du radio-crochet, du reality show obscène et du goûter d’anniversaire, du freak show foireux et du spectacle de marionnettes ». Cécité des puissants ; égale cécité de ceux qui les élisent et choisissent le pire en croyant l’éviter. Donald Trump est l’occasion plutôt que la substance de la pièce qu’Elfriede Jelinek a commencé à écrire la nuit de son élection. L’écrivaine autrichienne ne règle pas ses comptes avec le pantin ridicule qui règne désormais sur le monde libre mais interroge la capacité qu’a la servitude volontaire de se choisir les maîtres les plus abjects. Cette pièce est « la pièce politique du moment » et Falk Falk Richter met en scène le brûlot politique d’Elfriede Jelinek. Richter la met en scène de manière baroque et provocatrice, avec une fureur à la hauteur du scandale qu’elle dénonce. Catherine Robert Odéon, Théâtre de l’Europe, place de l’Odéon, 75006 Paris. Du 20 au 24 février 2019. Du mercredi au samedi à 19h30 ; dimanche à 15h. Tél. 01 44 85 40 40. Théâtre de l’Aquarium/d’après Jon Fosse/mes Antoine Caubet Matin et Soir Antoine Caubet adapte à la scène Matin et Soir, roman de l’auteur norvégien Jon Fosse. Entre naissance et trépas, une fable existentielle sur les mystères de l’être et du temps. Antoine Caubet, metteur en scène et co-interprète de Matin et Soir. Tout commence par la naissance de Johannes, un matin, au sein d’une famille de pêcheurs. Quatre-vingts ans plus tard, s’ouvre une autre journée, au cours de laquelle celui qui est devenu un vieil homme s’occupe comme il a pris l’habitude de le faire depuis qu’il est retraité. Tout semble normal et pourtant chaque chose est différente. Son ami Peter, avec qui il passe la journée, n’est-il d’ailleurs pas décédé depuis plusieurs années… ? Matin et Soir explore l’entre-deux qui se détache entre les rives de la vie et celles de la mort. Incarné au Théâtre de L’Aquarium par Pierre Baux, Marie Ripoll et Antoine Caubet (qui signe l’adaptation, la mise en scène et la scénographie), ce roman de Jon Fosse (paru aux Editions Circé en 2003) nous plonge dans les zones à la fois concrètes et abstraites des vacillements, des étonnements, des visions oniriques… Des zones également arpentées par le violoncelliste Vincent Courtois, dont les compositions cristallisent « cet instant où tout vit intensément avant de disparaître entre terre, mer et ciel ». Manuel Piolat Soleymat Théâtre de l’Aquarium, Cartoucherie de Vincennes, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 5 au 25 février 2019. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h. Tél. 01 43 74 99 61. www.theatredelaquarium.com également le 28 février 2019 au Carré Sam à Boulogne-sur-Mer. D. R. Arno Declair danse Entretien/Aurélien Richard Gis_elle Théâtre Marigny, Carré Marigny/chor. Aurélien Richard Pianiste, chorégraphe et metteur en scène, Aurélien Richard crée Gis_elle, une fantaisie chorégraphique qui dévoile les coulisses du métier de danseur. Région/Brest/Festival DañsFabrik Pourquoi avoir choisi de donner votre interprétation de Giselle ? A. R.  : Il y a 20 ans, j’ai été engagé par Brigitte Lefèvre comme chef de chant pianiste à l’Opéra de Paris. J’y ai fait des rencontres merveilleuses. C’était mon premier emploi et je découvrais un monde qui m’était complètement étranger, cela m’a fasciné. Pendant toute cette période je prenais des notes dans un journal. Je les ai conservées et me suis demandé plus tard si je ne pourrais pas faire un spectacle à partir de cette expérience. Progressivement, l’idée m’est venue d’une pièce qui ne serait pas une nouvelle version de Giselle mais qui utiliserait sa narration pour raconter le travail du danseur. Ce qui m’intéresse est de dévoiler les coulisses, de suivre l’itinéraire d’une femme du petit rat à la consécration d’étoile puis la reconversion. Après Noces/Quatuor et Revue macabre vous replongez pour cette pièce dans les archives de la danse ? A. R.  : Ariane Dolfus avec qui je travaille a collecté de très nombreux documents, a réalisé de nouvelles interviews. Je n’avais pas envie de créer un texte de théâtre. Je voulais donner à entendre tous ces témoignages, les retravailler avec l’aide d’auteurs selon ma propre perception, les thématiques que je voulais aborder. Nous parlons dans Gis_elle de l’école, des heures passées à répéter, du fait d’être distri- DañsFabrik s’empare de Brest et met à l’honneur la création chorégraphique internationale et française. La Terrasse, premier média arts vivants en France Layl - Night d’Ali Chahrour. En huit années le festival DañsFabrik, créé à l’initiative du Quartz et s’égrainant dans toute la ville de Brest, a su devenir un des événements incontournables de la scène chorégraphique. Cette nouvelle édition, encore résolument internationale, met à l’honneur l’Europe mais aussi l’Amérique latine et le Moyen Orient. Côté créations, la libanaise Yalda Younes, disciple d’Israel Galván, s’associe à Khyam Allami, musicien multi-instrumentiste britannique d’origine syrienne, pour A universe not made for us. Avec cette performance qui mêle danse, oud, percussions et claquettes, ils souhaitent montrer que « l’humanité est la conséquence et non la cause de l’univers ». Le breton Gaël Sesboüé, adepte du minimalisme et des projets in situ destinés aux musées, présente quant à lui Maintenant Oui. Quatre danseurs y exécutent une partition composée de mouvements simples puis, au fur et à mesure que la pièce se déploie, en modifient le rythme, l’interprétation, le style. La grecque Lenio Kaklea, avec la complicité du critique et dramaturge Lou Forster, crée quant à elle Encyclopédie Pratique. Composée de deux volets, l’un filmique l’autre performatif, cette œuvre explore sous forme de portraits chorégraphiques des pratiques corporelles, des rituels, des métiers des habitants d’Aubervilliers. Volmir Cordeiro et Marcela Santander Corvalan, Josef Nadj, Lisbeth Gruwez, Dominique Brun, Franck Micheletti ou Marlene Monteiro Freitas sont également à l’affiche. Constellations DañsFabrik est aussi l’occasion de mettre à l’honneur les artistes portés par Constellations, un réseau de résidences chorégraphiques internationales qui relie Brest à Beyrouth, Athènes, Berlin et Santiago du Chili. Ainsi, la chorégraphe et interprète chilienne Carolina Cifras ouvre le festival avec la création de Peso Muerto. Premier volet de The Entropy Project qui questionne la mort à l’aune du système économique actuel, la pièce interroge « la transformation de la matière et les relations sociopolitiques entre la mort et le spectacle ». Le libanais Ali Chahrour présente quant à lui pour la première fois en France Layl - Night. Performance inaugurale du triptyque Love, elle examine à travers des récits légendaires et modernes d’amants, les complexités politiques, religieuses et sociales qui les affectent. Delphine Baffour DañsFabrik. Du 25 février au 2 mars. Tél. 02 98 33 70 70. www.dansfabrik.com D. R.
Danielle Voirin Myriam Tirler Aurélien Richard. « Ce qui m’intéresse est de dévoiler les coulisses. » bué ou non dans un rôle, des multiples échelons à gravir, de l’époque de Lifar, de Noureev, de Patrick Dupont. Finalement ce spectacle est peut-être moins Giselle que ce qui est dit sur Giselle par Ghislaine Tesmar, Yvette Chauviré, Florence Clerc ou Agnès Letestu. Comment tout ceci prend-il vie sur scène ? A. R.  : Nous sommes quatre sur le plateau. Elsa Godard, qui était première artiste au Royal Ballet de Londres, incarne la ballerine. Marie Cariès, qui est actrice, interprète un personnage de coach, une forme de mélange entre Yvette Chauviré et Ghislaine Thesmar. Ghislaine m’a toujours fasciné et je tenais à lui rendre hommage. Il y a également Olivier Normand, un acteur qui est aussi chanteur. Il personnifie le garçon qui accompagne Giselle. Et moi je suis une espèce de Monsieur Loyal au piano, ce qui me permet de défendre la musique d’Adolphe Adam qui est un compositeur trop peu reconnu. J’ai retravaillé toute la partition pour que cela sonne comme un orchestre. Nous avons gardé la structure du ballet. Dans l’acte 1, terrien, nous sommes au plus près des répétions, des représentations. L’acte 2, fantastique, est une réinterprétation des grandes scènes de Giselle. Après avoir été nommée étoile, la ballerine est vouée à disparaitre comme toutes celles qui l’ont précédée, à se dissimuler derrière une armée de Wilis. Finalement, chaque Giselle en éclipse une autre, c’est le mouvement de l’histoire. Propos recueillis par Delphine Baffour Théâtre Marigny, Carré Marigny, 75008 Paris. Les 5, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15 et 16 février à 19h, les 10 et 17 février à 14h30. Tél. 01 76 49 47 12. Le Bain/Revoir Lascaux Nanterre-Amandiers/chor. et récit Gaëlle Bourges/à partir de 6 ans Gaëlle Bourges propose des récits chorégraphiques en forme d’explorations  : Le Bain plonge dans l’art pictural du xvi e siècle, et Revoir Lascaux nous emmène dans une célèbre grotte où danse une foule d’animaux. Gaëlle Bourges a toujours conçu ses chorégraphies à partir de l’art pictural. À mon seul désir se fonde sur la tapisserie de La Dame à la Licorne, Le Verrou sur l’œuvre éponyme attribuée à Fragonard… Le Bain ne déroge pas à la règle en s’inspirant de deux tableaux du 16e siècle  : Diane au bain, École de Fontainebleau, d’après François Clouet (musée des Beaux- Arts de Tours), et Suzanne au bain, par Le Tintoret (musée du Louvre-Lens). À travers un texte lu en off, les poses et mouvements des danseuses et quelques subtiles manipulations, Gaëlle Bourges révèle la toile en la plongeant dans un bain (eh oui !) chorégraphique. Elle fait découvrir au jeune public rien moins que les représentations du corps dans la peinture et ce qu’elles véhiculent. À l’aide de mini pièces d’eau, de poupées miniatures, d’accessoires de toilettes, trois danseuses racontent avec humour ces deux histoires mythologiques, et font découvrir aux jeunes (et à leurs parents) tout un pan de l’histoire de l’Art. Relier la danse et l’art pictural Revoir Lascaux s’inspire de l’expédition initiale en septembre 1940 de quatre jeunes garçons âgés de 13 à 18 ans. Eblouis et stupéfaits, ils Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr Revoir Lascaux. découvrirent dans cette grotte devenue mondialement célèbre une multitude d’animaux peints et gravés. C’est dans les déplacements des quatre artistes, qui sont tout autant personnages, danseurs, que marionnettistes, et dans l’organisation spatiale des objets, que vont se nicher les petits secrets et les miracles du spectacle. La chorégraphe a conçu la scène comme un tableau vivant, ou peut-être comme un film… Avec une économie de moyens mais une foultitude de petites choses, le sens apparaît et disparaît au fur et à mesure de la manipulation. On descend dans la grotte et voici que l’imaginaire s’active au fil des formes qui s’animent. Point de réalisme, mais plutôt des fantômes qui s’accordent à nous faire revivre les émotions et l’émerveillement d’une première fois. Agnès Izrine et Nathalie Yokel Nanterre-Amandiers, centre dramatique national, 7 av. Pablo-Picasso, 92022 Nanterre. Le Bain, du 5 au 9 février, samedi à 11h et 18h, durée  : 50 minutes et Revoir Lascaux, du 14 au 18 février, samedi à 18h, dimanche à 16h, durée  : 40 minutes. Tél. 01 46 14 70 00. Emmanuelle Vo-Dinh Cocagne 12 – 14 février 2019 1 place du Trocadéro, Paris www.theatre-chaillot.fr Photo  : Laurent Philippe danse 35 la terrasse 273 février 2019



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