La Terrasse n°273 février 2019
La Terrasse n°273 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : puissance d'écriture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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focus 30 la terrasse 273 février 2019 Quelles compétences faut-il pour diriger une Scène nationale ? Marion Fouilland-Bousquet  : Nous sommes des généralistes. Avant tout, nous faisons ce métier par attachement très fort pour l’art vivant. Notre compétence première est la programmation, la production et la mise en relation des œuvres d’art vivant et actuel avec des publics. Mais nous sommes aussi des gestionnaires qui doivent porter une attention toute particulière à la façon de travailler ensemble et aux ressources humaines. Il faut porter les transformations des Scènes nationales nées dans des conditions économiques différentes d’aujourd’hui tout en faisant en sorte qu’elles restent des structures légères et dynamiques. Comment dosez-vous l’équilibre entre les différentes disciplines que vous programmez ? Philippe Bachman  : « équilibre » est le mot adéquat. Le spectacle « Notre compétence première est la programmation mais nous sommes aussi des gestionnaires » Marion Fouilland-Bousquet Les Scènes nationales font de l’effet ! Du 16 février au 16 mars, l’Effet scènes, un événement organisé par l’Association des Scènes nationales, se déploiera dans les 74 Scènes nationales de France en métropole et outre-mer à travers spectacles, films, rencontres, conférences, expositions, débats, modules de formation… L’occasion de faire le point sur les missions et le dynamisme du premier réseau de la décentralisation culturelle. Entretien/Marion Fouilland-Bousquet et Philippe Bachman Une programmation pluridisciplinaire et internationale Depuis leur création, chaque Scène nationale développe un projet artistique et culturel pluridisciplinaire. Les évolutions de la société et de leurs missions les amènent à structurer davantage aujourd’hui des projets tournés vers l’international. En témoignent Marion Fouilland-Bousquet et Philippe Bachman, respectivement à la tête de Théâtre+cinéma du Grand Narbonne et de La Comète de Châlons-en-Champagne. Entretien/Virginie Boccard et Lionel Massétat L’engagement territorial Maputo Mozambique de Thomas Guérineau  : un spectacle de jonglage musical en février au Théâtre + Cinéma du Grand Narbonne. vivant est un corps organique, qui ne connaît pas de frontières entre les disciplines. L’aspect pluridiciplinaire permet donc une cohérence forte d’un projet. L’équilibre n’est pas le même suivant les villes car il dépend des équipements dont sont dotés les lieux, de leur histoire, de la personnalité des directeurs. L’objectif est que le public puisse accéder à une vitrine de la création la plus diversifiée possible sur l’ensemble du spectre du spectacle vivant. Lionel Massétat dirige la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines, Virginie Boccard, les Scènes du Jura de Lons-le-Saunier, Dole. Ils ont coordonné la réflexion autour de la question de l’engagement territorial des Scènes nationales. Comment caractériser le rapport entre une scène nationale et son territoire ? Virginie Boccard  : Ces caractéristiques diffèrent en fonction de chaque maison et selon le territoire où elle est située. Qu’elles soient situées plutôt en zone rurale ou implantées en ville, les Scènes nationales ne font évidemment pas face à des problématiques identiques, mais elles travaillent toutes au plus près de la population, en contact et en lien étroit avec les acteurs de terrain, pour répondre au mieux à leurs missions de démocratisation culturelle. La population est mouvante  : on travaille sur du vivant, de l’humain, avec tous les âges. Il suffit de venir dans nos équipements pour constater le brassage de population. Quand on travaille avec le maire d’un village et qu’on touche l’ensemble des villageois, on n’a plus rien à démontrer de l’efficacité de notre travail de démocratisation ! Comment ce rapport s’organise-t-il ? Lionel Massétat  : Les Scènes nationales irradient sur le terri- « Les Scènes nationales ne font pas face à des problématiques identiques, mais toutes travaillent au plus près de la population. » Virignie Boccard Entretien/Florence Faivre et Francesca Poloniato La Figure du Gisant, création en mouvement pour 5 danseurs dans l’espace public, de Nathalie Pernette (ici au Château de Verges dans le Jura) toire en créant un système d’aller-retour avec lui. Le territoire d’une scène nationale n’est pas seulement le bâtiment où sont installés ses bureaux ! Son aire de jeu est beaucoup plus vaste. Projets avec le milieu carcéral, les comités d’entreprises, les centres sociaux, travail avec le public scolaire, petites formes dans des lieux non-théâtraux, théâtre en appartement, festivals ou spectacles itinérants  : nous sommes très nombreux à nous emparer de cette mission de diffusion auprès du public qu’on dit éloigné de la culture. A chaque forme une approche L’enfance, la jeunesse et la famille Nulle démocratie culturelle sans une attention forte à l’enfance, à la jeunesse et aux familles. Florence Faivre et Francesca Poloniato évoquent l’engagement particulier des Scènes nationales auprès de ces publics. En tant que directrices du Grand R à La Roche-sur-Yon et du Merlan à Marseille, comment définissez-vous la relation à la jeunesse du réseau Scènes nationales ? Florence Faivre  : Nous portons tous une attention très soutenue à la jeunesse, depuis la petite enfance jusqu’aux lycéens. En fonction de nos territoires, nous développons de manières diverses le geste créatif dirigé vers ces publics. Cela dans deux directions simultanées  : la création et la diffusion de spectacles de théâtre tous publics ouverts à l’enfance, et la mise en œuvre de projets de territoires. Pascal Bouclier David Cauquil Les Scènes nationales affichent parfois une spécialité en plus de leur dimension généraliste. Est-ce pour leur donner une identité particulière ? M. F.-B.  : À Narbonne en effet, le cinéma occupe une place centrale et dialogue avec le spectacle vivant. Ce dialogue permet d’être ouvert 6 jours sur 7, 12 mois sur 12, ce qui ne serait pas possible pour le théâtre d’une ville de 50 000 habitants. Le cinéma apporte une grande vitalité. Comment se concrétise la dimension internationale des Scènes nationales ? Ph. B.  : Parlons d’abord de la programmation et de la diffusion, partie la plus émergée de l’iceberg. Si nous vivions en Espagne, en Angleterre ou en Allemagne, il faudrait habiter Madrid, Londres ou Berlin pour voir des spectacles internationaux. Alors qu’en France, la programmation internationale se vit dans les villes de taille moyenne tout au long de l’année et dans toutes les disciplines. C’est unique. Ensuite, sur les 74 Scènes nationales, toutes tissent des relations internationales mais nous ne nous étions pas rendu compte de la force du réseau et du label, collectivement. Depuis 2 ans, nous menons avec la Chine un projet pilote sur des productions françaises qui tournent là-bas et un projet de formation car la France est très performante sur la notion de territoire, d’accompagnement des publics, d’action culturelle. Propos recueillis par Isabelle Stibbe « Le spectacle vivant est un corps organique, qui ne connaît pas de frontières entre les disciplines » Philippe Bachman du public différente. Des outils de communication seuls ne suffisent pas pour que le public vienne au spectacle. Il s’agit de rendre les gens curieux des œuvres. Les échanges, la rencontre et la proximité avec les artistes permettent de banaliser l'art, ou mieux, de dire qu'il a sa place partout. Comment travaillez-vous avec les autres lieux et les autres créateurs ? V. B.  : Avec les autres lieux, nous travaillons en complémentarité et en réseau, autour, par exemple, de la diffusion des projets hors les murs. Nous défendons les mêmes valeurs que beaucoup d'autres structures culturelles  : il n’y a pas d’antagonisme ni d’opposition entre nous. Notre synergie s’organise évidemment en fonction des affinités et des intérêts, mais nous faisons toujours en sorte de mutualiser nos ressources et nos moyens avec les autres lieux, labellisés ou non.L. M.  : Le théâtre est un lieu de création qui n’est pas exclusivement réservé aux artistes, car il permet aussi de réunir des publics pour des projets participatifs. Le lieu devient alors un outil, les artistes ne sont plus là pour seulement défendre leurs projets mais pour accompagner les publics dans la création  : toutes les équipes qui se sont lancées dans ce genre de projets ont toujours été hallucinées par leur force et leur capacité à fédérer les enthousiasmes. Par ailleurs, quand on parle d’engagement territorial, il faut aussi réfléchir à la manière dont une scène nationale peut permettre de faire émerger voire de favoriser la professionnalisation d’artistes du territoire. Propos recueillis par Catherine Robert « Des outils de communication seuls ne suffisent pas pour que le public vienne au spectacle. » Lionel Massétat Francesca Poloniato  : Ces deux volets sont pensés comme un seul et même geste artistique. L’enfant doit être considéré comme un spectateur à part entière. Non comme un « spectateur de demain », comme on dit souvent. Il permet de toucher des familles qui n’ont pas ou plus de rapport à l’art et à la culture  : c’est un médiateur. Comment contribuez-vous au développement de la création jeune public ? F. F.  : Déjà en associant à nos maisons les artistes travaillant pour l’enfance au même titre que ceux qui s’adressent à un public adulte. Au Grand R par exemple, dont la grande spécificité est d’avoir un pôle littérature, nous accueillons
un ou deux auteurs jeunesse en résidence chaque année. F. P.  : Nous mettons nos équipes au service des artistes, choisis selon leur intérêt pour nos territoires. Grâce à cette collaboration, des gestes artistiques ambitieux peuvent voir le jour, comme le Groupe Miroir d’Alexis Moati et Carole Constantini débuté cette saison au Merlan, avec un groupe de jeunes gens de tous les quartiers de Marseille. Pour mener à bien ce travail, l’association avec d’autres institutions du territoire est fondamentale. Avec qui travaillezvous ? F. P.  : Avec de nombreuses écoles, des collèges et lycées bien sûr, mais aussi avec des crèches, des maisons de quartier et des centres culturels. Nous y organisons une programmation hors-les-murs, et co-construisons avec les professionnels de ces structures de passionnants projets artistiques et culturels. « L’enfant doit être considéré comme un spectateur à part entière » Francesca Poloniato Le Merlan Entretien/Jean-Paul Angot et Gérard Bono L’accompagnement et le soutien des équipes artistiques Maillage essentiel de la décentralisation, les Scènes nationales assurent un rôle déterminant en matière de soutien et d’accompagnement des artistes. Jean-Paul Angot, directeur de la MC2 Grenoble, et Gérard Bono, directeur du Théâtre Jean-Lurçat d’Aubusson, expriment leur vision de cette mission. Quelle importance représentent pour vous l’accompagnement et le soutien à la création artistique ? Jean-Paul Angot  : C’est une mission essentielle. Sans accompagnement et soutien aux artistes, il n’y a pas de spectacles, et c’est l’asséchement total de la création qui est en jeu. Gérard Bono  : C’est consubstantiel à l’existence des Scènes nationales. Les artistes ont besoin de scènes qui accueillent des équipes en résidence, qui leur donnent des moyens de production, la capacité de montrer leur travail. Si les scènes nationales et autres lieux labellisés ne le faisaient pas, qui le ferait ? Quelles formes prend ce soutien, sont-elles les mêmes selon que les artistes sont émergents ou confirmés ? J.-P. A.  : Elles sont très diverses. Cela va de la production (les Scènes nationales assurent alors des responsabilités « Sans accompagnement et soutien aux artistes, c’est l’asséchement total de la création. » Jean-Paul Angot éric Miranda Yves Petit Depuis 2015, Nos forêts intérieures mis en scène par Céline Schnepf, s’adresse aux plus petits et à ceux qui les accompagnent. F. F.  : C’est ainsi que le Grand R a mené pendant trois ans un partenariat avec le collège Saint-Hermine, autour du travail d’Eve Ledig et Jeff Benignus. En amont de leur création Fratries présentée chez nous, des ateliers d’écriture et de musique ont permis aux élèves de participer à l’ensemble du processus Jamais seul de MohamedRouabhi et Patrick Pineau, coproduit, entre autres, par la MC2 Grenoble Entretien/Anne Tanguy et Catherine Rossi-Batôt d’employeur et de suivi) à la co-production (les Scènes nationales abondent au budget) en passant par des mises à disposition de temps de travail, d’espaces, de plateaux, de lieux de résidences, selon les capacités des établissements. En plus d’un soutien technique et financier, il s’agit aussi d’un dialogue  : Contribution de la population à la vie des scènes nationales Donner au spectateur la possibilité de devenir acteur de la vie culturelle est devenu un enjeu crucial. Comment les Scènes nationales favorisent-elles cette nécessaire transformation du rapport des populations à la culture ? Éléments de réponse avec Anne Tanguy, directrice des 2 Scènes de Besançon et Catherine Rossi-Batôt, directrice de LUX à Valence. Quelle importance a pour vous la question de la contribution active des populations à la vie des Scènes nationales ? Anne Tanguy  : Cet enjeu n’a cessé de croître ces dernières années. C’est comme une réponse au supposé échec de la démocratisation de la culture, constat que je ne partage pas par ailleurs. On est loin d’avoir toutes les réponses quant à sa mise en œuvre mais on est sûr que dans cette direction, il faut aller encore plus loin. Quelles formes cette contribution peut-elle prendre ? Catherine Rossi-Batôt  : Des formes que nous mettons d’ores et déjà en œuvre, pour commencer. Les Scènes nationales ne sont pas là que pour la diffusion et l’événementiel. Ce sont des lieux où l’on travaille quotidiennement à l’élargissement des publics. A. T.  : Les ateliers que nous proposons sont bien sûr de très bonnes portes d’entrée à la culture, via la pratique d’un art. Il existe également beaucoup de projets de créations participatives dans les maisons, où les artistes viennent travailler avec les populations. Hortense Archambault à la MC 93, Scène nationale de Bobigny, œuvre beaucoup à récolter et faire entendre la parole des populations du territoire. « Il faut que la parole des populations existe, notamment pour laisser une plus grande place à la jeunesse. » Catherine Rossi-Batôt Au cœur, créé au festival d’Avignon 2016 par Thierry Thieû Niang, sera repris avec un groupe d’adolescents aux 2 Scènes de Besançon. du 16 février au 16 mars 2019 dans les 74 scènes nationales de France de création, et de le nourrir. Ce n’est qu’un exemple des très nombreuses actions menées par les Scènes nationales. Quels autres moyens employez-vous pour favoriser l’accessibilité de vos spectacles aux publics concernés ? F. P.  : Au Merlan, comme dans toutes les Scènes nationales, nous organisons notamment de nombreuses représentations en temps scolaire, mais aussi sur le temps périscolaire, pendant les vacances, les soirs et les week-ends. Une tarification accessible, avec par exemple des formules « sortie en famille » ou des systèmes de garde incitent les familles à franchir nos portes. F. F.  : Et surtout, il faut du temps pour développer les dispositifs les plus appropriés à nos publics. Les Scènes nationales sont à l’écoute des besoins des habitants, et de leurs désirs. Propos recueillis par Anaïs Heluin « Il faut du temps pour développer les dispositifs les plus appropriés à nos publics. » Florence Faivre détecter, être à l’écoute des équipes qui agissent sur son territoire. Il faut soutenir l’émergence mais aussi être fidèles aux artistes pour qu’ils puissent continuer leur travail dans le temps. Un engagement important porte aussi sur la parité. Les Scènes nationales se doivent d’être exemplaires sur cette question pour que les projets portés par les femmes soient à égalité des projets portés par les hommes. C’est une évidence qui aurait dû être garantie depuis longtemps. Comment opérez-vous la sélection entre les différents projets artistiques ? G. B.  : Notre fonction première est d’effectuer un choix artistique. Il faut repérer les artistes, voir des spectacles. Cette familiarité nous permet de nous inscrire dans un véritable projet. Nous sommes obligés d’effectuer des choix car nous ne pouvons assumer toutes les demandes. Certains artistes travaillent dans des CDN, des CCN, mais ils sont peu nombreux, d’autres débutent et ils sont nombreux, d’autres commencent à acquérir un savoir-faire, d’autres enfin affichent une certaine carrière mais ne sont pas inscrits dans des réseaux particuliers, et il faut les soutenir aussi. Nous devons veiller à un équilibre intergénérationnel. C’est une réflexion majeure que nous devons conduire aujourd’hui. Propos recueillis par Isabelle Stibbe « Nous devons veiller à un équilibre intergénérationnel. » Gérard Bono La programmation est un objet controversé. Comment y faire participer les populations ? C. R.-B.  : Il faut que cette parole existe, notamment pour laisser une plus grande place à la jeunesse. À Valence, par exemple, un groupe d’ambassadeurs exercent une programmation de cinéma. Mais c’est plus facile à faire avec le cinéma qu’avec le spectacle vivant. Cela pose aussi la question du type de programmation qu’on met en place. Je me souviens, dans cette perspective de remise en cause de nos cadres habituels, de Nathalie Marteau, qui a fait venir au Merlan un spectacle de BMX. A. T.  : Il y a une véritable envie de se faire bousculer, mais il s’agit aussi de ne pas être démago et de défendre le point de vue que la programmation, c’est de l’expérience et un métier. À Besançon, l’artiste Michel Schweizer accompagne des jeunes, leur fait voir des spectacles, aiguise leur regard, dans un processus au terme duquel, entre autres, ils coécriront une programmation sur trois jours. Que les populations s’emparent des Scènes nationales, c’est aussi faire vivre le concept d’agora ? A. T.  : Absolument. On n’a pas reçu de demande institutionnelle de ce côté mais peut-être que des Scènes nationales vont être ouvertes dans le cadre du grand débat national.C. R.-B.  : Beaucoup dans nos équipes sont « gilets jaunes ». La question de la précarité est largement partagée par les artistes. On a l’habitude de parler avec les populations, les associations, les entreprises, d’organiser des débats avec eux en lien avec nos programmations. Hors les médiathèques, peu de lieux le font comme les Scènes nationales, favorisent ainsi la rencontre, le débat, l’échange. Propos recueillis par éric Demey « Il y a une véritable envie de se faire bousculer. » Anne Tanguy L’Effet scènes, du 16 février au 16 mars 2019. Calendrier, programme et carte des événements consultables sur www.scenes-nationales.fr et sur les sites internet de chaque Scène nationale. focus 31 la terrasse 273 février 2019



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