La Terrasse n°273 février 2019
La Terrasse n°273 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : puissance d'écriture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
théâtre 28 la terrasse 273 février 2019 Théâtre de l’Usine/DE Molière/mes Hubert Jappelle L’école des femmes Onze ans après avoir créé la pièce de Molière dans son Théâtre de l’Usine, Hubert Jappelle reprend sa mise en scène de L’école des femmes. Avec Rafael Batonnet, Adrien Bernard-Brunel, Cécile Dubois, Alain Gueneau, Hélène Guichard, Christophe Hardy et Philippe Kieffer. L’école des femmes, mise en scène par Hubert Jappelle. « Arnolphe ?, explique Hubert Jappelle à propos du personnage central de L’école des femmes, c’est le despotisme, c’est l’amour féroce et la propriété. Il veut une femme qui lui appartienne comme un animal domestique. » Le vieil homme fait donc élever Agnès, jeune femme de 26 ans sa cadette qu’il a pour dessein d’épouser, en dehors de la connaissance du monde et de ses tentations. Opposé aux procédés d’actualisation, le directeur du Théâtre de L’Usine présente la pièce de Molière dans son contexte historique. « Je crois que l’art du théâtre est avant tout l’art de la distance, l’art de placer les spectateurs dans une position qui les amène à mettre en perspective ce qui se passe sur le plateau », déclarait le metteur en scène, il y a quelques années, dans nos colonnes*. Une façon d’affirmer, par-delà les siècles, le caractère universel du théâtre de Molière. Manuel Piolat Soleymat * La Terrasse n°173, décembre 2009. Théâtre de l’Usine, 33 chemin d’Andrésy, 95610 Eragny-sur-Oise. Du 1er au 17 février 2019. Le mardi, le vendredi et le samedi à 21h, le dimanche à 16h. Tél. 01 30 37 01 11. www.theatredelusine.net Critique La Conférence des oiseaux Reprise/Théâtre des Quartiers d’Ivry/MES Guy-Pierre Couleau Guy-Pierre Couleau s’empare d’un conte rendu célèbre par la mise en scène de Peter Brook, en 1979  : La Conférence des oiseaux de Jean-Claude Carrière, inspirée de l’œuvre du poète persan du xii e siècle Farid Uddin Attar. La première fois que leur présence a été signalée, c’était dans la pinède du Domaine d’O à Montpellier en juin 2018, lors du Printemps des Comédiens. Un cadre idyllique pour les dix comédiens de La Conférence des oiseaux mise en scène par Guy-Pierre Couleau, où ils incarnent des volatiles de toutes sortes  : un héron, une perdrix ou encore un faucon, entraînés par une huppe (excellent Luc-Antoine Diquéro) qui ne voit en eux que « querelles et batailles, pour une parcelle de territoire, pour quelques grains de blé ». Et qui, en quête d’un monde meilleur, plus doux, les convainc de renoncer à leur confort pour partir à la recherche de leur roi. Un certain Simorg, dont la seule trace connue est une plume tombée une nuit en Chine. Quelques mois après leur envolée, c’est à la Comédie de l’Est, dont Guy-Pierre Couleau vient de quitter la direction, que l’on a retrouvé ces drôles d’oiseaux dont le jeu porte à lui seul la magie des sous-bois. Aidés par les D. Chauvin superbes masques d’oiseaux conçus par Kuno Schlegelmilch qui laissent voir une partie de leur visage, ils font appel à une technique séculaire pour déployer leur fable  : celle du conte. Entre récit et incarnation, devant un miroir à trois faces qui leur renvoient leur propre image en même temps que celle des spectateurs, ils se défont peu à peu de leurs mimiques animales pour retrouver une attitude humaine. Leur conte, disent-ils ainsi très simplement, est une parabole. Une histoire d’hommes déguisée en histoire d’oiseaux. Des masques et des plumes Très peu portée sur scène depuis la création de Peter Brook en 1979 au Festival d’Avignon, cette adaptation d’un poème du mystique persan Farid Uddin Attar écrite par Jean-Claude Carrière trouve ici une nouvelle jeunesse. Sobre, minimaliste, la mise en scène de Guy- Pierre Couleau souligne très subtilement les résonnances actuelles du texte. Dans l’espace Théâtre Antoine Vitez – Scène d’Ivry/texte et mes Nicolas Lambert L’A-Démocratie Nicolas Lambert présente son triptyque L’A-Démocratie au Théâtre Antoine Vitez d’Ivry-sur-Seine. Industries du pétrole, du nucléaire et de l’armement  : un documentaire théâtral en trois volets sur trois domaines régaliens de la politique française. Nicolas Lambert dans L’A-Démocratie (Le Maniement des larmes). L’auteur, metteur en scène et acteur Nicolas Lambert a associé chaque volet de sa trilogie L’A-Démocratie à l’une des trois couleurs de notre drapeau national. Il y a le volet bleu (Elf, La Pompe Afrique), qui rend compte des coulisses du procès Elf. Le volet blanc (Avenir radieux – Une Fission française), qui nous interroge sur la place prise par l’industrie nucléaire dans la stratégie militaire et énergétique de notre pays. Et enfin le volet rouge (Le Maniement des larmes), qui explore les arcanes du complexe militaro-industriel français. Présentés successivement les trois premiers dimanches de février au Théâtre Antoine Vitez d’Ivry-sur-Seine, ces trois propositions de théâtre documentaire s’attachent à éclairer les zones d’ombre de l’histoire de notre Ve République. Manuel Piolat Soleymat Théâtre Antoine Vitez – Scène d’Ivry, 1 rue Simon-Dereure, 94200 Ivry-sur-Seine. Le 3 février 2019 (Elf, La Pompe Afrique), le 10 février (Avenir radieux – Une Fission française) et le 17 février (Le Maniement des larmes) à 16h. Tél. 01 46 70 21 55. www.theatredivryantoinevitez.ivry94.fr Erwan Temple La Conférence des oiseaux mis en scène par Guy-Pierre Couleau laissé par le décor – en plus des trois miroirs, une vitrine éclairée façon cabaret fait office de bar à masques pour les comédiens – et dans le jeu, chacun peut projeter dans la migration des oiseaux ses propres voyages. Penser, par exemple, à des exils d’aujourd’hui. Voir dans les sept vallées que traversent les protagonistes ailés un sens plus métaphysique. Car, inspirée par la philosophie soufie, La Conférence des oiseaux est d’abord l’histoire d’un voyage intérieur. D’un périple qui mène vers une meilleure connaissance de soi, condition sine qua non d’une vie en société plus harmonieuse. Plus ouverte à la différence. De cultures diverses, les dix artistes de la pièce – parmi lesquels, le comédien d’origine camerounaise Emil Abossolo M’Bo, Manon Allouch Théâtre 71/texte et mes Anne Contensou Rayon X L’auteure et metteure en scène Anne Contensou poursuit ses explorations sur « la construction de soi et l’inscription dans la communauté ». Elle signe RayonX, un spectacle sur la différence pour tous publics à partir de 8 ans. RayonX, d’Anne Contensou, présenté au Théâtre 71. Ils sont trois, une fille et deux garçons (interprétés par Florian Guichard, Fannie Lineros et Nicolas Orlando). Pas tout à fait comme les autres, ces élèves de sixième font partie des enfants que l’on dit « en avance ». Projetés en marge du monde de la normalité, tous trois s’allient pour questionner le réel et tenter de percer certains mystères de l’existence. « Ces personnages sont très librement inspirés des nombreuses rencontres que j’ai faites avec des enfants dits « surdoués », diagnostiqués ou non, parfois à la limite de l’autisme ou carrément atteints du syndrome d’Asperger (autistes « savants ») , explique Anne Contensou. Tous m’ont émue, touchée, éblouie... » Confrontant plusieurs langages scéniques (son, musique, jeux d’ombre, interprétation…), Rayon X est « une ode au dépassement ». Une réflexion sur la différence qui nous invite à sortir des chemins balisés de l’uniformité. Manuel Piolat Soleymat Théâtre 71 – Scène nationale de Malakoff, 3 place du 11 novembre, 92240 Malakoff. Le 17 février 2019 à 16h30, les 18 et 19 février à 19h30. Durée de la représentation  : 1h. Tél. 01 55 48 91 00. www.theatre71.com. D. R. qui a grandi entre la Réunion et la Nouvelle- Calédonie, le Suédois Nils Öhlund ou encore le Persan Sharokh Moushkin Galam – portent avec force cette dimension de la fable. De l’aventure aérienne, ils font une intense épopée humaine. Anaïs Heluin Théâtre des Quartiers d’Ivry, Centre Dramatique National du Val-de-Marne, Manufacture des Œillets, 1 place Pierre- Gosnat, 94200 Ivry-sur-Seine. Du 11 au 22 février à 20h, sauf le jeudi à 19h, le samedi à 18h, le dimanche à 16h, relâche le mercredi. Tél. 01 43 90 11 11. Spectacle vu à la Comédie de l’Est. Durée  : 1h40. Théâtre de Belleville/DE Julien Cigana ET Nicolas Devort/MES Clotilde Daniault Le Bois dont je suis fait Dans une mise en scène de Clotilde Daniault, Julien Cigana et Nicolas Devort interrogent les entraves et les déterminismes liés aux rapports familiaux. Nicolas Devort (à gauche) et Julien Cigana dans Le Bois dont je suis fait. Au sein d’un décor minimaliste, Julien Cigana et Nicolas Devort passent d’un personnage à l’autre. Ils incarnent ainsi les sept membres de la famille Lachassette, femmes et hommes de la classe moyenne au centre de la pièce écrite à quatre mains par les deux comédiens. Parmi eux, il y a Mireille, qui souhaite, avant de mourir, réunir son mari et ses deux fils afin de les réconcilier… Quel est le poids de la filiation dans notre construction personnelle ? Pouvons-nous réellement nous détacher de ce que nous ont transmis nos parents ? Le fait d’avoir des enfants aide-t-il à couper le cordon… ? Tragi-comédie naviguant entre sensible, drôlerie et férocité, Le Bois dont je suis fait creuse la question ambivalente des héritages qui, quoi qu’on puisse faire ou dire, orientent le cours de nos existences. Manuel Piolat Soleymat Théâtre de Belleville, passage Piver, 94 rue du Faubourg-du-Temple, 75011 Paris. Du 3 février au 25 mars 2019. Le lundi à 21h15 et les dimanches à 20h30. Relâches les 17 et 18 mars. Durée de la représentation  : 1h20. Tél. 01 48 06 72 34. www.theatredebelleville.com D. R. Laurent Scheegans
Xavier Cantat Le Lucernaire/d’après Marina Tsvetaeva/mes Marie Montegani Et ma cendre sera plus chaude que leur vie Ce sont les confessions d’une poétesse incandescente. Dans une mise en scène de Marie Montegani, la comédienne Clara Ponsot porte les mots de Marina Tsvetaeva (1892-1941). Avec « le désir secret de réchauffer les âmes ». Clara Ponsot dans Et ma cendre sera plus chaude que leur vie. Au Lucernaire, Marie Montegani reprend Et ma cendre sera plus chaude que leur vie, une immersion théâtrale dans la vie et l’écriture de Marina Tsvetaeva interprétée par Clara Ponsot (spectacle créé en 2015, au Théâtre de La Loge). Puisant dans les carnets de notes de l’écrivaine, la metteure en scène s’est lancé pour défi de faire renaître toute l’incandescence de cette grande voix de la poésie du XXe siècle. « Partant des mots de Marina Tsvetaeva, confie-t-elle, j’ai imaginé Clara Ponsot dans une quasi immobilité. La poétesse revient sur les vestiges de sa vie, sur son itinéraire de création, assise sur une chaise placée au centre du plateau, avant de glisser peu à peu vers la mort... » Ces témoignages d’une existence hors du commun sont accompagnés d’images tirées d’Octobre de Sergueï Eisenstein et de Jamais la mer se retire d’Ange Leccia, ainsi que d’extraits de La Nuit transfigurée d’Arnold Schönberg. Manuel Piolat Soleymat Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame-des- Champs, 75006 Paris. Du 13 février au 6 avril 2019. Du mardi au samedi à 21h. Durée du spectacle  : 1h15. Tél. 01 45 44 57 34. www.lucernaire.fr Propos recueillis/Chloé Dabert Iphigénie T2G-Théâtre de Gennevilliers/DE Jean Racine/MES Chloé Dabert Après avoir travaillé sur des textes contemporains, Chloé Dabert s’attaque à Racine avec Iphigénie. Christophe Raynaud de Lage/Festival d’Avignon D. R. Chloé Dabert dans Iphigénie. « Dans mon travail, je m’attache particulièrement à la langue, aux écritures très particulières, très ponctuées, très rythmées, où l’auteur impose beaucoup de contraintes. Choisir Racine était donc assez évident, car l’alexandrin est le top de la contrainte ! Mettre en scène Iphigénie est un vieux rêve d’adolescente. C’est une pièce qui se déroule dans un contexte de guerre, de crise, où l’oracle dit au roi cette chose folle  : « il faut sacrifier votre enfant. » Personne ne remet en cause cette parole qui place Agamemnon devant un choix impossible. Iphigénie est une princesse, formée depuis l’enfance à son rôle de souveraine. Son peuple passe avant elle, et elle est élevée dans une forme de conditionnement. C’est le personnage le plus fort de la pièce car c’est le seul qui ne doute pas. Sa mère, Clytemnestre, est dans l’affect de vouloir sauver son enfant, Achille est pris entre l’orgueil et l’amour, le roi est partagé entre son devoir de père et son devoir de chef. Elle, non seulement ne remet pas en cause le sacrifice pour sauver son pays, mais accède à la gloire qui est plus importante que la vie qui lui était promise. » Propos recueillis par Isabelle Stibbe T2G-Théâtre de Gennevilliers, en co-programmation avec le Centquatre-Paris, 41 av. des Grésillons, 92230 Gennevilliers. Du 18 au 22 février à 20h. Tél. 01 53 35 50 00. Durée  : 2h50. Théâtre de Châtillon ET tournée/spectacle et texte Marien Tillet/création musicale Mathias Castagné Le Dernier Ogre La compagnie Le Cri de l’Armoire et Marien Tillet, conteur au plateau et artiste associé au Théâtre des Sources, présentent la véritable histoire du Petit Poucet et interroge notre rapport à l’horreur… « Le Petit Poucet n’est pas l’histoire de sept enfants perdus dans la forêt parce qu’ils n’étaient pas assez aimés par leurs parents. C’est celle de sept petites filles égorgées par leur père qui les aimait plus que tout. » Revisitant l’histoire du méchant cannibale avide de chair fraîche, Marien Tillet interprète le « puissant témoignage musico-slamé d’un père confronté au destin en marche d’une histoire trop racontée », qui dit comment l’horreur est entrée dans sa maison. Rompant avec la lecture moraliste des contes qui considère qu’ils sont faits pour édifier les enfants, Marien Tillet entend interroger la monstruosité à partir du monstre, pose la question de sa définition « par le prisme de notre alimentation » et explore la manière dont la transmission fait parfois mal en croyant bien faire… Catherine Robert Théâtre de Châtillon, 3 rue Sadi-Carnot, 92320 Châtillon. Le 15 février 2019 à 20h30. Tél. 01 71 10 73 70. Tournée  : 1er février à 21h à l’Espace Germinal (Fosses) ; 7 février à 20h45 au Théâtre du Cormier (Cormeilles-en-Parisis) ; 21 mars à 20h30 au Liburnia à Libourne ; 29 mars à 14h30 et 20h au Théâtre André Malraux (Chevilly-Larue) ; 3 avril à 17h au Festival Mythos (Rennes) ; 7 juin à la Scène nationale Culture commune - Bassin Minier ; au Festival d’Avignon, juillet 2019 au 11. Gilgamesh. Hors-série Avignon en scène(s) N°278 - 12 e édition, 90 000 exemplaires à paraître le 1er juillet 2019 Festival d'Avignon + Avignon Off L’outil de repérage et d’information le plus puissant et exigeant pour les spectateurs et les professionnels. + de 350 spectacles identifiés. Théâtre, Musiques, Danse, Cirque, Jeune Public, Marionnettes, etc. Premier média arts vivants en France, La Terrasse publie et diffuse à grande échelle, depuis plus de douze ans, le guide de référence du Festival d’Avignon et d’Avignon Off. Renseignements  : Dan Abitbol Jean-Luc Caradec Tél. 01 53 02 06 60email  : la.terrasse@wanadoo.fr théâtre 29 la terrasse 273 février 2019



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :