La Terrasse n°273 février 2019
La Terrasse n°273 février 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de février 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : puissance d'écriture.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 16 la terrasse 273 février 2019 www.journal-laterrasse.fr Retrouvez la terrasse en responsive design sur tous vos écrans. 14 > 23 FÉV. Cartoucherie 75012 Paris T. 01 43 28 36 36 www.la-tempete.fr Critique Novecento Théâtre de la Porte Saint-Martin/DE AlessandroBaricco/MES André Dussollier À 72 ans, André Dussollier interprète Novecento tambour battant avec la complicité d’un quartet de jazz. Quelle énergie ! Il en faut pour interpréter durant plus d’une heure le long monologue d’AlessandroBaricco au cours duquel un trompettiste narre l’histoire de celui qui fut son ami  : Danny Boodman T.D. Lemon, dit « Novecento ». Né et abandonné en 1900 sur le piano d’un paquebot transatlantique, Novecento est recueilli par l’équipage avant de devenir un pianiste de génie, faisant son miel de toute musique  : le jazz, le ragtime ou les accords sophistiqués des premières classes aussi bien que les chansons populaires des troisièmes classes. Un destin singulier, marqué par le refus de descendre à terre. Une seule fois, la tentation gagne Novecento, mais il renonce au bout de deux marches  : « La terre, c’est un bateau trop grand pour moi. C’est un trop long voyage. Une femme trop belle. Un parfum trop fort. de Calderón texte français Céline Zins mise en scène Clément Poirée MA–SA  : 19H VE  : 20H/DI  : 17H30 TEXTE ET MISE EN SCÈNE  : DOMINI UE ZIEGLER 08–21.02.19 DIRECTION  : OMAR PORRAS CHEMIN DE L’USINE À GAZ 9 1020 RENENS-MALLEY BILLETTERIE  : 021 625 84 29 BILLETTERIE  : +41 (0)21 625 84 29 Une musique que je ne sais pas jouer. » Dans la mise en scène d’André Dussollier, cet escalier, mobile, est central. Le comédien le déplace selon les espaces qu’il souhaite matérialiser  : ici, les marches mènent au quai, là à la salle de bal, là encore à la salle des machines. Elles deviennent le symbole du choix auquel est confronté Novecento  : découvrir le monde ou rester attaché à son piano ? La palette d’André Dussollier (le comédien cette fois) est si large qu’elle laisse le champ ouvert au spectateur. On peut par moments éprouver de la condescendance vis-à-vis de ce pianiste qui refuse de descendre à quai pour se frotter à l’inconnu. À d’autres, on est tenté d’y percevoir de la sagesse  : qu’est-ce que le monde pourrait lui apporter de plus que le microcosme du paquebot et du piano ? Être un homme libre Au fond, semble nous dire André Dussollier, l’important n’est pas d’affirmer que telle ou Novecento. Critique telle option est la plus juste. L’important est de prendre sa décision en conscience et de l’accepter. C’est cela, être un homme libre. Et cette liberté prend d’autant plus corps que le comédien joue avec un réel plaisir et une immense générosité. Entre débit ultrarapide et silences distillés avec pertinence, sa voix si familière et musicale embarque les spectateurs d’un bout à l’autre du spectacle. C’est elle qui donne le rythme et déploie le texte sans aucune fausse note. Si AlessandroBaricco n’était au départ pas favorable à la présence de musiciens sur scène, on comprend qu’André Dussollier ait réussi à le convaincre, grâce au formidable quartet de jazz qui l’accompagne (Elio di Tanna au piano, Sylvain Gontard ou Gilles Relisieux à la trompette, Olivier Andrès à la contrebasse et Michel Bocchi à la batterie). Jamais redondant, ce petit groupe prolonge l’émotion du récit. Avec les magnifiques lumières de Laurent Castaingt, auxquelles s’ajoutent parfois des projections évoquant les feux de la ville ou l’immense océan, l’illusion est telle qu’on aimerait bien vivre sur ce paquebot. Isabelle Stibbe Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18 bd Saint- Martin, 75010 Paris. Du 9 janvier au 31 mars 2019. Du 9 janvier au 24 février  : du mardi au vendredi à 20h, samedi 20h30, dimanche 16h. Du 28 février au 31 mars  : du jeudi au vendredi 20h, samedi 20h30, dimanche 16h. Tél. 01 42 08 00 32. Durée  : 1h15. Le bonheur (n’est pas toujours drôle) Comédie de Saint-Étienne/d’après les scénarios de Rainer Werner Fassbinder/mes Pierre Maillet Après avoir mis en scène la quasi-totalité des pièces de théâtre de Rainer Werner Fassbinder, Pierre Maillet tente une approche de son œuvre cinématographique. Et reste au seuil de sa mélancolie et de sa démesure. La toute récente publication chez L’Arche, en un seul volume, des scénarios de Tous les autres s’appelle Ali, du Droit du plus fort et de Maman Küsters s’en va au ciel, témoigne de la porosité entre théâtre et cinéma chez Rainer Werner Fassbinder (1945-1982). Drames de l’amour impossible qui mettent en scène familles bourgeoises et prolétaires isolés, ces films réalisés entre 1974 et 1975 présentent des thèmes et une construction proches de ceux qui traversent les pièces de l’auteur, metteur en scène et réalisateur allemand. C’est cette cohérence, portée par une ambition et une urgence constante, qu’a voulu mettre en avant Pierre Maillet dans Le bonheur (n’est pas toujours drôle). Familier du théâtre de Fassbinder, dont il a monté la quasi-intégralité, il souligne aussi en adaptant les trois films cités plus tôt la veine mélodramatique de l’artiste disparu prématurément, à l’âge de 37 ans. Et qui, en une dizaine d’années, a réalisé pas moins de 40 films et écrit pas moins de dix pièces qui forment une sorte de « comédie humaine ». Acte de foi dans la capacité du théâtre à égaler le septième art en matière de fictions complexes, ce projet met ses huit comédiens – pour moitié environ issus de l’École de la Comédie de Saint-Étienne – à rude contribution. Changeant de rôle non seulement d’une partie à l’autre, mais aussi très souvent au cours d’un même volet, ils sont chargés d’incarner toute l’aliénation, tous les rapports de classe et de propriété amoureuse qui, dans les longs métrages, sont portés par plus de 80 personnages. Marathon Fassbinder Dans les films de Fassbinder, le silence et la tristesse des personnages principaux laissent à de nombreux protagonistes secondaires, Christian Ganet
Hélène Bamberger – Opale Tristan Jeanne-Valdès Premier amour Théâtre de l’Atelier/DE Samuel Beckett/MES Sami Frey L’amour ne se commande pas, dit Beckett dans Premier amour. Le talent non plus ! Tous deux s’offrent et Sami Frey en fait cadeau au public pour trente représentations exceptionnelles à l’Atelier. Créée il y a dix ans, l’interprétation de Premier amour par Sami Frey a connu alors un retentissant succès. Le comédien reprend aujourd’hui ce texte et ce rôle où l’amour se teinte d’humour noir et se pare d’ironie mordante. Le narrateur, habitué à la solitude des bancs publics, y rencontre un jour une femme chez laquelle il finit par s’installer avec d’autant Sami Frey dans Premier amour. Le bonheur (n’est pas toujours drôle). à de multiples figures, le temps de développer de brèves scènes qui contribuent au tableau général. Une complexité que, faute de chercher à suffisamment la transformer, Pierre Maillet ne parvient pas à restituer. Or cette épaisseur du détail est pour beaucoup dans la mélancolie particulière qui se dégage des films de Fassbinder. Nombreuses dans les trois scénarios, les scènes de cabaret et de bar auraient pu être le point de départ d’une théâtralité singulière ; trop répétitives et banales, elles ne suffisent pas à justifier le rassemblement de trois histoires. À commencer par celle de Franz Biberkopf alias « Fox » (Arthur Amard), forain qui gagne à la loterie et tombe amoureux d’Eugen, fils d’un imprimeur en faillite qui s’accapare toute sa fortune. Plaqué au scénario du Droit du plus fort, dans lequel Pierre Maillet n’a fait que des coupes discrètes, cette première partie n’était plus d’inclination à y demeurer que la belle parle peu et lui offre le vivre et le coucher sans troubler ses ruminations solitaires. « J’ai découvert tard dans ma vie à quel point les écrits de Samuel Beckett me touchaient. A quel point la profonde humanité de ses personnages, le rythme de ses phrases, la musicalité de son français, son humour terrible, sa poésie, m’étaient proches sans effort » dit Sami Frey qui met en scène et interprète avec brio ce « récit d’une pathétique drôlerie, d’une naïveté et d’un égoïsme rafraîchissant ». Portraits croisés Mêlant habilement les circonstances du récit, celles de l’existence de son auteur et sa propre avancée en âge, le comédien investit la scène comme seuls le peuvent les grands artistes, images mobiles de l’immobile éternité, autrement dit hors du temps. « En ce moment je pense au Beckett des dernières années de sa vie, logé dans l’annexe d’une maison de retraite médicalisée, « Le tiers-temps » ; il y occupe seul une chambre qui donne sur un petit jardin où il peut sortir prendre l’air », dit Sami Frey. Le récit, souvent cru, souvent drôle, incisif et d’une sidérante liberté, se déploie à mesure que l’acteur pérégrine en ses méandres, offrant un portrait de l’auteur en jeune homme et, sans doute, un autoportrait en artiste démiurge, créateur du monde par le miracle du verbe. Une reprise à ne pas manquer ! Catherine Robert Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles-Dullin, 75018 Paris. A partir du 29 janvier 2019. Du mardi au samedi à 19h ; dimanche à 11h. Tél. 01 46 06 49 24. pas indispensable. Grâce à l’excellente Marilú Marini, célèbre notamment pour sa longue collaboration avec Alfredo Arias, qui en incarne les héroïnes, les deux dernières gagnent en force. Avec son accent argentin, c’est elle qui fait le plus grand pas de côté par rapport aux films de Fassbinder. C’est elle aussi qui touche au plus près la maladie existentielle qui ronge tous ses personnages. Même si, réduit à 30 minutes, Tous les autres s’appellent Ali ne lui laisse pas le temps d’aller jusqu’au bout de sa quête. Anaïs Heluin Comédie de Saint-Étienne, place Jean-Dasté, 42000 Saint-Étienne. Du 5 au 7 février 2019, à 19h. Tél. 04 77 25 14 14. Spectacle vu à la Comédie de Caen. www.lacomedie.fr LA CERISAIE Anton Tchekhov mise en scène Nicolas Liautard et Magalie Nadaud DU LUNDI 4 AU JEUDI 14 FÉVRIER 2019 LA SCÈNE WATTEAU/PLACE DU THÉÂTRE/NOGENT-SUR-MARNE/STATION RER E NOGENT-LE PERREUX 01 48 72 94 94 www.scenewatteau.fr VIVALDI & CO Vivaldi, Jiránek, TelemannOrchestre national d’Île-de-France SAMEDI 16 FÉVRIER 2019 À 20H30 LA SCÈNE WATTEAU/PLACE DU THÉÂTRE/NOGENT-SUR-MARNE/STATION RER E NOGENT-LE PERREUX 01 48 72 94 94 www.scenewatteau.fr Christophe Battarel/Cyril Battarel – licences d’entrepreneur de spectacles 1-1041399, 2-1041401, 3-1041402 – conception graphique  : Éric de Berranger Christophe Urbain – licences d’entrepreneur de spectacles 1-1041399, 2-1041401, 3-1041402 – conception graphique  : Éric de Berranger théâtre 17 la terrasse 273 février 2019



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