La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 8 la terrasse 272 janvier 2019 www.journal-laterrasse.fr Retrouvez la terrasse en responsive design sur tous vos écrans. Critique Les Idoles reprise/odéon – théâtre de l’europe/Écriture et mes Christophe Honoré Relayant ses aînés emportés par le SIDA, Christophe Honoré revient dans Les Idoles sur une période récente de notre Histoire. « Ce que tu aimes bien est ton véritable héritage. » Christophe Honoré affiche cette phrase d’Ezra Pound en exergue de son dernier spectacle et place ainsi Les Idoles sous le signe de la transmission et de l’hommage. En raison de la pandémie de SIDA qui a sévi dans les années 1980-1990, un grand nombre des artistes qui l’ont inspiré ont en effet disparu précocement. Par la magie du théâtre, Honoré les fait revivre, les réunit sur scène – Cyril Collard, Serge Daney, Jacques Demy, Hervé Guibert, Bernard-Marie Koltès, Jean- Luc Lagarce – et revient avec eux sur ces années si proches et pourtant déjà oubliées. À l’instar de son précédent spectacle, Nouveau Roman, qui regroupait quelques figures marquantes de la littérature française, autour des Éditions de Minuit (Duras, Claude Simon, 8 JANVIER – 3 FÉVRIER, 20H30 NAUFRAGÉ(S) TEXTE, MISE EN SCÈNE ET INTERPRÉTATION GABRIEL F. DIRECTION ARTISTIQUE ET MUSICALE MARCO MICHELÂNGELO ET AVEC GASPARD LIBERELLE RÉSERVATIONS 01 44 95 98 21 – WWW.THEATREDURONDPOINT.FR Robbe-Grillet…), Christophe Honoré invente donc à nouveau une réunion posthume, loin Les Idoles. d’être funèbre, y mélangeant interviews, écrits des artistes et propos imaginés pour l’occasion. Pour cette occasion, Alban Ho Van, son scénographe, a également créé un bel espace, lieu d’interconnexion entre bus et métros, faïence blanche aux murs, panneau publicitaire vintage, un brin interlope, tel qu’il a pu fasciner de nombreux créateurs des années 1980, un lieu public, souterrain comme les Enfers, qui donne accès à la surface, et se métamorphose en espace privé. Exercice de transmission C’est en effet à la lisière de ces deux sphères, publique et privée, que se tient sans cesse Le Malade imaginaire Théâtre de Paris – Salle Réjane/de Molière/mes Daniel Auteuil Daniel Auteuil interprète le rôle d’Argan, l’hypocondriaque le plus fameux du théâtre, dans une mise en scène du Malade imaginaire dont il célèbre, à pleins poumons, la force et le génie comiques. Daniel Auteuil interprète et met en scène Le Malade imaginaire. « Le poumon, le poumon, vous dis-je »  : la réplique de Toinette, qui cherche à réconcilier son maître avec le plaisir d’un régime fait « de bon gros bœuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande, du gruau et du riz, et des marrons et des oublies » est, à l’instar de bien des saillies drolatiques du Malade imaginaire, une des plus célèbres du théâtre français. En choisissant de mettre en scène cette pièce, Daniel Auteuil s’attaque donc à un monument comique. Mais personne n’ignore que cette pièce est aussi la dernière du maître, celle qui le vit mourir sur scène, et qu’elle ausculte la manière dont les hommes affrontent le mystère de la mort, selon qu’ils en redoutent l’annonce ou s’en moquent allègrement. Molière avait choisi son camp  : mieux vaut laisser faire la nature en toute chose et se montrer extrêmement méfiant à l’égard de la médecine, puisque, comme le remarque Béralde, « les ressorts de notre machine sont des mystères ». Force salvatrice de la farce à notre époque où vieillir est un fléau et où les modernes Diafoirus inventent les onguents inutiles et les pastilles miraculeuses qui bernent les naïfs et enrichissent leurs gourous, la satire médicale retrouve sa verve et son efficace ironie. Elle alimente une réflexion bienvenue sur l’imposture et l’erreur, et ravive la réflexion sur les délires de l’imagination, toujours encline à inventer des raisons de craindre la mort alors que le bon sens recommanderait plutôt de bien vivre tant qu’il en est encore temps. Argan est sans doute fort malade, comme le sont nos contemporains qui passent leur vie à craindre la maladie… En choisissant d’en rire, comme Molière en son temps, Daniel Auteuil remarque l’actualité de cette farce salutaire et choisit d’en ciseler les effets comiques  : « tout en abordant ce grand sujet auquel on peut trouver de nombreux échos, la pièce est formidablement comique ». Entouré d’une troupe aguerrie, il interprète Argan, soit Molière luimême, pour rappeler que le rire est bonne médecine et le théâtre excellente thérapie… Catherine Robert Théâtre de Paris – Salle Réjane, 15 rue Blanche, 75009 Paris. à partir du 25 janvier 2019. Du mercredi au samedi à 20h30, samedi à 17h, dimanche à 15h30. Tél. 01 48 74 25 37. Jean -Louis Fernandez Julien Panié
le propos des Idoles. Comment le siDA pouvait-il devenir une arme de combat politique ? Fallait-il ou non faire l’annonce de sa maladie ? Quelle place lui donner dans son travail artistique ? Et pourquoi ne plaçait-on pas son travail sous le signe de l’homosexualité ? Ces questions morales et politiques, qui agitaient ces années-là, n’ont pas perdu de leur intérêt et croisent des récits plus intimes, notamment ceux de l’agonie des amis, des amants, de la mort qui envahit l’espace de la vie et du désir. Dans ce panthéon, chacun a sa personnalité. Cyril Collard le désirant, Serge Daney l’intello, Bernard-Marie Koltès l’enfant triste, Guibert l’engagé et Lagarce plus détaché. Avec eux, Jacques Demy, à la marge, celui qui n’a jamais assumé publiquement son homosexualité, ni annoncé sa maladie, interprété par l’exubérante Marlène Saldana. Tous les comédiens sont excellents mais c’est encore, comme dans Nouveau Roman, la profusion qui donne l’impression de rester à la surface des choses, nonobstant le conséquent travail de documentation effectué par Honoré. Ce dernier mélange les registres, aborde le grave avec légèreté, croise questionnements politiques et expériences personnelles, passages à textes et intermèdes pour respirer, montre comment ces artistes, figures publiques, sont avant tout des hommes, désirant, désirés, fragiles et imparfaits. L’ensemble dure 2H30, à la fois un peu long et un peu court pour toute cette matière. C’est vivant, souvent drôle, habilement monté. Mais dans cet exercice d’hommage et de transmission, l’intention – reproduire, relayer les forces vitales des aînés, leur pulsion de création – se comprend plus qu’elle ne se transmet. éric Demey Odéon – Théâtre de l'Europe, place de l'Odéon, 75006 Paris. Du 11 janvier au 1er février 2019, du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 15h. Tél. 01 44 85 40 40. www.theatre-odeon.eu photographie Alain Willaume/Tendance Floue 2019 Angélica Liddell Ivan Viripaev – Galin Stoev 10 – 26 janvier Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr en espagnol surtitré en français Haruki Murakami – Yukio Ninagawa Entretien/Falk Richter I am Europe région/Théâtre National de Strasbourg/texte et mes Falk Richter Auteur associé au TNS depuis 2015, Falk Richter y présente I am Europe. Huit artistes venus de pays différents y interrogent les bouleversements politiques et idéologiques qui secouent l’Union européenne. De quel monde venons-nous et dans quel état voulons-nous le transmettre ? Telle est la question que pose ce spectacle. Comment y répond-il ? Falk Richter  : L’Europe se trouve dans une situation particulière  : elle est attaquée de nombreux côtés (les inégalités, les divisions, les contradictions s’aggravent) mais naît aussi sous ces attaques l’espoir d’une société plus juste, plus égalitaire, perméable et ouverte. Autour et à l’intérieur de l’Europe, il y a de plus en plus de pays dont les gouvernements sont anti-européens. Nous assistons à une montée du nationalisme, de l’extrême droite, du fascisme. Dans ce projet, j’essaie de considérer l’Europe de manière très personnelle en la regardant avec une troupe d’acteurs qui ont connu à la fois le passé sombre et l’utopie de vivre et travailler dans plusieurs pays sans frontières. J’essaie de comprendre ce que signifie l’Europe dans la vie personnelle de chacun. Il est donc question des grands bouleversements politiques qui se produisent actuellement, mais racontés d’un point de vue personnel par les interprètes, à travers leurs expériences et leurs biographies. Ils ont souvent des histoires et identités complexes, ils ont grandi dans plusieurs pays, les parents de certains venaient des anciennes colonies, d’autres de la bourgeoisie blanche européenne, ils ont différentes identités sexuelles et cherchent à se situer face aux grandes contradictions qu’affronte l’Europe en ce moment. 18 janvier – 10 février en japonais surtitré en français Comment avez-vous choisi les interprètes de ce spectacle ? F. R.  : Selon un long processus de plusieurs années qui a commencé avec deux masterclasses à la Biennale di Teatro à Venise en 2014 et 2015 que j’ai animées avec le chorégraphe Nir de Volff et le dramaturge Nils Haarmann. Ont ensuite eu lieu d’autres workshops à Madrid, à Tel Aviv et à Paris, toujours avec des jeunes acteurs, danseurs et performeurs entre vingt et trente-cinq ans, qui venaient de plus de quinze différents pays européens et non-européens. S’est ainsi formée une troupe transnationale qui représente en quelque sorte l’Europe dans sa diversité avec des jeunes performeurs qui habitent dans plusieurs villes, parlent plusieurs langues et travaillent ensemble de manière régulière. 15 – 23 février Jean-Louis Fernandez Le dramaturge et metteur en scène Falk Richter. « J’essaie de comprendre ce que signifie l’Europe dans la vie personnelle de chacun. » Quelle forme avez-vous élaborée pour traiter ces questions ? F. R.  : Depuis 2014, nous cherchons à comprendre ensemble comment les grands bouleversements et contradictions politiques et sociaux autour de nous s’expriment dans notre vie personnelle, notre famille, notre entourage. Comment ils affectent la manière dont nous voyons l’avenir, les relations intimes que nous vivons ou voulons vivre. À des intervalles réguliers et selon des constellations qui changeaient constamment, nous nous sommes posé ces questions, comme un point de départ. Des textes théoriques et des matériaux dramaturgiques ont aussi nourri nos discussions et animé le débat. À partir de nos échanges, nous avons improvisé au plateau, j’ai écrit des textes pour les acteurs ou les ai invités à en écrire. En même temps, Nir de Volff a commencé un travail chorégraphique avec tout le groupe, pour traduire en mouvement les thèmes abordés dans les discussions. La matière scénique est donc polyphonique, entre textes et mouvements, parties documentaires, réelles, autobiographiques et fiction. Le travail dramaturgique mené avec Nils Haarmanna consisté enfin à réaliser un montage à partir de toute cette matière. Propos recueillis par Catherine Robert (remerciements à Nils Haarmannpour la traduction). Théâtre National de Strasbourg, 1 av. de la Marseillaise, 67000 Strasbourg. Du 15 au 24 janvier 2019 à 20h ; relâche le 20. Tél. 03 88 24 88 24. théâtre 9 la terrasse 272 janvier 2019



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