La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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danse 62 la terrasse 272 janvier 2019 carnet de bord La danse verticale, quand les limites mènent à la liberté à l’aube de son trentième anniversaire et du projet européen « La Danse Verticale en Kit «, la compagnie Retouramont poursuit sa démarche originale qui s’élève et déjoue la gravité. Au programme Diagonales Ascendantes, création programmée en mai 2019, et un foisonnement de projets avant une nouvelle création en 2020. Entretien/Fabrice Guillot Utopie et réflexions Pionnier de la danse verticale, chorégraphe et directeur artistique de la compagnie Retouramont, Fabrice Guillot explicite son parcours de créateur. Qu’est-ce qui vous a conduit à la pratique de la danse verticale ? Fabrice Guillot  : Au départ, j’étais grimpeur. Les premières lignes verticales qui ont attiré mon attention, ce furent les falaises. Plus elles paraissaient infranchissables, plus elles étaient provocantes, car le grimpeur éprouve une espèce d’intolérance à l’obstacle, un peu comme ce qu’exprime Henri Michaux dans le poème L’attaque de la montagne, lorsque la colère d’un homme le jette contre « cette grosse gêneuse de montagne ». Dans une ascension, il y a quelque chose de cet ordrelà. La verticalité oblige à réaliser un condensé de toutes nos énergies  : il faut observer, analyser, inventer des gestes et des trajectoires qui n’étaient pas prévisibles. Puis j’ai transposé ma pratique dans un environnement urbain, en cultivant le plaisir de transcender les limites physiques et réglementaires des villes. Cette idée de franchissement des limites est pour Esquisse du prototype de l'agrès de La Drôle de Traversée, création 2020. moi directement reliée à l’art, qui toujours fait naître des ouvertures. La danse verticale explose les codes et embrasse l’espace  : le mur devient un terrain de jeu ouvert à la danse, et la ville offre alors un potentiel où inscrire des narrations nouvelles, inattendues, dans des espaces jusqu’alors inutilisés. Comment votre écriture de la danse verticale a-t-elle évolué ? F. G.  : à travers diverses étapes. Pendant presque une vingtaine d’années, nous avons mené un projet de l’ordre de la performance qui s’appelait « réflexion de façades ». Puis j’ai voulu maîtriser et inventer une écriture, prendre le temps de créer des pièces pour l’espace public. Nous avons créé la compagnie en mai 1989, et les pièces de notre répertoire tournent en France et à l’étranger. Elles induisent chaque fois l’invention d’un agrès spécifique, parfois d’objets qui se greffent dans l’architecture. Comme les Stéphane Lemoine Diagonales Ascendantes, résidence Université Paris 13, Villetaneuse, création 2019. « La danse verticale explose les codes et embrasse l’espace. » actions culturelles que nous organisons, ces pièces ne sont pas des créations in situ, elles peuvent toutes s’adapter à des lieux très différents, en dialogue avec le site et dans une économie de moyens qui évite des montages trop contraignants. Quelle est la création programmée ce printemps ? F. G.  : Ma démarche artistique s’oriente de plus en plus vers l’utilisation d’agrès mobiles. Avec mon collègue directeur technique Olivier Penel, j’ai créé pour cet opus une pyramide qui s’écarte du mur, où habitent deux magnifiques danseuses au parcours exceptionnel, Cybille Soulier et Fanny Gombert. Diagonales ascendantes évoque ces stratégies que le corps humain est obligé d’imaginer pour évoluer à la verticale, grâce à des courbes ou diagonales. Nous travaillons entre un premier plan et un second plan, dans un jeu surprenant de trajectoires qui bifurquent à tout instant. D’autres projets sont-ils prévus ? F. G.  : Nous créerons en 2020 La Drôle de traversée, qui questionne la mobilité dans l'espace public urbain. à cette fin, nous avons construit en collaboration avec l’urbaniste du mouvement Stéphane Lemoine un nouvel agrès qui se déplace au sol et s’élève à la verticale grâce à l’action des danseurs. Ce prototype rappelle les véhicules utopiques du xix e siècle. Nous mettons en place aussi tout au long de l’année un travail de terrain qui fait sens. Nous avons rencontré plusieurs structures dont l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, le service culturel de l’université Paris 13, et noué des partenariats avec notamment la ville de Villetaneuse, l'établissement public territorial Plaine Commune. Dans le prolongement des pièces, ces actions renouvellent et interrogent la perception de soi et les manières d’habiter la ville. Propos recueillis par Agnès Santi Diagonales Acsendantes, création le 17 mai sur le site de la Bibliothèque nationale de France dans le cadre du Festival Temps Danse de la Coopérative 2r2c. Pôle de danse verticale, 197 rue de Paris, 94220 Charenton-le-Pont. Tél. 01 43 96 95 54. www.retouramont.com Olivier Penel Fabrice Lambert  : Aujourd’hui sauvage. Critique Aujourd’hui sauvage Maison de la Musique de Nanterre/Chor. Fabrice Lambert Chorégraphe résident à la Maison de la Musique de Nanterre, Fabrice Lambert réunit sept danseurs et un musicien pour une danse intuitive qui convoque nos mouvements fondamentaux. Malgré son titre un peu performatif, en forme d’agenda, Aujourd’hui sauvage, création de Fabrice Lambert, s’attache plutôt à nous plonger dans une sorte de va et vient entre intimité et extériorité. Les interprètes débordent même le cadre de scène pour prendre l’air de la salle et la température du public. Les sept « sauvages » ne le sont pas tant, même si parfois ils sont enfermés dans une légère cage de tissu translucide. À la fois très physique et très « sensationnelle », la pièce, illuminée par Philippe Gladieux, joue des clairs-obscurs et des passages de Skid Chaillot – Théâtre national de la Danse/Chor. Damien Jalet Damien Jalet avec le GöteborgsOperans Danskompani propose des émotions fortes et une danse renversante. De quoi vous faire chavirer. Damien Jalet a concocté une création très physique, au double sens du terme, pour le GöteborgsOperans Danskompani. En effet, Skid se joue sur un plan incliné à 34 degrés qui plonge directement dans la fosse d’orchestre. Le décor est lui-même inspiré de la mesure de l’accélération de la pesanteur établie à 9,8 mètres/s2. Cette pente a été conçue par les artistes Jim Hodges et Carlos Marques da Cruz, tandis que les costumes espiègles et polyvalents sont l’œuvre du styliste Jean- Paul Lespagnard. Si l’on ajoute les lumières de Joakim Brink qui s’étoilent en autant d’ombres pour égarer notre regard, et les dixsept superdanseurs de la GöteborgsOperans l’ombre à la lumière. Dans ces alternances, le corps se voile ou se dévoile, et les danseurs mêlent leur propre impulsion au flot de la chorégraphie. S’il n’y a ni dents aiguisées, ni griffes acérées, il y a une sorte de chaos, de désordre irrépressible, qui ne peut se calmer qu’au sein de cette enveloppe matricielle, corps bercés aux sons de la musique de Marek Havlicek, tandis que la sauvagerie se déchaîne sous les coups du « percutiste » Benjamin Colin, qui sature l’espace d’heurts et d’impacts. Lendemains incertains Au fond, ce que veut nous montrer Fabrice Lambert avec ses souffles de gaze, c’est un monde autour de nous dont la réalité se dissout. Peut-être tout cela n’existe-t-il pas ? Peut-être sous cette machine des apparences y a-t-il en réalité vacance, absence ? Quand ce dispositif irisé se soulève, les interprètes Danskompani, tous les ingrédients sont réunis pour vous plonger dans une chorégraphie vertigineuse. Une technique étourdissante Damien Jalet, complice de longue date de Sidi Larbi Cherkaoui, est un habitué de la recherche de sensations fortes, dont la réalité matérielle peut être perçue ou vérifiée. Il a créé sa propre technique basée sur la force centrifuge dans de nombreux pays et pour diverses institutions, dont la compagnie de Pina Bausch, et plus près de nous à l’Atelier de Paris. Cette fois, il s’attaque à la gravité avec sa force d’attraction universelle, pour nous s’incarnent, chair et os bien visibles, sauts enlevés, bras levés, mais aussi sentiment d’urgence qui tord d’un coup les torses et impatiente les jambes. Les mouvements surgissent en pleine liberté, les gestes sont portés à incandescence ou dans l’éther, tout en phrases suspensives, avec les membres qui flottent dans l’air. La scénographie de Sallahdyn Kahtir est somptueuse avec ses fragiles membranes colorées, sa lumière qui se met à danser et nous fait vaciller. On retrouve à travers elle la grotte de Jamais assez, précédente pièce de Lambert, et cette forme d’éternité comme nouvelle ressource d’évasion… Mais aussi l’ombre portée sur notre avenir incertain, comme un impénétrable tain que ne pourrait franchir la clarté du bel « Aujourd’hui ». Agnès Izrine Maison de la musique de Nanterre, 8 rue des Anciennes-Mairies, 92000 Nanterre. Le 19 janvier à 20h30. Durée 1h00. Tél. 01 41 37 94 20. Du 6 au 9 février au Centre Pompidou, Paris avec le Théâtre de la Ville Hors-les-Murs et le festival Faits d’Hiver ; le 15 février au Théâtre Molière de Sète, scène nationale archipel de Thau ; le 7 mars au CCM de Limoges ; le 29 mars au Théâtre de Saint-Quentin-en- Yvelines ; le 13 avril au Théâtre des 2 Rives de Charenton-le-Pont dans le cadre de la Biennale du Val-de-Marne. Jean-Louis Fernandez
Patrick Berger Mats Backer Skid de Damien Jalet avec le GöteborgsOperans Danskompani. bouleverser totalement. Tour à tour épique, dangereux, humoristique ou émouvant, Skid (ou dérapage en anglais), dessine un nouveau paysage de possibilités corporelles, et nous confronte aux lois inflexibles d’une force terrestre invisible. Agnès Izrine Critique Mirages – les âmes boréales Théâtre André Malraux/ECAM/Centre des Arts/Le Prisme/Chor. Christian et François Ben Aïm La toute nouvelle création de Christian et François Ben Aïm prend le parti de l’illusion et du fantasme pour sublimer une vision du Grand Nord. L’univers très onirique du Grand Nord selon Christian et François Ben Aïm. Chez Christian et François Ben Aïm, le Grand Nord et ses étendues de glace ne se résument pas à un espace immaculé et vierge. Bien au contraire. Avec la scénographie de Camille Duchemin, tout en espaces de projection, d’apparitions et de disparitions, les éléments et les corps deviennent des surfaces où les couleurs se superposent dans une symphonie visuelle rappelant les aurores boréales. Une danseuse et un danseur, un igloo, et le conte peut commencer. La danse est limpide, mais le duo explore son milieu sans pour autant raconter une histoire  : on ne saura finalement guère s’ils sont humains ou animaux, même s’ils distillent quelques signes au gré de leurs évolutions – ici un geste, là un changement de costume. Un grand bain de beauté visuelle Qu’ils cherchent de leurs volutes de bras un ailleurs à portée de ciel, ou qu’ils deviennent des marionnettes manipulées à hauteur de buste, les danseurs sont portés par l’univers visuel. L’effondrement d’une partie de leur environnement figure la fonte inexorable des neiges, l’espace se transforme et l’on devine alors le drame. Pour autant, les chorégraphes ont choisi de rester dans la dynamique fascinatoire du début. Dans un parti pris de laisser le spectateur dans l’illusion, l’imaginaire s’arrête à la beauté qui ne quitte pas la scène. Nathalie Yokel Chaillot – Théâtre national de la Danse, 1 place du Trocadéro, 75116 Paris. Du 31 janvier au 2 février. Jeu 31 à 19h45, ven. 1er à 20h30, sam. 02 à 15h30 et à 19h45. Tél. 01 53 65 30 00. Durée  : 45 minutes. Théâtre André Malraux, 102 av. du Généralde-Gaulle, 94550 Chevilly-Larue. Le 9 janvier 2019 à 19h30. Tél. 01 41 80 69 60. ECAM, 2 place Victor-Hugo, 94270 Le Kremlin-Bicêtre. Le 11 janvier 2019 à 10h et 14h30, le 12 à 16h. Tél. 01 49 60 69 42. Centre des Arts, 12-16 rue de la Libération, 95880 Enghien-les-Bains. Le 20 janvier 2019 à 15h, le 21 à 10h. Tél. 01 30 10 85 59. Le Prisme, 2 allée du théâtre, 78990 élancourt. Le 31 janvier et le 1er février 2019 à 10h et 14h. Tél. 01 30 51 46 06. Spectacle vu au théâtre de Châtillon. Et les 4 et 5 février au Tangram, Scène nationale d’évreux-Louviers ; du 5 au 9 mars au Théâtre de la Coupe d’Or, Scène conventionnée de Rochefort ; les 19 et 20 mars au Centre culturel Marc Sangnier, Mont- Saint-Aignan ; les 25 et 26 mars au Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec ; le 30 mars au Stereolux à Nantes ; le 31 mars, les 1er et 2 avril au Théâtre 71, Scène nationale de Malakoff ; du 7 au 9 avril à La Machinerie, Théâtre de Vénissieux ; les 11 et 12 avril au Lux, Scène nationale de Valence ; du 2 au 4 mai à Théâtres en Dracénie, Draguignan ; les 9 et 10 mai au Trident, Scène nationale de Cherbourgen-Cotentin ; du 16 au 18 mai au Théâtre de Villefranche ; les 23 et 24 mai à Fontenay en Scènes, Fontenay-sous-Bois. Du 10 janvier au 10 février 2019 Grand Paris Seine & Oise présente Cie Amala Dianor Cie Burnout - JannGallois Collectif Jeux de Jambes Cie METATarses - Sandra Abouav Cie Acte 2 - Catherine Dreyfus Cie Espace des Sens - Olivier Lefrançois Cie En Quarantaine Cie Al Banat Noor Cie Même pas mal – Junior Bosila Cie Les 1000 Saveurs Cie KDA Rencontres Chorégraphiques de l’ENM Battle Breakdance Just do Art #4 Biennale de danse programme complet GPSEO.FR danse 63 la terrasse 272 janvier 2019



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