La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 6 la terrasse 272 janvier 2019 JANV. — MARS 2019 17 – 20 JANV. 2019 THOM LUZ GEORG BÜCHNER LÉONCE ET LÉNA 26 – 27 JANV. 2019 BORIS CHARMATZ 10000 GESTES 5 – 18 FÉV. 2019 GAËLLE BOURGES LE BAIN + REVOIR LASCAUX TOUT PUBLIC 7 – 17 FÉV. 2019 JOËL POMMERAT LA RÉUNIFICATION DES DEUX CORÉES 20 – 24 MARS 2019 MEG STUART BUILT TO LAST 29 MARS – 7 AVR. 2019 RODRIGO GARCÍA EVEL KNIEVEL CONTRE MACBETH 29 – 31 MARS 2019 LOTTE VAN DEN BERG DYING TOGETHER + CINÉMA IMAGINAIRE « POLTERGEIST » PROGRAMMATION ARTS VISUELS CHRISTINE REBET AERNOUT MIK MARIE LOSIER ANNE LE TROTER CHARLOTTE KHOURI 10 € POUR TOUS AVEC LA CARTE ! nanterre-amandiers.com +33 (0)1 46 14 70 00 CRÉATION Critique Insoutenables longues étreintes La Colline/Tournée/d’Ivan Viripaev/traduction Sacha Carlson ET Galin Stoev/mes Galin Stoev Pour sa première création en tant que directeur du ThéâtredelaCité à Toulouse, Galin Stoev crée le dernier texte d’Ivan Viripaev. Un quatuor orchestré tout en subtilité, autour de quatre trentenaires perdus. C’est un long compagnonnage qui unit l’auteur Ivan Viripaev et le metteur en scène Galin Stoev, qui l’a fait connaître en France avec Rêves en 2001, et y a notamment monté Oxygène ou Danse Delhi. Il crée ici Insoutenables longues étreintes, son dernier texte en date, semblable à Oxygène par son énergie tenace et par son adresse directe au public. Ce qui saisit dans l’écriture d’Ivan Viripaev, c’est sa manière singulière d’entremêler et de télescoper la médiocrité affligeante d’un quotidien sans espoir et un irrépressible besoin de sens. Comme une plongée dans le pire de l’existence qui serait néanmoins tendue de toutes ses forces vers une possibilité de beauté. étonnante, touchante, sa langue le place parmi les auteurs majeurs de l’époque. Elle entretient une proximité saisissante entre le trivial et le spirituel, le sordide et l’onirisme. Contrairement à la partition plutôt loufoque des Enivrés, récemment mise en scène avec brio par Clément Poirée, cette création s’avère plus tranchante, plus sombre, car la mort y rôde sans cesse. Entretien/Thomas Ostermeier Retour à Reims Théâtre de la Ville, Espace Pierre-Cardin/d’après Didier Eribon/mes Thomas Ostermeier Au sein d’un studio technique, une comédienne – interprétée par Irène Jacob – enregistre la voix off d’un documentaire cinématographique réalisé à partir d’un essai de sociologie… C’est Retour à Reims, adaptation théâtrale d’un ouvrage* de Didier Eribon créée par le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier. Retour à Reims explore différentes réflexions liées à la sociologie, à la politique, à l’orientation sexuelle… Quelle dimension de cet essai souhaitez-vous particulièrement éclairer à travers votre adaptation théâtrale ? Thomas Ostermeier  : Je crois que l’objet principal de Retour à Reims est d’analyser la relation qui peut être établie entre l’échec de la gauche à incarner un espoir pour les classes populaires et la montée des mouvements politiques d’extrême droite. C’est cet axe principal que j’ai suivi dans mon travail. Au sein de son essai, Didier Eribon procède à une analyse très personnelle, puisqu’il revient sur sa propre histoire en mettant en perspective l’engagement de son défunt père pour le Parti Communiste et le fait qu’une grande partie de sa famille vote aujourd’hui pour le Rassemblement National. Quel prisme théâtral avez-vous imaginé pour donner corps à cette analyse ? T. O.  : Il m’a semblé important de rendre compte, concrètement, de la dimension autobiographique du livre de Didier Eribon. Pour cela, mon équipe et moi avons réalisé un film documentaire. Nous sommes allés à Reims avec lui, chez sa mère, dans sa cuisine, mais aussi dans certaines rues de Paris. Ensuite, mon idée a été d’imaginer une représentation théâtrale qui ouvre sur le travail d’une comédienne enregistrant le commentaire en voix off de ce film documentaire, sous la direction du réalisateur de ce film. La dimension cinématographique du spectacle prend en charge les différentes composantes de Retour à Reims  : bien sûr les réflexions et les analyses de Didier Eribon, mais aussi son amour pour l’art, pour l’opéra, des choses de sa vie intime comme la découverte de son homosexualité à l’adolescence… Tout cela est traité non seulement par les images du film, mais aussi par le texte enregistré par la comédienne, qui est le texte original du livre. Vous avez conféré à la présence de cette comédienne une double fonction… T. O.  : Oui, car parallèlement au texte qu’elle est chargée de dire, elle met en question les choix opérés par le réalisateur du film  : pourquoi il a choisi de couper à tel endroit, pourquoi il a choisi de montrer telle chose plutôt qu’une autre… Ce qui finalement donne naissance à une discussion sur l’engagement en art, que ce soit au cinéma ou au théâtre, une discussion sur les possibilités d’intervention et d’action des artistes dans le monde contemporain. Deux points de vue différents en ressortent  : celui du réalisateur et celui de la comédienne. Comme Didier Eribon, vous êtes issu d’un milieu populaire. Avez-vous l’impression, à Galin Stoev la met en scène avec maîtrise et subtilité, il en fait résonner les échos contradictoires, il en éclaire la profonde tristesse et aussi les ouvertures vers d’autres possibles, même vaines, rageuses, cantonnées à un imaginaire fantasmatique. Célébration paradoxale Ils sont quatre trentenaires  : Monica, Charlie, Amy et Christophe. Originaires d’Europe de l’Est pour certains, ils vivent à New York avant de partir pour Berlin, « New York en moins cher ». Les relations se font et se défont, sans que jamais ils ne soient satisfaits. Douleur d’un avortement, tentative de suicide, quête effrénée d’orgasmes, cauchemars de serpents noirs, alcool, drogue, violence qui se déchaîne, traversée de l’enfer… Sinatra a beau chanter la féerie de New York, la vie est « une vraie saloperie ». Ce n’est pas dîner dans le meilleur restaurant vegan de la ville qui va donner un sens à l’existence. Les personnages ici racontent leur histoire ; les acteurs ne les incarnent donc pas, ou plutôt
Brigitte Lacombe François Passerini Le metteur en scène Thomas Ostermeier. « L’objet principal de Retour à Reims est d’analyser la relation qui peut être établie entre l’échec de la gauche et la montée des mouvements politiques d’extrême droite. » travers la dimension biographique de Retour à Reims, de mettre une part de votre intimité et de votre propre histoire personnelle dans ce spectacle ? T. O.  : Oui, tout à fait. Mais finalement, même si c’était sans doute moins visible, cette part de mon histoire personnelle, cette ouverture sur mes origines était également présente dans mes premiers spectacles. Par exemple, dans Shopping and Fucking, dans Disco Pigs, dans Catégorie 3.1… Mais on pourrait aussi dire, plus récemment, dans mes différentes mises en scène des pièces d’Ibsen, qui parlent toutes d’une certaine façon de l’angoisse de Insoutenables longues étreintes, création de Galin Stoev. les incarnent à travers le récit. Un récit troué de percées oniriques. Car au milieu de tout ce malheur émergent des voix venues de galaxies lointaines, « la voix de l’univers » qui trouble la linéarité et impulse de nouveaux désirs, plus vrais, plus tendres, pour aider enfin à être vivants. C’est à l’intérieur de chacun des personnages qu’elles se font entendre, et cette manière de poser des questions essentielles et d’accorder de l’importance à l’intériorité dans un monde catastrophique est très belle. Même enfermés dans une prison mentale, il demeure possible de briser les murs. Une telle partition exige un grand talent de la part des comédiens, qui doivent éviter l’écueil d’une froide distance pour trouver une distance juste, en lien avec les spectateurs, qui peuvent être déroutés par cette noirceur où le plus vulgaire – signe de l’époque – côtoie des interrogations profondes. Remarquablement dirigés, ils relèvent le défi avec un déclassement que peut ressentir la bourgeoisie, de sa peur de descendre l’échelle sociale et de se retrouver dans une situation de précarité. Cette peur n’a cessé de s’accroitre durant les dernières décennies, ce qui n’est pas sans lien, je crois, avec l’instauration du système néolibéral, du capitalisme sauvage dans lequel nous vivons. Quelle analyse faites-vous, vous-même, de la montée des populismes et de l’extrêmedroite en Europe ? T. O.  : Comme Didier Eribon, je pense que la gauche sociale-démocrate a oublié sa mission historique, qui était de s’occuper des gens qui vivent dans la précarité, pour mettre en place des lois néolibérales. Ce faisant, elle a perdu la confiance d’une grande partie du peuple, ce qui a je crois fortement contribué à l’émergence de la situation politique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat * Publié en 2009, aux éditions Fayard. Théâtre de la Ville, Espace Pierre-Cardin, Studio, 1 av. Gabriel, 75008 Paris. Du 11 janvier au 16 février 2019 à 20h, le dimanche à 16h. Relâche les lundis ainsi que les 30 et 31 janvier. Durée de la représentation  : 2h15. Tél. 01 42 74 22 77. www.theatredelaville-paris.com également les 21 et 22 février 2019 à la Scène nationale d’Albi ; les 28 février et 1er mars à la Maison de la Culture d’Amiens ; du 6 au 8 mars à la Comédie de Reims ; les 14 et 15 mars à la Scène nationale de Poitiers ; du 21 au 23 mars à La Coursive - Scène nationale de La Rochelle ; les 28 et 29 mars aux Scènes nationales de Belfort et de Montbéliard ; du 5 au 7 avril au Théâtre Vidy- Lausanne ; les 24 et 25 avril au TANDEM - Scène nationale de Douai ; du 2 au 4 mai à Bonlieu – Scène nationale d’Annecy ; du 14 au 16 mai à La Comédie de Clermont-Ferrand ; les 22 et 23 mai à l’Apostrophe - Scène nationale de Cergy-pontoise et du Val d’Oise. talent sûr. Profondément touchante, Marie Kauffmannest impressionnante de finesse et de précision dans le rôle de Monica. De même, Pauline Desmet (Amy), Nicolas Gonzales (Charlie) et Sébasien Eveno (Christophe) déploient un jeu remarquable, et tous quatre sont parfaitement accordés. Leurs étreintes sont une célébration paradoxale de la vie. Agnès Santi La Colline-Théâtre national, 15 rue Malte- Brun, 75020 Paris. Du 18 janvier au 10 février 2019, du mercredi au samedi à 20h, le mardi à 19h et le dimanche à 16h. Tél. 01 44 62 52 52. Durée 1h45. également les 11 et 12 janvier au Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds. Du 18 janvier au 16 février au Théâtre de Liège. Spectacle vu au ThéâtredelaCité à Toulouse. Le marchand de Londres D’après « The Knight of the Burning Pestle » De Francis Beaumont Mise en scène Declan Donnellan (Londres)/Cie Cheek by Jowl Création en France Coproduction Du mercredi 16 janvier au samedi 2 février Avec les comédiens du Théâtre Pouchkine/Moscou Production Cheek by Jowl/Londres, Théâtre Pouchkine/Moscou Coproduction Les Gémeaux/Sceaux/Scène nationale, Barbican Centre/Londres, Centro Dramático Nacional/Madrid (INAEM) Spectacle en russe surtitré Tél. 01 46 61 36 67 Adaptation graphique Naïs Kinet/Atelier Michel Bouvet. Photographie Michel Bouvet théâtre 7 la terrasse 272 janvier 2019



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