La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 4 la terrasse 272 janvier 2019 Critique Saison Sèche MC93/dramaturgie et mes Phia Ménard ET Jean-Luc Beaujault Sept femmes partent à l’assaut du système patriarcal. C’est Saison Sèche, de la metteuse en scène Phia Ménard, l’un des spectacles ayant fait sensation au dernier Festival d’Avignon. Du grand théâtre  : chorégraphique, organique, métaphorique, politique. Saison Sèche, de Phia Ménard. Ce seront les seuls mots de la représentation. Ils sont prononcés par Phia Ménard au pied du plateau, un instant avant l’ouverture du rideau. Sans le moindre commentaire. De façon brute, nette, détachée  : « Je te claque la chatte ». Chargé de toutes les oppressions et agressions auxquelles doivent faire face les femmes, au quotidien, dans notre société machiste, ce verbatim retentit comme une déflagration. Dans un même élan, les six tableaux de Saison Sèche vont venir faire exploser – en un peu plus d’une heure – les cadres et les normes du système patriarcal. Métaphorique et organique, loin de toute pesanteur intellectuelle ou didactique, le théâtre de Phia Ménard fait appel à nos sens, nos émotions, notre conscience, à notre faculté de ressentir, de penser, d’imaginer. Cet art profondément personnel met ici en jeu sept interprètes féminines. Tout d’abord enfermées dans un espace immaculé dont le volume varie selon les déplacements de son plafond, ces femmes vont peu à peu réussir à se libérer du joug des hommes qui régissaient jusque-là leur existence. Une révolution féministe Cette émancipation passe par un maëlstrom d’ébranlements, de tensions, de chocs, d’obstructions, de chutes, de bariolages, de vrombissements, de débordements, de déchirures… Un ordre coercitif cède. Il laisse la place à un chaos éruptif, un cataclysme en mouvement. Phia Ménard ne cherche jamais à résoudre les sujets dont elle s’empare à travers une quelconque forme d’harmonie ou d’apaisement. Le Cenquatre-Paris Issu des tréfonds de l’être, sont art se nourrit de toutes les colères et tous les engagements qui font de ses spectacles des œuvres profondément politiques. Les sept comédiennesdanseuses de Saison Sèche se réapproprient donc leur corps, leur environnement, tout simplement leur vie. Cette révolution féministe est d’une force incroyable. On se sent transpercés par les vagues successives d’images, d’impulsions, de sensations qui nous parviennent. Phia Ménard brouille une nouvelle fois les frontières des disciplines pour inventer un langage qui lui est propre. Après P.P.P., Vortex, Belle d’Hier, Les Os noirs…, elle signe l’une de ses créations les plus abouties. Et s’impose comme l’une des artistes majeures de la scène contemporaine. Manuel Piolat Soleymat MC93 – Maison de la culture de Seine-Saint- Denis Bobigny, 1 bd Lénine, 93000 Bobigny. En partenariat avec le Théâtre de la Ville. Les 10 et 11 janvier 2019 à 20h, le 12 janvier à 18h, le 13 janvier à 16h. Durée de la représentation  : 1h10. Spectacle vu le 18 juillet 2018 au Festival d’Avignon. Tél. 01 41 60 72 72. www.mc93.com également les 17 et 18 janvier 2019 à la Scène nationale d’Orléans ; le 5 février à L’Hippodrome de Douai ; les 13 et 14 février à la Comédie de Valence ; du 28 février au 2 mars au Théâtre national de Marseille ; le 7 mars au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan ; les 13 et 14 mars au Grand T à Nantes ; du 20 au 29 mars au Théâtre national de Bretagne ; le 4 mai à la Scène nationale de Mulhouse. Festival les Singuliers Festival de formes hybrides au casting aussi impressionnant que l’originalité des formes qu’il propose, les Singuliers arrive au 104. Où pourra-t-on voir Philippe Katerine et Camille chanter ensemble sur la musique de Gabriel Fauré, avec entre autres la formidable actrice et chanteuse Judith Chemla (Ici bas) ? Jacques Gamblin tenir autour de la thématique du climat un discours de 23 minutes exactement en forme de manifeste poétique (Mon Climat) ? Johannle Guillermquestionner devant son établi le concept de banane et chercher à savoir ce qu’on peut bien trouver derrière un point (Le pas grand chose) ? Ou encore Olivier Dubois parcourir sa carrière de danseur dans une forme oscillant entre tribunal et peep-show (Pour sortir au jour) ? Au 104 bien sûr, pour le festival les Singuliers qui porte si bien son nom, et propose des formes hors normes, concoctées par des artistes hors pair. Formes hétéroclites On pourra aussi voir Patti Smith reprendre voix pour une nouvelle vie imaginée par Claudine Galéa (La 7ème vie de Patti Smith). Silver Factory, le studio mythique d’Andy Warhol, se remettre à vibrer pour révérer et démystifier nos icônes de l’art (A silver factory). Du folk croiser de la musique brésilienne, du rock du baroque dans un chapelet de reprises orchestrées par Rosemary Standley et Dom La Nena (Birds on a wire). Melissa Von Vepy se trans- Jean-Luc Beaujault
D. R. François Goize Christophe Raynaud De Lage Zaï zaï zaï zaï. Critique Zaï zaï zaï zaï Le Monfort/d’après la bande dessinée de Fabcaro/MES Paul Moulin Entre road-movie et fait divers, la bande dessinée à succès Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro offre au Théâtre de l’Argument la matière d’une réjouissante fiction radiophonique en public. Où la société de consommation et les médias en prennent pour leur grade. Pour Maïa Sandoz, Paul Moulin et leur fidèle bande du Théâtre de l’Argument, toutes les formes sont bonnes pour taper sur les dérives du néo-libéralisme. Pour questionner la liberté de l’individu à l’ère de la communication et de la surveillance. Créé la saison dernière à la Ferme du Buisson à Noisiel, dans le cadre du PULP Festival consacré au 9 e art et à ses rencontres avec d’autres disciplines, Zaï zaï zaï zaï n’a en effet que peu de points en commun avec Stück Plastik, une pièce en plastique. Si ce n’est un rejet catégorique des conventions sociales. Une cruauté envers tous ses représentants, que Fabcaro et Marius von Mayenburg, auteurs des deux œuvres portées sur le plateau par la compagnie basée en région parisienne, déploient chacun avec son langage  : la bande dessinée pour le premier, et le théâtre pour le second. Adaptée par Maïa Sandoz et mise en scène par Paul Moulin, Zaï zaï zaï zaï a toute la légèreté et la folie qui font défaut à Stück Plastik. Dans le road-movie à bulles de Fabcaro, un auteur de bandes dessinées se retrouve en cavale pour avoir commis une faute impardonnable  : l’oubli de la carte du magasin où il vient de faire ses courses. Chasse à l’auteur En optant pour une fiction radiophonique en public, Paul Moulin rend justice à la subtilité du trait et du texte de Fabcaro. À son sens de la dénonciation par l’absurde. Alignés à une table, derrière des micros et tout Melissa Von Vepy sera au Cenquatre-Paris. former en régisseuse acrobate dans un ballet aérien suspendu (Noir M1). Sébastien Barrier lâcher la bouteille pour parler aux enfants de son chat sur un mode tendre et trash (Gus). Erwan Ha Kyoon Larcher, tout à la fois danseur, équilibriste, tireur à l’arc et chanteur, mener un opéra en solitaire (Ruine). Et enfin, un film documentaire repartir sur les traces d’Everett Ruess, près de quelques bruiteurs, les comédiens Aymeric Demarigny, Adèle Haenel, Emmanuel Noblet, Aurélie Verillon, Maxime Coggio, Élisa Bourreau, Christophe Danvin et Cyrille Labbé se lancent dans Zaï zaï zaï zaï à la manière de conteurs aussi branchés que bricoleurs. Mené tambour battant, le récit des aventures de Fabrice, sorte d’autoportrait fictif de l’auteur, laisse souvent place à des moments de jeu. Se répartissant la cinquantaine de personnages que le héros croise dans sa course – parmi lesquels des caissières de magasin, des policiers bagarreurs, des journalistes accros au scoop ou encore des hommes politiques au laïus ultra-sécuritaire –, les huit interprètes se livrent à des fantaisies vocales d’autant plus savoureuses qu’ils déploient leurs astuces à vue. Inventant pour chaque situation, pour chaque gag, une solution sonore différente, ils font appel à leurs outils techniques ainsi qu’à une panoplie d’objets du quotidien avec un plaisir manifeste. Car dans leur jeu de massacre radiophonique, c’est une énergie purement théâtrale qui les anime. Une joie qui touche au cœur. Anaïs Heluin Le Monfort, 106 rue Brancion, 75015 Paris. Du 23 janvier au 9 février 2018 à 19h30, le samedi 2 à 16h et 19h30. Tél. 01 56 08 33 88. www.lemonfort.fr Spectacle vu à la Ferme du Buisson. jeune aventurier de 20 ans mystérieusement disparu dans l’Utah (La disparition d’Everett Ruess). éric Demey Le Centquatre-Paris, 5 rue Curial, 75019 Paris. Du 19 janvier au 16 février. Tél. 01 53 35 50 00. DIDIER ERIBON THOMAS OSTERMEIER RETOUR À REIMS CRÉATION DE LA VERSION FRANÇAISE ESPACE CARDIN 1, AVENUE GABRIEL – PARIS 8 11 JAN. - 16 FÉV. 2019 AVEC CÉDRIC EECKHOUT IRÈNE JACOB BLADE MC ALIMBAYE theatredelaville-paris.com ÉMILIE PAILLOT GRAPHISTE - THOMAS OSTERMEIER/SÉBASTIEN DUPOUEY - LICENCES 1-1096564/1-1056307/2-1051017/3-1051015 théâtre 5 la terrasse 272 janvier 2019



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