La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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théâtre 22 la terrasse 272 janvier 2019 Guendalina Flamini Théâtre Victor Hugo 14 avenue Victor Hugo 92220 Bagneux 01 46 63 96 66 01 41 17 48 12 theatrevictorhugo-bagneux.fr Saison 18/19 Aurélien Bory jeudi 17 vendredi 18 janvier 20 h 30 grande scène théâtre visuel dès 8 ans Théâtre Centre d’art 8 bis avenue Louis Breguet 78140 Vélizy-Villacoublay londe.fr ThéâTre VicTor hugo - Bagneux Scène deS artS du geSte Si tu n’étaiS paS de marbre... Cie Hippocampe Du 24 au 27 janvier 2019 Jeu, ven, sam à 20h30 et dim à 17h00 timée ou leS SemeurS d’étoileS Cie du porte-Voix Mercredi 6 février 2019 14h00 Goûter - spectacle terreS inViSibleS Cie livsmedlet Dimanche 24 mars 2019 15h00 et 19h00 Festival MARTO ! aeterna théâtre du mouvement Vendredi 29 mars 2019 20h30 Festival MARTO ! la Vie automatique Cie troisième Génération Samedi 6 avril 2019 20h30 Happy endinGS Collectif label brut Vendredi 12 avril 2019 20h30 oVulation à 15H37 Jean-Claude Cotillard Mardi 14 mai 2019 20h30 Critique Trissotin ou les Femmes savantes région/Reprise/La Criée, Marseille/De Molière/mes, décors et costumes Macha Makeïeff Soutenue par une distribution impeccable, Macha Makeïeff fait entendre avec un éclat renouvelé le combat émancipateur des femmes savantes. En transposant l’intrigue du Grand Siècle aux années 1970, elle souligne les excès et la violence des relations. Avant-dernière oeuvre de Molière, écrite deux ans avant sa mort, Trissotin ou les Femmes savantes – ainsi nommée par Molière à la reprise de la pièce – est l’une de ses plus belles partitions. Une comédie à la moquerie puissante qui fustige l’ordre établi et pointe le désastre des relations familiales autant que les errements d’une quête de savoir éperdue et ridicule. Macha Makeïeff ose le passage du Grand Siècle aux années 1970, et cette transposition judicieuse fait formidablement écho à la fois à la folie d’émancipation des « femmes savantes » et au désir de liberté des jeunes générations fuyant les diktats parentaux. Philaminte (Marie-Armelle Deguy), la mère gourou asphyxiante et intégriste, sa fille Armande (Maud Wyler), consacrée aux feux de la philosophie et bientôt sacrifiée, sa belle-sœur Bélise (Thomas Morris), érotomane virevoltante  : emportées par la jouissance d’un savoir de pacotille et d’une science aux spectaculaires effets, « tympanisées » par le faux savant et vrai pédant Trissotin (Geoffroy Rondeau), petite frappe sans scrupules et vénale, les trois femmes savantes – à la mesure de leurs moyens et de ce que permettent les normes en vigueur – luttent, s’extasient et se plongent dans un délice sectaire. Déchaînement des affects Le reste de la maisonnée se désole de cette folie monomaniaque  : le père Chrysale (Vincent Winterhalter), pleutre, son frère Ariste (Arthur Igual), raisonnable, la cadette Henriette (Vanessa Fonte), qui se rebelle contre le joug maternel et préfère le langage de l’amour à l’amour du langage, la domestique Martine (Karyll Elgrichi), chassée, mais ô combien insolente et frondeuse. Le projet de Philaminte d’unir Henriette et Trissotin déclenche enfin une salutaire confrontation. Conjuguant avec talent tous les effets du théâtre, bien loin de la misogynie dont est parfois taxé Molière, la mise en scène donne à voir le tumulte, la puissance et la légitimité d’une rébellion, mais aussi le désarroi masculin qui s’accroche à ses repères et son petit confort. La révolte et le dépit de ces femmes, avides de dépasser « cette indigne classe où nous rangent les hommes », sont sujets à la moquerie autant que profondément sincères et touchants. Les excès Reprise/Théâtre Jacques Carat à Cachan/écrit et raconté par Philippe Durand 1336 (Parole de Fralibs) Philippe Durand livre une belle parole d’espoir. Celle des Fralibs, ouvriers qui, au terme d’une lutte contre la multinationale Unilever, ont créé leur propre marque de thés, 1336. Le thé, dit le premier ouvrier dont Philippe Durand convoque la parole, ça se cuisine. Et cuisiner, c’est un art qui s’apprend. D’emblée, les témoignages nous saisissent. Le mélange d’enthousiasme et de désillusion, d’autant plus fort que la pièce nous fait entrer dans la réalité des Fralibs à partir d’un moment sensible de leur histoire  : la décision d’Unilever, en septembre 2010, de fermer l’usine de Gémenos. Fruit d’entretiens réalisés en 2015, à la veille de Les femmes savantes conquises par les merveilles de la science. des personnages et la violence des relations apparaissent avec force et avec fougue, et cela donne aux alexandrins de Molière un éclat renouvelé. Jamais léger car toujours teinté de gravité, le rire met en exergue toutes sortes de troubles qui bousculent les personnages au plus profond d’eux-mêmes. Entre désirs hallucinés et modèle bourgeois qui se fissure, déchaînement des affects et conformisme hérité, manipulations et contradictions, le désordre est total. La musique et les chants, le décor et son antre scientifique coupée du monde ainsi que les costumes colorés issus des seventies servent à merveille cette mise en scène très réussie où se jouent des conflits et combats ardents. Agnès Santi La Criée – Théâtre National de Marseille, 13007 Marseille. Du 8 au 20 janvier 2019, du mardi au samedi à 20h, mercredi à 19h, dimanche à 16h. Tél. 04 91 54 70 54. également à La Scala Paris du 10 avril au 10 mai 2019. Philippe Durand dans 1336 (Parole de Fralibs). la commercialisation de la marque « 1336 », ce spectacle porte avec justesse et sensibilité la mémoire d’une lutte, et de sa victoire. Selon les termes de Philippe Durand, c’est un « trésor populaire » qu’il nous livre avec ces paroles. Anaïs Heluin Théâtre Jacques Carat, 21 av. Louis-Georgeon, 94230 Cachan. Les 22 et 23 janvier à 20h30. Tél. 01 45 47 72 41. Durée  : 1h35. Brigitte Enguerrand Stéphane Burlot
Victor Dmitriev Comédie de Genève  : double plongée théâtrale dans l’univers de Lars von Trier Récemment nommés à la direction de la Comédie de Genève, Natacha Koutchoumov et Denis Maillefer ont demandé à Oscar Gómez Mata de poursuivre l’exploration du cinéma de Lars von Trier qu’il a initiée en 2017. Le metteur en scène reprend ainsi son adaptation du Direktør et crée Le Royaume, second volet d’un diptyque théâtral qui porte un regard sans concession sur notre monde. Entretien/Oscar Gómez Mata Le Royaume/Le Direktør Grande salle/d’après Lars von Trier/MES Oscar Gómez Mata à travers Le Royaume (adapté de la série télévisée L’Hôpital et ses Fantômes) et Le Direktør, le metteur en scène Oscar Gómez Mata nous convie à entrer dans l’univers de Lars von Trier, ainsi qu’à prendre part à un théâtre conçu comme « un exercice de vie ». Quels sont les principaux aspects du théâtre auquel vous travaillez depuis la fondation de votre compagnie, L’Alakran, en 1997 ? Oscar Gómez Mata  : Je dirais que le théâtre et l’art vivant (les performances et les installations) que je propose explorent la dissolution des œuvres dans le public. La création, qui est une construction du réel, est toujours une projection de nousmêmes dans ce qui nous entoure. Les physiciens disent qu’il n’y a pas de réalité en dehors de la relation entre l’observateur et l’objet observé. Si l’on applique cette idée au théâtre, il n’y a pas de pièce absolue imaginée par l’auteur, mais une construction multiple et intime qui se joue dans l’esprit du public. Il est alors impossible à l’artiste d’imposer sa seule vision. Et si la pièce de théâtre ne peut exister sans le public, rendons-la au public ! De quelle façon ? O. G. M.  : Tous les moyens sont bons. L’instauration d’une ambiguïté entre le faux et le vrai. La fragilisation volontaire de la structure, des transitions, de l’image de l’être humain. L’humour comme moyen d’accès sensoriel à la pensée. L’aspect improvisé du jeu et du dispositif scénique pour renforcer l’idée de présent. La référence à des événements actuels et locaux. L’adresse directe et l’idée d’accident… Tout cela doit servir à activer le regard du spectateur, à le rendre critique afin de le laisser décider de l’image qu’il souhaite voir. C’est une manière de lui restituer sa responsabilité de citoyen dans la construction du réel, de le rendre créatif, de l’obliger à prendre position. J’essaie de créer un théâtre de participation de la pensée, un théâtre du présent, sans camouflage, conçu comme un exercice de vie, qui recherche un dialogue, même si celui-ci passe par le désaccord. J’essaie de faire des spectacles qu’il faut vivre et voir. Ils sont rarement consensuels, mais c’est le prix à Théâtre du Loup/d’Anton Tchekhov/MES Timofeï Kouliabine SteeveLuncker Les Trois Sœurs Une représentation quasi-muette, en langue des signes russe  : Timofeï Kouliabine présente sa version singulière des Trois Sœurs aux publics de la Comédie de Genève. Les Trois Sœurs, dans une mise en scène de Timofeï Kouliabine. Il s’agit de l’une des figures montantes du jeune théâtre russe. Un peu plus de trois ans après avoir créé, à Novossibirsk, sa version des Trois Sœurs en langue des signes, Timofeï Kouliabine fait résonner les accents souterrains de la pièce d’Anton Tchekhov à Genève. Une manière, pour le metteur en scène russe, d’éclairer d’un jour nouveau ce grand classique en montrant qu’il peut « agir émotionnellement comme si on le lisait pour la toute première fois de sa vie ». Accomplissant une lente descente « J’essaie de créer un théâtre de participation de la pensée, un théâtre du présent. » payer si l’on veut rester honnête avec soi-même et cohérent avec tout ce que je viens d’énoncer. Vous reprenez Le Direktør. Quelle a été l’origine de votre envie d’adapter au théâtre ce film de Lars von Trier ? O. G. M.  : Son thème central  : la difficulté d’assumer des responsabilités de direction à l’intérieur d’une entreprise. Je crois que cette incapacité à être responsable est l’une des caractéristiques de notre société contemporaine. D’autre part, les dialogues du Direktør sont d’une grande qualité. J’ai eu envie d’imaginer ce qu’ils pouvaient devenir à l’intérieur d’un processus de création théâtrale. dans cette œuvre tiraillée entre appel de l’ailleurs et enfermement du quotidien, la représentation quasiment dénuée de paroles (seul le personnage du portier Feraponte n’est pas sourd et muet) que signe Timofeï Kouliabine dégage une force terrienne, organique. Une force empreinte de mystère qui, de silences en clairs-obscurs, nous fait voyager dans la vérité existentielle des Trois Sœurs. Du 17 au 28 janvier 2019. Le metteur en scène Oscar Gómez Mata. Quels ont été les enjeux de votre travail de transposition ? O. G. M.  : J’applique au Direktør le procédé de théâtre que je pratique depuis toujours  : l’aparté. J’ouvre l’histoire et la situation au public afin de m’apercevoir comment la narration et les personnages peuvent être affectés. L’aparté implique que les actrices et les acteurs naviguent entre la réalité de ce qu’ils sont eux-mêmes (ici, maintenant, face au public) et la fiction qu’ils interprètent. Sur un plateau, on ne peut jamais être un autre. On ne peut jamais être soi-même non plus. Le ressort principal du film de Lars von Trier est très théâtral  : il s’agit d’une situation dans laquelle un acteur est engagé pour jouer le rôle d’un directeur d’entreprise, ce dernier se faisant passer pour un simple employé. Il y a donc deux histoires. La vraie, qui correspond à la réalité de la situation, et la fausse, qui correspond à la fiction que joue l’acteur engagé pour tenir le rôle du patron. Dans le spectacle, nous ajoutons une strate supplémentaire, celle de la représentation théâtrale qui se déroule devant le public. J’essaie d’amplifier ce temps présent en parlant vraiment aux gens, ce qui implique une manière de jouer visant à trouver une vérité de l’instant. Les comédiennes et les comédiens doivent ainsi s’aventurer dans un territoire au sein duquel on ne sait pas toujours ce qui va arriver. L’idéal serait pourtant de tout savoir pour pouvoir tout oublier devant le public  : chose très difficile, car elle demande un état de disponibilité totale et, surtout, une aptitude à tout transformer en matière à jouer. Parallèlement au Direktør, vous présentez Le Royaume, une nouvelle création imaginée à partir de L’Hôpital et ses Fantômes, série télévisée au sein de laquelle le personnel médical et les patients d’un centre hospitalier sont confrontés à des phénomènes étranges. Quel sens souhaitez-vous donner à ce nouveau projet ? O. G. M.  : L’idée était de travailler avec la même équipe, dans la même scénographie et sur un texte du même auteur que Le Direktør, tout en faisant quelque chose de complètement différent. J’ai choisi L’Hôpital et ses Fantômes parce que j’adore l’image qu’elle donne de l’être humain à travers des personnages à la fois bêtes et drôles, égoïstes et cruels. Ce qui m’intéresse vraiment, c’est l’antithèse entre raison et surnaturel, visible et invisible, science et paranormal que déploie cette série. L’histoire est invraisemblable et c’est pour cela qu’elle est excitante à adapter au théâtre. Le Royaume, du 22 janvier au 6 février 2019 ; Le Direktør, du 8 au 15 février 2019. Grande salle/DE Salvatore Calcagno, émilie Flamant ET Antoine Neufmars/mes Salvatore Calcagno Gen Z – Searching for beauty Le metteur en scène belge Salvatore Calcagno donne la parole à des jeunes gens nés après 1995. Un « spectacle documenté » entre le monde d’aujourd’hui et celui de demain. On les appelle les « digital natives ». Nés après 1995, les vingtenaires que Salvatore Calcagno a conviés sur scène avec des acteurs professionnels forment la « Génération Z » à laquelle renvoie le titre du spectacle. Ce sont les regards que ces jeunes gens portent sur le monde, les questions qu’ils se posent sur leur quotidien et leur avenir que le metteur en scène éclaire dans cette création. « Ils sont le monde de demain, déclare-t-il, et ils ont, même sans le savoir, des choses à nous dire sur le monde d’aujourd’hui ». L’école, la politique, les réseaux sociaux, l’amour, la sexualité… Gen Z – Searching for beauty vise à traduire l’universalité des préoccupations de ces filles et garçons nés dans un monde qui se cherche. Tout en rendant sensible « l’éphémère et l’intense de l’adolescence ». Du 26 février au 2 mars 2019. Comédie de Genève, 6 bd des Philosophes, 1205 Genève, Suisse. Tél. + 41 22 3020 50 01. www.comedie.ch Focus réalisé par Manuel Piolat Soleymat D. R. Gen Z – Searching for beauty, mis en scène par Salvatore Calcagno. focus 23 la terrasse 272 janvier 2019



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