La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 20 la terrasse 272 janvier 2019 Entretien/Mirabelle Rousseau Les tables tournantes Théâtre Antoine Vitez Scène d’Ivry/MES Mirabelle Rousseau La nouvelle création du Collectif TOC (Théâtre Obsessionnel Compulsif), coutumier de choix de textes singuliers, et dont la metteuse en scène Mirabelle Rousseau est la directrice artistique, ne propose rien de moins qu’une grande traversée de l’aventure spirite. Pourquoi avoir choisi, avec votre collectif, de vous intéresser au mouvement spirite ? Mirabelle Rousseau  : Cette vogue des tables tournantes venue des états-Unis dans les années 1850, arrivée via l’Angleterre avant de se répandre dans toute l’Europe, témoigne d’un irrépressible besoin de se croire capable de tenir en échec toute forme de démystification. Notre intérêt a également été éveillé par le magnifique potentiel artistique que cette expérience des tables parlantes était en mesure de générer. Ces soirées se déroulaient dans la continuité des salons littéraires ; la forme des textes est d’emblée théâtrale puisqu’il s’agit de dialogues menés sous formes d’interrogatoires par un système de questions réponses entre les vivants et les morts. Ces textes hors normes nés d’une écriture collective, portés par une inspiration à la fois mystique et révolutionnaire, offrent une expérience unique. En termes de mise en scène, quelles ont été vos aspirations ? M. R.  : À travers le protocole de ce qui ressemble à un jeu de société, la dictée spirite La metteuse en scène, Mirabelle Rousseau. « Composé de sept épisodes, le spectacle nous transporte de la maison des Fox aux états-Unis en 1848, où sont entendus les premiers coups frappés, jusqu’aux expériences surréalistes à Paris. » nous invite au cœur d’un phénomène qu’on voit s’incarner tour à tour dans la table, les objets, les personnes. Notre proposition, en forme d’aller-retour entre ces mondes imaginaires puissants et l’effort rationnel scientifique pour tenter de les expliquer, est attachée à rendre manifeste, sensible, la poétique particulière qui se dégage de ces éric Garault Entretien/Jean-Marc Diébold chimères. Les esprits frappeurs passent à table et se font entendre par des moyens de théâtre, sans redouter le kitsch ni la supercherie, suivant l’ordre chronologique de leurs apparitions historiques dans différentes expériences spirites et médiumniques. Composé de sept épisodes, le spectacle nous transporte de la maison des Fox aux états- Unis en 1848, où sont entendus les premiers coups frappés, jusqu’aux expériences surréalistes à Paris en passant, notamment, par ce qui fut le point de départ de notre travail  : les procès verbaux des séances de tables tournantes menées par Victor Hugo et ses proches en exil à Jersey. Quelle est la direction de jeu donnée aux cinq acteurs ? M. R.  : Ce spectacle a requis un gros travail d’adaptation et de montage auxquels suivant le principe de notre collectif les acteurs sont très largement associés. Sur cette proposition qui fait intervenir Laurent Charpentier, Perle Palombe, Claude Perron, Richard Samnut, Gonzague Van Bervesseles, il nous a semblé pertinent d’être très économes en allant chercher les règles du jeu du côté de la reconstitution protocolaire, pour serrer au plus proche les textes que nous avions adaptés dans le cadre de l’espace gothique, tendu de velours noir et propice aux apparitions, voulu par James Brandily. Nous cherchons également à jouer avec le spectateur, tantôt dupé, tantôt éclairé, témoin de tous ces phénomènes. À cet effet, nous nous sommes adjoint les services du magicien Benoît Dattez. Nous voulons laisser au public le plaisir dernier  : celui du ludisme, celui d’un théâtre de surprises. Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Théâtre Antoine Vitez Scène d’Ivry, 1 rue Simon-Dereure, 94200 Ivry-sur-Seine. Le vendredi 11 janvier à 20h. Tél. 01 46 70 21 55 Un vent nouveau au Centre culturel suisse de Paris Centre culturel suisse de Paris En ce mois de janvier 2019, Jean-Marc Diébold prend la tête du Centre culturel suisse de Paris (CCS). En accentuant le volet spectacle vivant du lieu et en ouvrant sa programmation à des formes telles que le cirque et la marionnette, il entend poursuivre le travail réalisé par ses prédécesseurs. Avant de prendre la direction du Centre culturel suisse de Paris, vous étiez à la tête du bureau Théâtre et Danse de l’Institut français d’Allemagne à Berlin. Quel est votre lien avec la scène artistique suisse ? Jean-Marc Diébold  : Il est très ancien, car j’ai grandi et étudié à l’Université de Genève puis de Lausanne, où j’ai démarré ma carrière professionnelle en tant que co-directeur du Théâtre La Grange de Dorigny. Pendant quatre ans, j’y ai soutenu la création romande, avec une priorité accordée à l’émergence. Je suis ensuite allé étudier la gestion d’entreprise culturelle en France, avant de m’engager dans la direction de compagnies de danse et de théâtre françaises et suisses. Après quoi j’ai intégré la scène nationale Le Merlan à Marseille, où j’ai chaque année fait produire et coproduire des artistes suisses. Martin Zimmermannet Dimitri de Perrot par exemple, ou encore Massimo Furlan et Delgado Fuchs. Des artistes que l’on retrouve en grande partie dans le programme de votre première saison à la tête du CCS… J.-M. D.  : Il était en effet important pour moi de démarrer cette nouvelle aventure avec des artistes que je soutiens de longue date. J’ai ainsi confié les deux jours de lancement, les 17 et 18 janvier 2019, au duo Nicole Fuchs et Marco Delgado, qui avec différents invités proposera un parcours dans l’ensemble du CCS. Je souhaite que le niveau des arts vivants au CCS rejoigne celui des arts visuels, domaine dans lequel il est très réputé. Il doit devenir un repère en la matière pour les professionnels et pour le public. Vous introduisez aussi des disciplines et des formes jusque-là absentes du lieu. Pourquoi ? J.-M. D.  : Je veux placer le CSS sous le signe de l’ouverture. Grâce à des partenariats avec de nombreux lieux, tels que Le Centquatre- Paris, Théâtre Ouvert, La Comédie-Française, le Théâtre Mouffetard, la Biennale des Arts de la Marionnette ou encore la Gaîté Lyrique, je l’ouvre à de nouvelles formes telles que le cirque et la marionnette. Et en musique, au jazz. Les artistes suisses qui pratiquent ces disciplines sont méconnus en France. Du 5 au 15 février 2019, j’organise donc un focus nouveau cirque où l’on pourra voir des créations de Stefan Hort, Melissa von Vépy et Julian Vogel & Josef Stiller. En marionnette, on découvrira au Carreau du Temple le travail de la compagnie Trickster-p (du 3 au 5 mai) et celui de Tête dans le sac (22-25 mai). Comme le champ des arts visuels, que j’ai confié à la jeune curatrice Claire Hoffman, la
Pierre-Jérôme Adjedj Johan Persson Le scénographe Nick Ormerod et le metteur en scène Declan Donnellan. Jean-Marc Diébold. « L’écriture dramatique suisse est d’une grande vitalité. » programmation arts vivants mettra en avant des questions de société. Cela notamment lors d’un focus consacré aux auteurs dramatiques suisses (9 avril – juillet 2019), une autre nouveauté. J.-M. D.  : L’écriture dramatique suisse est d’une grande vitalité, dont je veux rendre compte à Paris. Les écritures féminines, surtout, sont très intéressantes et développées. Elles questionnent souvent la place de la femme dans la société. C’est le cas de Julie Gilbert, invitée à trois occasions, d’Antoinette Rychner ou encore de Latifa Djerbi. Toujours dans cette envie de faire du CSS un lieu d’art et de pensée ancré dans le présent, le film documentaire y aura aussi une place importante. Propos recueillis par Anaïs Heluin Centre culturel suisse de Paris, 38 rue des Francs Bourgeois, 75003 Paris. Tél. 01 42 71 44 50. www.ccsparis.com Entretien/Declan Donnellan Le Marchand de Londres Les Gémeaux/De Francis Beaumont/MES Declan Donnellan Le metteur en scène Declan Donnellan, familier du plateau des Gémeaux, revient avec une nouvelle création  : Le Marchand de Londres. Signé par un contemporain de Shakespeare, Francis Beaumont, ce pastiche baroque est aussi une percutante satire politique. « Ces textes traversent les siècles et continuent à nous montrer la vie. » Vous dites que « cette farce hilarante pose des questions très pertinentes ». Lesquelles ? Declan Donnellan  : Francis Beaumont a écrit cette comédie à l’époque de Shakespeare, à un moment où le théâtre est menacé par un public de plus en plus hostile à l’art et à la culture. Quelques années plus tard tous les théâtres seront fermés par le nouveau gouvernement révolutionnaire. À chaque fois que je lis ces pièces de Shakespeare, Beaumont, Middleton, j’ai l’impression que leurs auteurs les ont réécrites pour qu’elles parlent de notre époque. Tout y semble nouveau ! Une œuvre d’art est vivante, différente à chaque fois que nous nous en saisissons. Les textes forts parlent toujours du moment présent, car ils sondent les recoins de la condition humaine d’une manière qui ne peut être expliquée. Ils n’opèrent pas rationnellement. Ces textes traversent les siècles et continuent à nous montrer la vie. Et la vie n’est pas un état, elle est un processus changeant. Pourquoi avoir choisi de la monter avec les comédiens du Théâtre Pouchkine ? D. D.  : Nous ne choisissons pas une pièce de manière isolée, nous la choisissons parce qu’elle est inspirée par les acteurs. Nous avons donc choisi Le Marchand de Londres [The Knight of the Burning Pestle] car elle correspond aux acteurs russes avec lesquels nous travaillons depuis plus d’une douzaine d’années, à travers Pouchkine, Shakespeare, Tchekhov… C’est la première fois que nous mettons en scène une pièce de Beaumont, et nous avons hâte d’explorer son humour outrancier avec nos acteurs russes. Dans quel contexte scénographique souhaitez-vous, avec le scénographe Nick Ormerod, placer cette mise en scène ? D. D.  : Comme moi, il débutera les répétitions sans aucune idée préconçue. Nous construisons le spectacle, y compris la scénographie, entièrement à partir de notre travail avec les acteurs. Avec nos troupes russe et française nous organisons toujours une période d’expérimentation bien avant les répétitions. Nous emmenons la troupe loin de Moscou, à la campagne, dans un endroit que nous appelons « Les Bois » pendant une semaine, afin d’explorer le texte. Puis Nick conçoit la scénographie, qui donne un espace à ce que nous avons découvert dans les Bois. Toute vision ou mise en scène préalable est futile d’un point de vue artistique si nous ne nous laissons pas surprendre par l’immédiateté de notre travail avec les acteurs. Le théâtre est faible s’il n’est pas fort visuellement, mais s’il ne parle pas de l’humain, ce n’est même pas du théâtre. Propos recueillis par Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Les Gémeaux, Scène Nationale, 49 av. Georges-Clemenceau, 92330 Sceaux. Du 16 janvier au 2 février 2019, du mercredi au samedi à 20h45 ; dimanche à 17h. Spectacle en russe surtitré. Tél. 01 46 61 36 67. Auditions 2019 Les inscriptions aux concours sont ouvertes ! Dossier d’inscription sur le site manufacture.ch - D’APRE MA–SA  : 19H VE  : 20H/DI  : 17H30 Haute école des arts de la scène - Lausanne Véritable école laboratoire, La Manufacture offre aux jeunes artistes du théâtre et de la danse un espace de création et d’expérimentation unique en Europe. En 2019, les concours des Bachelor et Master Théâtre sont ouverts aux aspirantes comédiennes, metteures en scène et scénographes. Date limite d’inscription  : début mars 2019 08–27.01.19 S MARCEL PROUST - MISE EN SCE Bachelor Théâtre Master Théâtre NE JEAN BELLORINI théâtre 21 la terrasse 272 janvier 2019



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