La Terrasse n°272 janvier 2019
La Terrasse n°272 janvier 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de janvier 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 80

  • Taille du fichier PDF : 14,3 Mo

  • Dans ce numéro : un récital de récitals.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 10 la terrasse 272 janvier 2019 16/20 janvier 2019 seuls wajdi mouawad theatrefirmingemier-lapiscine.fr AnnLa Terrasse Seuls.indd 1 04/12/2018 15:42 zaoum – Thibaut Baron - Licences  : 1-1063253 - 1-1063254 - 2-1063255 - 3-1063256 Portrait/Laurence Février Bérénice/fragments épée de bois/d’après Racine/MES Laurence Février Laurence Février met en scène Bérénice à sa manière. Celle d’une femme au parcours théâtral exigeant, passionné et éclairant. Trois comédiennes interprètent ici les rôles principaux. Sa passion pour Racine est ancienne. À neuf ans et demi, elle lit pour la première fois Britannicus. Aussitôt, des frissons la parcourent. L’enfant va alors trouver son père, lui demande pourquoi elle a froid partout. « C’est l’émotion », s’entend-elle répondre. Depuis, Laurence Février a travaillé Racine, au Conservatoire d’abord, puis, avec Michel Hermon qui lui confie le rôle d’Aricie dans Phèdre, et Antoine Vitez qui lui offre Andromaque. De ces années 70, elle dit qu’il y avait un rapport à Racine plus violent qu’aujourd’hui  : « On était dans une relecture des classiques très forte alors que maintenant, on est plus… conformistes ». Mais que faire quand on a joué très tôt les plus grands rôles ? Quand on est courtisé par des metteurs en scène qui sont à 90% des hommes ? « Où puis-je dire « je » ? Quand vais-je dire « je désire » ? Quand vais-je dire « je choisis » ? » C’est ainsi que Laurence Février fonde sa propre compagnie dans les années 1980. Une compagnie qui travaille sur des projets liés à la politique au sens large  : « Je regarde la cité et j’en fais du théâtre ». Ses spectacles récents en témoignent  : Je suis Voltaire est une réponse aux attentats de Charlie Hebdo, Tabou dénonce la loi du silence dans les affaires de viol… Les entretiens sont souvent au cœur de ses projets sous la forme qu’elle a longtemps privilégié  : le théâtre-documentaire. « Me Too » avant l’heure, la metteuse en scène place également la femme au centre de son travail  : « S’il n’y a pas d’ambassade dans un pays, ce pays n’existe pas. Si nous, les femmes, nous ne sommes pas représentées, nous n’existons pas sur le plateau ». Le kabuki comme déclencheur Sa nouvelle création, Bérénice/fragments, est une sorte de synthèse de tout cela  : « Je n’avais pas envie de monter Bérénice de façon classique. Tout cela a été très bien fait par d’autres ». Le déclencheur est venu d’une exposition Yves Saint Laurent où étaient montrés des kimonos que le créateur avait rapportés d’Asie. Elle y découvre, fascinée, que Entretien/Aurélie Van Den Daele L’Absence de guerre Théâtre de l’Aquarium/DE David Hare/MES Aurélie Van Den Daele Artiste associée au Théâtre de l’Aquarium depuis 2014, Aurélie Van Den Daele met en scène L’Absence de guerre de David Hare. Un thriller politique qui mêle fiction et récit historique. L’Absence de guerre s’inspire de la vie politique britannique du début des années 1990. Comment est née cette pièce ? Aurélie Van Den Daele  : David Hare est un auteur qui travaille souvent sur la frontière entre le réel et la fiction. Il a écrit L’Absence de guerre en 1993, après avoir suivi Neil Kinnock, le chef du parti travailliste de l’époque, lors d’une campagne électorale. David Hare est donc entré dans les arcanes de son équipe de campagne et a imaginé, à partir de ce dont il a été témoin, une pièce de fiction. Cette pièce aurait dû être le récit d’un couronnement, puisque le parti travailliste était donné gagnant dans les sondages, mais elle s’est finalement révélée être le récit d’une chute. On entre donc dans cette campagne comme dans une sorte de thriller… A. V. D. D.  : Oui, car L’Absence de guerre est une pièce construite à partir d’un procédé de suspens assez cinématographique. On suit, pas à pas, le parcours de ce leader qui a l’air d’être quelqu’un de pur, de vouloir contribuer à une forme de vérité, d’idéal… De plus, il s’agit d’un homme qui aime beaucoup le théâtre. C’est une possibilité pour lui d’échapper à une réalité biaisée, une réalité faite de chiffres, d’analyses, de données statistiques… Il exprime, à travers sa passion pour le théâtre, un désir de fiction, d’exaltation, une soif d’absolu. Comment traitez-vous cette dimension, que vous qualifiez de shakespearienne, dans votre mise en scène ? A. V. D. D.  : À travers des décrochés, des espaces mentaux qui correspondent à un inconscient collectif que ce leader politique cultive. Cet inconscient renvoie à de grandes Laurence Février, femme de théâtre. le théâtre kabuki fut fondé par une femme et joué à l’origine uniquement par des femmes. Cela résonne avec une de ses intuitions  : « On a dit de Racine qu’il y avait « une femme en lui ». De fait, dans ses pièces, les rapports entre les personnages ne sont pas fondés sur leur sexualité mais sur les rapports d’aliénation que génère la passion  : Athalie est plus monstrueuse que tous les hommes de pouvoir, Hermione aussi cruelle que tous les hommes de passion ». Laurence Février décide alors de confier les trois rôles principaux (Antiochus, Titus, Bérénice) à des femmes, convaincue qu’évacuer l’idée de désir permet de mettre en évidence la vision au scalpel qu’a Racine de la passion. Hasard ou air du temps ? Une autre metteuse en scène, Isabelle Lafon, monte en ce moment elle aussi Bérénice avec une distribution atypique  : 4 femmes et 1 homme. Isabelle Stibbe Théâtre de l’Épée de bois – La Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 14 janvier au 27 février 2019. Les mardis, mercredis et jeudis à 20h30. Tél. 01 48 08 39 74. Margot Simonney
Jessica Pinhomme Tristan Jeanne Valès La metteure en scène Aurélie Van Den Daele. « L’Absence de guerre est une fable sur les sphères de la politique et sur les êtres humains qui les incarnent. » figures de pouvoir comme Jules César ou Coriolan… Vous créez L’Absence de guerre après avoir mis en scène Angels in America*, pièce L’auteur et metteur en scène David Lescot. Propos recueillis/David Lescot de Tony Kushner qui porte un regard sur l’Amérique des années 1980. Quel sens donnez-vous au lien que vous établissez, de spectacle en spectacle, entre théâtre et histoire ? A. V. D. D.  : Ce lien est l’une des choses fondatrices de notre compagnie, le DEUG DOEN GROUP, sans pour cela chercher à faire un théâtre historique. J’aime me replonger dans des événements qui ont marqué l’histoire, parce qu’ils permettent une mise en perspective de notre présent. À travers cette pièce, j’ai eu envie de m’interroger sur l’évolution du monde politique depuis une trentaine d’années, sur la façon dont ce monde est tombé dans l’hyper-communication, dans la folie des sondages, dans le règne des phrases choc, de l’image au mépris des idées, du storytelling… L’Absence de guerre est une fable sur les sphères de la politique et sur les êtres humains qui les incarnent. Une fable qui résonne de manière extrêmement forte avec ce que nous vivons aujourd’hui. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat * Critique dans La Terrasse n°238, décembre 2015. Théâtre de l’Aquarium, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 8 janvier au 3 février 2019. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h. Tél. 01 43 74 99 61. www.theatredelaquarium.net Portrait de Ludmilla en Nina Simone Théâtre de la Ville, Espace Pierre-Cardin/texte et mes David Lescot David Lescot et Ludmilla Dabo rendent hommage à la grande Nina Simone dans l’un des portraits-spectacles itinérants imaginés par la Comédie de Caen. Créée en septembre 2017, reprise l’été dernier dans le Off d’Avignon, cette proposition entre théâtre et chant est aujourd’hui présentée à l’Espace Pierre-Cardin. « Portrait de Ludmilla en Nina Simone est né d’une idée de Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier (ndlr, respectivement directeur et artiste associée au projet de direction de la Comédie de Caen). Connaissant le lien qui unit mon travail à la musique, ils ont pensé qu’il pourrait être intéressant de me proposer d’imaginer un spectacle autour de la figure de Nina Simone. Et en effet, bien que je n’étais pas, à l’époque, dique, un portrait de Nina Simone, mais aussi de Ludmilla Dabo. Une grande interprète et une citoyenne engagée En avançant dans cette création, j’ai découvert en Nina Simone une interprète absolument extraordinaire, avec une voix très personnelle et un groove, un sens du swing incroyable. Et puis, il y a aussi son engagement politique pour les droits civiques aux Etats-Unis, que Ludmilla connaissait bien. Cet engagement constitue une partie importante du spectacle, ainsi que le traumatisme qui a marqué toute son existence  : ne pas avoir pu devenir une concertiste classique du fait de la couleur de sa peau. C’est Ludmilla qui a choisi les chansons qu’elle voulait chanter sur scène. Une fois la sélection faite, je me suis inspiré du thème de chacune d’entre elles pour écrire les différents chapitres du spectacle. Portrait de Ludmilla en Nina Simone traite des relations de Nina Simone avec les hommes, de son rapport à la spiritualité, de sa lutte acharnée pour les droits civiques… On traverse ainsi les grands événements de sa vie, pas forcément dans l’ordre chronologique, en nous appuyant sur les titres que nous interprétons  : Ludmilla au chant, moi à la guitare. » Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat Théâtre de la Ville, Espace Pierre-Cardin, Studio, 1 av. Gabriel, 75008 Paris. Du 9 au 27 janvier 2019. Durée de la représentation  : 1h10. Tél. 01 42 74 22 77. www.theatredelaville-paris.com également le 11 mai 2019 au Théâtre Louis- Aragon à Tremblay-en-France et du 22 au 24 mai à La Filature - Scène nationale de Mulhouse. Place Jacques-Brel 78500 Sartrouville THÉÂTRE SARTROUVILLE YVELINES CDN DU 15 AU 18 JANVIER 2019 La vie CRÉATION devant soi d’après le roman de ROMAIN GARY (ÉMILE AJAR) adaptation YANN RICHARD mise en scène SIMON DELATTRE avec NICOLAS GOUSSEFF, MAÏA LE FOURN, TIGRAN MEKHITARIAN production Rodéo Théâtre/coproduction Théâtre de Sartrouville et des Yvelines– CDN, Théâtre Jean-Arp–Scène conventionnée de Clamart, TJP Centre dramatique national Strasbourg - Grand Est, Le Théâtre – Scène conventionnée de Laval, Théâtre Massalia – Marseille, Pôle arts de la scène Friche de la Belle de Mai/avec la participation artistique du Studio d’Asnières-ESCA/avec le soutien financier de la DRAC Ile-de-France, d’Arcadi Ile-de-France et de l’Adami/avec le soutien des JM France La vie devant soi Mercure de France, droits théâtre gérés par les Éd. Gallimard créé du 6 au 10 novembre 2018/Théâtre Jean-Arp/Clamart COPRODUCTION EN TOURNÉE du 15 au 18 janvier/Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN du 24 au 26 janvier/Théâtre Massalia/Marseille 29 janvier/Théâtre de Grasse 1er février/La Garance, Scène nationale/Cavaillon du 6 au 8 mars/TJP Centre dramatique national Strasbourg - Grand Est 21 mars/Méliscène, Espace Athena/Auray 30 avril/Théâtre de Laval Navette A-R Paris–Place de l’Étoile > Sartrouville un spécialiste de son répertoire, j’ai eu envie de me plonger dans son univers. Pour m’accompagner, j’ai immédiatement pensé à la comédienne et chanteuse Ludmilla Dabo, avec qui j’avais envie de collaborer depuis longtemps. Et ce que j’ai découvert lorsque je l’ai contactée pour lui présenter ce projet, c’est qu’une histoire très particulière la liait à Nina Simone. Nous avons parlé ensemble de cette histoire, par certains aspects assez douloureuse, assez violente, et avons décidé d’insérer l’entretien que nous avons eu à ce propos dans le spectacle. Portrait de Ludmilla en Nina Simone est donc, comme son titre l’in- www.theatre-sartrouville.com Licences  : 1-1069712/2-1069713/3-1069714 Matthieu Edet Matthieu Edet théâtre 11 la terrasse 272 janvier 2019



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