La Terrasse n°271 décembre 2018
La Terrasse n°271 décembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°271 de décembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,9 Mo

  • Dans ce numéro : art des métamorphoses.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 22 la terrasse 271 décembre 2018 La Trapéziste des Anges Chapiteau du cirque Romanès/Conception Les Romanès Autour de leur fille Alexandra et de son trapèze, les Romanès réunissent toute leur tribu et des artistes venus d’ailleurs pour un nouveau voyage dans la poésie de leur dernier cirque tzigane d’Europe. Critique Cyrano théâtre de la tempête/d’Edmond Rostand/mes Lazare Herson-Macarel Avec la Compagnie de la Jeunesse aimable et Eddie Chignara dans le rôle-titre, Lazare Herson-Macarel met en scène, dans un élan de liberté revendiquée, un Cyrano festif. Il faut du panache – mot sur lequel d’ailleurs se termine ce morceau de bravoure dramatique – pour s’emparer de cette comédie héroïque et populaire, dont le héros touche au mythe. Héritier de tant de figures romanesques et dramatiques, de Quasimodo à Don Quichotte en passant par Alceste ou d’Artagnan, personnage également attaché à la personnalité historique du véritable Cyrano, Hercule Savignien Cyrano de Bergerac, soldat et poète, noble gascon éclairé, disciple de Gassendi, célèbre épicurien de son temps, ce Cyrano d’Edmond Rostand est un sommet qui reste un défi. Le jeune metteur en scène Lazare Herson-Macarel relève le gant « parce que donner cette pièce, dit-il, c’est toujours donner une fête populaire au véritable sens du terme, fête pour un festin de mots, d’intelligence, d’énergie vitale, de jubilation pure ». Entretien/Benjamin Porée Variation d’après Hamlet Les Gémeaux/D’après William Shakespeare/réécriture Benjamin Porée et Mathieu Dessertine/mes Benjamin Porée En collaboration avec l’auteur et comédien Mathieu Dessertine, Benjamin Porée s’empare d’Hamlet pour créer une « pièce filmique », sous-titrée Il nous faut arracher la joie aux jours qui filent. Quelle relation vous lie à l’écriture de Shakespeare ? Benjamin Porée  : Comme toute personne ayant fait des études de théâtre, j’ai été amené à voir et à lire un grand nombre de pièces de Shakespeare. Mais jusqu’à récemment, l’idée d’en monter une ne s’était jamais vraiment imposée à moi. C’est lorsque j’ai entrepris, l’année dernière, de mettre en scène La Mouette de Tchekhov – œuvre fortement inspirée de la pièce de Shakespeare – que j’ai su qu’Hamlet suivrait naturellement cette première création, un peu comme le second volet d’un diptyque. Cela avec l’idée de réécrire cette pièce, comme vous l’aviez fait pour La Mouette… B. P.  : Oui. C’est d’ailleurs aussi pour cette raison que je me suis orienté vers ces deux œuvres, parce qu’elles me permettaient de développer ma propre écriture, ma propre grammaire, en réinterrogeant mon théâtre, en cumulant notamment les outils du théâtre et de la vidéo. J’ai une grande passion pour le cinéma. J’ai conçu mon travail sur Hamlet comme une écriture de scénario. Une écriture qui s’est enrichie de l’imaginaire des comédiens à travers des improvisations, des commandes de scènes, toutes sortes d’essais et d’expérimentations réalisés lors des répétitions… Considérez-vous finalement la pièce que vous avez écrite comme une adaptation d’Hamlet ou comme une nouvelle œuvre ? B. P.  : Le point de départ est vraiment Hamlet de Shakespeare. Mais nous nous sommes également inspirés d’autres textes, qui avaient eux-mêmes inspiré Shakespeare. Ensuite, nous ragé l’envol de leur cinquième et dernière enfant, qui est aujourd’hui l’héroïne éponyme de leur nouveau spectacle, La Trapéziste des Anges. Le cirque est une fête Après Les Nomades tracent les chemins du ciel, le Cirque Romanès poursuit son exploration de cieux où brille particulièrement L’intention festive explose sur le plateau avec cette troupe de jeunes comédiens. Pleins d’une énergie débordante, les dix acteurs investissent leurs personnages avec une ardeur touchante ; ils font plier l’alexandrin au rythme de l’expression de leurs sentiments et de leurs actions, au risque d’en faire trop dans l’exaltation du mélange des registres. Une profusion de jeux de contrastes Comment maîtriser cette fantaisie poétique néoromantique ? C’est l’enjeu principal de la scénographie d’Ingrid Pettigrew. Le décor modulable, manipulé à vue par les acteurs eux-mêmes, est conçu pour neutraliser les effets du non respect des règles classiques, auxquelles seule l’unité d’action fait exception. échafaudé à partir d’éléments usuels (tables, chaises) privés de style particulier, « J’ai conçu mon travail comme une écriture de scénario. » La trapéziste des anges. Roxane (Morgane Nairaud) et Cyrano (Eddie Chignara). Le metteur en scène Benjamin Porée. avons mis en lumière les choses qui nous intéressaient le plus dans ces différentes sources, en nous sentant totalement libre de prendre des distances par rapport à Shakespeare. Les spectateurs reconnaîtront évidemment l’histoire d’Hamlet, mais la trouveront profondément réinventée. Quels nouveaux éclairages cette réinvention produit-elle ? rehaussé de deux lustres baroques suspendus aux cintres, mis en mouvement par de grands panneaux verticaux de bois clair posés sur roulettes, le décor, dans son épure, donne au jeu la priorité. Il met également en relief, par effet d’opposition, les fantaisies de la rencontre des genres voulues par le metteur en scène. En témoignent les costumes, lesquels mêlent audacieusement le registre d’époque et celui du cabaret, les plumets et les paillettes. De même la musique, dont la partition fait dialoguer sur scène une batterie et une viole de gambe. De même encore les effets de lumière, dont les variations contrastées jouent sur toute la gamme des possibles. Dans ce Cyrano qui flirte avec l’outrance, à laquelle le nez du héros Benoît Jeannot D. R. B. P.  : Nous avons voulu mettre au premier plan la thématique de la famille en éclairant les relations d’amour et de haine qu’elle implique, ainsi que les relations de pouvoir, de violence, le poids et l’emprise des parents sur le destin de leurs enfants… Nous avons aussi éclairé le rapport à la foi et à la religion. Dans ce spectacle, Hamlet est quelqu’un qui, sans forcément être croyant, est totalement habité par la question de Dieu. Que souhaitez-vous apporter au théâtre à travers l’utilisation de la vidéo ? B. P.  : J’essaie de faire théâtre avec un autre outil que j’aime et que je connais  : le cinéma. Pour moi, l’image cinématographique a un pouvoir immense. La caméra arrive à enregistrer du temps, de la pensée. Elle permet de révéler des choses d’une grande poésie – à travers le cadrage, le mouvement, les gros plans… Le théâtre, bien sûr, a d’autres forces que le cinéma n’a pas. Mais j’aime beaucoup l’idée, grâce à la vidéo, d’orienter les acteurs vers un jeu très simple, très intime. La caméra met en évidence des choses que le plateau, à lui seul, ne permet pas de voir. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Les Gémeaux Scène nationale de Sceaux, 49 av. Georges-Clemenceau, 92330 Sceaux. Du 13 au 21 décembre 2018. Tél. 01 46 61 36 67. Site  : www.lesgemeaux.com Dans les livres d’Alexandre Romanès, sa femme Délia et ses filles sont partout. Dans Un peuple de promeneurs (Gallimard, 2011) par exemple, il rapporte les propos du poète gitan Jean-Marie Kerwich  : « Alexandre, ta fille Alexandra, tu devrais l’attacher à une corde à la caravane. Elle est terrible, elle va finir par avoir un accident ». Loin de suivre ce drôle de conseil, les parents ont encoula femme. « La plupart des femmes voient Dieu dans l’homme, et c’est beau. La plupart des hommes ne voient pas Dieu dans la femme, c’est dommage », lit-on dans le recueil de poèmes-proverbes d’Alexandre Romanès. Comme autour d’un astre, les artistes du dernier cirque tzigane et ceux que la famille a invités pour l’occasion déploient tous leurs talents autour de la vedette. Ils jonglent, font les funambules et les as du cerceau. Ils jouent et dansent sur des musiques tziganes des Balkans. Et comme chaque année, ils proposent à tous les amoureux de cette culture et de la fête à célébrer avec eux jusqu’à l’aube le Réveillon du Nouvel An. Anaïs Heluin Chapiteau du Cirque Romanès, square Parody, bd de l’Amiral-Bruix, face au 31 bd de l’Amiral-Bruix, 75016 Paris. Du 13 octobre 2018 au 15 mai 2019. Tél. 01 40 09 24 20 ou 06 99 19 49 59. invite en servant de métaphore, tout est donné à l’envi jusqu’à l’excès lié à cette générosité et à cette flamme propres à la fougue de la jeunesse. Au cœur du dispositif, Eddie Chigagna tient rigoureusement le rôle-titre. Une belle réponse du metteur en scène à cette question primordiale que pose Cyrano  : celle de son interprète. Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Théâtre de la Tempête, Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 15 novembre au 16 décembre 2018. Tél. 01 43 28 36 36. Durée  : 1h40. Spectacle vu au Théâtre Jean Vilar de Suresnes. D. R.
Yvan Clédat Léo Dérivot danse critique Aujourd’hui Sauvage Théâtre Paul éluard/Maison de la Musique/Centre Pompidou/Théâtre de Saint-Quentin/Chor. Fabrice Lambert Créée cet automne, la pièce de Fabrice Lambert plonge La Pensée sauvage de Lévi-Strauss dans un univers visuel hyper maîtrisé. La pièce s’ouvre sur une magnifique séquence en pénombre, où les corps filent une marche inéluctable, presque rituelle, comme pris dans une cage dorée et éthérée au tourbillon incessant. Cet élément scénographique central, signé Sallahdyn Khatir, est véritablement un huitième danseur, si ce n’est LE danseur étoile de la distribution, tant son rôle et sa place sont prépondérants. Il faut dire que la dimension plastique a souvent pris une grande importance dans les spectacles de Fabrice Lambert. Ici, la lumière et la musique se joignent à cette sculpture circulaire mouvante pour donner à Aujourd’hui Sauvage toute son atmosphère. Fabrice Lambert a voulu puiser l’énergie de sa danse dans sa lecture de Claude Levi-Strauss, questionnant, à travers la notion du sauvage, l’idée du mouvement fondamental, du geste spontané, de ce qui pourrait venir d’un état brut et non domestiqué. Se déploie alors une danse en flux continu, sans relâche physique si ce n’est pour la manipulation de la structure. L’Onde/Conception Clédat et Petitpierre Ermitologie Les sculptures vivantes et singulières d’Yvan Clédat et Coco Petitpierre s’installent à l’Onde. Ermitologie de Clédat & Petitpierre Voilà une quinzaine d’années qu’Yvan Clédat et Coco Petitpierre s’amusent à créer des œuvres à la lisière des arts plastiques et du Les danseurs de Fabrice Lambert dans l’œuvre de Sallahdyn Khatir. Beauté et virtuosité Pourtant, cette danse, servie par des interprètes exceptionnels, reste emprisonnée dans ses qualités. Où nicher le sauvage, comment retrouver le mouvement fondamental, à un tel niveau de maîtrise ? Le grondement des percussions, qui fait vibrer les corps, ne fait pas illusion. La pièce fédère un ensemble de collaborateurs, dont le fidèle complice Philippe Gladieux aux lumières, tous extrêmement talentueux. Reste une impression évidente de beauté, de virtuosité, de maîtrise. On se laisse envoûter, sinon séduire par le ballet lent et profond de l’œuvre de Khatir et ses métamorphoses de matières et de couleurs, comme par celui des projecteurs qui donnent vie à la lumière. Mais ceci ne fait qu’alimenter l’ambivalence face au propos d’un mouvement sauvage qui peine à se révéler dans cet univers ultra léché. Nathalie Yokel Théâtre Paul éluard, 162 rue Maurice- Berteaux, 95870 Bezons. Le 17 décembre 2018 à 20h30. Tél. 01 34 10 20 20. Maison de la Musique, place des Anciennes- Mairies, 92000 Nanterre. Le 19 janvier 2019 à 20h30. Tél. 01 41 37 91 20. Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, 75004 Paris. Du 6 au 9 février 2019. Tél. 01 44 78 12 33. Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, 3 place Georges-Pompidou, 78180 Montigny-le- Bretonneux. Le 29 mars 2019 à 20h30. Tél. 01 30 96 99 00. Théâtre des 2 rives, 107 rue de Paris, 94220 Charenton-le-Pont. Le 13 avril 2019 à 20h30. Tél. 01 46 76 67 01. Spectacle vu à la Biennale de la Danse de Lyon. spectacle vivant. En invitant sur scène, dans Ermitologie, un escogriffe à la Giacometti épris d’une Vénus paléolithique aux formes rebondies, une boule végétale mouvante au gré du vent, un drôle d’oiseau inspiré de Max Ernst qui écoute des extraits de La Tentation de Saint Antoine de Flaubert, ils nous convient à un voyage désordonné dans l’histoire de l’art. Visages et corps enfouis dans des costumes sculptures, des comédiens donnent vie à ces étonnantes créatures qui, en se rencontrant, dessinent des histoires poétiques, tendres et humoristiques. Outre cet étonnant spectacle, Clédat et Petitpierre investissent également l’ensemble des espaces du Centre d’art de l’Onde du 1er au 20 décembre avec un choix des sculptures à activer sur le thème de Noël. L’occasion de découvrir tout l’univers sensible de ces deux artistes. Delphine Baffour L’Onde, 8 av. Louis-Breguet, 78140 Vélizy- Villacoublay. Le 8 décembre à 16h. Tél. 01 78 74 38 60. Durée  : 55 mn. également du 19 au 22 décembre à la Grande Halle de La Villette. THÉÂTRE NATIONAL DE LA DANSE Un message d’espoir sur l’exil et la migration porté par six danseurs et une foule d’enfants. Rachid Ouramdane CCN2 – Grenoble Franchir la nuit 15 – 21 décembre 2018 1 place du Trocadéro, Paris www.theatre-chaillot.fr Photo  : Patrick Imbert danse 23 la terrasse 271 décembre 2018



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