La Terrasse n°270 novembre 2018
La Terrasse n°270 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : festival d'instance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 8 la terrasse 270 novembre 2018 SURNATURAFH ESTRA ANNE-JAMES. CHATON L'INSTANT DONNE r MARCUS...e.f..1Mṭe.."jefe..re.i. EVE RISSER, Y DIABATE COLLECTIF COAX THOM LUZ CLAUDE VIVIER PETER SELLARS... Entretien/François Rancillac Les Hérétiques THÉÂTRE DE L’AQUARIUM/DE MARIETTE NAVARRO/MES FRANÇOIS RANCILLAC Pour sa dernière mise en scène au Théâtre de l’Aquarium, François Rancillac poursuit son sillon sur un thème qu’il a déjà exploré avec Cherchez la faute !  : la laïcité. Un spectacle né d’une commande passée à la jeune autrice Mariette Navarro. Florence Cestac et Daniel Pennac dans leurs œuvres. Critique Votre spectacle, comme le précédent, part du constat que la laïcité est dévoyée. Pensez-vous qu’il y a urgence à s’emparer de la question de la laïcité au théâtre ? François Rancillac  : Oui, car c’est un vrai sujet de société. Depuis quelques décennies, quelque chose se tend anormalement sur cette question qui était devenue une sorte d’évidence dans notre pays. La loi de 1905 n’a jamais interdit à quiconque de manifester ses convictions – religieuses ou autres. Les seules personnes qui doivent rester neutres sont celles qui représentent l’État ou qui travaillent dans les services publics pour que justement tous les citoyens puissent accéder à ces services publics sans se sentir jugés pour leurs propres convictions. La laïcité a été un projet de haute lutte mené pour pacifier la France à un moment où on était presque au bord de la guerre civile. Cette loi libérale, au sens philosophique du terme, est venue affirmer la liberté de conscience et fédérer les Français quelles que soient leurs convictions politiques, morales, religieuses, etc., au sein d’une même nation, dans la diversité. Un amour exemplaire THÉÂTRE DU ROND-POINT/D’APRÈS LA BANDE DESSINÉE DE FLORENCE CESTAC ET DANIEL PENNAC/MES CLARA BAUER L’amour absolu reprend ses droits dans la joie, avec cette adaptation théâtrale de la bande dessinée cosignée par Florence Cestac et Daniel Pennac. Un spectacle plein de grâce candide, émouvant de sincérité, qui met en scène une mésalliance très réussie. Tout ce que l’on peut aimer chez Daniel Pennac, auteur dont l’âme d’enfant toujours affleure, se retrouve dans cet anti-spectacle qui met l’art de la représentation en abyme pour toucher à l’intime. Et l’exposer avec pudeur sur fond de tendresse profonde. Nous est contée l’histoire de cet amour exemplaire qui lia indéfectiblement deux êtres, Germaine et Jean, à la vie à la mort. Un couple hors normes, à la marge, aussi fantaisiste que rayonnant. Tombé sous le charme, un petit garçon âgé de huit ans au moment où il rencontre le couple de sexagénaires, veut percer leur secret. Multipliant manœuvres de séduction et ruses de Sioux, celui-ci parvient à faire effraction non sans la complicité amusée de ceux qu’il cible, attendris par tant de persévérance. Le petit garçon, c’est Daniel Pennac lui-même, qui deviendra leur familier jusqu’à leur mort. Cette histoire aux personnages hauts en couleur, Daniel Pennac l’a confiée à la dessinatrice Florence Cestac, laquelle s’en est emparée, avec lui, pour créer une bande dessinée qui sert de trame à la mise en scène signée par Clara Bauer. Une mise en scène efficace et touchante Côté cour, dos au public, derrière une table à dessin munie d’un rétroprojecteur permettant d’assister en direct à la mise en bulles du récit se tient, revêtue d’une blouse de peintre, la dessinatrice elle-même. Les alertes coups de pinceau de Florence Cestac, ses traits pleins d’humour, croquent le récit en le dégageant de tout pathos excessif. Côté jardin, une malle derrière laquelle deux chaises sont disposées à l’intention des deux principaux protagonistes, Germaine (Marie-Elisabeth Cornet) et Jean (Laurent Natrella), spectateurs amusés, quand ils ne jouent pas, de leur propre histoire. Au beau milieu circule le récitant, Daniel Pennac en personne, témoin vivant de cet amour fondamentalement romanesque. À l’instar de la scénographie réalisée par Antonella Carrara, l’efficacité de la mise en scène de Clara Bauer, qui n’en est pas à sa première aventure théâtrale avec l’auteur, tient à sa rigoureuse simplicité. L’accent est mis sur la candeur qui fait émotion. Les acteurs jouant comme au naturel (jusqu’aux interventions napolitaines plus vraies que nature de Pako Ioffredo endossant tous les rôles annexes) mettent sincèrement en joie, accrochant de bout en bout un sourire aux lèvres de spectateurs conquis et touchés. Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- Delano-Roosevelt, 75008 Paris. Du mardi 16 octobre au dimanche 18 novembre 2018. Du mardi au dimanche à 18h30. Relâche le dimanche 21 octobre, le jeudi 1er novembre et le dimanche 11 novembre. Tél. 01 44 95 98 21. Durée  : 1h15. Jesus Dupaux
Patrick Berger Philippe Hanula François Rancillac. « La laïcité a été un projet mené de haute lutte pour pacifier la France. » Vous dites vous-même que vous n’êtes pas militant mais vous portez cette question au théâtre. Quelles en sont les vertus ? F. R.  : En effet, je ne suis pas encarté, j’ai du mal avec les manifestations, donc j’essaie de partager et de porter ces questionnements à l’endroit Jean-François Derec dans Le jour où j’ai appris que j’étais juif. Critique qui est le mien, le théâtre, ce bel endroit de faceà-face entre l’histoire que des gens vivants (les acteurs et actrices) proposent à d’autres gens vivants (les spectateurs). Et cela doit susciter de la réflexion, du partage, des questionnements, du débat. Un débat qui, je l’espère, ne tombe pas tout de suite dans la polémique. Qui sont les hérétiques qui donnent leur titre à la pièce ? F. R.  : Ce que l’on apprend au fur et à mesure de la pièce, grâce au personnage d’une femme ballotée entre des sorcières anticléricales et une jeune femme très croyante, c’est que l’hérésie n’a pas que le sens chrétien d’« être sorti de la vraie voie de l’Église ». Le premier sens de l’hérésie est très positif  : je suis hérétique car je fais des choix, je prends parti, je fais acte de ma liberté. Cette hérésie est une sorte d’éloge de la liberté. La seule limite est le respect du droit et l’ordre public. Propos recueillis par Isabelle Stibbe Théâtre de l’Aquarium, La Cartoucherie, route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 14 novembre au 9 décembre 2018. Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h. Tél. 01 43 74 99 61. Le jour où j’ai appris que j’étais juif LE PETIT MONTPARNASSE/DE ET PAR JEAN-FRANÇOIS DEREC/MES GEORGES LAVAUDANT Découvrant stupéfait et consterné sa judéité à l’âge de 10 ans, Jean-François Derec interroge et met en scène la tumultueuse quête de soi qui s’est ensuivie. Une quête hilarante, réjouissante et émouvante, qui montre de manière éclatante l’absurdité de l’antisémitisme et de tout racisme. « Je sais pourquoi tu ne veux pas me le montrer. Parce que tu es juif et que tu as le zizi coupé en deux ! » C’est ce que lance Christine au petit Jean-François, qui par son refus renonce à voir les seins de Christine. Cette infamante nouvelle le sidère et le terrifie  : il se lance alors dans une quête éperdue pour en savoir plus. Une quête réjouissante, sensible et juste qu’il a racontée dans un récit autobiographique*, et qu’il adapte et interprète dans la mise en scène de son camarade grenoblois Georges Lavaudant, avec lequel il faisait du théâtre dans les années 1970. Son seul en scène est une merveille de finesse et de délicatesse, de drôlerie et de profondeur. Ce qu’il montre de manière subtile et émouvante, c’est cet écart révélateur entre l’angoisse effarée de l’enfant face à cette brutale incursion dans une « anormalité » définie par les autres, et l’angoisse de la mère qui fait tout et même davantage encore pour être une vraie Grenobloise, dissimulant son identité juive à sa descendance. Pour être « komifo », plus française qu’une Française, mère juive à l’accent yiddish qui se réfugie dans un « devoir d’amnésie » afin de protéger ses enfants. En Pologne, être juif a coûté la vie à une grande partie de la famille, ce qui explique que ce soit son nom et non son zizi qui est coupé en deux  : Dereczynski a été amputé de moitié. Entre une chaise et une chaise fantôme De nombreux enfants de familles ashkénazes ont connu de tels parcours, et ont réagi très diversement. Une diversité de réactions qui souligne l’idiotie du racisme qui toujours affuble l’autre de caractéristiques figées. On pense à Claude Sarraute qui déclara à son père que pour elle un juif était un monstre – conformément à ce qu’elle entendait à l’école – et au père meurtri rétorquant que lui comme elle étaient juifs. L’humour, la cocasserie, l’autodérision et l’intelligence du récit de Jean-François Derec montrent autant l’absurdité des poncifs racistes que la belle et complexe sincérité de sa quête d’identité. Logé entre deux chaises, dont l’une fantôme. Les antisémites, toujours experts dans la catégorisation des uns et des autres, toujours renseignés sur la judéité de tel ou tel nom, en prennent ici pour leur grade. Sans surplomb, sans esprit de sérieux, sans vindicte, sans moralisme, Jean-François Derec questionne, approfondit le débat avec ses frères humains plutôt que d’en simplifier les enjeux. Il se place à un endroit juste, à hauteur d’homme, à hauteur de fils… Une pièce très drôle, très touchante, à voir absolument ! Agnès Santi * Éditions Denoël, 2007 Le Petit Montparnasse, 31 rue de la Gaité, 75014 Paris. Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h. Tél. 01 43 22 77 74. Durée  : 1h15. Spectacle vu au Théâtre du Chêne Noir à Avignon en juillet 2018. Mar'LE LIVRE DE MA MÈRE ST-QUENTIN EN-YVELINES THÉÂTRE SCÈNE NATIONALE 01 30 96 99 00 WWW.THEATRESQY.ORG ri ALBERT COHEN DOMINIQUE PITOISET PATRICK TIMSIT 20-22 NOV. GO I mime, am 1:..mlmml *bezerariou sema f théâtre 9 la terrasse 270 novembre 2018



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