La Terrasse n°270 novembre 2018
La Terrasse n°270 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : festival d'instance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 6 la terrasse 270 novembre 2018 NOVEMBRE - DÉCEMBRE SAIGON Caroline Guiela Nguyen 6 16 nov Les Terrains vagues CRÉATION AU TNS Pauline Haudepin 14 24 nov Réparer les vivants Maylis de Kerangal Sylvain Maurice 21 nov 1er déc Thyeste Sénèque Thomas Jolly 5 15 déc 03 88 24 88 24 tns.fr #tns1819 Thomas Jolly, acteur et metteur en scène associé au TNS Jean-Louis Fernandez Critique Parlons d’autre chose THÉÂTRE TRISTAN-BERNARD/DE LÉONORE CONFINO/MES CATHERINE SCHAUB Léonore Confino et Catherine Schaub ont écrit et mis en scène un spectacle sur mesure pour de jeunes comédiens qui interprètent avec rythme et talent les affres et les atermoiements de leur génération. Qui aimer ? Comment aimer ? Faut-il s’engager ? Pour quelle cause ? Comment le faire ? Faut-il faire avec, contre ou sans les parents ? Les rapports entre les hommes et les femmes sont-ils à dynamiter ou à réaménager ? Faut-il préférer les coups aux caresses ? Et surtout, question cruciale  : comment aimer l’autre et comment s’en faire aimer ? Autant de questions qui, certes, ne sont pas neuves, mais semblent toujours inédites à ceux qui les découvrent et doivent tâcher de les résoudre pour passer sans trop d’encombres de l’enfance à l’âge adulte. Entretien/Jean Bellorini Un instant TGP-CDN DE SAINT-DENIS/D’APRÈS À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU DE MARCEL PROUST/MES JEAN BELLORINI Jean Bellorini continue son exploration des chefs-d’œuvre de la littérature en s’emparant des cent premières pages de Du côté de chez Swann, qu’interprètent Hélène Patarot et Camille de La Guillonnière, coauteurs de l’adaptation. Pourquoi à nouveau adapter une œuvre littéraire ? Jean Bellorini  : Je cherche à provoquer la communion des imaginaires des acteurs et des spectateurs. Je crois qu’en cela, le théâtre s’apparente à l’art de la lecture, par opposition aux spectacles à images finies, comme l’est par exemple le cinéma. Il doit y avoir au théâtre une part de liberté, d’inconnu, comme celle qui est réservée au lecteur. Telle est ma définition du théâtre, qui ressemble en cela à celle de la littérature  : une rencontre entre des imaginaires qu’accompagne une disponibilité du spectateur. Cette expérience unique naît lorsque des hommes parlent à des hommes. Au milieu du Catherine Schaub chorégraphie avec talent les affres de la jeunesse. Léonore Confino a écrit une partition incisive et rythmée qui offre à une troupe de jeunes comédiens à l’indéniable talent l’occasion de l’exprimer et d’explorer ainsi les difficultés de leur génération. Une poignée d’élèves (huit filles et un garçon), scolarisés en terminale littéraire dans un lycée bon chic bon genre, découvrent, à l’occasion de soirées alcoolisées où ils mettent en scène des jeux de rôles mythologiques, les invariants anthropologiques des rapports entre les sexes et des relations de pouvoir. Entre Sa Majesté des mouches et Le Miel et les abeilles Chaque personnalité offre une facette d’une certaine jeunesse actuelle. On a affaire à un groupe sociologiquement homogène  : les plateau, ces imaginaires s’entrechoquent  : là, il y a du théâtre. Pourquoi choisir Proust ? J. B.  : Voilà un bon moment que ce projet me tourne dans la tête. Le spectacle s’appuie sur Proust et convoque de nombreux passages de La Recherche, mais pas exclusivement. Il s’agit plutôt d’une enquête sur la mémoire, le souvenir, sur la manière dont le temps le transforme, ainsi que d’un hymne à l’art, à l’éphémère, à l’instant, au hasard, à l’involontaire. On cherche au théâtre cette reconnaissance inattendue de ce qu’on est, et c’est aussi ce que Proust cherche toute sa vie dans son œuvre. Tous les objets – la moindre rue, la moindre problèmes qui agitent les corps et les cœurs relèvent de l’affect et de la psychologie. Si le texte est parfois un peu répétitif, la mise en scène a l’immense mérite d’être enlevée et enjouée. Aliénor Barré, Solène Cornu, Faustine Daigremont, Thomas Denis, Marion de Courville, Marguerite Hayter, Elise Louesdon, Camille Pellegrinuzzi et Léa Pheulpin font preuve d’un abattage, d’un dynamisme, d’une verve et d’un bagou remarquablement exploités par la mise en scène dynamique qui conduit le récit des aventures de ces enfants du siècle. Omnipré- ti sence de la virtualité informatique, confusion adolescente entre fantasme et réalité, hyperbole sentimentale et jusqu’au-boutisme des engagements existentiels  : les amazones en herbe caracolent dans cette histoire où les filles font preuve de la même cruauté innocente et perverse que les collégiens huppés du roman de William Golding. À conseiller aux parents qui croient encore que leur progéniture révise ses leçons le samedi soir… Catherine Robert Théâtre Tristan-Bernard, 64 rue du Rocher, 75009 Paris. Du 11 octobre au 22 décembre 2018. Du jeudi au samedi à 19h. Tél. 01 45 22 08 40. Durée  : 1h15. Gilles Crampes
Marion Stalens Jean-Baptiste Millot Jean Bellorini. « On cherche au théâtre cette reconnaissance inattendue de ce qu’on est. » pluie – évoquent, font écho à un soi antérieur très précis. Or, je crois que c’est exactement ce qu’on cherche au théâtre, ce qu’on reconnaît sans l’avoir prévu. Voilà pourquoi ce spectacle est aussi un hymne à cet art. Comment les comédiens s’inscrivent-ils dans ce projet ? J. B.  : Hélène Patarot y évoque sa vie, son exil Critique L’Occupation THÉÂTRE DE L’ŒUVRE/D’ANNIE ERNAUX/MES PIERRE PRADINAS Romane Bohringer, magnétique, éblouissante et follement inspirée, interprète avec un talent jubilatoire le texte dans lequel Annie Ernaux dissèque les affres de la jalousie. Remarquable ! Il y a bien des ressemblances entre les carrières et les personnalités de Romane Bohringer et d’Annie Ernaux  : un talent précoce, une grâce sans afféterie, une discrétion pudique, une rare rigueur professionnelle et morale, et une authenticité qui les rendent immédiatement sympathiques. Leur rencontre autour du texte que met en scène Pierre Pradinas semble évidente, et les mots de l’écrivain, à la blondeur réservée, sonnent avec justesse quand ils sont dits par cette actrice athlétique et bouillonnante qui révèle, par son énergie sidérante, leur force, leur humour et leur incroyable précision. L’histoire est apparemment simple, comme souvent chez Annie Ernaux  : Pierre Pradinas prend le parti de la mettre en scène avec une économie semblable à celle que choisit sa créatrice pour la raconter. Une femme aime un homme, le quitte, mais supporte mal qu’il la remplace par une autre dont il lui cache le nom. À partir des quelques éléments glanés au fil des confessions de l’ancien amant (la concurrente amoureuse a quarante-sept ans, elle enseigne à l’université, elle habite avenue Rapp), l’héroïne tisse les rets d’une jalousie obsessionnelle, dans laquelle s’abîme son esprit. loin du Vietnam, et Camille de La Guillonnière, comme venu lui rendre visite, est interpellé par son récit. Si la madeleine était un nem  : voilà comme aurait pu s’appeler le spectacle ! Le spectacle tourne autour des figures de la grand-mère du narrateur et de celle d’Hélène. Nous nous sommes concentrés sur le début et la fin du roman  : d’abord Combray, la relation aux souvenirs d’ennui, de lecture, de famille, du coucher, de l’amour de la mère, de la grand-mère, puis la mort des grands-mères et le deuil, autour de cette jouissance perverse du narrateur qui a besoin de se sentir souffrir pour sentir que sa grand-mère est en lui. Nous évitons l’aspect mondain de l’œuvre pour nous consacrer au Proust enquêteur de l’âme. Hélène et Camille incarnent la grand-mère et le narrateur, ou le narrateur et Françoise, ou Marcel et Céleste. Ils sont seuls en scène avec un musicien, Jérémy Peret, un peu comme à l’intérieur d’une âme. Avec Arvo Pärt, Bach et Vivaldi, nous cherchons quelque chose qui force la pulsation, avec l’impression d’une apnée qui mesurerait l’écoulement du temps, dans une sorte de demi-sommeil permanent. Propos recueillis par Catherine Robert TGP-CDN de Saint-Denis, 59 bd Jules-Guesde, 93200 Saint-Denis. Du 14 novembre au 9 décembre 2018. Du lundi au samedi à 20h ; dimanche à 15h30 ; relâche le mardi. Tél. 01 48 13 70 00. Romane Bohringer et Christophe « Disco » Minck dans L’Occupation. De la confession à l’œuvre Par son corps, sa voix, ses gestes, ses déplacements, Romane Bohringer exprime les effets taraudants de « l’occupation » subie par son personnage. Mais elle parvient surtout, avec un art consommé de la distanciation, à révéler l’ironie caustique et l’humour hilarant dont fait preuve cette femme, qui explore ses affects en même temps qu’elle les vit. La comédienne rend ainsi un remarquable hommage à ce qui constitue un des intérêts majeurs de l’écriture d’Annie Ernaux, brillante sociologue et remarquable ethnologue de la vie moderne. « Les chagrins, quels qu’ils soient, deviennent supportables si on les met en récit ou si l’on en tire une histoire », disait Karen Blixen. La traversée littéraire et théâtrale qu’entreprend Romane Bohringer le prouve avec un éclatant talent  : elle semble non pas révéler un aveu – ce qui serait platement sordide – mais une œuvre, offrant une dimension universelle à ce qu’elle raconte. Elle conduit ainsi le spectateur conquis au plaisir de la complicité dans le rire et de l’empathie dans la souffrance. Accompagnée par Christophe « Disco » Minck (à la harpe, au synthétiseur et au piano) ainsi que par les images intelligemment suggestives de Simon Pradinas, Romane Bohringer irradie de force, d’intelligence et de grâce dans ce spectacle très beau et très réussi. Catherine Robert Théâtre de l’Œuvre, 55 rue de Clichy, 75009 Paris. Du 4 octobre au 2 décembre 2018. Du jeudi au samedi à 19h ; dimanche à 17h30. Tél. 01 44 53 88 88. Durée  : 1h05. 15 — 22 NOV. 2018 THE VELDT [LA SAVANE] VIRGINIE YASSEF RAY BRADBURY CRÉATION 2018 GEORG TRAKL r j #. et j ell iii. Ir ià lier'ZIIIP1 44/0110111114-ll'i-eiiil..lies I.'A.i-ie edligrii  : 1 ele 20 NOV.— 9 DÉC. 2018 CRASH PARK, LA VIE D’UNE ÎLE PHILIPPE QUESNE 15 — 16 NOV. 2018 15 — 16 DÉC. 2018 CONVERSATION MOHAMED EL KHATIB & ALAIN CAVALIER AVEC LE FESTIVAL D’AUTOMNE À PARIS 1 — 16 DÉC. 2018 RÊVE ET FOLIE CLAUDE RÉGY 1111..% I, 7 siv i lik 11-111 4.1, ii:. 111 e -'le"et* erec.. d 11,i i> Ire. V/. u<,.1 t 1 e 0, nanterre-amandiers.com.. ii..% +33 (0)1 46 14 70 00 NOV. — DÉC. 2018 CRÉATION 2018 AVEC LE FESTIVAL D’AUTOMNE À PARIS 10 POUR TOUS AVEC LA CARTE ! théâtre 7 la terrasse 270 novembre 2018



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