La Terrasse n°270 novembre 2018
La Terrasse n°270 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : festival d'instance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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jazz/musiques du monde/chanson 58 la terrasse 270 novembre 2018 Nathalie Noël BE.JAZZ ! Le rendez-vous du jazz belge francophone à Paris MARDI 27 NOVEMBRE, 20 h L’Orchestre du Lion Sortie d’album Connexions Urbaines L’Orchestre du Lion Dans le cadre du festival Jazzycolors JEUDI 29 NOVEMBRE, 20 h Lorenzo Di Maio Group feat. Eric Legnini Black Rainbow 40 ans du label Igloo Tarifs  : 10 € , 8 € (réduit), 5 € (groupe). Billetterie  : www.cwb.fr CENTRE WALLONIE-BRUXELLES PARIS 46 rue Quincampoix, 75004 Paris L Guillaume Kayacan kIRBRER. Lorenzo Di Maio Group CENTRE WALLONIE-BRUXELLES PARIS www.cwb.fr 46 rue Quincampoix, 75004 Paris www.cwb.fr jusqu’au 15 décembre 2018 MUSIQUES DANSES RITUELS MARIONNETTES THÉÂTRES 01 45 44 72 30 www.festivaldelimaginaire.com www.maisondesculturesdumonde.org Musée d’Océanie 1ff. lie mos. ici "1.`-'±" vie& latemasas mezzo de la NeylièreTéidiff La Kaompania Rasoalalao Kavia pour sa première représentation hors de Madagascar est au Musée du Quai Branly Jacques Chirac pour le Festival de l’Imaginaire. MUSÉE DU QUAI BRANLY-JACQUES CHIRAC - THÉÂTRE CLAUDE LÉVI-STRAUSS/FESTIVAL DE L’IMAGINAIRE/MADAGASCAR Le Hira Gasy, l’opéra des Champs - Kaompania Rasoalalao Kavia Spectacle total où le spectateur a son mot à clamer, le hiragasy est un bijou populaire des hauts plateaux malgaches, né des déclamations en place publique. La fanfare du hiragasy mène la danse, au sens littéral  : des danseurs vêtus d’habits bariolés rappelant les uniformes des soldats européens des temps coloniaux additionnés d’un lamba, étoffe drapée typiquement malgache, répondent aux trompettes, tambours et violons. On joue, on danse, on pirouette, et on parodie, on argumente, on donne tout ce que le corps social et artiste peut produire pour provoquer des réactions dans un battle interminable, ironique et joyeux. Vanessa Fara Musée du quai Branly-Jacques Chirac - Théâtre Claude Lévi-Strauss, 37 quai Branly, 75007 Paris. Samedi 10 novembre à 18h, dimanche 11 novembre à 17h. Tél. 01 56 61 70 00. Places  : 10 à 20 € . MAISON DANIEL-FÉRY, NANTERRE/JAZZ James Carter Le phénomène du saxophone en concert (debout) avec son Elektrik Outlet relié aux sources du funk et de la soul. On pourrait dire de James Carter qu’il est saxophoniste jusqu’au bout des ongles tant il aime cet instrument. Au point d’avoir élargi sa pratique du sax ténor à toute la famille de l’instrument, y compris des modèles rares ou tombés en désuétude, dont il joue avec une maestria éblouissante, en remontant aux sources de la tradition. Le voici à la tête d’un Electrik Outlet qui se place résolument en territoire du groove, en compagnie de musiciens venus de Detroit – l’une des cités capitales dans l’histoire américaine –, dont l’organiste Gerard Gibbs avec qui il a partagé plusieurs aventures musicales. Au programme Eddie Harris et Gene Ammons, Stevie Wonder et Minnie Ripperton, soit une plongée détonante au cœur de la Great Black Music, entre funk et soul. Avec aussi Alex White (batterie) et Kamau Inaede (basse). Vincent Bessières Maison Daniel-Féry, 10/14 bd Jules-Mansart, 92000 Nanterre. Vendredi 16 novembre à 20h30. Tél. 01 41 37 94 20/21. Places  : 14 € . LA SEINE MUSICALE/JAZZ John Scofield Le guitariste vient présenter la matière de son nouvel album, un voyage dans les provinces profondes de l’Amérique. John Scofield vient de publier Combo 66. Combo 66 titre l’album qu’il vient tout juste de faire paraître. Pourquoi 66 ? Tout simplement parce que c’est l’âge auquel le guitariste l’a enregistré. On ne peut s’empêcher d’y voir un clin d’œil à la fameuse Highway 66 qui traverse le cœur des États-Unis, depuis Chicago jusqu’à la Californie. Car s’il est un amoureux du jazz, Scofield a toujours intégré à la palette de sa guitare des sonorités venues des autres musiques de l’Amérique profonde, celles que traversent, justement, la mythique autoroute (et la fameuse chanson du même nom, popularisée par Chuck Berry), du blues à la country. C’est ainsi qu’il taille la route, en compagnie du fidèle Bill Stewart à la batterie, du contrebassiste Vicente Archer (entendu avec Robert Glasper) et de Gerald Clayton qui, dans ce contexte, joue aussi bien du piano que de l’orgue. À l’âge où un musicien n’a plus grand-chose à prouver, « Sco », comme l’appellent ses admirateurs, n’a pas renoncé à poursuivre ses road trips musicaux. C’est une bonne nouvelle. Vincent Bessières La Seine Musicale, Auditorium, île Seguin, 92100 Boulogne-Billancourt. Samedi 17 novembre, 20h30. Tél. 01 74 34 54 00. Places  : de 31,50 à 65 € . Un surdoué du saxophone  : James Carter. Landyvolafotsy Philippe Lévy-Stab D. R.
Christian Ducasse focus Riccardo Del Fra  : émouvante et mouvante musique Un pied dans l’histoire du jazz – il fut notamment le partenaire régulier de Chet Baker pendant près de dix ans –, l’autre dans la pleine vitalité du jazz qui s’invente aujourd’hui, le contrebassiste et compositeur Riccardo Del Fra signe un nouvel album saisissant et ambitieux. Moving People (chez Cristal records) sonne comme une ode à l’Autre, conçue dans l’effervescence du dialogue avec six musiciens d’horizons très différents, pour la plupart européens  : Kurt Rosenwinkel à la guitare, Jan Prax et Rémi Fox aux saxophones, Tomasz Dabrowski à la trompette, Carl-Henri Morisset au piano et Jason Brown à la batterie. Entretien/Riccardo Del Fra Faire parler le plus profond de son être avec le son Diriez-vous que ce nouvel album est d’abord un projet de compositeur et de leader ? Riccardo Del Fra  : Oui, certainement. Composer pour des improvisateurs est un travail particulier de réflexion sur la forme, sur l’équilibre entre l’écrit et l’improvisé. Sur l’élaboration de terrains fertiles et excitants pour les improvisations. Comme leader, j’ai essayé d’amener les interprètes-improvisateurs à signifier le message central du projet. C’est un peu comme un réalisateur avec ses acteurs. Pour cet album, j’ai voulu réunir des musiciens aux singularités très diverses, qui excellent, chacun dans leur domaine, et dont les mondes, en apparence éloignés, se rejoignent à merveille. Le titre Moving People fait forcément penser au phénomène dramatique des migrants... R. D. F.  : Tout l’album est inspiré par l’idée de l’Autre et de l’empathie. Je crois profondément que les différences sont une richesse car elles nous poussent vers une multiplicité de points de vue, elles nous permettent d’élargir nos connaissances et même d’élever notre âme. Bien sûr, cela évoque aussi les migrants. Dans la pièce qui donne son titre à l’album, le contraste entre le premier thème, pénétrant et répétitif, et l’interlude, rythmiquement très vif et aux harmonies mouvantes, crée une double sensation de douceur et de force. Le solo lyrique de Kurt Rosenwinkel et le jeu puissant de Jason Brown signifient et subliment ces sentiments. C’est un disque assez grave, profond, qui se termine sur une note d’espoir… R. D. F.  : À Berlin, en 2016, j’ai reçu une commande de la Fondation Genshagen, qui œuvre pour le dialogue artistique et culturel en Europe  : une création musicale qui puisse évoquer et symboliser l’espoir, avec un ensemble réunissant des musiciens français, allemands et polonais. Ce projet a été, d’une certaine façon, la genèse de Moving People. Dans l’album, on trouve quelques pièces de cette création. Ressac est inspirée par la terrible image du corps sans vie d’un petit enfant échoué sur une plage turque. Children Walking (Through a Minefield), je l’ai conçue comme s’il s’agissait de la musique d’un dessin animé REGARD Riccardo Del Fra vu par Alexandre Desplat Le grand compositeur de musique de films, à la carrière mirobolante, détenteurs de plusieurs Oscars, Grammy Awards et Golden Globes aux États-Unis, collabore régulièrement avec Riccardo Del Fra. « Les premiers mots qui me viennent au sujet de Riccardo Del Fra sont l’élégance, la précision, la sensibilité. Et la justesse  : je suis obnubilé par les musiciens qui jouent juste. Y compris dans le sens de jouer « la note juste ». Riccardo a cette qualité-là. Et c’est un musicien qui s’intéresse à la musique et non à une seule musique. C’est un jazzman mais on comprend très vite en l’écoutant qu’il est nourri de mille autres choses. Ce qui vient aussi à l’esprit c’est son pedigree et la liste merveilleuse des jazzmen avec lesquels il a joué. J‘ai écouté son nouvel album, et je me suis dit que j’aurais aimé écrire une telle composition. Je pense par exemple au très beau titre Moving people. C’est aussi un apprentissage pour moi de rencontrer un musicien de cette dimension. » Propos recueillis par Jean-Luc Caradec NOUVEL ALBUM « Tout l’album Moving People est inspiré par l’idée de l’Autre et de l’empathie. » imaginaire, dans lequel on pourrait visualiser des enfants, leurs jeux dans un champ, leurs échanges et leurs cris. Jusqu’à l’explosion d’une mine. Puis une course-poursuite. La courte citation de Beethoven est là pour évoquer une image de l’Europe avec un grand point d’interrogation. Dans le disque il y a aussi des morceaux joyeux et chatoyants comme Street Scenes, ou légers et aériens comme Cieli Sereni. Certains thèmes sont graves mais ce qui a été pour moi une révélation et une grande joie, c’est d’avoir constaté l’effet énergétique et jubilatoire de ces musiques sur le public dans tous nos concerts. Le casting du disque est très juvénile et international. Pourquoi ? R. D. F.  : Depuis des années, je crée des groupes mêlant générations, pays, styles ou esthétiques. Ces projets naissent de mes rencontres dans des mondes très divers. Je suis curieux de toutes les musiques – j’aime particulièrement la musique contemporaine – et de tous les arts qui sont des sources iné- Moving People Repères/en 8 dates Musicien italien installé de longue date en France, pédagogue émérite au sein du Conservatoire national supérieur de Paris où il a la responsabilité du département jazz, Riccardo Del Fra est non seulement un Européen convaincu mais aussi, comme le suggère le titre de son album, l’un de ces Moving People pour qui l’existence ne saurait être figée en un seul lieu mais bien portée par les échanges et les rencontres. Enregistré avec de jeunes musiciens originaires de différents pays d’Europe, un batteur américain et, invité sur quelques titres, le guitariste berlinois d’adoption Kurt Rosenwinkel, ce disque est l’une des plus belles manifestations de ce credo, et une manière d’attester que si les politiques achoppent à défendre la nécessité de l’ouverture des frontières, les 1977 Participe comme contrebassiste à la musique du film La Cité des femmes de Federico Fellini. 1979 Rencontre avec Chet Baker. Installation à Paris. 1986 Enregistrement du disque La note bleue avec Barney Wilen. 1996 Composition de la musique du film Pour rire ! de Lucas Belvaux et début d’une longue collaboration avec le cinéaste. 1998 Enregistrement du disque Voulouz loar-Velluto di luna en duo avec la chanteuse bretonne Annie Ebrel. 2004 Nomination à la tête du département Jazz et musiques improvisées du CNSMDP, où il enseigne depuis 1998. 2009 Création de Sky Changes et Tree Thrills pour l’Ensemble Intercontemporain avec Dave Liebman au saxophone. 2011 Création de My Chet My Song au festival Jazz in Marciac, pour quintette de jazz et orchestre symphonique. puisables d’inspiration. J’aime partager la scène – et la route ! – avec des musiciens sensibles, qui maîtrisent le langage du jazz et restent ouverts à la transversalité et à l’expérimentation. Rémi Fox ou Carl-Henri Morisset, par exemple, sont des modèles de cette polyvalence. Dans l’imaginaire collectif du monde du jazz, votre nom reste fortement associé à celui de Chet Baker… R. D. F.  : Je me souviens encore aujourd’hui – trente ans après sa disparition – de mon premier concert avec Chet, en Italie, de cette sensation nouvelle, dès le premier morceau, de confort et de souplesse où il arrivait à amener le groupe, dans un swing décontracté et un tempo impeccable, avec un phrasé élégant ponctué de silences, eux aussi expressifs. Impossible de refuser son invitation à le suivre. Une tournée qui aurait dû durer une vingtaine de jours devint le virage le plus important de ma vie. Je m’installais à Paris que j’ai aimé de suite autant que la femme qui m’y retenait et qui m’apprenait à aimer le français. À part l’histoire personnelle, fréquenter un tel poète a bouleversé mes conceptions esthétiques et le travail de la matière sonore. La technique a son importance mais il faut en avoir pour ne pas s’en servir. Il faut apprendre à jouer avec la retenue, avec les silences ; à occuper l’espace sans l’investir. À faire parler le plus profond de son être à travers le son. Propos recueillis par Jean-Luc Caradec artistes sont là pour nous en rappeler les bienfaits. Développant un répertoire entièrement original habité avec beaucoup de sensibilité par les membres de son groupe, le contrebassiste alterne formes et formats dans une série de tableaux mouvants et intenses, mettant en œuvre un langage contemporain qui ne bride jamais l’expressivité de chacun. On est évidemment heureux de découvrir le lyrisme de Kurt Rosenwinkel dans ce contexte, subtilement porté par la contrebasse du leader, mais c’est l’ensemble de l’album qui séduit, à l’image de la composition éponyme, placée en ouverture et en épilogue du disque, qui s’épanouit à partir d’une mélodie simple, en un jeu d’arabesques qui se fait poignant à mesure qu’il gagne en densité. Vincent Bessières Moving People en concert Sunside*, 60 rue des Lombards, 75001 Paris. Les 29, 30 novembre et 1er décembre à 21h. Tél. 01 40 26 46 60. Places  : 30 € . Et aussi  : du 15 au 17 novembre en Allemagne, le 22 à Metz (57), le 16 décembre à Gap (05), le 1er février à Neuburgen Allemagne*, le 2 février à Radio-France à Paris*, le 5 avril à Bourg-sur-Gironde (33), le 19 avril à Copenhague (Danemark), le 25 à Heilbronnen Allemagne, le 27 au Festival de Schwerin en Allemagne, etc. * Avec Kurt Rosenwinkel. la terrasse 270 novembre 2018 jazz/musiques du monde/chanson focus 59



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