La Terrasse n°270 novembre 2018
La Terrasse n°270 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : festival d'instance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 14 la terrasse 270 novembre 2018 18 19 6-8 NOV. SŒURS (MARINA & AUDREY) PASCAL RAMBERT CRÉATION THÉÂTRE I> MADE IN ANNECY BONLIEU-ANNECY.COM Photo  : Pauline Roussille Critique Perdu connaissance T2G-THÉÂTRE DE GENNEVILLIERS/PAR LE THÉÂTRE DÉPLIÉ/MES ADRIEN BÉAL C’est un théâtre qui trace son chemin, singulier et hautement stimulant. Adrien Béal et le Théâtre Déplié sont de retour avec Perdu connaissance. À voir. Le Pas de Bême a révélé le travail d’Adrien Béal et du Théâtre Déplié. L’histoire d’un élève modèle qui se mettait d’un coup à refuser chacune des exigences scolaires. Perdu connaissance revient sur les bancs de l’école, ou plutôt dans la loge d’une gardienne d’école. La très belle scénographie, signée Kim Lan Nguyen Thi, crée une loge surdimensionnée par rapport au réel, où tous les détails produisent un effet de réminiscence  : les spots grillagés, le filet de ballons de basket qui traîne par terre, les murs défraîchis couleur crème et saumon, le grand lavabo rectangulaire tâché de peinture… Comme la gardienne est subitement tombée dans le coma, cette loge voit converger la sœur de la gardienne et son compagnon, qui sont en cours de séparation, une autre sœur, qui sort de prison, la directrice de l’école et son mari et un parent d’élève un peu bizarre. Pour composer avec l’absente, avec l’absence, ils vont Critique La Magie lente REPRISE/LA REINE BLANCHE/DE DENIS LACHAUD/MES PIERRE NOTTE devoir imaginer un nouveau fonctionnement à cette loge. Un enjeu dérisoire en soi mais ô combien important. Il conduit chacun en effet à se repenser, à se réinventer sans cesse et donc à recomposer le monde. A travers la loge d’une école, c’est tout un dispositif social qui est en jeu, et plus largement, celui de la vie de chacun. Essayer sans relâche de se créer Si la scénographie est d’un grand réalisme, le jeu des acteurs n’a, lui, rien de naturaliste. Chaque réplique engage tout le corps. Pas de flux émotionnel continu. Des changements de direction incessants, des pensées à contrepied. Chaque échange produit de l’émotion et chaque pensée semble se façonner en direct. On a l’impression d’une grande liberté. Restez vivants, au présent, défiez-vous des règles et choisissez votre vérité, semblent dire les personnages, sans jamais l’exprimer aussi littérale- Benoit Giros incarne l’avancée de la parole d’un être traumatisé, qui cherche à panser ses souffrances. Une mise à nu impressionnante. Benoit Giros, sidérant de vérité. C’est une « petite histoire » racontée lors d’un colloque de psychiatrie, exposant le cas d’une erreur de diagnostic. Le patient, nommé Louvier, suivi sans résultat pendant plus de dix ans par un psychiatre qui le considère schizophrène, découvre lorsqu’il s’adresse à un nouveau praticien, Kemener, qui il est vraiment. C’est une découverte difficile, bouleversante, effarante même, qui prend du temps. Une découverte qui, en laissant émerger petit à petit les traumatismes, permet de les nommer, de les tenir à distance, de se reconstruire. Car à travers ce changement radical de diagnostic, Louvier affronte son enfance saccagée, violée, en silence, sans aucun secours. « Il y a au fond de moi une épave et ça remonte par morceaux », dit-il. Après l’introduction et la parole publique de la conférence, le texte passe rapidement au « je », à la parole intime et crue qui relie le patient et l’analyste. Éclairer la parole agissante Denis Lachaud s’est documenté auprès du milieu médical avant d’écrire cette pièce pour un seul acteur, qui doit son titre à une réflexion de Sigmund Freud  : « La psychanalyse est une magie lente ». C’est justement le processus curatif et introspectif qu’il éclaire dans ses méandres et son accomplissement progressif. Eclairant parfaitement cette avancée de la parole, la mise en scène de Pierre Notte laisse toute sa place aux mots. Du divan au plateau, du patient en dialogue avec son analyste à l’acteur en dialogue avec le public, c’est une parole agissante qui est mise en lumière, dans sa crudité extrême, son entêtement, ses douleurs, sa puissance et son impuissance entremêlées. Il est très difficile de porter une telle parole, seul, face au public. Benoit Giros parvient à donner vie à cette épreuve de manière impressionnante, à l’endroit intérieur de cette souffrance écrasante qui se révèle, jusqu’à laisser place à un possible dépassement. Une pièce rigoureuse, dense, juste, qui rappelle que chaque année en France des milliers d’enfants sont victimes de viol, la plupart du temps dans un environnement familial. Et beaucoup se taisent. Agnès Santi La Reine Blanche, 2 bis passage Ruelle, 75018 Paris. Du 2 novembre au 23 décembre 2018, les mercredis, vendredis et dimanches à 19h. Tél. 01 40 05 06 96. Durée  : 1h10. À partir de 15 ans. Spectacle vu au Théâtre de Belleville en avril 2018. D. R.
Vincent Arbelet Julien Benhamou Perdu connaissance. ment, fort heureusement. Ils sont ordinaires et humbles, ces personnages. Vivants, extrêmement, toujours en train de se choisir, dans une écoute aiguë de l’autre. Pierre Devérines, Boutaïna El Fekkak, Adèle Jayle, Julie Lesgages, Etienne Parc et Cyril Texier leur ont construit des parcours qui déjouent sans cesse les attentes. En état d’alerte et d’ouverture maximale, leurs subjectivités se confrontent sans s’opposer puisqu’elles ne sont jamais figées. Une extraordinaire plasticité qui n’est pas celle de nos vies, c’est regrettable. Mais qui est un univers de possibles que déploie (que déplie) le Théâtre Déplié, qui interroge chacun sur son rapport au monde, qui rapproche le théâtre de la vie en soumettant les deux à la L’ONDE/FESTIVAL Festival Immersion Temps fort très attendu de la saison de L’Onde, Immersion met en lumière la création transdisciplinaire française et européenne. En phase avec l’identité pluridisciplinaire et aventureuse du lieu, qui se plaît à cultiver croisements et métissages entre divers champs artistiques, et à explorer les vastes territoires des écritures scéniques contemporaines, le Festival Immersion invite à découvrir six spectacles profondément originaux. En ouverture, Christophe Sermet adapte et met en scène la nouvelle de l’auteur belge Hugo Claus Dernier lit, « conte amoral mordant et pathétique ». Dans un hôtel faussement luxueux à Ostende, se retrouvent Emily, ex-enfant pianiste prodige devenue enseignante, et sa compagne Ana, Pour sortir au jour, le nouveau solo d’Olivier Dubois. femme de ménage. L’histoire de leur liaison et celle d’une enfance abîmée révèlent des relations destructrices et dessine une échappée tragique traversée d’éclats d’humour. Autre première française, Truth or Dare de Lies Pauwels mêle danse et théâtre pour créer une proposition atypique, à la fois corrosive et émouvante. Elle réunit sur scène des adolescents vulnérables, trois top models et un même exigence, celle d’essayer, sans relâche, de se créer. Éric Demey T2G-Théâtre de Gennevilliers, 41 av. des Grésillons, 92230 Gennevilliers. Du 8 au 19 novembre à 20h, le samedi à 18h, le dimanche à 16h. Relâche le mardi et le mercredi, ainsi que les 13 et 14 novembre. Tél. 01 41 32 26 10. Également du 18 au 20 mars aux Subsistances à Lyon. Les 26 et 27 à l’Hexagone à Meylan. Les 3 et 4 avril au Tandem à Douai. Les 9 et 10 à l’Espace des Arts à Chalon-sur-Saône. Spectacle vu au Théâtre Dijon Bourgogne. Durée  : 1h30. prêtre, et tend un miroir à notre société formatée. La pièce hors normes met en tension les contraires et interroge les contradictions qui saisissent les êtres. Pièces hors normes À découvrir aussi en Ile-de-France une proposition venue de la scène flamande, particulièrement inventive et anticonformiste. Dans La Maison, Inne Goris met en scène la relation complexe qui se noue entre une mère fragile et sa fille à travers un parcours déambulatoire qui en révèle les joies, les peines, et ce qui dévie. Muni d’un casque, le spectateur entend l’histoire chuchotée au creux de son oreille par la mère, ou par l’enfant. Jamais vu non plus en Île-de-France, le nouveau solo d’Olivier Dubois. Avec la complicité active du public, Pour sortir au jour fait revivre avec fantaisie toutes les danses que son corps recèle  : son corps dansant en pleine capacité, qui joue et surjoue dans un esprit délibérément festif. La chorégraphe Gaëlle Bourges et la plasticienne Gwendoline Robin proposent quant à elles deux performances singulières. L’une, Incidence 1327, s’inspire de la chimie de la rencontre le 6 avril 1327 à Avignon entre le poète François Pétrarque et Laure « aux blanches mains », qui devint sa célèbre muse. L’autre, Confluence n°1, imagine « un parcours qui s’ouvre et se resserre sous la pression des corps, des matériaux et du son en mouvement. » À voir aussi Scala de YohannBourgeois, créé à Paris en septembre dans le théâtre éponyme, fugue métaphorique où les sept interprètes parcourent des trajectoires imposées par des réactions en chaîne. Dans un automatisme absurde et obstiné qui détraque tout confort et tout repère. Un festival détonant ! Agnès Santi L’Onde Théâtre Centre d’art, 8 bis av. Louis- Breguet, 78140 Vélizy-Villacoublay. Du 6 au 24 novembre 2018. Tél. 01 78 74 38 60. www.londe.fr Photo et installation PASCAL COLRAT assistante Mélina Faget eeuedeFrance M end LES HÉRÉTIQUES Mariette Navarro/François Rancillac 14 novembre > 9 décembre 2018 « Posons-nous des questions, sans passer à la question », XXX>, XXX XXX, Tél. 0 1 4 3 7 4 9 9 6 1 theatredelaquarium.com CRÉATION MAISON De plus en plus souvent, au nom de la liberté… on se met à interdire ! Au nom de la laïcité, on empêche des convictions de s’exprimer. Pourquoi la diversité de nos vies, de nos cultures, de nos croyances (ou absence de croyance) est-elle si fréquemment ressentie comme un problème, voire comme une menace pour notre pays ? Pourquoi une telle remise en question de nos valeurs démocratiques ? Pourquoi un tel retournement des mots, du sens ? De quoi ce glissement est-il le nom ? - dont les femmes paient d’abord le prix… Un soir de 2028, une citoyenne lambda, qui ne sait plus à quel saint se vouer, a pris rendez-vous avec d’autres femmes pour partager son désarroi et des questions. La discussion est vite enlevée, conflictuelle, drôle aussi. Ces femmes professent leur liberté de conscience, leur « hérésie » propre contre le consensus du moment, quitte à être ostracisées. Ou jetées aux lions. Ou au bûcher… Et si cette réunion était en fait un sabbat de sorcières ? Mariette Navarro a écrit un conte sur notre malaise actuel. Presque une comédie. Tant qu’on peut encore en rire… François Rancillac production > Théâtre de l’Aquarium. Co-production Cie Théâtre sur paroles, Comédie de Béthune, CDN - Hauts-de- France ; Le Bateau Feu – Scène nationale de Dunkerque ; La Ferme de Bel Ebat – Théâtre de Guyancourt. Avec le soutien de la Région Île-de-France et la participation artistique du Jeune théâtre national et du Fonds d’Insertion pour Jeunes Comédiens de l’ESAD-PSPBB. la terrasse.r," ! SPEDIDAM LES 01,0176 A.61.6-111TEMETES TRAMSFUCE lelerama [fi théâtre 15 la terrasse 270 novembre 2018



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