La Terrasse n°270 novembre 2018
La Terrasse n°270 novembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de novembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 17,8 Mo

  • Dans ce numéro : festival d'instance.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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théâtre 12 la terrasse 270 novembre 2018 le petit théâtre du bout du monde opus II En compagnie de ses extraordinaires créations, le magicien de la marionnette Ézéquiel Garcia-Romeu poursuit son exploration poétique d’une société à la dérive dans un territoire surveillé et robotisé. théâtre national de nice Dans ce nouvel opus, on retrouve avec bonheur les petits êtres de ce théâtre artisanal tellement original, confrontés cette fois à un univers hi-tech et futuriste. Sur le fil de leur destin, ils évoluent dans un monde épié par des caméras vidéo et des satellites. L’intelligence artificielle prend le dessus au service d’une course effrénée vers l’appropriation de toutes les ressources de la Terre. La poésie et l’humour se dégagent de ces personnages saisissants d’humanité, tendres, utopistes, fatigués ou cyniques, auxquels des comédiens-marionnettistes français et bulgares donnent vie avec subtilité. Le spectateur déambule à sa guise autour de l’installation. Au gré de la performance, les chemins de l’espoir se dessinent au sein de cette émouvante métaphore d’une civilisation en plein égarement. DU 14 AU 24 NOVEMBRE Coproduction Création CONCEPTION, SCÉNOGRAPHIE & MARIONNETTES ÉZÉQUIEL GARCIA-ROMEU théâtre national de nice centre dramatique national nice côte d’azur direction irina brook 04 93 13 19 00 tnn.fr #tnn06 Photo  : É. Garcia-Romeu Critique Dans la luge d’Arthur Schopenhauer LE QUAI - CDN ANGERS PAYS DE LA LOIRE/LA SCALA PARIS/DE YASMINA REZA/MES FRÉDÉRIC BÉLIER-GARCIA Après une première mise en scène en 2006, Frédéric Bélier-Garcia recrée cette brillante partition théâtrale, interprétée par un subtil quatuor de comédiens. Une suite de variations introspectives divergent et se répondent. Jubilatoire ! Dans le dispositif tri-frontal façonné par Jacques Gabel, seules quelques marches séparent l’estrade où se tiennent les acteurs de l’assemblée des spectateurs. La séparation s’avère même plus infime encore car à tour de rôle, chaque personnage devient l’interlocuteur silencieux d’un monologue. Huit monologues pour quatre personnages  : le mari Ariel Chipman, l’épouse Nadine Chipman, l’ami Serge Othon Weil, la psychiatre. Redoutablement précise, d’une implacable netteté, la parole émerge et avance avec une certaine jouissance, en un déballement introspectif souvent cinglant, tout en rebonds inattendus, en arguments minutieusement analysés. Affûtés au scalpel, les mots n’appellent pas une incarnation, ils donnent à voir plutôt les atermoiements et les fragilités, les tentatives et les renoncements, les chagrins et les exaspérations, le temps qui abîme... Un télescopage drôle et caustique opère entre les détails concrets et les considérations sur l’existence. Spinoza s’est effiloché Après l’avoir créé une première fois en 2006 à Théâtre Ouvert, Frédéric Bélier-Garcia reprend sa mise en scène impeccablement agencée et tenue, avec toujours André Marcon (Ariel), Yasmina Reza (Nadine), Christèle Tual (la psychiatre), et Jérôme Deschamps dans le rôle de Serge Othon Weil, initialement interprété par Maurice Bénichou. Le théâtre s’avère ici lieu d’écoute, de réflexion et de reconnaissance. Entre pessimisme fondamental et pessimisme dépassé, entre l’accablement domestique et l’amour comme fin en soi, tous questionnent la dérive d’Ariel qui perd pied, le sens de l’existence inconcevable dans la solitude. Ces monologues qui divergent et se répondent sont brillants et signifiants. Ni confidences, ni chuchotements, L’Avalée des avalés THÉÂTRE LES DÉCHARGEURS/DE RÉJEAN DUCHARME/MES LORRAINE PINTAL Lorraine Pintal, directrice du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal, s’empare de L’Avalée des avalés du Québécois Réjean Ducharme. Un roman où l’enfance est poésie et démesure. « Tout m’avale. Quand j’ai les yeux fermés, c’est par mon ventre que je suis avalée, c’est dans mon ventre que j’étouffe ». Dès les premières phrases, la langue de L’Avalée des avalés de Réjean Ducharme (1941-2017) nous happe et nous surprend. D’autant plus qu’elle sort de la bouche d’une enfant  : Bérénice Einberg, dont la famille installée en banlieue de Montréal « ne roule pas sur des roulettes ». Publié en 1968, ce livre a révolutionné les manières d’écrire l’enfance et érigé son auteur au rang de figure de proue de la littérature québécoise. Pour Lorraine Pintal, l’adapter pour la scène était donc à la fois une évidence et un pari risqué. Rêves et révolution Fascinée depuis l’adolescence par la prose « dérangeante, exigeante, désespérément vivante » de Réjean Ducharme, la directrice du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal -011111..1..r L’Avalée des avalés. l’aborde à partir du ventre de la mère de Bérénice. Pour explorer ensuite les jeux et les rêves de la jeune narratrice et de son frère Christian, unis par un amour plus que fraternel. Et par un sens de la révolte qui incite Lorraine Pintal à situer son travail dans le Québec des années 60. En pleine « Révolution tranquille », pendant laquelle le pays connaît de nombreuses avancées sociales, économiques et politiques. Dans une scénographie minimaliste, les comédiens Sarah Laurendeau, Louise Marleau et Benoît Landry portent haut le verbe enflammé de cette Avalée des avalés. Anaïs Heluin Théâtre Les Déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, 75001 Paris. Du 6 novembre au 8 décembre 2018, du mardi au samedi à 19h30. Tél. 01 42 36 00 50. Yves Renaud
Pascal Victor/ArtcomPress D. R. Yasmina Reza et Jérôme Deschamps. ni cris, ils requièrent une amplitude et une subtilité de jeu de haut vol. Chacun doit trouver sa tonalité singulière, sa musicalité intérieure, comme en écho aux divers regards sur l’existence, à ce qui modèle ou non sa structure mentale à l’épreuve du réel. André Marcon est impressionnant. Il interprète Ariel, autrefois fringant spécialiste de Spinoza. Mais comme la tapisserie de Roger Cohen qui recouvre son fauteuil, Spinoza s’est effiloché. Ariel constate son délabrement psychique, dévale la pente dans la luge de son ami Schopenhauer… Vers la mort. Il est un bloc de rage retenue, de désenchantement froid, qui se fissure et laisse voir d’infinies failles de fragilité. Jérôme Deschamps est remarquable aussi, en ami finalement bien moins matérialiste qu’il n’en a l’air. Tout comme Christèle Tual en psychiatre armée contre la compassion et écœurée par la bienveillance, et Yasmina Reza, épouse qui ausculte la relation à son mari. Il est possible Antoine Basler reprend la première pièce écrite par Adel Hakim. Exécuteur 14 que selon les représentations la place du rire fluctue. Spinoza ou Schopenhauer ? Légèreté ou désespoir ? Si les questions restent fondamentalement en suspens, la belle et émouvante image finale constitue tout de même une piste… Agnès Santi Le Quai - CDN Angers Pays de la Loire, cale de la Savatte, 49100 Angers. Du 15 au 26 octobre à 20h, samedi 20 à 18h. Tél. 02 41 22 20 20. La Scala Paris, 13 bd de Strasbourg, 75010 Paris. Du 31 octobre au 24 novembre 2018, du mardi au vendredi à 21h, samedi à 17h et 21h, dimanche à 15h. À noter jusqu’au 24 novembre une carte blanche à Yasmina Reza avec des lectures-récitals de piano. Tél. 01 40 03 44 30. Durée  : 1h30. Spectacle vu au Quai - CDN Angers Pays de la Loire. THÉÂTRE DES QUARTIERS D’IVRY/D’ADEL HAKIM/INTERPRÉTATION ET MES ANTOINE BASLER Première pièce écrite par Adel Hakim, créée au TGP en 1991 avec Jean-Quentin Châtelain, Exécuteur 14 est aujourd’hui reprise par Antoine Basler, dans le lieu que dirigea son auteur jusqu’à sa mort, l’an dernier. « Peut-on savoir ce que signifie vivre la guerre quand nous avons grandi dans des pays en paix ? (…) Elle reste une abstraction. L’année dernière nous avons contacté Adel qui, à notre plus grande joie, nous a accordé les droits. Depuis il nous a quittés… Il nous semble primordial que sa parole soit transmise et continue à être dite sur scène, car aucun texte à notre connaissance ne peut emmener le spectateur à vivre l’expérience de la guerre, de l’intérieur, avec cette force et cette précision » dit Antoine Basler. Adel Hakim a écrit Exécuteur 14 à la fin de la guerre du Liban comme une prémonition de tous les conflits imbéciles et vains de la fin du vingtième siècle, comme une anticipation de toutes les haines encore à venir, mais aussi comme le bilan émétique des massacres déjà perpétrés. Depuis six mille ans la guerre plaît aux peuples querelleurs… Le dernier survivant d’une cité ensanglantée revit les événements qui ont conduit au sacrifice total des victimes et des bourreaux, ensemble consumés dans les brasiers de la violence. Il se souvient d’un temps où tout semblait en paix, mais où couvaient déjà, dans les petites vexations et les imperceptibles haines quotidiennes, les feux apocalyptiques à venir. Le héros regarde avec innocence les différends insignifiants tourner au conflit déclaré. Il apprend à vivre avec la guerre. Mais lorsque les Zélites violent et tuent sous ses yeux celle qu’il aime, il rejoint les rangs de la milice de son clan et extermine à son tour. Jusqu’à ce qu’arrivent les Exécuteurs, sortes de monstres fantastiques qui réduisent à néant la cité, sans plus aucun souci de camps, de classes, de races, de religions ou de castes. Antoine Basler recrée le texte d’Adel Hakim avec le projet « de mettre en mouvement l’inconscient du spectateur, d’entrer dans son cerveau, et de lui faire vivre cette expérience, en réveillant son imaginaire. » Catherine Robert Théâtre des Quartiers d’Ivry, CDN Val-de- Marne, Manufacture des Œillets,1 place Pierre-Gosnat, 94200 Ivry-sur-Seine. Du 22 novembre au 2 décembre 2018. Lundi, mercredi, vendredi à 20h ; jeudi à 19h ; samedi à 18h ; dimanche à 16h. Tél. 01 43 90 11 11. OU 8 fi 11:11J JEU DL 2.00) siimiul ['Nue* is_ou I Y il athénée Louis Jouvet fff création texte Anton Tchekhovov mise en scène Christian Benedetti 7 nov › 1er déc 2o18 atheneetheatre.com o1 53 o5 19 19 VERRE IliÉtRE DE 11PÉ LIE SUIS. CORIOUCHERIE Lime emif, rems théâtre 13 la terrasse 270 novembre 2018



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