La Terrasse n°269 octobre 2018
La Terrasse n°269 octobre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°269 de octobre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 96

  • Taille du fichier PDF : 24,4 Mo

  • Dans ce numéro : excellent cru d'octobre !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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78 saison classique – opéra 2018-2019/opéra, temps forts la terrasse 269 octobre 2018 LYON/OPéRA BASTILLE Opéra, temps forts/Portrait Krzystof Warlikowski C’est l’un des metteurs en scène européens les plus intéressants d’aujourd’hui. Tourmenté, sensible, décapant, le Polonais livre des propositions denses et personnelles, qui souvent troublent ou divisent. Il signe cette saison deux nouvelles productions lyriques  : De la maison des morts à l’Opéra de Lyon et Lady Macbeth de Mzensk à Bastille. « Où sont les lavabos ? » Dans les années 2000, lorsque le public français commença à devenir familier des mises en scène d’opéra de Krzystof Warlikowski, c’était une boutade qui revenait souvent. Il faut dire que la faïence blanche est l’un des fétiches du metteur en scène. Quelle bronca en 2006 lorsque son Iphigénie en Taulide de Glück, révélé à l’Opéra de Paris par Gérard Mortier, dévoila une maison de retraite avec carrelage, alignement de sanitaires et coin télé ! Mais comme pour l’urinoir de Marcel Duchamp, la présence récurrente de la faïence blanche dépasse la provocation. Elle pourrait signifier que l’opéra, loin d’être un sanctuaire, est le lieu des passions et des paroxysmes. Haro sur les images aseptisées ! Place à l’hyperréalisme et sa cohorte de sang, de bile, de trivial et de chair ! Ce qui nécessite des chanteurs plus que les poses convenues et vieillottes parfois encore en vigueur sur les scènes lyriques. Ouverture d’esprit, engagement physique et psychique – voire dans le meilleur des cas, incandescence –, tels sont les prérequis indispensables pour le jeu d’acteurs au cordeau qui fait la signature de Warlikowski. Les théâtrophiles le savent, qui ont découvert le travail du Polonais au Festival d’Avignon, avec Hamlet en 2001, suivi l’année suivante de Purifiés de Sarah Kane. Dans chacune de ces productions était louée la direction d’acteurs THEOPHILE ALEXANDRE I CONTRE-TÉNOR GUILLAUME VINCENT I PIANISTE L'ÂME BAROQUE MISE À NU EN PIANO-VOIX UNE PREMIÈRE MONDIALE DISCOGRAPHIQUE KLARTHE I HARMONIA MUNDI EN CONCERT AU THÉÂTRE DE L'ATHÉNÉE LES 22 & 23 OCTOBRE 2018 Krzystof Warlikowski. hors pair tout comme se faisait remarquer le travail de sa scénographe attitrée, Malgorzata Szczęśniak, qui est à Warlikowski ce que représentait Richard Peduzzi pour Patrice Chéreau. Les fantômes et les plaies de la Pologne Si l’on peut parfois reprocher à Krzystof Warlikowski une surcharge, notamment dans les effets vidéos, force est de reconnaître que le metteur en scène a atteint aujourd’hui la maîtrise de son langage scénique, reconnaissable immédiatement aussi du fait de l’équipe qui CHORÉGRAPHIE I Jean-Claude GALLOTTA SCÉNOGRAPHIE I Pierre-André WEITZ NOUVEL ALBUM DISPONIBLE I RÉSERVATIONS  : WWW.ATHENEE-THEATRE.COM Bartek Warzecha l’entoure – toujours la même. Au fil des interviews, il affirme qu’il arrive sur le plateau sans une vision ou des réponses déjà prêtes. On comprend pourquoi il a souvent monté Shakespeare  : comme le dramaturge anglais, ne reconnaît-il pas que le théâtre est le meilleur endroit pour questionner le monde ? Et il ne s’en prive pas. Né d’un père catholique et d’une mère juive non pratiquante, en 1962, à Szcecin, ville allemande devenue polonaise après la guerre, il est le fruit de cette identité tourmentée. De la Pologne avec laquelle il vit une relation ambivalente, il prend les fantômes en face, gratte les plaies de son histoire, taille dans le vif de ses traumas et démons comme l’homophobie (Angels in America de Tony Kushner en 2007) ou l’antisémitisme (Les Français d’après À la recherche du temps perdu de Proust en 2016). D’une manière générale, Opéra, temps forts c’est la condition humaine dans toute sa complexité qu’il ne cesse d’explorer. Avec le dernier opéra de Janacek, De la maison des morts, inspiré par l’expérience carcérale de Dostoïevsky, et Lady Macbeth de Mzensk de Chostakhovitch où l’héroïne est en prise avec une société violente et patriarcale, voilà une matière brûlante pour exercer sa critique au vitriol. Avec ou sans lavabos. Isabelle Stibbe De la maison des morts. Opéra de Lyon, 1 place de la Comédie, 69001 Lyon, du 21 janvier au 2 février 2019. Tél. 04 72 00 45 00. Places  : 10 à 85 € . Lady Macbeth de Mzensk. Opéra Bastille, 120 rue de Lyon, 75012 Paris, du 2 au 25 avril 2019. Tél. 08 92 90 90. Orphée et Eurydice PARIS/OPéRA COMIQUE/NOUVELLE PRODUCTION À l’Opéra Comique, Orphée pleure une deuxième fois son Eurydice, dans une mise en scène d’Aurélien Bory et sous la direction musicale de Raphaël Pichon. Cette année, Orfeo pleurera par deux fois son Eurydice. Un peu plus tôt cette année, le Théâtre des Champs-Élysées l’a présenté dans sa version originale italienne, créée à Vienne en 1762 – le rôle d’Orfeo, célèbrement créé par le castrat Gaetano Guadagni, avait alors été joué par Philippe Jaroussky. Mais c’est une version tout autre qui sera présentée à l’Opéra Comique, celle révisée par Berlioz, main dans la main avec la légendaire contralto Pauline Viardot, sœur cadette de l’adulée Malibran. En 1859, celle qui fut également la muse d’Alfred de Musset et de Tourgueniev accomplit avec le compositeur un travail de révision pour remettre sous les feux de l’actualité le grand réformateur de la tragédie lyrique française. Opéra, temps forts Amadigi En direct des répétitions de la nouvelle production d’Orphée et Eurydice à l’Opéra Comique  : avec Marianne Crebassa (Orphée), Hélène Guilmette (Eurydice), Aurélien Bory (mise en scène et décors) et Raphaël Pichon (direction musicale). Enchantement sonore Cette réhabilitation totale verra notamment la naissance d’un grand air de bravoure à l’imposante cadence, « Amour, viens rendre à mon âme », absent de la version française de 1774 que Gluck avait adaptée à l’intention du ténor Joseph Legros. Reste la distribution. C’est Marianne Crebassa qui revêtira la toge du poète-chanteur de Thrace – elle qui l’avait déjà enregistré pour Erato dans son album Oh, Boy ! – tandis qu’à Hélène Guilmette et Lea Desandre reviendra le soin d’incarner Eurydice et l’Amour. Nul doute, enfin, que Raphaël Pichon et son Ensemble Pygmalion auront à disposition les moyens orchestraux que réclame l’œuvre. À cet enchantement sonore répondra un spectacle d’une puissance saisissante, celui d’Aurélien Bory, directeur de la Compagnie 111 à Toulouse, tout cela au service d’un opéra qui a marqué un jalon dans l’histoire de l’art lyrique. Julien Hanck Opéra Comique, place Boieldieu, 75002 Paris. Du 12 au 24 octobre. Tél. 01 70 23 01 31. Places 6 à 135 € . PARIS/ATHéNéE/TOURNéE ILE-DE-FRANCE/NOUVELLE PRODUCTION Jérôme Corréas et Bernard Lévy, directeur musical et metteur en scène, proposent une nouvelle version de cet opéra de Haendel. Ouvrage majeur et pourtant peu représenté, Amadigi (1715) relate les combats et péripéties des amoureux Amadigi et Oriana pour résister aux stratagèmes de leurs deux amoureux éconduits, la magicienne Melissa et le prince de Thrace Dardanus. L’intrigue et la musique nous entraînent dans un tourbillon aux accents magiques de sentiments et d’émotions, dans un concentré d’esprit baroque, dont Jérôme Corréas à la tête de ses Paladins et le metteur en scène Bernard Lévy semblent vouloir livrer une vision resserrée et directe en éclairant la violence du sentiment de jalousie, par exemple par l’utilisation du parlé-chanté. « Le grand nombre de situations fortes, voire extrêmes, contenues dans cet opéra élimine les instants décoratifs au profit d’une tension constante » souligne Corréas, spécialiste de l’opéra des xvii e et xviii e siècles. Sentiments passionnels Le metteur en scène, familier de l’Athénée, D. R.
Vincent Pontet Florent Drillon Opéra, temps forts Ariane et Barbe Bleue TOULOUSE/NOUVELLE PRODUCTION Plutôt rare sur scène, l’unique opéra de Paul Dukas est l’objet d’une production prometteuse signée Stefano Poda. Sophie Koch tient le rôle principal d’Ariane et Barbe Bleue de Dukas à Toulouse. La musique du début du xx e siècle doit beaucoup au mouvement symboliste, en particulier au théâtre de Maurice Maeterlinck  : pour Pelléas et Mélisande, bien sûr, que Debussy magnifie à l’opéra dès 1902, mais aussi pour Ariane et Barbe Bleue dont s’empare Paul Dukas (1907), puis, avec de substantielles modifications, Béla Bartók (Le Château de Barbe Bleue, 1911). Contrairement à Pelléas, Maeterlinck avait conçu son Ariane comme un véritable livret d’opéra  : l’écriture en est plus vive et appelle une musique plus tranchante, ce qui convient bien aux architectures orchestrales de Dukas, post-romantique influencé par le wagnérisme. Difficile à mettre en scène, ce « conte lyrique » en trois actes est confié à Stefano Poda, dont le travail, toujours d’une grande force visuelle, s’appuie souvent sur une lecture symbolique des œuvres. Belle distribution avec Sophie Koch et Vincent Le Texier dans les rôles principaux, et Pascal Rophé, baguette idéale, dans la fosse. Jean-Guillaume Lebrun Théâtre du Capitole, place du Capitole, 31000 Toulouse. Les 4, 9 et 12 avril à 20h, les 7 et 14 avril à 15h. Tél. 05 61 63 13 13. Le chef d’orchestre Jérôme Corréas. privilégie une approche visuelle, et aborde cet « opéra de la jalousie » avec le projet de « réinterpréter les codes de l’opéra de magie pour les mettre au service d’une esthétique contemporaine très épurée, Nathaniel Baruch Opéra, temps forts Heptaméron, récits de la chambre obscure AMIENS/PARIS/TOURNéE Une création originale, littéraire et musicale, signée Benjamin Lazar et Geoffroy Jourdain, qui convoque les madrigalistes italiens Marenzio, Gesualdo et Monteverdi. Benjamin Lazar met en scène un spectacle madrigalesque inspiré de l’Heptaméron. Ceci n’est pas un opéra mais s’en approche. L’Heptaméron, tableau des travaux (amoureux) et des jours narrés par Marguerite de Navarre, devient le fil d’une représentation des passions « mises en mouvement » par la musique qu’inventent, dans les décennies suivantes par le genre du madrigal, des musiciens tels que Luca Marenzio, Carlo Gesualdo et bien sûr Claudio Monteverdi. Ce dernier, considéré comme le fondateur de l’opéra (avec L’Orfeo), fera de ses livres de madrigaux un atelier d’expression des sentiments par la musique, comme le feront à peu près à la même époque les peintres du baroque. Ce spectacle original réunit le metteur en scène Benjamin Lazar et le chef Geoffroy Jourdain, fondateur de l’ensemble vocal Les Cris de Paris  : deux artistes passionnés, précisément, par l’expression, qu’elle soit visuelle ou musicale, et par la voix, chantée, parlée et portée par le corps. Les arts réunis dessinent l’âme du monde. Jean-Guillaume Lebrun Maison de la Culture, 2 place Léon-Gontier, 80000 Amiens. Du 14 au 18 janvier. Tél. 03 22 97 79 77. Bouffes du Nord, 37 bis bd de La Chapelle, 75010 Paris. Du 1er au 23 février. Tél. 01 46 07 34 50 Tournée à Reims (51) les 1er et 2 mars, Caen (14) les 12 et 13 mars, Cherbourg (50) les 18 et 19 mars, Angoulême (16) les 22 et 23 mars, Liège (Belgique) du 31 mars au 4 avril. sans perdre la féérie propre à cette histoire ». Avec Amel Brahim-Djelloul, soprano (Oriana), Aurélia Legay, soprano (Melissa), Rodrigo Ferreira, contre-ténor (Amadigi), Séraphine Cotrez, contralto (Dardano). Une des productions baroques les plus prometteuses de la saison. Jean Lukas Athénée - Théâtre Louis Jouvet, square de l’Opéra-Louis-Jouvet, 7 rue Boudreau, 75009 Paris. Du 25 au 30 janvier 2019. Tél. 01 53 05 19 19. Et aussi  : les 12 et 13 janvier au Théâtre-Sénart, scène nationale de Sénart, le 17 janvier au Centre des Bords de Marne du Perreux-sur- Marne, le 2 février au Théâtre Claude Debussy de Maisons-Alfort, les 6 et 7 février au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines et les 16 et 17 février à l’Opéra de Massy. OPÉRA CRÉATION PIERRE BARTHOLOMÉE D’APRÈS LE ROMAN DE PIERRETTE FLEUTIAUX (PRIX FEMINA 1990) NOUVELLE PRODUCTION DE L’OPÉRA-THÉÂTRE DE METZ MÉTROPOLE EN COLLABORATION AVEC L’UNION ROYALE BELGE DE LORRAINE DANS LE CADRE DE LEUR 100 E ANNIVERSAIRE AVEC LE SOUTIEN DU FONDS DE CRÉATION LYRIQUE DIRECTION MUSICALE PATRICK DAVIN MISE EN SCÈNE VINCENT GOETHALS ORCHESTRE NATIONAL DE METZ Réservations 03 87 15 60 60 opera.metzmetropole.fr OperaTheatreMetzMetropole OperaMetz 16 18 2O NOV. 2018 CRÉATION GRAPHIQUE  : CHRISTOPHE FERRY/DIRECTION DE LA COMMUNICATION/METZ MÉTROPOLE. LICENCE D’ENTREPRENEUR DE SPECTACLES DE 1 ER, 2 E ET 3 E CATÉGORIES/1-1078078/2-1078079/3-1078080. 79 saison classique – opéra 2018-2019/opéra, temps forts la terrasse 269 octobre 2018



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