La Terrasse n°254 mai 2017
La Terrasse n°254 mai 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°254 de mai 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (284 x 420) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 18,2 Mo

  • Dans ce numéro : danses internationales.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 THÉÂTRE MAI 2017/N°254 la terrasse THÉÂTRE DES QUARTIERS D’IVRY DE DONATIEN ALPHONSE FRANÇOIS DE SADE/MES HERVÉ LOICHEMOL Ne kntS IA IIITIC -il Rosa Rosa Luxemburg féministe, socialiste, mais surtout libre Collectif Rosa ENTRETIEN E HERVÉ LOICHEMOL FRANÇAIS ENCORE UN EFFORT SI VOUS VOULEZ ÊTRE RÉPUBLICAINS Le metteur en scène Hervé Loichemol et la comédienne Anne Durand présentent une cinquième version de Français encore un effort si vous voulez être républicains de Sade. Une mise en acte de la pensée qui « pousse les Lumières dans leurs ultimes conséquences ». Vous revenez régulièrement à Français encore un effort si vous voulez êtres républicains. Envisagez-vous ces retours comme des reprises ou des recréations ? Hervé Loichemol  : Il n’y a jamais eu de répétition à l’identique de ce spectacle, mais des adaptations successives, sans doute Cartoucherie 75012 Paris la-tempete.fr ===================================== 01 43 28 36 36 à cause de la façon dont nous l’avons créé. C’était en 1987, pendant que je mettais en scène Dans la solitude des champs de coton au Théâtre de Vidy. Anne et moi avons décidé de travailler Français encore un effort… dans les coulisses de ce spectacle. À temps perdu, sans contrainte, sans argent. Cette monologue au crépuscule à la maison des métallos 6 > 11 juin + d’infos sur www.maisondesmetallos.paris réservation au 01 47 00 25 20 =========================================================================================== de Ingmar bergmannmise en scène nicolas liautard =================================================== avec Sandy Boizard Nicolas Liautard Carole Maurice 27 avril – 28 mai 2017 Le metteur en scène Hervé Loichemol. zone de liberté convenait bien au texte de Sade. Ces conditions initiales ont toujours été reconduites. Sur quoi repose, à vos yeux, la puissance de cet écrit ? H.L.  : Sur l’ironie. Sade, quelques mois seulement après la réaction thermidorienne, reprend les enjeux de la Révolution – principalement la question de la liberté, mais aussi celles de l’égalité et de la fraternité – et pousse les Lumières dans leurs ultimes conséquences. Le dispositif qu’il met en place percute la logique qui fonde les principes républicains et rend indécidable la question de son adhésion. Bien que ses textes soient de la pensée en acte, comme dans toute œuvre littéraire, Sade est d’abord un écrivain qui écrit des fictions, pas un philosophe qui écrit des traités. Quel rapport intime avez-vous établi, au fil des ans, avec cette œuvre ? H.L.  : Quand nous avons créé le texte, les questions religieuses semblaient d’un autre âge. Aujourd’hui, les positions de Sade apparaissent comme des lumières indispensables contre les bigots de toutes obédiences. Dans les premiers mois de 1993, nous avons mis en place un Comité Sarajevo à Genève pour protester contre le fascisme qui se développait I THÉÂTRE DE LA COLLINE TEXTE ET MES PAUL TOUCANG LOURDES D. R. LA TERRASSE, PREMIER MÉDIA ARTS VIVANTS EN FRANCE CRITIQUE Sans être renversante, la création portée par la troupe réunie autour de Paul Toucang est à découvrir. Un vent de fraîcheur venu de Lourdes qui articule à sa façon le sérieux et la dérision. « Et s’il est vrai que chaque écrivain éclaire le monde d’une lumière qui lui est propre, alors, une écriture naissante est semblable au surgissement d’une fenêtre qui pourrait donner à voir un point de vue original sur le monde, à condition qu’elle puisse résister aux dictatures des modes et des formes et tenir bon face aux influences extérieures. » C’est par ces mots (très justes) que Wajdi Mouawad raconte ce moment capital qu’il nomme par ailleurs « naître au monde », ce moment où un auteur voit pour la premières fois ses écrits portés devant un large public, et où ce large public assiste au dévoilement d’une nouvelle écriture, d’un nouveau regard. En mots plus simples, à quoi ressemble donc le bébé de Paul Toucang, ce jeune homme sorti du conservatoire l’année dernière, et qui officie dans Lourdes à la fois comme auteur, metteur en scène et acteur ? C’est bien la question qu’on se pose en allant découvrir un spectacle au titre qui sonne aussi religieux que grave et pesant, Lourdes. À l’entrée, on demande d’éteindre son portable pour respecter le recueillement. En salle, chaque spectateur est gratifié d’une accolade réconfortante. C’est que Gilbert est mort, à l’âge de 68 ans. Et on arrive dans cette salle en tant que membre « LES POSITIONS DE SADE APPARAISSENT COMME DES LUMIÈRES INDISPENSABLES CONTRE LES BIGOTS DE TOUTES OBÉDIENCES. » HERVÉ LOICHEMOL dans l’ex-Yougoslavie et dénoncer l’épuration ethnique en cours. Au cours de notre première manifestation, nous avons présenté le texte de Sade qui prenait, dans ce contexte, une dimension clairement antifasciste. Au Théâtre des Quartiers d’Ivry, nous serons entre les élections présidentielles et législatives. La réception devrait s’en ressentir. Il ne s’agit en aucun cas d’actualiser le texte, mais d’être sensible à son angle d’incidence dans un contexte particulier. Car ici, c’est le contexte qui est le particulier, alors que le texte traite du général, des principes. De quelle façon Anne Durand s’en emparet-elle ? H.L.  : Avec la naïveté nécessaire pour que l’ironie soit perceptible. C’est un point d’équilibre extrêmement délicat à établir. Parce qu’il faut faire entendre le texte dans sa puissance affirmative et, dans le même mouvement, laisser apparaître la fragilité de cette position. L’ironie se situe dans cette zone qui rend incertains les points de vue les plus affirmés. Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat Théâtre des Quartiers d’Ivry, Manufacture des Œillets, 1 place Pierre-Gosnat, 94200 Ivry-sur-Seine. Le Lanterneau. Les 17 et 19 mai 2017 à 20h30, la 18 mai à 19h30, le 20 mai à 18h30, le 21 mai à 16h30. Durée de la représentation  : 1h10. Tél. 01 43 90 11 11. www.theatre-quartiers-ivry.com Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr de la communauté religieuse qu’il avait fondée, pour assister à sa cérémonie funéraire. ENTRE PARODIE ET RECHERCHE DE SACRALITÉ Passe une première partie de spectacle plutôt interactive et astucieuse dans le genre, à laquelle succède une course à travers la France des femmes légataires du gourou, une sorte de pèlerinage qui les mène jusqu’à Lourdes, jusqu’à l’hôtel Soubirous, sur fond de France paralysée par le meurtre par empoisonnement du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron. Pas de poésie claudélienne donc au programme de Lourdes, mais bien plus une forme décalée, slalomant entre l’absurde, l’ironie, le fantastique, le poétique et une économie de moyens scénographiques qui laisse la part belle aux acteurs. Ici, on parle Uber, Tinder, Nuit Debout mais aussi Merveille du spectacle, sorte de Graal qui cristallise in fine la quête des adeptes de Gilbert. On entend donc l’actualité la plus proche, marquée par le terrorisme, mais aussi un texte qui ose les envolées lyriques tout autant que le trash, la trivialité et la dérision. On s’y perd un peu, on se demande parfois où cela veut en venir, mais le rythme, les ruptures de ton et de forme dans les prises de parole soutiennent toute attention sur le point de faillir.
D. R. Juliette Parisot la terrasse MAI 2017/N°254 THÉÂTRE 11 I LA FORGE DE FRANÇOIS-HENRI SOULIÉ/MES JEAN-CLAUDE FALET UNE NUIT DE GRENADE François Clavier et Mathias Maréchal, un face-à-face sans issue. CRITIQUE Jean-Claude Falet fait résonner avec justesse les enjeux humains universels d’un huis clos à la fois intimiste et politique. Une captivante et touchanteuchronie qui revisite l’arrestation de Federico Garcia Lorca, assassiné le 19 août 1936. Grenade, 18 août 1936. La guerre civile fait rage. Les phalangistes nationalistes et la junte militaire à la solde de Franco exercent une répression impitoyable. Le poète Federico Garcia Lorca a été arrêté. Dans ce contexte, François-Henri Soulié imagine une rencontre captivante entre le célèbre compositeur Manuel de Falla, venu demander la libération de son ami Lorca, et le Gouverneur Civil José Valdès-Guzman, qui détient le pouvoir de vie et de mort sur la ville. Une confrontation remarquablement écrite entre le tyran dédié à sa cause militaire, qui se déleste des tracas de l’intelligence et de la stérilité de la pensée, et l’artiste attaché à la fonction sacrée et à la beauté libre de l’art. « Le sommeil de la raison Lourdes est au Théâtre de la Colline. On finit sur un accident à la Lynch et une scène d’assaut qui fait penser à Genet, version XXIe siècle, entre parodie et recherche de sacralité. C’est à suivre sans doute de près. Éric Demey Théâtre de la Colline, 15 rue Malte-Brun, 75020 Paris. Du 19 avril au 13 mai, le mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h, le dimanche à 16h. Tél. 01 44 62 52 52. Durée  : 1h40. Rejoignez-nous sur Facebook engendre des monstres » écrit Goya dans l’une des gravures de la série Les Caprices… Un troisième personnage, le jeune Calderon, phalangiste secrétaire du Commandant, tient les comptes et les registres. Il a connu lui-même Lorca et admire sa poésie. Jean-Claude Falet fait entendre toute l’humanité et l’universalité de cet antagonisme radical entre dictature et culture qui traverse l’histoire des hommes, et fait des intellectuels et des artistes les premières cibles des régimes autoritaires. IMMUABLES MÉCANISMES TOTALITAIRES Sur le plateau du Théâtre La Forge, le bureau de Valdès devient une tente de campagne militaire, semblable à des millions d’autres installées sous d’autres cieux et à d’autres époques. Une tente blanche comme la neige qui glace les cœurs endeuillés, et comme les pages des livres que les artistes habitent et que les fascistes brûlent. Sur ses murs, l’ombre mouvante d’une danseuse flamenca – Lorca et Falla avaient en commun la passion du flamenco – bientôt s’estompe et disparaît… Cet espace à la fois réaliste et subtilement décalé se fait chambre d’écho et caisse de résonance sur la manière dont s’enclenchent les mécanismes totalitaires. Comme le prouvent tant d’écrivains tel Vassili Grossman qui traversa le nazisme et le stalinisme, ces mécanismes sont immuables. La peur, la délation, la torture, les interrogatoires… Ni caricaturaux ni manichéens, imprégnés chacun de leur propre histoire tumultueuse et de leurs souffrances, les protagonistes demeurent complexes et terriblement humains. Valdès et son enfermement sans issue dans un monde de mensonges. De Falla et son mysticisme qui appelle un besoin d’expiation. Afin de restituer toute son intensité dramatique, afin de demeurer dans la vérité humaine des personnages, ce huis clos intimiste et tendu nécessite un jeu théâtral extrêmement précis et nuancé. Tout en retenue et en émotion rentrée, François Clavier dans le rôle de Manuel de Falla est impeccable, de même que Mathias Maréchal dans celui de Valdès–Guzman, à la fois sobre, tranchant, banalement monstrueux. Mathieu Boulet est touchant dans le rôle du secrétaire. Un théâtre poignant, qui invite chacun à cultiver son intelligence et sa liberté, et célèbre le génie obstiné des artistes qui transcende la condition humaine. Agnès Santi La Forge, 17-19 rue des Anciennes-Mairies, 92000 Nanterre. Du 18 avril au 12 mai 2017. Du mardi au samedi à 20h30 ; dimanche à 16h. Relâche les 24, 28, 29, 30 avril et 1 er, 4 et 8 mai. Tél. 01 47 24 78 35. Durée  : 1h30. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr PARTENARIATS, CONTACTEZ-NOUS/01 53 02 06 60 OU LA.TERRASSE@WANADOO.FR DANS LE VENTRE DE LA BALLERINE JEAN-BENOIT MOLLET CIE ANOMALIE &... CIRQUE THÉÂTRE CRÉATION DU 6 AU 17 JUIN 2017 106 RUE BRANCION, 75015 PARIS 01 56 08 33 88 terrasse-DANSLEVENTREDELABALLERINE.indd 1 20/04/2017 15:22 DouaiHippodrome Scène national Première 16 → 17 Mai 2017/20:00 STADIUM MohamedEl Khatib. Collectif Zirlib www.tandem-arrasdouai.eu RÉSERVATIONS 09 71 00 5678 Théâtre Le TANDEM Scène nationale est subventionné par  : la Ville d’Arras, la Ville de Douai, le Ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil régional des Hauts-de-France/Nord Pas de Calais – Picardie, le Conseil départemental du Nord et le Conseil départemental du Pas-de-Calais. Photo  : Fred Hocké photo  : Ian Grandjean



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :