La Terrasse n°238 décembre 2015
La Terrasse n°238 décembre 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°238 de décembre 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,9 Mo

  • Dans ce numéro : la damnation de Faust...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 théâtre décembre 2015/N°238 la terrasse loufoque, la mise en scène vise à révéler toute la solitude et la précarité de ces habitants. « Il s’agit de créer un climat extrêmement humain avec de l’empathie pour les personnages », souligne Pierre Guillois. Un joyeux délire pour moquer l’âpreté du réel ! A. Santi Théâtre du Rond-Point, 2 bis av. Franklin- D.-Roosevelt, 75008 Paris. Du 16 décembre au 17 janvier, du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30. Tél. 01 44 95 98 00. Théâtre de Sénart/L’Onde Conception Tuan Le, Nguyen Nhat Ly, Nguyen Lan Maurice et Nguyen Tan Loc A O Làng Pho Une vingtaine d’acrobates et de musiciens venus du Vietnam composent ce plateau où le cirque contemporain croise une culture à la fois traditionnelle et ouverte sur le xxi e siècle. Le panier, un accessoire fétiche de la dernière pièce du cirque vietnamien. On les avait découverts avec leur premier spectacle, Lang Tôi, mon village, qui glissait le public dans une atmosphère comme empruntée à la douceur de vivre du Vietnam. Art de vivre, musique traditionnelle, matériaux emblématiques, pratiques corporelles presque rituelles… Tout concourait à faire de la pièce une parenthèse sur la vie rurale et l’identité vietnamienne. Aujourd’hui, la troupe revient dans une proposition qui s’inscrit dans le même type de démarche. L’accessoire traditionnel du panier est ici utilisé comme élément de scénographie voire comme agrès, mais c’est tournés vers le Vietnam de demain que les interprètes évoluent. On quitte le village, et nous voici face aux frémissements de la ville d’où émergent d’autres types d’écritures et de pratiques urbaines. N. Yokel Théâtre-Sénart, 9/11 allée de la Fête, 77127 Lieusaint-Sénart. Les 21 et 23 décembre 2015 à 18h, le 22 à 20h30. Tél. 01 60 34 53 60. L’Onde, 8 bis av. Louis-Bréguet, 78140 Velizy-Villacoublay. Les 21 et 22 janvier à 21h. Tél. 01 78 74 38 60. Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Conception et mes Tilde Björfors KniTTing Peace Cela aurait pu être un long enchevêtrement de cordages… Mais les artistes de Cirkus Cirkör préfèrent le tricotage d’écritures au méli-mélo des techniques. Un univers cousu de fils blancs par les suédois de Cirkus Cirkör. Nguyen The Duong Mats Bäcker Des pelotes qui s’effilochent, des filets qui se tissent, des cordes qui se tendent, des toiles qui se dressent… Le fil sous toutes ses formes constitue le matériau et l’ossature de ce spectacle. Tilde Björfors, grande ordonnatrice de la compagnie Cirkus Cirkör, a exploité au maximum le thème, l’infusant dans la scénographie, au cœur des costumes, dans les accessoires, dans les agrès, pour construire un univers étonnant et peu commun. Si l’on rajoute à cela la musique, qui participe d’une atmosphère d’abord planante, puis plus rock’n roll, nous voici au cœur d’une expérience de cirque singulière qui porte toute l’identité de la compagnie suédoise. Ces artistes incontournables de la scène internationale montrent ici leur inventivité visuelle et scénique tout en restant attachés à la poésie virtuose du cirque. N. Yokel Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, place Georges Pompidou, 78054 Montignyle-Bretonneux. Les 2, 4 et 5 décembre 2015 à 20h30, le 3 à 19h30 et le 6 à 16h. Tél. 01 30 96 99 00. Théâtre de l’Agora par Alexandre Denis et Timothé Van der Steen Le Braquemard du Pendu Ce duo est l’aboutissement d’un travail au long cours au fil de petites formes expérimentant l’équilibre sur bois. Le corps du circassien dans un environnement contrarié par son technicien. D’abord il y a eu L’Escalier, ensuite Braquemard # 1. Une aventure qui permet, depuis 2012, d’expérimenter l’étrange relation qui unit deux hommes  : l’un est régisseur, l’autre est circassien, tous deux sont deux grands enfants qui travaillent dans un univers de Kaplas géants. Ils forment une scénographie graphique épurée, mais propice aux jeux d’équilibre entre l’homme et l’objet, et entre les deux hommes, pris dans leurs rôles d’« idiots ». Ici, pas de garçon de piste au service d’un numéro, mais un vrai duo en forme de jeu de rôles attachant. N. Yokel Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne, place de l’Agora, 91002 Evry. Le 16 décembre à 20h. Tél. 01 60 91 65 60. Théâtre de Brétigny Conception Kati Pikkarainen et Victor Cathala Pour le meilleur et pour le pire Le Théâtre de Brétigny pose le chapiteau du Cirque Aïtal à Ollainville. Un chapiteau comme un écrin pour l’histoire d’un couple, mis à l’épreuve du temps et du cirque. Kati et Victor, une histoire qui dure Pour le meilleur et pour le pire. Kati Pikkarainen et Victor Cathala se sont rencontrés à l’école de cirque de Rosny-sous-Bois, et ont posé les premiers jalons de leur duo sur la piste du Centre National des Arts du Cirque. Cela fait plus de dix ans maintenant qu’ils ont fondé le Cirque Aïtal, reposant leur complicité sur un premier duo de main à main, intitulé Le Numéro, qui Patrick Boyer Christophe Raynaud de Lage a fait le tour des scènes internationales. Après des créations personnelles et de nombreuses collaborations avec des compagnies contemporaines ou des cirques traditionnels, ils ont signé en 2011 leur retour en tandem à travers Pour le meilleur et pour le pire, un spectacle au titre éloquent. Comment signifier la vie à deux, quand elle s’écrit sur les routes, dans la prise de risque et l’instabilité de deux existences ? Comme dans un road-movie, ils rejouent ici l’implacable destinée de deux corps que rien n’arrête, sinon un retour sur leur propre condition d’artiste et d’âmes sœurs. N. Yokel Théâtre de Brétigny, parvis de l’espace Aragon, 91340 Ollainville. Les 11 et 12 décembre 2015 à 20h30, le 13 à 16h30. Tél. 01 60 85 20 85. Usine Hollander/de Ödön von Horváth/mes Patrice Bigel Foi Amour Espérance Patrice Bigel met en scène la « petite danse de mort » de Ödön von Horváth, tableau sans concession d’une société abîmée par une crise profonde. Patrice Bigel met en scène le drame de Ödön von Horváth. Né en 1901, hongrois de langue et de culture allemande, mort brutalement à Paris en 1938, fauché par une branche un soir d’orage, Ödön von Horváth révèle dans son théâtre subtil les errements brutaux d’une société minée par une grave crise. Une peinture « honnête » selon ses termes de l’homme et de l’époque, tableau ni embelli, ni enlaidi, et censuré car évidemment dénué de tout « caractère national ». à l’Usine Hollander, fabrique de théâtre qu’il fait vivre et rayonner à travers les créations de la compagnie La Rumeur, Patrice Bigel le met en scène dans la traduction de Henri Christophe, qui livre en annexe des variantes qui appartenaient à une version antérieure lacunaire. Pour faire résonner son actualité ici et maintenant, et réinventer cette « petite danse de mort » dévoilant un tragique parcours de laissés-pour-compte. A. Santi Usine Hollander, 1 rue du Docteur-Roux, 94600 Choisy-le-Roi. Du 13 novembre au 13 décembre, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 18h. Tél. 01 46 82 19 63. Texte publié chez l’Arche éditeur. Nouveau Théâtre de Montreuil conception et interprétation Jonathan Capdevielle AdishaTZ/Adieu Dans le cadre d’un temps fort consacré au Théâtre musical (intitulé Mesure pour mesure), le Nouveau Théâtre de Montreuil présente Adishatz/Adieu de Jonathan Capdevielle. L’histoire d’une adolescence à travers les voix et les tubes qui l’ont traversée. Jonathan Capdevielle dans Adishatz/Adieu. Voilà aujourd’hui 6 ans que Jonathan Capdevielle va de théâtre en théâtre avec ce solo en La Terrasse, premier média arts vivants en France Myriam Drosne Alain Monot forme d’autoportrait chanté (a capella). Composé de tubes des années 1990, de souvenirs réinventés devant un miroir, de conversations « qui évoquent comme des carnets intimes les racines ou la famille », Adishatz/Adieu nous entraîne sur les chemins de la jeunesse du comédien-marionnettiste. « Il m’importe de multiplier les contrastes, déclare-t-il, de composer avec différents modes d’expression pour signifier des identités diverses, brouiller les pistes, en jouant avec l’humour et la gravité, entre autre, comme force de distanciation ». Virtuose des compositions vocales, Jonathan Capdevielle convoque, à travers l’imitation, les voix de son passé. Il travaille à faire renaître le chaos d’une adolescence, les mouvements entremêlés d’une identité qui se cherche. M. Piolat Soleymat Nouveau Théâtre de Montreuil-Centre dramatique national, 63 rue Victor-Hugo, 93100 Montreuil. Les 11, 12 et 14 décembre 2015 à 20h, le 13 décembre à 17h, le 15 décembre à 19h. Dans le cadre de Mesure pour mesure. Durée  : 1h. Tél. 01 48 70 48 90. Le Monfort Création collective Cirque Inextremiste Extension Un cirque d’acharnés, qui n’a pas froid aux yeux  : c’est l’ADN du Cirque Inextremiste, prêt à bousculer les tabous et la bienséance pour cette troisième création toujours aussi punk. Le Cirque Inextremiste lance l’attaque de la pelleteuse. Ils ont marqué les esprits avec Extrêmités, les voilà qui reviennent avec une pièce en forme de boomerang, comme un juste retour des choses, si l’on se conforme au point de vue de Rémi. Membre du collectif, Rémi Lecocq se distingue des autres par son fauteuil roulant, qui n’a jamais entamé la niaque de l’artiste à remonter sur scène après son accident. Aujourd’hui, il tient sa revanche dans Extension  : prenant de la hauteur en pilote de pelleteuse, il fait de la mécanique un nouvel usage du cirque, inventant une nouvelle façon de se mouvoir, et de prendre des risques. Hier, des bouteilles de gaz, aujourd’hui un engin de chantier, jusqu’où iront les obsessions du Cirque Inextremiste ? Sans concession, sans séduction, sans onirisme, ils rejettent certains attendus du cirque pour explorer d’autres pistes, en repoussant plus loin ses limites. N. Yokel Le Monfort, 106 rue Brancion, 75015 Paris. Du 17 décembre 2015 au 3 janvier 2016. Tél. 01 56 08 33 88. Théâtre de Suresnes Jean Vilar Benjamin Lazar et le Théâtre de l’incrédule Le Dibbouk Benjamin Lazar et la troupe du Théâtre de l’incrédule proposent une adaptation du Dibbouk d’une intelligence dramaturgique et scénique éblouissante. Shalom An-Ski, premier ethnographe du monde juif oriental, commença, en 1905, à s’intéresser à son folklore et à en constituer le patient répertoire. Vingt ans plus tard, il écrivit Le Dibbouk, synthèse théâtrale de cette recherche. Jean-Pierre Estournet
D. R. Pascal Gely la terrasse danse 23 Benjamin Lazar et le Théâtre de l’incrédule offrent un éblouissant Dibbouk. Dans un décor minimaliste, sur la musique envoûtante d’Aurélien Dumont, seuls quelques accessoires suffisent à camper l’ambiance de la yeshivah et celle du shtetl. Khonen, étudiant exalté et mutique, meurt en apprenant que sa promise, Leye, a été fiancée à un autre. Le jour de son mariage, la jeune fille se refuse à son époux, car son corps est possédé par un dibbouk. L’âme errante de Khonen vient réclamer celle avec laquelle il aurait dû s’unir. Troisième étape du spectacle  : le procès où le tsadik Azriel affronte les forces invisibles pour lutter contre cette union monstrueuse entre la vie et la mort. Le théâtre, plus fort que l’amour, se fait alors thaumaturge. Le miracle de la présence, que seuls parviennent à réaliser les comédiens d’exception, est à l’œuvre. De l’ethnographie initiale, répertoriant les modalités spirituelles, on est passé à la démonstration en acte de la puissance mystérieuse des forces de l’esprit. Un éblouissant spectacle.C. Robert Théâtre de Suresnes Jean Vilar, 16 place Stalingrad, 92150 Suresnes. Le 5 décembre à 21h et le 6 à 17h. Tél. 01 46 97 98 10. Espace Jean Legendre à Compiègne. Le 10 décembre à 20h. Tél. 03 44 92 76 76. Puis tournée. Théâtre de la Ville de Fabrice Melquiot/mes Emmanuel Demarcy-Mota Alice et autres merveilles Retrouvailles au Pays des Merveilles pour Emmanuel Demarcy-Mota et Fabrice Melquiot autour de l’épopée d’Alice, plus curieuse que jamais. Pour petits et grands, évidemment. t « Ei Une création tous publics par Fabrice Melquiot et Emmanuel Demarcy-Mota. C’est l’une de ces œuvres rares qui en chacun de nous a déposé son empreinte  : autant de preuves de l’infini pouvoir du monde imaginaire. Du sourire du chat de Cheshire au lapin pressé, du Lièvre de Mars à la Reine de cœur  : chaque personnage et chaque lieu s’inscrivent dans une folie surréaliste. Guidée ou plutôt égarée par sa légendaire curiosité, la petite fille traverse une épopée fascinante, au-delà du miroir des apparences et du mirage d’un réel convenu. Complices de longue date, Fabrice Melquiot et Emmanuel Demarcy-Mota ont ensemble créé plusieurs œuvres dont Wanted Petula, d’après les aventures de Bouli-Miro. Tous deux se retrouvent pour créer ce spectacle dans la grande salle du Théâtre de la Ville, et réinventent le voyage né de la plume de Lewis Carroll dans un univers hautement instable et flottant, où Alice interpelle aussi de vieilles connaissances comme Pinocchio ou le Petit Chaperon rouge. Le théâtre est d’abord un rêve de théâtre, où tout est possible, et pour tous ! A. Santi Théâtre de la Ville, 2 place du Châtelet, 75004 Paris. Du 28 décembre au 9 janvier 2016. Tél. 01 42 74 22 77. Texte publié chez L’Arche éditeur. danse Théâtre de la Ville/L’Apostrophe/Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Théâtre des Treize Arches à Brives Chor. Maguy Marin/Musique Denis Mariotte Umwelt Théâtre national de Chaillot/The Roots et Opus 14 de Kader Attou/CCN de La Rochelle – Cie Accrorap Pour un hip-hop d’auteur CCN La Rochelle Entretien e Kader Attou Kader Attou présente ses deux dernières créations au Théâtre national de Chaillot. Une danse virtuose qui dépasse de loin les limites du genre. Les deux pièces qui seront données à Chaillot ont-elles un rapport de proximité ? Kader Attou  : Dans toutes mes pièces, j’essaie de me renouveler. Néanmoins, il y a un lien certain entre Opus 14 et The Roots. Ne seraitce que par la signature qui est la mienne, ainsi que par la volonté d’écrire une chorégraphie avec de nombreux danseurs, onze pour The Roots, seize pour Opus 14, et surtout par la volonté de n’utiliser que du vocabulaire hip hop sans le métisser avec d’autres influences artistiques. C’est vrai que j’ai été catalogué comme adepte du métissage. À un moment donné, il m’a semblé capital de sortir du croisement des esthétiques. Bien entendu, ces hybridations culturelles, humaines m’ont construit et j’en suis fier. Mais je voulais créer une œuvre profondément ancrée dans le hip hop, notamment grâce à des interprètes d’excellence, une œuvre qui soit une ode à cette culture née il y a 30 ans dans le Bronx. En quoi diffèrent-elles l’une de l’autre ? K. A.  : The Roots est donc un hommage à cette danse, en explore tous les codes. Opus 14 ouvre une autre fenêtre en posant la question d’un ballet porté par le hip hop. C’est une recherche chorégraphique sur les fondamentaux. C’est une nouveauté pour l’univers hip hop et un choix pour me prouver à moi-même que ces artistes-là sont capables de répondre à cette exigence qui peut dépasser le genre. Christian Ganet Umwelt de Maguy Marin. Critique Créé en 2004, Umwelt de Maguy Marin reste l’un des spectacles les plus forts et les plus révolutionnaires de ces dix dernières années. Une reprise à ne pas manquer ! Umwelt, qui signifie environnement sensoriel, mieux traduit par « le monde propre à une espèce », est une réflexion sur l’être au monde. Véritable partition basée sur la marche, sur la durée, la pièce met en jeu la question du simulacre et des apparences, le quotidien dérisoire, les miroirs aux alouettes de notre société, tandis que les danseurs apparaissent et disparaissent selon un rythme inexorable et entêtant dans une sorte de couloir ajouré de panneaux miroitants. Garçons bouchers, femmes en robe de bal, étreintes ratées, fleurs fanées, on s’y bat, on s’y empoigne, on s’y embrasse, on s’y ressemble, on s’y distingue. On y jette nos détritus et nos vieux oripeaux. On crie. Tout est emporté par un vent de tempête et un dispositif musical extraordinaire – une corde qui passe sur trois guitares électriques couchées – qui renvoie au temps qui passe. Il provoque et propage cette espèce de mugissement collectif et anonyme, ce flux ininterrompu et confus de la vie, lui donne sa dimension sensible. Une vision du monde sans concession Dans ce drame, qui a pour caractéristique la transformation sous l’influence du temps d’événements disjoints en une seule ligne mélodique, la chorégraphie, toujours changeante, laisse filtrer d’autres images, d’autres gestes qui s’impriment sur cette toile de fond faussement immuable et se déposent peu à peu sur l’écran de notre inconscient. Mouvements, valeurs, apparences incessamment décomposés, recomposés, renoués, nous obligent à établir des rapports, des appréciations, à créer du physique prélevé dans l’immatériel, dans l’invisible de l’arrière-scène qui nous revient en pleine figure comme le Kader Attou, directeur du CCN La Rochelle, Compagnie Accrorap. « Nous nous sommes efforcés de créer une singularité, de développer une danse d’auteur reconnue par les institutions. » Kader Attou Quand on pense ballet, on pense souvent narrativité… K. A.  : Il n’y a pas d’argument central, ce qui importe c’est le rapport à l’autre, le sensible, la prouesse, et en ce dernier point, nous par- Partenariats, contactez-nous/01 53 02 06 60 ou la.terrasse@wanadoo.fr boomerang de la conscience. Hypnotique, avec ces figures de retour du même, la pièce interroge les splendeurs et misères du vivre ensemble, d’une condition humaine éphémère et fragile, de façon radicale. Construite comme une fugue sur l’épuisement des possibles, Umwelt, créé en 2004 et reçu de façon houleuse à l’époque, n’a rien perdu de son impact, de sa puissance visionnaire pour décrire le monde qui nous entoure. Agnès Izrine Théâtre de la Ville, 2 place du Châtelet, 75004 Paris. Du 4 au 8 décembre à 20h30, le 6 décembre à 15h00. Dans le cadre du Festival d’Automne. Tél. 01 42 74 22 77. Durée  : 1h10. Également  : Le 11 décembre 2015 à L’Apostrophe, Scène Nationale de Cergy- Pontoise et du Val d’Oise, le 15 décembre au Théâtre des Treize Arches à Brives, le 9 janvier 2016 au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale. Spectacle vu à sa création (2004) et lors de la reprise au théâtre de la ville en 2008. Rejoignez-nous sur Facebook tageons une vraie similitude avec la danse classique, mais aussi la symétrie, l’unisson – à l’œuvre dans tous les répertoires, par exemple chez Nikolaïs –, ou la question du centre qu’a traitée Cunningham. C’est tout cela qui m’a interpellé quand j’ai commencé à travailler, avec des interprètes d’aujourd’hui qui portent cette esthétique. Ils seront les chorégraphes de demain. Ils conserveront un héritage qui passe par le travail, le répertoire, la création. À quoi tient, selon vous, la spécificité de ce que l’on appelle aujourd’hui, le hip hop « à la française » ? K. A.  : Cela fait bien vingt ans que nous travaillons sur l’image de la danse hip hop. Et pourtant, il y a encore une sorte d’amalgame entre les battles – un hip hop mondial, avec ses compétitions, souvent financées d’ailleurs par des fonds sportifs – et la création sur scène. J’entends dire que je fais du hip hop contemporain. Qu’est-ce que ça peut vouloir dire ? Moi, quand je vais voir un spectacle de Maguy Marin, je ne pense pas « je vais voir de la danse contemporaine », mais « je vais voir du Maguy Marin ». Pourquoi cela devrait-il être différent pour nous ? Il y a une vraie spécificité française de la scène hip hop. Nous nous sommes efforcés de créer une singularité, de développer une danse d’auteur reconnue par les institutions. C’est une fierté et une chance d’avoir réussi cela dans l’Hexagone. Propos recueillis par Agnès Izrine Théâtre national de Chaillot, 1 place du Trocadéro, 75116 Paris. Opus 14, du 16 au 19 décembre, mer 16, ven 18, sam 19 à 20h30, jeu 17 à 14h30 et 19h30. Durée  : 1h10. The Roots, du 23 au 30 décembre, mer 23, sam 26, mar 29, mer 30 à 20h30, jeu 24 à 19h30, ven 25 à 17h, dim 27 à 15h30. Durée  : 1h30. Tournée  : le 12 décembre 2015 au Théâtre Pauléluard de Bezons, du 19 au 23 janvier 2016 au Grand T de Nantes, le 7 février 2016 à l’Espace Michel-Simon de Noisy-Le-Grand, les 24 et 25 février 2016 à l’Onyx de Saint-Herblain… Rejoignez-nous sur Facebook



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