La Terrasse n°230 mars 2015
La Terrasse n°230 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°230 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 21,9 Mo

  • Dans ce numéro : la question de la représentation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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66 jazz / musiques du monde / chanson mars 2015 / N°230 la terrasse Gros plan Athénée, Théâtre Louis-Jouvet JAZZ Philippe Mouratoglou « Exercices d’évasion », tel est le titre des récitals en solo de ce guitariste classieux : un road-trip captivant dans le monde de la sixcordes acoustique. Philippe Mouratoglou, c’est le type même de musicien qu’il est difficile de situer dans l’arcen-ciel des styles – et on ne va pas s’en plaindre. Il a commencé la guitare par amour du rock, suivi un cursus de musique classique, fait un disque dédié au bluesman Robert Johnson (le très beau Steady Rollin’ Man en 2012), formé un duo avec la soprano Ariane Wohlhuter, dialogué avec la guitare flamenco de Pedro Soler et fondé un label à la couleur très jazz (Vision Fugitive où l’on retrouve notamment les pianistes Bill Carrothers, Stephan Oliva ou Marc Copland). C’est d’ailleurs cette maison de disques délicieusement artisanale qui symbolise sa démarche à 360 degrés. © D. R. Label classe Co-créé avec le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le graphiste Philippe Ghielmetti, Vision Fugitive porte un soin tout particulier aux pochettes de ses sorties, toutes réalisées par l’illustrateur Emmanuel Guibert. C’est sur ce label classe que Philippe Mouratoglou publie depuis 2012 ses projets divers et variés, à commencer par ses « Exercices d’évasion » : dix pièces solo impressionnantes de maîtrise et d’éclectisme où l’on passe d’un compositeur du xvi e italien (Francesco Da Milano) au Brésil contemporain d’Egberto Gismonti, d’un standard de jazz de Jimmy Rowles (The Peacocks) à une pièce du compositeur japonais Son nouveau disque Rumores de la caleta en duo avec Pedro Soler sort ce mois-ci chez Vision Fugitive. Toru Takemitsu. Pendant deux soirs, ce sont ces échappées solitaires que Philippe Mouratoglou présentera à l’Athénée. Deux récitals forcément uniques puisque le guitariste est aussi un féru d’improvisation. Mathieu Durand Athénée, Théâtre Louis-Jouvet, square de l’Opéra Louis-Jouvet, 7 rue Boudreau, 75009 Paris. Vendredi 20 et samedi 21 mars à 20h. Tél. 01 53 05 19 19. Places : 25 €. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr LES FAMEUX STANDARDS PAR LA FACE NORD ! David Chevallier ( g u i ta r e ) Sebastien Boisseau (contrebasse) Christophe Lavergne (batterie) SAINT-OUEN JAZZ / BANLIEUES BLEUES Charles Tolliver & Stanley Cowell + Arkestra La soirée d’ouverture de Banlieues Bleues se place sous le signe du jazz ouvert d’esprit. © Jimmy Katz AULNAY CUBA Ernesto Tito Puentes Une figure de la scène afro-cubaine en big band. © D. R. EN CONCERT LE Jeudi 19 mars 2015 a 21h au studio de l' ermitage A l'occasion de la parution de l'album "Standards & Avatars"- chez Cristal Records. 8, rue de l'Ermitage - 75020 Paris Reservations au 01 44 62 02 86 ou sur www.studio-ermitage.com DAVID CHEVALLIER SEbastien Boisseau Christophe Lavergne Un an après, le trompettiste Charles Tolliver est de retour avec un all stars. L’année dernière, Charles Tolliver revenait à la tête de son quartette en France, un pays qu’il a pratiqué dès les années 1970. Cette fois, le trompettiste a embarqué avec lui le pianiste Stanley Cowell, son alter ego avec qui il fonda le séminal label Strata East en 1971. Ils seront accompagnés de trois autres références de cette épique époque : la chanteuse Jean Carne, le contrebassiste Cecil McBee et le batteur Alvin Queen. De quoi parfaitement ouvrir le bal de cette nouvelle édition de Banlieues Bleues, d’autant qu’en seconde partie, l’Arkestra – sans Sun Ra, qui aurait fêté son siècle en 2014, mais avec Marshall Allen, saxophoniste historique qui a pris la direction de l’ensemble – devrait prolonger cette séance dédiée au jazz spirituel. J. Denis Ernesto Tito Puentes, trésor de la musique afro-cubaine. Prononcer son nom c’est déjà ressentir le feu joyeux de la salsa cubaine et l’éclat cinglant des cuivres. Leader charismatique et virtuose de son instrument, artiste renommé à la discographie impressionnante (200 albums au compteur), Tito Puentes a choisi depuis deux décennies Paris pour camp de base de son magnifique big band de 20 musiciens (de Cuba, mais aussi du Venezuela, de Colombie et de France), machine « caliente » s’il en est, se déployant dans un flux ininterrompu et irrésistible de rythmes chaloupés, de puissance sonore et d’ivresse de vivre. Un hymne à la danse et à la vie. J.-L. Caradec STANDARDS & AVATA RS www.lesonart.com facebook : david.chevallier.le.sonart www.cristalrecords.com Espace 1789, 2-4 rue Alexandre-Bachelet, 93400 Saint-Ouen. Vendredi 20 mars à 20h30. Tél. 01 49 22 10 10. Places : de 12 à 20 €. Théâtre Jacques Prévert, 134 av. Anatole-France, 93600 Aulnay-sous-Bois. Samedi 21 mars à 20h45. Tél. 01 58 03 92 75 rejoignez-nous sur facebook
la terrasse Mars 2015 / N°230 théâtre d’ivry-antoine vitez / Focus 67 Chanson pour tous les publics Fidèle à sa tradition d’accompagner les artistes au fil du temps, le Théâtre d’Ivry réinvite Presque Oui qu’on avait déjà vu sur cette scène en 2012, cette fois pour une résidence, suivie de la création d’un spectacle tout public. Une histoire musicale, construite et soutenue par les chansons, avec la complicité de Sophie Forte et Eric Bouvron qui signent la mise en scène. Icibalao par Presque Oui Entretien e Thibaud Defever © PIDZ T. D. : C’est un spectacle de chansons contées. Je dirais même une petite comédie musicale, voire un petit opéra ! Ce sont les chansons qui ont fait l’histoire, et non l’inverse. C’est une histoire d’amitié entre deux enfants de 11 ans qui affrontent pour l’une la maladie, pour l’autre la timidité, et se réfugient dans leur « Icibalao ». Le metteur en scène éric Bouvron a imaginé une mise en scène gestuelle, plutôt corporelle, qui permet de dérouler le fil de la narration comme dans un Tex Avery, de manière ininterrompue. J’ai commencé par regrouper toutes les chansons, puis Sophie Forte, qui a un sens aiguisé de l’écriture jeune public, m’a aidé à trouver le lien, la trame du récit. Ensemble il a fallu épurer, simplifier ce qui pouvait l’être, réécrire ce qui était culturellement marqué. L’adaptation a surtout été une dé-contextualisation, une manière de déplacer le propos des chansons dans l’imaginaire et la fantaisie plutôt que dans mon contexte quotidien d’adulte. Et je me suis rendu compte au passage que mes textes étaient très chargés ! “Transformer ce public un peu captif en un public captivé.” Thibaud Defever Thibaud Defever est l’âme de Presque Oui qu’il incarne tantôt seul, tantôt accompagné. Chanteur, guitariste et conteur, mais aussi co-auteur et compositeur avec Isabelle Haas, il aborde avec curiosité ce projet jeune public, un mois avant la sortie de son nouvel album De toute évidence. C’est la première fois que Presque Oui joue à l’adresse du « tout public » et donc du jeune public. Thibaud Defever : Oui, et ce n’est pas une mince affaire pour moi ! La notion de chanson pour enfants est une chose floue : on a tous écouté enfant des choses qui n’étaient pas censées nous être destinées, et on peut aimer adulte des chansons pour enfant. Depuis novembre 2014, nous faisons déjà des actions dans la ville d’Ivry, et notamment à l’école Lucy September. Les enfants sont un public réceptif, mais il y a beau- Trois questions à Christophe Adriani un art universel Thibaud Defever, alias Presque Oui, met en scène son propre personnage d’enfance en quête de son Icibalao. coup de défis à relever : ne pas perdre l’auditoire, ne pas trop en faire, ne pas en faire trop peu, car si l’écriture en soi ne change pas beaucoup, c’est plutôt l’intention qui se modifie. Par définition un public d’enfants ne choisit pas vraiment d’être là, que ce soit avec l’école ou les parents, il vient là où on l’emmène. Il faut donc transformer ce public un peu captif en un public captivé ! Est-ce un concert ou du théâtre musical ? Le texte prime-t-il sur la musique ? T. D. : Sans la musique l’histoire n’aurait plus de sens. Roland Bourbon a donné une direction musicale parfois inattendue à mes chansons, il m’a permis de me décadrer, de sortir de mes habitudes, et travailler avec lui a changé ma manière de voir mes propres compositions. Nous serons trois musiciens sur scène, tous un peu chanteurs, avec Delbi à la batterie, une batterie fine qui n’assomme pas, et Pierre Marescaux au trombone. Tous deux sont omniprésents, jouent, chantent, bruitent, habillent et soutiennent la trame. Propos recueillis par Vanessa Fara 16 représentations, du 2 au 18 mars 2015, dont séances « Tout public » le 4 mars à 10h, le 8 à 16h, le 11 à 10h et 14h30, le 14 à 17h , le 15 à 16h et le 18 à 10h et 14h30. Places : 6 à 15 € Le nouveau directeur du Théâtre d’Ivry Antoine Vitez fait le point sur les missions de sa maison, l’une des rares scènes conventionnées pour la chanson en France. Où en est votre théâtre dans sa mission en faveur de la chanson ? Christophe Adriani : Plus de la moitié de la programmation est consacrée à la chanson. Si nous ne pouvons complètement ignorer le “Je veux éviter le cloisonnement.” Christophe Adriani marché discographique, c’est en résistant au formatage commercial que nous nous rangeons au côté des artistes pour défendre la liberté de création, promouvoir de nouvelles écritures. La chanson d’expression française est au cœur de nos préoccupations, mais reliée à l’histoire et la géographie de l’art du chant, un art universel, multiséculaire, savant et populaire. Quelle « chanson » avez-vous envie de défendre ? C. A. : Je veux précisément éviter le cloisonnement. J’ai l’utopie d’une programmation qui ressemblerait à un cabinet de curiosités. La présence fin mars d’Oxmo Puccino après celle des troubadours anatoliens avec lesquels nous célébrons le printemps devrait faire sens. Il peut sembler plus surprenant que l’esprit music-hall d’Histoire de chanter succède au jansénisme de Monique Brun chantant Ferré… Mais la vie est comme cela : la gravité côtoie la légèreté. La chanson est un bien commun de l’humanité. Pour retrouver l’énergie de cet art, le théâtre doit surtout soigner les conditions du partage de la métaphore poétique. Quels sont les moyens nécessaires à ce projet ? C. A. : Nous en sommes tous à craindre des baisses de crédit. Pour nous, le péril vient de l’État. La DRAC remet en cause sa convention, au risque d’amputer de 10 % nos capacités de diffusion et de production. Mais je n’ai reçu qu’un mail pour m’informer de cette intention. Je veux croire à une plaisanterie, plutôt qu’à l’irresponsabilité de ceux qui nous gouvernent. Propos recueillis par Jean-Luc Caradec en mars / avril, Et aussi… Chants d’amour turcs lors d’« Une journée en Anatolie » avec Nida Ates et Seval Eroglu, hip hop poétique avec Oxmo Puccino trio les jeudi 26 et vendredi 27 mars, l’Histoire du xx e siècle en chansons le 3 avril interprétées par Hervé Haine et Cathy Yerle. Danse avec Origami de Satchie Noro & Sylvain Ohl, et Le Cinquième Hiver de la Compagnie catalane Mal Pelo, samedi 7 mars, Théâtre d’engagement social avec A la rue, O.Bloque de Marina Damestoy les 13 et 14 mars et Sur les traces de l’humain (Premiers pas) samedi 11 avril par la Cie La scène buissonnière. Manipulation de cordes et danse avec Linéa du 8 au 18 avril par la Compagnie Sens Dessus Dessous. V. Fara Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr © D. R. Gros plan Week-end découvertes En contrepoint de la création de Presque Oui, trois propositions en deux jours et quatre concerts éclairent toute la diversité d’une scène musicale « chanson » singulière. Strange Enquête est né il y a cinq ans de la rencontre de Manuel Mouret, contrebassiste et multi-instrumentiste, et de Jérôme Pinel, auteur et tchatcheur. Ces deux gavroches toulousains Monique Brun chante Léo Ferré, a cappella. content à deux voix leurs petites histoires simples et essentielles, comme arrachées au quotidien, dans un art d’une chanson française qui se parle et se pare de climats jazz nocturnes et urbains (le 28 mars à 17h). Faire s’épanouir la chanson et le texte dans une forme parlée où la musique prend soudain une dimension nouvelle est une voie où excella Léo Ferré. en équilibriste, a cappella Monique Brun, femme de théâtre, est entrée en chanson pour se consacrer à son œuvre. Elle choisit de le faire, en équilibriste, a cappella, dans un programme au titre « énigmatique » : Léo 38. « Je ne souhaite pas interpréter Léo Ferré. Je souhaite l’entendre » explique-t-elle, confiant avoir été inspirée par la découverte des entretiens du poète et chanteur (les 28 à 19h et 29 à 16h). Le mot de la fin de ce weekend reviendra à Claire Zalamansky, tombée amoureuse à 12 ans de la poésie de Lorca, et un peu plus tard des chants séfarades. Dans Ay Petenera !, elle réenchante une Espagne tolérante et plurielle où chrétiens, juifs et musulmans vivaient ensemble. Un voyage en elle-même, à notre rencontre, mis en scène par Marina Tomé avec Gilles Andrieux aux instruments ottomans et Marie-Ange Wachter au violoncelle (le 29 mars à 18h). Jean-Luc Caradec Les 28 et 29 mars. Théâtre d’Ivry-Antoine Vitez, 1 rue Simon-Dereure, 94200 Ivry-sur-Seine. Tél. 01 46 70 21 55. www.theatredivryantoinevitez.ivry94.fr



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