La Terrasse n°230 mars 2015
La Terrasse n°230 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°230 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 72

  • Taille du fichier PDF : 21,9 Mo

  • Dans ce numéro : la question de la représentation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 théâtre mars 2015 / N°230 la terrasse Critique Le CENTQUATRE D’après le film de Paul Morrissey / mes Pierre Maillet Little Joe : New York 68 / Hollywood 72 Le metteur en scène et comédien Pierre Maillet présente, au CentQuatre, les deux volets de son spectacle adapté de la trilogie Flesh, Trash, Heat de Paul Morrissey. De New York 68 à Hollywood 72 : une plongée enthousiasmante dans les errances d’une humanité cabossée. En novembre 2013, Pierre Maillet présentait son remarquable Little Joe – New York 68 au Maillon, à Strasbourg, spectacle adapté des deux premiers volets de la trilogie Flesh, Trash, Heat de Paul Morrissey*. C’est à la Comédie de Saint-Etienne, le 24 février dernier, que le metteur en scène et comédien a créé Little Joe – Hollywood 72, la seconde partie de son diptyque hommage au cinéaste américain. Passant du New York underground de la drogue et de la prostitution au Los Angeles des stars déchues et des aspirants à la célébrité, le cofondateur du Théâtre des Lucioles réitère, dans ce nouvel opus, le défi qu’il avait brillamment relevé dans son première travail : se réapproprier, par le théâtre, l’univers brut et singulier des films expérimentaux réalisés par le complice d’Andy Warhol. Même scénographie gigogne que New York 68 (de Marc Lainé), même présence loufoque de figures incertaines et bariolées (les costumes sont de Zouzou Leyens, les coiffures et maquillages de Cécile Kretschmar), même réalisme stylisé, Hollywood 72 nous transporte dans un monde de rêves et de désillusions. Entre burlesque et désespérance Un monde peuplé d’existences dérisoires et même, par certains aspects, assez pathétiques. Mais Pierre Maillet parvient – petit miracle de sa double proposition – à nous attacher à ces tranches de vie dans lesquelles il ne se passe pourtant pas grand-chose. Désœuvrement, coucheries, plans carriéristes… Le metteur en scène suscite de bout en bout notre intérêt, nous fait rire, nous touche même, en laissant percer derrière ces histoires de rien les blessures d’une humanité fragile, déjà perdue. Si ce n’était cette ombre qui plane, tout serait ici entièrement joyeux. On plonge dans des piscines, on rit, on chante, Les Misérables d’après Victor Hugo cie Karyatides mise en scène Agnès Limbos DU 10 AU 14 MARS À PARTIR DE 10 ANS NAVETTE GRATUITE LE MARDI 10 MARS DEPUIS PARIS 7 min en train depuis Montparnasse THÉÂTRE JEAN ARP CLAMART SCÈNE CONVENTIONNÉE RÉSERVATIONS 01 41 90 17 02 www.theatrejeanarp.com © Yves Gabriel HOUDREMONT vallee-culture.hauts-de-seine.net centre culturel jean ie www.journal-laterrasse.fr lisez-nous partout ! notre site s’adapte à tous les smartphones et à toutes les tablettes. Little Joe - Hollywood 72, mis en scène par Pierre Maillet, d’après Heat de Paul Morrissey. on se pavane en maillots de bain pour se dénuder à la première occasion. On incarne des personnages qui semblent inventer, dans l’instant même de la représentation, ce qu’ils sont en train de vivre. Clément Sibony (dans le rôle emblématique de Joe), Véronique Alain, Emilie Beauvais, Geoffrey Carey, Matthieu Cruciani, Denis Lejeune et Pierre Maillet sont les étonnants interprètes de ce tableau hollywoodien. Un tableau libre, imaginatif, entre burlesque et désespérance. Manuel Piolat Soleymat * Critique à lire dans La Terrasse n° 215, décembre 2013. Théâtre de l’Œuvre de Rainer Werner Fassbinder / mes Thierry de Peretti Les Larmes amères de Petra von Kant rejoignez-nous sur facebook Critique Au Théâtre de l’Œuvre, dans une mise en scène de Thierry de Peretti, Valeria Bruni Tedeschi incarne le rôle-titre des Larmes amères de Petra von Kant, de Rainer Werner Fassbinder. Un spectacle charnel, sanguin, qui manque de perspectives souterraines. Des tas de choses se déroulent, se chevauchent et se bousculent sur la scène (surchargée) du Théâtre de l’Œuvre. On boit, on fume, on crie, on téléphone, on se dit qu’on s’aime, on mange des spaghettis, on s’enlace, on s’embrasse sur la bouche, on fulmine, on pleurniche, on trinque, on se pelote sur un canapé, on se traite de salope, de conasse, de fouille-merde, on baisse pantalon et culotte pour uriner, face public, en fond de scène, rouleau de papier toilette à la main… De toute évidence, Thierry de Peretti a cherché, dans cette version très organique des Larmes amères de Petra von Kant, à déborder le théâtre par le théâtre, à créer une façon d’hyper-présent théâtral capable d’engendrer vérités et évidences cinématographiques. De ce point de vue, la représentation qu’il élabore autour de Valeria Bruni Tedeschi (la comédienne, d’un investissement de chaque instant, interprète le rôle-titre aux côtés de Sigrid Bouaziz, Nadine Darmon – en alternance avec Marisa Borini – Lolita Chammah, Kate Moran et Zoé Schellenberg, désarçonnante de naturel dans le rôle de Karine) est une réussite. On pourrait même dire que cette représentation vaut pour elle-même, au-delà de considérations sur le texte de Fassbinder : pour l’énergie toute en vitalité et expressivité qui la traverse de bout en bout, et donne corps à des moments Pr; de jeu d’une liberté étonnante. La vérité d’un hyper-présent théâtral Cependant, s’il l’on se tourne du côté de la pièce, le constat est différent. La direction d’acteur du metteur en scène crée certes de la vie, et une forme de consistance habilement déstructurée, mais elle ne parvient pas à rendre compte des jeux complexes de pouvoir, de séduction, de manipulation que sous-tendent les relations unissant Petra von Kant et les femmes qui l’entourent (une jeune fille dont elle est tombée amoureuse, son assistante, sa mère, sa fille, une de ses amies). Le CentQuatre, 5 rue Curial, 75019 Paris. Du 21 au 29 mars 2015. Hollywood 72 : les 21 et 28 mars à 21h30, les 26 et 27 mars à 20h30, les 22 et 29 mars à 17h30. New York 1968 : les 21 et 28 mars à 19h, les 22 et 29 mars à 15h, les 24 et 25 mars à 20h30. Durée de la représentation : 1h45. Spectacle vu à la Comédie de Saint- Etienne lors de sa création, le 24 février 2015. Tél. 01 53 35 50 00. www.104.fr Également le 11 mars 2015 au Théâtre de Nîmes, les 14 et 15 avril au Théâtre Le Maillon-Théâtre de Strasbourg. Tél. 03 88 27 61 81. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr Valeria Bruni Tedeschi et Zoé Schellenberg dans Les Larmes amères de Petra von Kant. Peu d’ambiguïté et de mystère percent ainsi de la performance de Valeria Bruni Tedeschi. Bien que remarquable dans sa partition de bourgeoise hystérique, la comédienne reste en dehors des dimensions souterraines de son rôle. Mais autre chose surgit de ces Larmes amères… Même sans le trouble du théâtre de Fassbinder, le sextuor féminin orchestré par Thierry de Peretti nous charme, nous intrigue. Il nous gagne à la cause des tensions d’amour et de vie qui se jouent sous nos yeux. Des tensions charnelles, sanguines, qui cherchent et trouvent du côté du réel. Manuel Piolat Soleymat * Texte publié chez L’Arche Editeur dans une traduction de Sylvie Muller. Pour ce spectacle, Thierry de Peretti a choisi une traduction de Mathieu Bertholet. Théâtre de l’Œuvre, 55 rue de Clichy, 75009 Paris. A partir du 12 février 2015. Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h. Durée de la représentation : 1h40. Tél. 01 44 53 88 88. www.theatredeloeuvre.fr Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr © Huma Rosentalski © Jean-Louis Fernandez
la terrasse mars 2015 / N°230 théâtre 31 I Région / Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées de Carlo Gozzi / mes Laurent Pelly L’Oiseau vert Critique Laurent Pelly signe les costumes, la scénographie et la mise en scène. Agathe Mélinand signe la traduction*. Les deux codirecteurs du Théâtre national de Toulouse réinventent, ensemble, L’Oiseau vert de Carlo Gozzi. Du grand spectacle. Du dramaturge vénitien Carlo Gozzi (1720- 1806), on connaît surtout L’Amour des trois oranges, pièce à partir de laquelle Sergueï Prokofiev a composé, au début du xx e siècle, l’opéra du même titre. Faisant suite à cette comédie allégorique écrite en opposition aux théâtres de Pietro Chiari et Carlo Goldoni (les deux auteurs souhaitaient réformer l’art dramatique en rompant avec la tradition de la commedia dell’arte), L’Oiseau vert (œuvre créée en 1765) nous entraîne dans un univers protubérant et protéiforme au sein duquel se côtoient rois, reines, femme enfermée sous un évier, jeune homme changé en oiseau vert, statues qui parlent, pommes qui chantent, eaux qui jouent et qui dansent… Un univers de farce, de masques et de lazzi que Laurent Pelly et Agathe Mélinand réinventent aujourd’hui en créant un spectacle monumental aux airs de cartoon opératique. Il faut dire que les innombrables péripéties de cette fable initiatique nourrie de mythes populaires n’ont rien à envier aux hyperboles surréalistes de certains films d’animation. Une formidable machine à jouer Partant à peu près dans tous les sens, cette pièce déraisonnable – qu’il serait vain de vouloir ici résumer – se révèle être une formidable machine à jouer, à fabriquer du rire, du fantastique, de l’illusion. L’excellente troupe réunie sur le plateau du Théâtre national de Toulouse (Pierre Aussedat, Georges Bigot, Alexandra Castellon, Thomas Condemine, Emmanuel Daumas, Nanou Garcia, Eddy Letexier, Régis Lux, Mounir Margoum, Marilú Marini, Jeanne Piponnier, Fabienne Rocaboy) © Polo Garat Odessa s’en donne d’ailleurs à cœur joie. Il faut un groupe d’actrices et d’acteurs d’une grande liberté pour se lancer dans une telle aventure théâtrale. D’une grande liberté et d’un fort pouvoir comique. Ces interprètes talentueux, capables de faire naître la magie et le grotesque de L’Oiseau vert, Laurent Pelly les fait évoluer à l’intérieur d’images et de décors d’une beauté saisissante. Moins d’un an après la création d’un Songe d’une nuit d’été féérique**, le metteur en scène revient sur les terres du fantastique et célèbre, avec brio, les 250 ans de la pièce de Carlo Gozzi. Manuel Piolat Soleymat * Texte publié par L’avant-scène théâtre, n° 1379, 1 er mars 2015. ** Lire critique dans La Terrasse n° 219, avril 2014. Jeanne Piponnier et Thomas Condemine dans L’Oiseau vert, mis en scène par Laurent Pelly. Théâtre national de Toulouse Midi-Pyrénées, 1 rue Pierre-Baudis, 31000 Toulouse. Du 25 février au 21 mars 2015. Les mercredis et jeudis à 19h30 ; les mardis, vendredis et samedis à 20h30 ; les dimanches à 16h. Relâches les lundis et le dimanche 1 er mars. Durée de la représentation : 2h20. Tél. 05 34 45 05 05. www.tnt-cite.com également du 28 au 30 avril 2015 à la Scène nationale d’Albi, du 5 au 9 mai à la MC2 de Grenoble, du 19 au 23 mai au Théâtre national de Bretagne, du 12 au 14 juin au Printemps des Comédiens à Montpellier, du 23 au 25 juin au Théâtre de Caen. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr Cirque / Ile de-france et en tournée Conception Mathieu Levavasseur O temps d’O ������������������������ Mathieu Levavasseur et son compère William Valet naviguent en pleine poésie musicale. © Sébastien Armengol i Mathieu Levavasseur et William Valet, duo clownesque. i Et plouf ! D’un saut, plonger dans l’eau vive de l’imaginaire, s’immerger dans l’inconnu, barboter en plein rêve… Sous la toile d’un chapiteau en forme de kiosque à musique, la compagnie Baroloso tire ses harmoniques des moindres objets alentours autant que des instruments, alliant contrebasse, guitare et éclaboussures pour composer une drôle de partition. Tandis que l’eau se rit des vaines tentatives de l’un pour lui échapper et des curieuses postures de l’autre, le jeu des deux compères tourne à la joute clownesque où l’incongru réplique vaillamment à la fantaisie. Fondé par Mathieu Levavasseur, après cinq ans de compagnonnage avec Baro d’Evel, la compagnie Barosolo propose un cirque intimiste, comme une invitation au voyage poétique. Entre équilibre, acrobatie et mât chinois, son inventivité n’a d’égale que sa générosité. Gw. David Espace Germinal, av. du Mesnil, 95470 Fosses. Le 12 mars à 14h et le 13 mars à 20h. Tél. 01 34 72 88 41. Espace Lino Ventura, av. du Général-de-Gaulle, 95140 Garges-les-Gonesses. Vendredi 20 mars à 20h. Tél. 01 34 53 31 00. Espace Simenon, place Carnot, 93110 Rosnysous-Bois. Samedi mars 28 à 20h30. Tél. 01 48 94 74 64. Et aussi : les 6 et 7 mars à La piste aux Espoirs de Tournai (Belgique) et les 6, 7, 8 et 9 mai au Circo Price de Madrid (Espagne). Toutes les informations sur www.barolosolo.com i TONI ET PEPPE SERVILLO���LEV DODINE���THÉÂTRE LIYUAN AMEDEO FAGO ��VLAD TROITSKYI���JEAN-RENÉ LEMOINE ��RICCI/FORTE... ������������������������������������������ ������������������������������������������������������ ��������������������������������������������������� �����������������������������



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