La Terrasse n°207 mars 2013
La Terrasse n°207 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°207 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Eliaz éditions

  • Format : (274 x 410) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 11,8 Mo

  • Dans ce numéro : 17e biennale de danse du Val-de-Marne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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18-24 MARS 2013 22 théâtre mars 2013/N°207 la terrasse RA mise en scène Anne-Marie Lazarini musique originale Andy Emler VEL de Jean Echenoz décor et lumières François Cabanat costumes Dominique Bourde avec Coco Felgeirolles, Michel Ouimet, Marc Schapira et en alternance Andy Emler et Yvan Robilliard création Les Athévains coproduction La Compagnie aime l'air et Théâtre 95 LES ÉDITIONS DE MINUIT Ravel est le roman d’une vie réinventée, avec ses sinuosités, ses failles et fulgurances... saisie dans l’écriture avec fantaisie, tendresse et toute la maîtrise de Jean Echenoz. du 27 mars au 5 mai 2013 Théâtre Artistic Athévains 45 rue Richard Lenoir 75011 Paris - 01 43 56 38 32 T out Echenoz ? T out Echenoz ! lectures films musique exposition restauration légère photo Roland Allard W e e k - en d littéraire Une rencontre ludique et chaleureuse imaginée pour les spectateurs de Ravel, les lecteurs inconditionnels de Jean Echenoz et ceux qui souhaiteraient le découvrir tout entier : ou quand une œuvre se déroule, s'improvise et se savoure du samedi midi au dimanche soir… réservation indispensable (nombre de places limité) du samedi 13 midi au dimanche 14 avril 2013 au soir Entretien e Diana Dobreva Théâtre de l’Epée de Bois, Cartoucherie/Médée/Casanova, Requiem for Love mes Diana Dobreva à la recherche du secret de l’être Comédienne pendant dix ans au sein du prestigieux Théâtre-Laboratoire Sfumato, basé à Sofia, puis metteure en scène reconnue, Diana Dobreva présente deux spectacles : Casanova, Requiem for Love et Médée, l’Insomnie de l’amour monstre. Quelles sources vous ont inspirée pour Casanova ? Diana Dobreva : Je me suis d’abord inspirée du film de Fellini, car ce film a pour moi une signification particulière, il représente à mes yeux l’expression de la liberté. Une grande partie de ma vie s’est déroulée sous le régime communiste, pendant lequel les films de l’Ouest étaient quasiment tous interdits. Ces films étaient diffusés en cachette, sur cassettes, alors que nous manquions de magnétoscopes ! Des années plus tard, au moment de l’avènement de la démocratie, la liberté ne fut pas celle qu’on imaginait et qu’on rêvait. Je suis revenue vers ce film comme vers mon premier rêve d’un autre monde. J’ai ensuite lu tous les tomes de l’autobiographie de Giacomo Casanova, Histoire de ma vie. Le scénario s’est fondé sur cet ouvrage et la pièce est née ! Comment considérez-vous le parcours de Casanova ? D. D. : Nous traversons toute sa vie, depuis l’enfance jusqu’à son dernier souffle. L’idée d’une quête d’un paradis perdu, inscrit au cœur de nos cellules, guide la mise en scène. Casanova recherche le secret de l’être, lutte pour atteindre ce paradis perdu à travers l’amour et la femme. C’est une quête existentielle perpétuelle, fondée Entretien e célie pauthe Théâtre de la Colline/Yukonstyle De Sarah Berthiaume/mes Célie Pauthe L’hiver au Yukon Célie Pauthe met en scène Yukonstyle, de la jeune dramaturge québécoise Sarah Berthiaume. Un quatuor amoché soigne ses blessures à l’âme, et réinvente la vie commune aux confins du monde. opéra-jazz coproduction le 23 MARS Scène nationale de Sénart LE SYNDROME OTHELLO Sarah Berthiaume est encore peu connue. Comment l’avez-vous rencontrée ? Célie Pauthe : J’ai découvert Yukonstyle grâce au comité de lecture de la Colline, dont je fais partie : ça a été une divine surprise ! Avec Yukonstyle, je me confronte pour la première fois à une écriture en train de naître, qui ne puise pas forcément ses racines dans la vieille culture européenne. A l’origine, Sarah Berthiaume est comédienne, elle est ensuite devenue metteur en scène. La rencontre avec elle a été très belle : c’est une personne d’une sensibilité et d’une humilité magnifiques. Pourquoi ce titre ? C. P. : L’histoire se passe au Yukon, province la plus au nord du Canada, proche de l’Alaska. La mythologie du Yukon est celle de la ruée vers l’or. C’est une terre peu peuplée, colonisée très tard, d’une manière violente, brutale et rapide, dès qu’on a trouvé de l’or dans la rivière Klondike. Le Yukon est une terre de fuite, où on va quand on veut aller le plus loin possible. C’est là où s’échoue la civilisation occidentale, avec son lot de violence, de misère et d’individualisme, et là qu’elle est contredite et percutée par la critique Monfort Büchner- Baro/mes Jean-Pierre Baro Dans le cadre de l’Effet Scènes, le festival des Scènes nationales Uri CAINE - Jacques BONNAFFÉ TÉL 01 60 34 53 60 SCENENATIONALE-SENART.COM Photo DR — Licences n°1-1043569 | 1-1043567 | 2-1043106 | 3-1043107 Woyczek [Je n’arrive pas à pleurer] Étant donné son écriture lacunaire et fragmentée, le Woyczek de Büchner se prête à bien des expérimentations. Le pari de Jean-Pierre Baro dans ce spectacle : l’entremêler au récit de la vie de son père. Créé au CDN d’Orléans, ce Woyczek tisse des liens très pertinents entre la destinée de l’ancien soldat exécuté pour avoir poignardé son amante, qui a inspiré la pièce de Büchner, et celle du père de l’auteur-metteur en scène, jeune émigré arrivant en France dans les années 60, en provenance du Sénégal. En commun, les figures du réprouvé, du déraciné, du prolétaire qui n’arrive pas à prendre pied dans une société qui le maintient à la marge. A ce Woyczek en proie à des hallucinations, cobaye d’un docteur gueulard et rudoyé par le capitaine qu’il sert – excellemment interprété par Philippe Noël – fait donc écho la trajectoire du père étudiant, militaire, puis employé chez Dassault, à qui, lorsqu’il arrive pour travailler comme mécanicien d’hélicoptère, on remet immédiatement un balai… A première vue, le lien n’est pas évident. Mais au fur et à mesure de la pièce, les parallèles se multiplient et justifient les intuitions de Baro, tandis que les deux figures incarnées par Adama Diop se superposent dans celle de l’étrange étranger. Accusé de bêtise, d’animalité et d’absence de sens moral, comme on l’a longtemps fait des noirs, Woyczek rejoignez-nous sur facebook
la terrasse mars 2013/N°207 théâtre 23 D. R. D. R. sur un grand manque. Casanova rencontre huit femmes au cours du spectacle. De grands comédiens bulgares, dont Vladimir Karamazov dans le rôle de Casanova, participent à l’aventure. Nous travaillons le jeu théâtral à travers la parole et le geste, très précisément chorégraphié. Comment vous êtes-vous emparé du mythe de Médée ? D. D. : J’ai voulu traiter ce mythe depuis son origine, depuis la rencontre de Jason et Médée en Colchide. La pièce structurée en trois parties est un voyage à travers toute l’histoire de Médée et Jason mais aussi à travers les textes qui traitent de ce mythe intemporel. La première partie se concentre sur la bataille de Jason pour permanence d’une spiritualité qui, chronologiquement, la précède et sans doute lui survivra. Cette terre porte en effet en elle la dimension ancestrale et chamanique d’une poésie qui vient de très loin et parle à travers les êtres. Que raconte la pièce ? C. P. : Quatre personnages se retrouvent ensemble à passer l’hiver au Yukon. Chacun porte une blessure, une faille identitaire, un Christophe Raynaud de Lage Woyczek ou la tragédie de la différence. est par exemple raillé, ostracisé, maintenu dans un isolement qui le poussera dans la folie meurtrière, tandis que le jeune homme d’origine peul versera lui dans l’alcoolisme. La mise en scène du devenir individuel En fin de compte, tous deux sont des exclus, des errants, des Toutcouleurs à la solitude renversante, dont le spectacle rend très sensible la mutique souffrance. « Ça je le sais (…) Toutcouleur ça veut dire s’en aller et se perdre ». Problème. Pour parvenir à tendre ses fils, la pièce patine quelque peu. C’est la figure de la mère de « C’est une quête existentielle perpétuelle, fondée sur un grand manque. » Diana Dobreva conquérir la toison d’or en Colchide, superbement décrite par Ovide dans Les Métamorphoses. C’est là que Médée le rencontre, décide de l’aider et de tout sacrifier jusqu’à tuer son frère. Puis ils voyagent jusqu’à Corinthe, et leur amour s’affirme pendant la traversée en bateau, ce qu’expriment des poèmes de Jorge-Luis Borges. Enfin, arrivés à Corinthe, Jason l’abandonne pour la fille du roi Créuse, une trahison au centre de la tragédie d’Euripide. La vengeance de Médée apparaît à travers Médée-Matériau de Heiner Müller. Nous mettons l’accent sur le côté humain de Médée. Ses actes sont inhumains mais proviennent d’un cœur humain déchiré. Propos recueillis par Agnès Santi Théâtre de l’Epée de Bois, Cartoucherie, r oute du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris. Du 19 mars au 7 avril. Du mardi au samedi Médée à 19h et Casanova à 21, dimanche Médée à 16h et Casanova à 18h. Tél. 01 48 08 39 74. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr « Yukonstyle a été une divine surprise ! » Célie Pauthe deuil face auquel il adopte une carapace. La pièce s’emploie à faire voler en éclats ces carapaces. Chacun porte en lui une part de l’autre, et va revivre quelque chose de sa propre histoire à son contact. Sous l’impulsion d’une force inconnue d’eux, ils vont être entraînés les uns vers les autres, pour que chacun s’accepte et se répare. Ces quatre-là réinventent ensemble, sur les décombres de leur vie en friche, quelque chose d’une famille de hasard, d’une petite communauté de secours qui va leur permettre d’avancer d’un pas, le temps de cet hiver-là. Propos recueillis par Catherine Robert Théâtre national de La Colline, 15 rue Malte-Brun à Paris. Du 28 mars au 27 avril 2013. Tél. 01 44 62 52 52. A l’automne 2013 à la MC2 à Grenoble. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr Baro qui porte le récit de la vie du père, dans un espace contingent à celui dans lequel se déploie l’histoire trouée de Woyczek. Sur le plateau, un juke-box et un écran permettent de varier les atmosphères, entre jazz, seventies et piano classique, ambiance germanique et grands espaces américains. Outre le fait que le spectateur met du temps à s’y repérer, le rythme de la pièce est souvent excessivement lent et l’interprétation inégale polluée par d’inutiles actions. La mère qui installe sur sa table sa radio et ses cendriers ou Marie qui étale puis ramasse ses robes par terre ont-elles vraiment besoin de ces béquilles ? Le double personnage porté par Adama Diop est-il si étrange que le jeu de ce dernier en devienne énigmatique ? Au centre de la scène finale – et de la pièce, dans le fond – ce bébé laissé seul par Woyczek et Marie rappelle que c’est l’existence de Baro qui a pris racine dans ces douleurs. La mise en scène du devenir individuel interroge naturellement celui de notre société, mais l’accouchement ne se fait pas sans difficultés. Éric Demey Théâtre Monfort, 106 rue Brancion, 75015 Paris. Du 19 mars au 7 avril, du lundi au samedi à 20h30. Tél. 01 56 08 33 88. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr ESPACE CIRQUE D’ANTONY (92) 5/21 AVRIL 2013 CIRCUS RONALDO AMORTALE Conception : zaoum – Photo : Benny Degrove - Licences : 1050635 - 1050634 - 1036047 - 1036049 Production Circus Ronaldo, Circus van Vlaanderen vzwIlCoproduction Theater op de Markt – DommelhofIlAvec le soutien des autorités flamandes, du GC’t Blikveld Bonheiden, du Festival van de Verwondering, Humorologie vzw. Réagissez sur www.journal-laterrasse.fr



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